
« C’est la vie qui regarde la vie qui respire
et le soupir grandit. »
Gabrielle Althen
NIALA
2021
ACRYLIQUE S/TOILE 60X60

« C’est la vie qui regarde la vie qui respire
et le soupir grandit. »
Gabrielle Althen
NIALA
2021
ACRYLIQUE S/TOILE 60X60
PRISE DES DOIGTS
La toile mise à plat se saisit différemment de son sujet
Le volume prend la première place
L’expression est dans l’épaisseur au profit de son esprit spirituel
Le fruit est d’une pulpe transportant sa sensualité par tout le corps en multipliant les postures
Combinaison idoine d’un effet saisissant
Peindre ainsi est d’un érotisme métaphysique qui accompagne le geste au-delà du savoir professionnel au bord de la corniche du passage
Niala-Loisobleu – 16 Juin 2021


REMONTONS DE LA MER AVEC CLEMENCE
Le râteau des doigts à l’appel du large
et hop le château tend son do à la vague
du j’ai d’ô
Les mots corbeaux sortent de la boîte-aux-lettres, laminés par le plongé poitrinaire et le cylindrage ventral de l’accouplement volatile
amorti par la densité de l’herbage blanc de Clémence
Amour n’a pas à dépérir de sécheresse
les eaux phréatiques sont de niveau à porter le chameau à destination
Caravane et route de la soie à flot sur un libre horizon.
Niala-Loisobleu – 16 Juin 2021

Les doigts sourire
Un détrempé primaire au coin de l’oeil prend la balle d’une paume joueuse. Les phalanges rient de souplesse et les ongles grattent les taire sans décourager le chien de labourer le potager. La chaleur roule les barils aux chais. Il va tonner. L’envie qui s’éveille aux doigts s’engouffre aux couteaux et aux pinceaux, la toile bande l’haleine au métier. L’oiseau noue la couleur des fils aux reins du cheval dans un bleu de sel.
Niala-Loisobleu – 16 Juin 2021

La mer dès le matin avait tant à nous dire
Je n’écoutais que toi Elle avait beau fourrer son museau dans mes mains
rabâcher son histoire sauter à notre cou, nous mordre, nous lécher
pour elle j’étais sourd
Je n’écoutais que toi ton souffle ton odeur
ta façon d’être là ton corps qui se baignait dans l’écume du lit
tes seins de magnolia Je plongeais replongeais dans ta tiédeur salée
et je perdais haleine
La mer et le soleil à n’en jamais finir avaient beau chuchoter faufiler leurs chansons à travers la persienne je n’écoutais que toi
Avant de s’endormir les amants au long cours le soleil en allé
dans le noir en parlant font de leur alentour un jardin plein d’allées
Ils y marchent longtemps ayant doucement dit
au cœur opérateur de rejouer pour eux le film au ralenti
de leur ancien bonheur
Pellicule rayée et qui se décolore
jadis s’est transmué à l’envers du présent si parlant et sonore
en cinéma muet
Mais les amants voguant au fil de la nuit lente bras dessus bras dessous
aiment ce cinéma que la mémoire invente et le soleil dissout
J’étais plus que la mer entêté à te mordre toi plus nue dans mes bras
que la mer et le ciel et le vent et la mer toi qui n’étais que toi.
Claude Roy

Hier, en traversant la rue
Je me suis reconnu
Tête nue
Méconnu
J’ai changé de trottoir avec dix ans de plus
Je me suis rattrapé
Quelques instants plus tard
C’est bizarre
Je suis passé devant moi sans me voir
Le paradis terrestre
Voyez ce qu’il en reste
C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix
Je me suis rattrapé ce soir-là dans une impasse
Où l’on passe
Tête basse
Je me suis retourné pour bien me voir en face
Je me suis pris la gorge
J’ai serré
J’ai serré
J’essaierai
D’être meilleur ou pire à l’avenir
Mais qui sait ce qu’il va devenir
Le paradis terrestre
Voyez ce qu’il en reste
C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix
Hier, en traversant la rue
Je me suis souvenu
D’avoir vu
Tête nue,
Quelqu’un qui ne me semblait pas inconnu
Je ne me suis revu qu’une fois l’année dernière
J’avais l’air
D’être en l’air
A quelques centimètres au-dessus de la terre
C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix
C’est une terre aride
Les yeux perdus au fond des rides
C’est un chemin plus difficile qu’on ne croit
C’est un chemin de croix

J’erre dans la cour à attendre un mot mouillé de
vin mêlé de ciel et j’ai des gestes de nouveau-né sans
habitudes.
C’est la vie qui regarde la vie qui respire, et le
soupir grandit.
In Vie Saxifrage © Éditions Alain Gorius 2012, p.33

FEMORALE
Se montre Joyce dans ma tête
la cuisse et le pouls leste
que son isocèle pointe
La grosse veine bleue monte à cocagne
Ce qui pend au né une aile de chaque côté
se fout de leçon de morale
l’amour mis dans cette aine monte et des sens…
Niala-Loisobleu – 15 Juin 2021

Il était une fois
Un roi nommé
Midas
Aux dix doigts coupables
Aux dix doigts capables
Et aurifères
Freud parlant du grand roi mythique dit
Tout ce que je touche devient
Immondices
Aux
Indes on dit que l’avarice
Niche dans l’anus
Or
Midas avait des oreilles d’âne
Ane anus anal
Dans «
Peau d’Ane » de
Perrault
Le héros anal
Le roi amoureux de sa fille
Le pénis fécal
Le sadique au sourire si doux
Possède l’âne qui vivant
Crache de l’or par l’anus
Et qui mort servira de bouclier contre
L’inceste
Jeux de miroirs
De verre et de vair
D’or et d’excréments
D’anneaux et d’anels
Anamorphoses
Dans le casino de l’inconscient
Le pénis paternel
Fait le guide
Voyez ô voyez
La peau de l’âne
La fortune du roi présente et future
Sur le dos de la princesse fait le mort
Ainsi l’or pur devient l’ordure
Tel le phallus scintillant enrobé de foutre gris
La princesse attend pour se dévêtir que le danger de
l’inceste
Passe
Bottom de
Shakespeare fut âne l’espace d’un songe
Ainsi va la nuit et ma petite chanson : âne
anus
anal
analyse
analyste
analogue
Joyce Mansour

LE NOEUD FERROVIAIRE
Eclairs métalliques au triage
en formation le convoi se redresse sur ses jambes
Le monstre solaire est en corps brûlant
Locomotive ton ventre ouvert crache sa vapeur
Les lampes rouges se balancent aux vers du quai matinal
Allons voir si le Buffet a chauffé les percolateurs
que je me réveille le voyage.
Niala-Loisobleu – 15 Juin 2021
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