Philippe Léotard – Madame


Philippe Léotard – Madame

Madame ! Madame !
Vous rêvez seule, Madame
On a dû vous le dire, Madame
Les cailloux rêvent trop, Madame
Cela on vous l’a appris
A vos dépends ou à votre profit
Et que serions-nous d’autre ?
On rêve et on est seul, Madame…

Madame ! Madame !
On rêve tard, Madame
Quand on a la malchance, Madame
De manquer de hasard, Madame
Ou bien d’être désaffecté
Comme un mort inutile, Madame
D’être désamouré
Comme un cœur imbécile, Madame…

Madame ! Madame !
On rêve bien, Madame
Quand on a bien baisé, Madame
Quand on a su coller, Madame
Deux bouches à notre faim
Deux fois deux bras étreints
Deux fois deux yeux noyés, Madame
Dans ce rêve commun
Qu’on appelle s’aimer, Madame…

Madame ! Madame !
On baise trop, Madame
Quand on a dans les reins, Madame
Cet impérieux Démon, Madame
Qui ne vient jamais tard
Qui ne part jamais tôt, Madame
On aime tant, Madame
Qu’on a tort et travers
Quand on a les yeux verts
Et qu’on le sait tout le temps, Madame…

(Musique)

Mais que ferions-nous d’autre
On rêve et on est seul, Madame…

Philippe Léotard

ASSOCIATION BIENFAITRICE


ASSOCIATION BIENFAITRICE

Alors que le cheval a disparu du faire en sorte, deux papillons sautent sans relâche en ma tête. Un bleu et un jaune formant un couple. La terre est molle et la feuille à remplir

Quand Boris étalait l’écume, j’étais au bon jour qui, en fin de guerre, relevait l’espoir sans limites.

Oh hisse et ô

Omicron pour variant

c’est pas faute d’avoir dit ce qu’il serait sage d’appliquer. Mais sage est devenu une évolution de l’insanité. Ces mots jetés à la face pour dénoncer (comme on a rasé les femmes qui avaient aimées sans crier gare) Qu’il est con le petit mec que pourtant beaucoup d’entre elles veulent égaler

Le jour où sur l’Atlantique le nazisme a dressé les premiers murs sur l’écume, ma folie – avec les oiseaux qui étaient encore de ce monde – a planté de la trémière. C’est taire et surtout laisser le beau grimper sans rien dire

Plus près des planches de la cabane qui m’a donné raison, quand le coq de bruyère traversait suivi de nombreux lapereaux sans raison d’avoir peur, je me rapproche de la pinède sauvage de mes mots-peints

Chercher ce langage pictural qui poursuit en corps au coeur du désert, Muse à l’oeuvre

C’est mon concept de l’Art

Et je n’ai pas à mettre mes dernières cartouches dans l’automne. Ce vieux fusil se charge de couver les graines sous le vent m’aime contraire. Tant que l’araire au sillon ira, les discours resteront au service de l’intelligence artificielle sans toucher à la lumière du fondement du coeur.

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2021

AUTODAFÉ


Finir par descendre de voyage quand la douleur devient impossible à mettre de côté

Vision qui tourne l’inspiration dans l’hérésie de source par mauvaise approche d’un espoir pernicieux

La géométrie fantasmagorique d’un inégal isocèle ne peut trouver sa place dans la Règle d’Or

Sur l’herbe piétinée, le jour doit faucher la nuit, si l’Art au lieu de parler de beau se tait pour pouvoir prétendre dire l’aube

Et créer…

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2021

SAUVE QUI PEINT


SAUVE QUI PEINT

Du dessert des doigts serrés autour de la gorge du passe-heur

l’oiseau devance le phénix pour sauter l’épisode des cendres

La pratique combattue de chasse à la glu

ne tait pas la voix d’accès à la canopée

au contraire d’un attachement au muet d’un amour sans retour

Le puits de carbone d’une Amazonie contre l’entonnoir d’un pari castrateur vaut plus qu’une messe

Louée soit celle du mécréant

à savoir

l’Île peinte, juchée sur l’échasse landaise du parasol, là où l’arbre ne cache pas le faux rai

En tête de ligne un vol de moi sauvage hissant le drapeau vers.

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 2021