D’un banc découpé


D’un banc découpé

Une épaule adossée au frêne et la planche dans un écriteau de peinture fraîche il se tourne à la manivelle d’un trottoir. Percé de la musique d’un orgue de toutes les barbaries un banc pêche dans le caniveau au bord du départ pour en sortir. Le pavé a joint son accord en cas de barricade à dresser sur le boulevard. Entre le toupet des moineaux et la voracité des pigeons les miettes que le semeur mouline font un trafic incessant.

On ne peut pas voir le vasistas pris derrière les souches du toit.

Dans le silence de la mansarde c’est pourtant là que tout se joue dans le grand livre que personne ne lit. La tête se relève au plafond les yeux enfoncés dans l’idée passe-muraille. Pendant que les seins sont encore chauds, poser les pieds sur le sol froid, conduira aux toilettes à la turque, sur le palier.

Alors les ciseaux de l’imagination commenceront à découper la longue silhouette élancée d’une journée arrangée autrement.

Matisse ouvre le rideau de son théâtre sur une pièce rapportée d’un voyage sur place mais conduisant ailleurs qu’au zoo pour voir les lions manger ce qu’ils chassent. On entend la mer dans l’escalier de service.

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2021

Les pas de Paul Valéry, chantés par James Ollivier


Les pas de Paul Valéry, chantés par James Ollivier

Tes pas, enfants de mon silence,
Saintement, lentement placés,
Vers le lit de ma vigilance
Procèdent muets et glacés.

Personne pure, ombre divine,
Qu’ils sont doux, tes pas retenus !
Dieux !… tous les dons que je devine
Viennent à moi sur ces pieds nus !

Si, de tes lèvres avancées,
Tu prépares pour l’apaiser,
A l’habitant de mes pensées
La nourriture d’un baiser,

Ne hâte pas cet acte tendre,
Douceur d’être et de n’être pas,
Car j’ai vécu de vous attendre,
Et mon coeur n’était que vos pas.

Paul Valéry

L’UN DIT


L’UN DIT

Il n’en de meurt pas moins vrai

que des idées demeurent plus sûrement à côté que fondées

Un peu comme un été qui reste embourbé dans ses lises

une semaine d’artifice mouillé à tirer

sans que ça me dit.

Niala-Loisobleu – 12 Juillet 2021