LA POESIE DE JACQUES PREVERT


LA POESIE DE JACQUES PREVERT

 
La pensée humaine dans Fleurs et couronnes           Après la Seconde Guerre mondiale beaucoup de personnes se sont demandées comment la destruction et la brutalité de la guerre étaient arrivées. Des pays entiers étaient détruits, des familles étaient désunies, et des millions de juifs étaient morts. Dans le poème Fleurs et couronnes, il s’agit de la réponse de Prévert à cette question. Il déclare que le problème principal dans notre monde est que l’homme n’a pas l’esprit critique. La description des fleurs et des hommes dans la boue sert à exprimer cette idée.           Dans les premiers trente vers du poème, Prévert utilise les fleurs pour décrire comment l’homme traite sa capacité de pensée. Il commence par s’adresser à « Homme », l’humanité. « Tu as regardé la plus triste la plus morne des fleurs de la terre… Tu l’as appelé Pensée. » continue Prévert. « Pensée » est écrit avec des lettres majuscules parce que le mot ne représente pas seulement une fleur mais aussi la capacité humaine de penser. C’est une qualité dont l’homme est très fier et il se félicite de pouvoir le faire : « Pensée / C’était comme on dit bien observé / Bien pensé. » Lorsque les vers sur les fleurs continuent, on voit les défauts de l’homme qui pense et comment il le fait. L’homme s’est presque inextricablement attaché aux idées dangereuses qui ne tiennent pas sous une analyse rigoureuse. Elles sont les « sales fleurs qui ne vivent ni se ne se fanent jamais. » Ces fleurs qui s’appellent « immortelles » sont les idées défectueuses qui existent toujours dans la société : par exemple, le racisme, la xénophobie, et la haine des personnes différentes. Elles ne vivent pas parce qu’elles manquent de validité mais elles ne se fanent pas parce qu’elles ne disparaissent jamais. Cette contradiction montre comment elles persistent pour toujours. Prévert déteste ce fait et répond avec un sarcasme amer : « C’était bien fait pour elles… ».            L’homme décrit par Prévert manque totalement d’esprit critique. Sa manière de penser est la même que sa manière de donner des noms aux fleurs : il se préoccupe de se « [faire] plaisir ». Quelques fois, ses pensées sont simplement superficielles et peu importantes, comme quand il s’occupe de nommer les fleurs : «Mais le lilas tu l’as appelé lilas / Lilas c’était tout à fait ça / Lilas…Lilas ».  Ces mécanismes de la pensée sont vraiment superficiels et quand on lit ces vers et les répétitions du mot « lilas » on se moque de l’homme – il est dépeint comme un bouffon. Pour l’homme, les idées sont comme les femmes : il en veut des belles. La plupart du temps l’idiotie de cette pensée est anodine, mais d’autres fois elle est dangereuse. L’homme peut ignorer la raison et accepter des idées attirantes et horribles, les « immortelles », sans vraiment examiner leur validité. A l’époque où Prévert a écrit ce poème il venait de connaître les idéologies populaires pendant les années trente et quarante comme l’antisémitisme. Blâmer les juifs pour la dépression économique et d’autres problèmes en Europe était facile et commode (une belle idée) mais ce n’était pas soutenu par l’évidence.            Pourquoi est-ce que l’homme n’a pas d’esprit critique ? Prévert donne la réponse dans les prochains vers : l’avoir est difficile et ne lui convient pas. Pour Prévert, l’esprit critique a la possibilité de sauver l’humanité des idées destructrices. C’est la fleur « la plus grande la plus belle / Celle qui pousse toute droite sur le fumier de la misère ». L’homme appelle cette fleur « soleil » et « les savants [l’]appellent Hélianthe ».  Ces noms expriment les deux aspects de cette fleur. Elle est jaune comme le soleil – une source de lumière et de l’espoir qui chasse le noir et le mal, une force « vivante » et « brillante ». Elle est quelque chose d’énormément bon qui surgit de quelque chose de très mauvais et de répugnant : le fumier de la misère. Le vers suivant a un double sens qui introduit l’autre aspect de cette fleur : « Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouillés. » « Se dresser » peut signifier s’opposer contre quelque chose d’injuste et le mot « ressort » peut signifier la force morale. Alors, la fleur sert à représenter une bonne force humaine. Mais aussi, ce vers a une interprétation beaucoup moins favorable : approcher cette bonne force n’est pas agréable parce que les obstacles autour d’elle qu’on doit surmonter ne sont pas beaux. La force morale de l’homme est « rouillé[e] », dégradée. Dans ce vers et les prochains, Prévert transmet l’idée du caractère désagréable de l’esprit critique :  Celle qui se dresse à côté des vieux ressorts rouillésÀ côté des vieux chiens mouillésÀ côté des vieux matelas éventrésÀ côté des baraques de planches où vivent les sous-alimentés Dans ce passage, on écoute et voit une image de laideur qui fait que l’homme soit mal à l’aise. L’allitération d’une consonne discordante, le r, dans « ressort rouillés » donne une idée de dureté. La répétition de la phrase « à côté des » suivi par des choses laides et la rime à la fin de chaque vers renforcent comment atteindre l’idéal de l’analyse rigoureuse qui est très pénible pour l’homme. Et cela est le vrai problème de l’homme : pour avoir l’esprit critique et s’approcher de la vérité, l’homme doit faire un choix très difficile. Il doit se débarrasser de ces conceptions simplistes du monde et s’efforcer de penser pour lui-même aux questions plus importantes que comment on doit appeler une fleur.           Un petit groupe de personnes, « les savants », prend la décision difficile de s’efforcer d’achever cet idéal. Le fait qu’ils appellent la fleur jaune Hélianthe indique la distinction entre eux et l’homme. Pendant qu’ils poursuivent le raisonnement rigoureux, l’homme l’évite. Pour l’homme cette fleur s’appelle « soleil », une force puissante, une source de lumière qu’on ne regarde pas. C’est-à-dire que l’homme reconnaît les bénéfices de cette fleur, mais il la traite comme quelque chose de trop pénible à regarder. Prévert donne une critique puissante de cette attitude :  Toi tu l’as appelée soleil…Soleil…Hélas ! hélas ! hélas ! et beaucoup de fois hélas !Qui regarde le soleil hein ?Qui regarde le soleil ?Personne ne regarde plus le soleil  Dans ce passage, il commence par parler à l’homme comme on parlerait à un enfant qui a fait un acte vraiment imprudent sans penser. Il est fâché et découragé par les actions de l’homme. Dans le denier vers la colère finit et il existe un sentiment de résignation : Prévert répond à sa question de rhétorique. Il comprend que l’homme, comme un enfant obstiné, n’a aucune intention de changer son attitude.           L’homme, alors, continue de s’attacher aux mauvaises idées. En continuant, Prévert tourne son attention de l’homme à un groupe d’hommes, les « hommes intelligents ». Ce sont les personnes qui sont faites pour avoir de l’esprit critique mais, contrairement aux savants, ne l’ont pas. Au lieu d’utiliser leur intellect, ils portent des idées immortelles dans leurs têtes comme « une fleur cancéreuse tubéreuse et méticuleuse à leur boutonnière ». Ces adjectifs créent une image des immortelles qui attaquent et vainquent les têtes humaines comme un cancer le ferait – méthodiquement et entièrement. Les hommes intelligents se persuadent qu’ils ont l’esprit critique mais ils ne l’ont pas vraiment. : « Ils se promènent en regardant par terre / Et ils pensent au ciel ». Ils imaginent qu’ils prennent le bien du ciel mais ils prennent réellement les sales idées immortelles. Leur pensée est vide et Prévert écrit d’un ton dédaigneux : « Ils pensent…Ils pensent…ils n’arrêtent pas de penser… ».            Ces hommes se baignent dans le mal de leurs simples conceptions et des idées immortelles. Elles sont comme la boue qui s’accroche à eux et d’où ils ne peuvent pas s’échapper : « Et ils marchent dans la boue des souvenirs dans la boue des regrets. » Ils se sont enlisés « dans les marécages du passé » d’où viennent les idées comme blâmer les juifs pour les difficultés du monde. Quand ces hommes avancent, ils ne le font pas vite mais « à grande peine ». La poésie de Prévert décrit de façon très vivante cette avance : « Et ils se traînent…ils traînent leurs chaînes / Et ils traînent les pieds au pas cadencé… » La répétition du mot « traînent » et les rimes entre « traînent » et « chaînes » et « pieds » et « cadencé » donnent une impression de mouvement lent et méthodique. Les hommes ne bougent pas vite parce qu’ils sont encore enchaînés aux idées du passé.           Ils habitent leur propre ciel, « leurs champs-élysées », où ils croient aux idées immortelles. Ces idées sont « la chanson mortuaire … [qu’] ils chantent à tue-tête », comme les idéologies qui recommandent de tuer les juifs. Mais il existe une contradiction là : ces hommes croient au raisonnement qu’on doit tuer les juifs parce qu’ils sont la cause des difficultés, mais ils ne veulent pas se débarrasser de leurs propres idées mortes. Ils exaltent leur propre capacité de penser – c’est « la fleur sacrée…La pensée ». Cette fleur est vraiment en mauvaise condition : « La sale maigre petite fleur / La fleur malade / La fleur aigre / La fleur toujours fanée ». Ils adorent le fait qu’ils peuvent raisonner mais ils ne reconnaissent pas qu’ils n’ont pas vraiment l’esprit critique.            En conclusion, Prévert utilise la métaphore de la fleur pour donner un aperçu de la pensée humaine. Ce n’est pas une belle description : l’homme choisit la piste la plus facile dans la vie. Il ne soumet pas les idées qu’il écoute à une analyse rigoureuse. Au lieu de faire cela, presque tous, même les intelligents, choisissent les idées les plus attirantes sans vraiment considérer leurs mérites. Le seul rayon d’espoir est que les intelligents – les personnes qui peuvent peut-être convaincre les autres de changer d’avis – avancent peu à peu, « à grand-peine. » Avec de la chance, un jour ils arriveront à pouvoir finalement abandonner les immortelles.

JET D’ART PAR ANASTASIA CHOQUET-VEITH


JET D’ART PAR ANASTASIA CHOQUET-VEITH

Sylphide l’esquisse

Soluble la roche

Sur le chevalet de notre art embaumé

Nuance subtile

Ou parodique

Ou spasmodique

Ou versatile

Choeur d’irraison

De séduction

De confusion

D’altercation

Coeur d’effusion

Comme le chuintement du crin

Sur un voile de lin tendu

Les pigments explosent

Et saturent les fibres

Et le fracas effluve l’union

De seins glacés et de roses flétries

Une reine butine l’essaim d’épines

Et cueille le miel de ma nausée

Un flanc brisé déclame sa peine

Aux

Parois

Amollies

Et

Brûlantes

Comme

Des baies de genièvre

En plein coeur

de l’Hiver

Les puanteurs d’acrylique se jettent sur le sol

Et marquent mes os de lavis chromatiques

A coup de fusain et d’or rose

De torchons pales et crasseux

Et l’eau colorée coule

En rigoles

Le long du ventre ou des épaules

Veinés de bleu de brun et de pourpre

Jet d’amour ou jet de haine

Craché en braille sur la palette

L’immonde et le sacré ont poussé en moi comme l’orage

Laque et poudres s’infiltrent

Et posent leur patine

Sur ma toile livide

Anastasia Choquet-Veith

EMBARQUE A DER


EMBARQUE A DER

Sortir l’effeure coupé des vases et courir comme la loutre qui nage atout rire

par l’aiguille du peint s’allonge la douceur des pieds

en crique qui a l’encre des mots Estérel

et le bleu du doux accent d’oc

la tuile ronde pour garder la tomette au frais au virage d’humeur

Et comme à Brive va gaillard hisser la voile de ton bateau de nuit avec Jean Max.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021

CHAT CHAUFFE AU JARDIN


CHAT CHAUFFE AU JARDIN

Sous son 31 de gré

personne les ayant forcés

ils bronzent sans s’en faire un brin au jardin

sous les rayures de ruisseau d’un rêve d’ô

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021


FEMME A LA BLONDE AISSELLE COIFFANT SA CHEVELURE A LA LUEUR DES ÉTOILES – CONSTELLATION PAR ANDRÉ BRETON

FEMME A LA BLONDE AISSELLE COIFFANT SA CHEVELURE A LA LUEUR DES ÉTOILES – CONSTELLATION PAR ANDRÉ BRETON

Qu’y a-t-il entre cette cavité sans profondeur tant la pente en est douce à croire que c’est sur elle que s’est moulé le baiser, qu’y a-t-il entre elle et cette savane
déroulant imperturbablement au-dessus de nous ses sphères de lucioles?
Qui sait, peut-être le reflet des ramures du cerf dans l’eau troublée qu’il va boire parmi les tournoiements en nappes du pollen et l’amant luge tout doucement vers l’extase.
Que sous le pouvoir du peigne cette masse fluide, mûrement brassée de sarrasin et d’avoine, tout au long épinglée de décharges électriques, n’est pas plus
confondant dans sa chute le torrent qui bondit couleur de rouille à chaque détour du parc du château de
Fougères aux treize tours par la grâce du geste qui découvre et recouvre le nid sournoisement tramé des vrilles de la clématite.

André Breton

TAPIE ROUGE


TAPIE ROUGE

J’ai fait le marché ce matin

au banc de ma fruitière pour afficher des images estivales

Melons d’eau pour désaltérer la ligne de vie

Sous les arbres le fleuve tient à la rive

il y aura de belles figues

Un oiseau pique une tête

la branche s’est redressée

Voici l’abeille qui cale hisse

un petit faon a traversé l’allée sans s’arrêter

Le violon d’Henri connaît l’archet qui me donne la chair de poule

de ce rouge où elle lève la senteur de son bouquet je glisse la langue sur ses hanches

et vais faire un plein des sens

pompe à des seins.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021

CONQUÊTE DE L’AUBE PAR AIME CÉSAIRE


Aimé Césaire

CONQUÊTE DE L’AUBE PAR AIME CÉSAIRE

Nous mourons notre mort dans des forêts d’eucalyptus géants dorlotant des échouages de paquebots saugrenus,

dans le pays où croître

drosera irrespirable

pâturant aux embouchures des clartés somnambules

ivre

très ivre guirlande arrachant démonstrativement

nos pétales sonores

dans la pluie campanulaire de sang bleu,

Nous mourons

avec des regards croissant en amours extatiques dans des

salles vermoulues, sans parole de barrage dans nos poches, comme une île

qui sombre dans l’explosion brumeuse de ses polypes –

le soir,

Nous mourons

parmi les substances vivantes renflées anecdotiquement de préméditations

arborisées qui seulement jubilent, qui seulement s’insinuent au cœur même

de nos cris, qui seulement se feuillent de voix d’enfant,

qui seulement rampent au large des paupières dans la marche percée

des sacrés myriapodes des larmes silencieuses,

Nous mourons d’une mort blanche fleurissant de mosquées son poitrail d’absence splendide où l’araignée de perles salive son ardente mélancolie de monère
convul-sive

dans l’inénarrable conversion de la
Fin.

Merveilleuse mort de rien.

Une écluse alimentée aux sources les plus secrètes de

l’arbre du voyageur s’évase en croupe de gazelle inattentive

Merveilleuse mort de rien

Les sourires échappés au lasso des complaisances

écoulent sans prix les bijoux de leur enfance

au plus fort de la foire des sensitives en tablier d’ange

dans la saison liminaire de ma voix

sur la pente douce de ma voix

à tue-tête

pour s’endormir.

Merveilleuse mort de rien

Ah ! l’aigrette déposée des orgueils puérils les tendresses devinées

voici aux portes plus polies que les genoux de la prostitution-le château des rosées – mon rêve où j’adore du dessèchement des cœurs inutiles

(sauf du triangle orchidal qui saigne violent comme le

silence des basses terres) jaillir

dans une gloire de trompettes libres à l’écorce écarlate cœur non crémeux, dérobant à la voix large des précipices d’incendiaires et capiteux tumultes de
cavalcade.

Aimé Césaire

MESSAGE DU SENTIMENT PAR ALAIN JOUFFROY


MESSAGE DU SENTIMENT PAR ALAIN JOUFFROY

Nuit sans but
Vision à revers

Nuit qui lévite les sources

Je suis ton fils
Je suis ton désespoir

Je suis ta chute
Je suis ton grand lavoir

Ton sort est dans mes mains

Je prends ton gant de fer

Je frappe ton rocher

J’emploie ta clé liquide

Tu es ma grande aïeule
Tu es ma vanité

Glisse sur moi
Lâche-moi

Va-t’en heurter d’autres carreaux

Laisse-moi chasser tes bêtes

Je veux sourire à ma santé

Je veux saluer ma vérité

Je veux crier ma vie à fleur de terre

La vie est mon terrain
La vie est mon couvert

La vie est ma poignée
La vie devient mon soc

Braise sans bord

Je suis peuplé de rires peuplé de chocs

Ma peau est la frontière de l’effort

Ma route est innomée

Je suis son ciel crispé par sa mitraille

La nuit est dans ma main comme un cloporte

L’attente en moi s’accorde à la cascade
Clinquante de chaleur
La sueur comme un drapeau tendu par l’air
Je hisse mon paquet de destin

Tel un message lancé sur la terrasse

Je chuchote — cymbale instable

Les mots outrés de ma prochaine clarté

Raison empoisonnée

Ton théâtre me méduse

Mais ta tête est coupée

Tout se risque

Harcelé au centre épouvanté du ventre

La terre du torrent d’atomes

Opère sa trouée en plein ciel couvert

Agité par ses aras hurleurs

Sa blessure aiguë comme une scierie

Mon cœur insiste.

Ouvert, chassé d’un désert de tiédeur
J’aimante le brasier, je charge en moi la terre.
Je sors de mon carcan, mon sang est survolé.
Je hurle et j’extermine en moi tous les guerriers.
Mon corps est un combat.
Ma tête est envahie.
La mort est paradis si mon amour me supplicie. À vif et violenté — je cogne à la porte blindée.

Séismes du monde !
Choeurs et catastrophes !
Notre ombre sur la terre est le péril de l’épervier

nous sommes cellules infimes d’un monstre inexploré
Notre patience est d’un caillou sous le ventre du fracas
Notre force est dans l’éclat où nous perçons la rage à jour

Nul séjour n’est comblé

L’œil collé aux interstices

Nous cherchons les golfes de l’univers

Au lieu de surgir où nous sommes — ici

Au lieu de nous changer dans la turbine

Au lieu d’aimer notre racine

Au lieu de lier norte anxiété au tambour de terreau

Au four à pain de notre terre

— et de parler dedans

— et d’écouter dedans

Le battement impétueux des espaces

Au lieu d’éveiller les peuples dans l’ouvert

Alain Jouffroy

MARIA AUTAN POUR DES RECOLLETS


MARIA AUTAN POUR DES RECOLLETS

Maria approche

à l’arrime des mots

au départ du dernier temps d’attente à franchir

Fasse que les yeux vibrent

atout coeur

la couleur remise aux cimaises

sans détourner le chant ouvert

par la menace d’approche du variant de misère

Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2021