Le poète et philosophe Michel Deguy, Goncourt de la poésie en 2020, est mort à 91 ans


Le poète et philosophe Michel Deguy, Goncourt de la poésie en 2020, est mort à 91 ans

Le poète et philosophe Michel Deguy, mort le 16 février, avait reçu le grand prix de poésie de l’Académie française en 2004 et le Goncourt de la poésie en 2020.Article rédigé par

franceinfo Culture avec agences

France Télévisions  Rédaction Culture

Publié le 18/02/2022 10:12

 

Le poéte et écricain Michel Deguy à Paris en juin 1966 (MARC GARANGER / MARC GARANGER)
Le poéte et écricain Michel Deguy à Paris en juin 1966 (MARC GARANGER / MARC GARANGER)

Le poète et philosophe Michel Deguy, lauréat en 2020 du Goncourt de la poésie, est décédé le 16 février à l’âge de 91 ans, a-t-on appris le 17 février auprès de la maison d’édition Gallimard. Les causes du décès n’ont pas été précisées par la maison d’édition.

En octobre 2021, il s’était vu attribuer le prix littéraire Guez de Balzac – une récompense richement dotée qui n’est remise qu’une seule et unique fois – décerné par l’Académie française.

« Une poésie pensante »

Né le 23 mai 1930 à Paris dans une famille d’industriels, Michel Deguy a consacré son oeuvre à défendre la poésie comme langage vital contre la marchandisation du monde. Il s’est toujours impliqué dans la marche du monde, s’inquiétant ces dernières années de l’avenir de la pensée et de la poésie, dans un monde d’écrans. « Quand on leur parle d’images, les jeunes gens ne songent pas du tout à l’image du poème mais à celle de la photographie, à l’image que l’on peut saisir par les yeux, plutôt que par l’imagination », s’inquiétait-il dans La Croix en 2011. 

Fondateur en 1977 de la revue Po&sie (Belin), publication de référence de la poésie contemporaine, ce grand intellectuel a abordé tous les champs de la connaissance en poète-philosophe, explorant les liens entre ces deux disciplines réunies dans une « poésie pensante ».

« Le poème est un aparté le plus souvent bref et quasi inaudible dans la gigantesque rumeur, bruit et fureur, qui peine à s’obstiner dans son croire changer le monde et même changer la vie », écrivait-il dans son imposant triptyque La vie subite (2017). 

Proche de Jacques Derrida

Lauréat du grand prix de poésie de l’Académie française en 2004, cet agrégé de philosophie devenu en 1968 maître de conférence en littérature française à Paris VIII, a été également membre pendant 25 ans du comité de lecture de Gallimard de 1962 à 1987. Proche du philosophe Jacques Derrida, il a participé aux revues Critique et Les temps modernes, et présidé le Collège international de philosophie de 1989 à 1995. 

Parmi ses publications, de nombreux recueils de poèmes (Poèmes de la presqu’îleGisant, Donnant, donnant 1960-1980, A ce qui n’en finit pas, Desolatio), des essais (L’Energie du désespoir, La poésie n’est pas seule, Réouverture après travaux…), des traductions de Heidegger (Approche d’Hölderlin) ou encore du philosophe grec Empédocle ou du poète roumain de langue allemande Paul Celan.

Longtemps catholique, ce père de trois enfants, dont la comédienne Marie-Armelle Deguy, avait confessé son détachement de l’Eglise dans Un homme de peu de foi (2002). Dans A ce qui n’en finit pas (1995), il avait raconté avec un lyrisme tendu sa vie conjugale avec sa femme morte d’un cancer après 40 ans de vie commune « contentieuse, violente, impossible ».

Ce tableau en signe de foi à Michel Deguy

parti retrouver son amour…

Niala-Loisobleu 18 Février 2022