LE VOYAGE DE PLUME DOIGTS


LE VOYAGE DE PLUME DOIGTS

Des stances transparentes traversent les pas perdus

Propre qui sale l’eau douce d’un frottis sorti d’art-re du coquillage

la coquille étape et gîte le chemin de St-Jacques

On voit plus loin du haut des tours

quand la main d’un signe écrit de ses lèvres le noir regard bleu de ses yeux

sous la voile être

Saxifrace au bec l’oiseau rocaille le rempart..

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2021

Jacques Bertin – Un voyage

Un voyage »

J’ai retrouvé dans la coque la vieille fêlure
L’humidité qui suinte comme l’éternel poison
Et j’ai pleuré, assis la tête contre la cloison
De l’autre côté le moteur battait son chant profond
Celui qui vient de l’enfance
Et dont les basses fréquences
Toujours ont raison

Où tu vas poser ton sac
Fais un lit avec tes larmes
Il flottait dans cet endroit une odeur de goudron et d’urine
Gravé dans le travers de la blessure on distinguait un nom
Une illusion ou un message ou une marque de fabrique
Le monde passait contre les hublots lentement comme un monde
Les façades prétentieuses croulaient dans les angles morts
On voyait des visages de femmes glacées et pensives
Marquant la brume comme d’immatures soleils d’hiver
Je ne sais pourquoi je me bats le bateau me conduit dans l’aube
Ah vers la haute mer, bien sûr, comme chaque matin
Je me retrouve faisant mon méchant trafic dans un port incertain
Il faut payer cash, en devises fortes et avec le sourire
Je ne sais pourquoi je me bats. J’ai pleuré dans la chaleur torride
Le monde est beau! Les femmes se donnent avec des airs de s’oublier!
Nos victoires sont devant nous qui nous tendent la main!

Où tu vas poser ton sac
Fais un lit avec tes larmes

BALLONS-CAPTIFS


Ouvrir la bouche pour respirer

L’air volé tombe des bras à bonds denses

Le chien recule au sucre de bête rave

Et mord l’herbe dressée d’écume du jour

En se laissant happer par l’aile de peinture

Cet oiseau d’équilibre entre deux rives au creux de la faille

Au faîte des pairs…

Niala-Loisobleu -13 Juin 2021

OUVRE-BOÎTE


J’ouvre l’ordinateur cette vie squatteuse

L’image est lourde de moiteur

Pas un oiseau qui passe l’air manque aux arbres

Niala-Loisobleu – 13 Juin 2021

VIE SAXIFRAGE de GABRIELLE ALTHEN (Extrait)


VIE SAXIFRAGE de GABRIELLE ALTHEN (Extrait)

VIE SAXIFRAGE de GABRIELLE ALTHEN (Extrait)

Le premier devoir était d’accéder aux vestiges d’années fortes, carrures géantes sous le ciel cru. Puis quand déclinerait l’ardeur insinuée entre la roche et le cri trop léger de l’été, de renouer cette gloire dans son propre baluchon, pour le porter à demain et rentrer dans la ville.

Toi que je cerne déjà d’espace, ne me dis pas que j’ai touché au vide !

J’aimais notre matière de corps, de roc, de tête et de lumière, et notre matière d’âme faite pour garder les mains pleines.

Qui n’est pas nu entre la vie et la mort conjuguée dans cette obsédante pureté que le vent laisse en partant ?

Gabrielle Althen

SOLEIL PATIENT – GABRIELLE ALTHEN


SOLEIL PATIENT – GABRIELLE ALTHEN

La souffrance et la joie pèsent tout à fait le même poids

Tomas Tranströmer

Mozart sourit un peu à la maison

Le piano ce matin m’écoute et veut bien me répondre

Rire serait de trop pour ce bureau

Mozart ne juge rien et ne fait pas non plus la moue

Mais il taquine l’air de rien les émois qui se faufilent

Puis les console d’un câlin

Et à nouveau compréhensive la musique sourit

La grande sœur nôtre qui sait tout

Et la maison s’adoucit qui accepte en visite le soleil et

  ses lampes

Un pas plus loin nous savons bien que c’est le drame

Avec le sol qui craque au-dessus de la mort

Et moi qui comprends si peu comment va la lumière

En tremblant je m’en vais avec elle jusqu’au dernier accord

Qui déjà m’avait tout pardon

Gabrielle Althen

VOIX DES CHARRETTES


VOIX DES CHARRETTES

Du cadre de l’huis s’élève la gravure parallèle du passage laissé par les roues

Le cheval tire les reins de l’ornière

passe

et disparait jusqu’à ce qu’un autre monte sur scène

A part la mer et son mouvement perpétuel que reste-t-il qui retienne la leçon ?

Tour bat l’avoine et la star mania

A se demander quoi donner à manger au cheval qui lui ôte ses vapeurs dans l’exploitation du Pari Mutuel…

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2021

L’ACCORD MATINAL


L’ACCORD MATINAL

De l’enfance ou bien de la vieillesse, je ne saurais affirmer de qui le matin tient cette vision défaite de la plus petite intention malveillante. A moins que le machinal bonjour comme le « ça va » de la poignée de main mécanique se remontent avec le coucher de lune ? Durant la minute qui précède, ce temps court est l’unique no man’s land avant que les canons se lèvent

Douceur si angélique que c’est peut-être à cause d’elle que ça vire à l’aigre

L’ange est un composé hybride d’amour et de haine, une aile à droite, une autre à gauche et l’aqueux aux extrêmes

Comme en politique

Rien qui vaille d’être pris pour argent comptant

Pourtant on y repique chaque matin comme on entre sa main dans le gant de toilette pour se faire propre

On ne réglera ce dysfonctionnement que le jour où le coq aura traversé la terre sous les roues d’une guère d’étoiles

Me voici en haut des tours, un signe symbolique majeur

Telle Anne, sur mon rempart (il faut dire que je n’y étais jamais autant monté que depuis la semaine qui s’écoule) je scrute et voit la ligne de flottaison de l’horizon onduler

Un changement qui pourrait s’avérer majeur s’opère

Il montre un vent favorable du côté qui me permet de m’exprimer, signe de renaissance ?

Comme il n’y a jamais de hasard, François 1er m’aurait invité à partager un vers à la Toison d’Or ce petit bouchon installé dans une rue sympa de l’Histoire

Mon cheval et sa guitare y sautent le mosaïque pavé…

Niala-Loisobleu – 12 Juin 2021

AU DEBUSQUE DES SALADES, UN COSMOS


AU DEBUSQUE DES SALADES, UN COSMOS

Le bateau de papier déplie la passe

l’horizon se déshabille dans la marge

les oiseaux-marins qui croisent savent tout des cailloux qui n’émergent pas

il n’y a plus d’herbe à brouter mais devant le rose des rochers la lande est plus douce sous les pieds qu’un regard douanier qui fouille à l’intérieur du bagage d’une culture polluée

Le noir qu’un mazout veille à charger sur le rail tanker glisse entre les feux-naufrageurs d’une fausse-lumière

Chet tire du cuivre chaud de l’obscurité de la défonce, marqué par la vérité du blues , portant dans les poches de son costume blanc des pensées de Pierrot mises en orbite d’une voix extra-terrestre

Le cosmos au fil du vent troue le film noir de couleurs d’espoir

Sur le dos du cheval l’oiseau traverse la baie et signe sur la vitre

« Bienvenue la barrière est ouverte »

Niala-Loisobleu – 11 Juin 2021