TERRE NOYEE DE SECHERESSE


TERRE NOYEE DE SECHERESSE

Dans l’attrait activé par cette nouvelle médiocrité que sont les influenceurs, l’étouffoir des compétences augmente son poids

Extrémisme d’une bêtise savamment cultivée qui peut conduire de l’anodin stupide et inculte au fascisme brûleur de livres et puis d’hommes

Je vomis pour me laver les tripes afin de garder ce que j’ai appris de la non-influence du savoir

Seul le laid fait étalage

La prétention ayant juste l’ignorance pour diplôme

Flore

beauté sauvage

humilité de la rosée que la pâquerette pointe au matin

les serres industrielles de Hollande et d’ailleurs atterrissent chaque jour sur ton ventre pour livrer leur absence de senteur

Perdre le discernement au profit de l’applaudissement systématique est la pire injure qu’un artiste rencontre, c’est faire affront à l’ART qui dénonce l’obscurantisme..

Niala-Loisobleu – 24 Juin 2021

J’AI VU SES YEUX – JACQUES BERTIN


 J’AI VU SES YEUX – JACQUES BERTIN


J’ai vu ses yeux
Un bel étang de femme-saule perdue dans un espace étrange
Le songe lointain des contrées et ses lèvres d’oiseau mouillées
Si bien que du bout de mes doigts j’aurais voulu les essuyer

Comme au matin, une fontaine, son sourire d’enfant comblé
Plus clair que l’infante Isabelle et plus vif qu’un jet d’hirondelles
Que l’oriflamme du matin et le miroir d’une sirène
Le page blond du printemps et l’alauda des mutinés

Est-il permis d’être aussi blonde à en rendre jaloux les blés
De Beauce et de Brie rassemblés au bord du chemin de sa course ?
Et je les entends murmurer que Dieu les a abandonnés
Et moi, Dieu je lui en sais gré pour la beauté qu’il m’a donnée

Vivace comme un fil de anche si le vent lui a ordonné
Ou si le vent l’a ordonné à la tendresse abandonnée
Comme un bouquet d’herbes de rives, humide et tiède sans parler
Humide qui me rend humide, les yeux entre rire et pleurer

Et sa joie à pleines dents blanches c’est Chartres au matin ressuscitée
Naïve et farouche Gavroche, ma farouche avec le menton
Ma naïve avec ses fredaines, ma fleur de neige et d’eau
Mon clown-enfant, ma barbouillée, ma korrigane libérée
Ma blonde enfant, ma tant aimée

Je vais apprendre à me taire, je vais apprendre à écouter
Passer le vent entre ses lèvres et je vais devenir léger
Je vais devenir léger
Et puis de laiteuses tendresses, je vais apprendre à calmer ces craintes d’enfant effrayé
Qui a peur du noir et appelle. Et je vais devenir berger

« FLORE » NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


« FLORE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

A Flore

Statue !
les orties se font douces
à l’ombre de tes mains.

Une sève à tes pieds
monte à pas de glycine
et ne s’ouvre que mûre
à hauteur de tes lèvres.

Le ciseau qui te fit
n’alla pas jusqu’à l’âme
tant le roc était dur.

Rien n’étonne tes yeux :
ni un vol d’anémones
ni mon rêve amoureux.

Philippe Martineau

A Barbara

Native du soleil

montée à bord de l »oiseau trouvant l’altitude

le vase de ton aisselle rassemble les parfums d’essences florales mêlés aux menthes enivrantes

d’un regard qui parle

et

se montre sans dire un maux.

Niala-Loisobleu

23 Juin 2021

ACTE DES TISSEUSES


ACTE DES TISSEUSES

Alors que les restes de ce jour agité, petit à petit sombraient, ta voix sortant des limbes lâcha les tisseuses à l’ouvrage. Le froid dépliant ses jambes ébroua cette absence due à des circonstances étrangères. La douceur de gorge tenue au lit, dans le palais des seins, belle au bois dormant, en levant l’oeil reconnut l’existence irrépressible de l’âtre non-éteint. Couverte de nappes laiteuses, la Chaume dévoile alors le symbole des mots nocturnes au nu de leur signification. Ce masque ne couvre pas que la bouche et le nez depuis qu’il a mis en place sa retraite imposée

Effondrée comme un vieil immeuble bordelais abandonné, la vie s’est bouchée de la rue et du pouls de son passage continu.

Sans raison profonde autre qu’une blessure fémorale. Le cheval, survivant parmi les débris, allant entre tous les cadavres d’un tant stoppé net.

D’un hennissement extrait à la force d’un restant rénal

l’appel résonna

aux pas étouffés des seins sortis des décombres

Remontant au dernier étage de l’arbre, l’oiseau ouvrit les lucarnes du Toi

redonnant de l’air par la bouche et les bras

chargé de fruits pleins de sang

sortit de tous les pores francs.

Niala-Loisobleu – 23 Juin 2021

LA CHAMBRE ROSE


LA CHAMBRE ROSE

Sous la torture d’un temps sadique

les pivoines flagellées

vomissent d’eau

répandant l’asphyxie des noyés autour d’elles

Toile de Jouy qui décolle la chambrée

d’un jardin remasterisé Titanic

on planche les ruelles en affalant le dais

sans pouvoir désembuer la glace des délices au plafond

Sacré bordel

La chambre rose a mouché sa lanterne

Lupin

sodomisé avec dévotion par l’orage moins que rien-gentleman

L’oiseau en brasse dans l’herbe pleure l’arbre couché à terre.

Niala-Loisobleu – 22 Juin 2021

« CE MATIN BLEU DE ROSE » – NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« CE MATIN BLEU DE ROSE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

Rose

Aux dégâts de ses pétales dispersées par des pluies d’orages vengeurs

elle se tient les yeux au seul mouvement de vie qui vaille d’espérer

Les bras dans le geste du ballet d’expression-corporelle

Rose la danseuse qui étoile d’amour humble, se penche en diagonale sur l’horizon

seins à la verticale du battement perpétuel

L’horreur n’est pas dissimulable l’homme a fait de la fleur du monde sa décharge sauvage en fuyant toute responsabilité dans tous les domaines

Rose doit-elle se sacrifier comme un quelconque dogme l’amènerait à se fustiger pour pouvoir continuer son massacre sans le moindre scrupule ?

Non l’amour doit demeurer nu et ne doit surtout pas se vêtir de la fourberie des prédicateurs

Rose tient son bouton sur la branche qui n’a pas été cassée par le vent mauvais

Rose est bleue comme un rêve que la lucidité garde pour tenir la vie debout

Rose que ses tâches de rousses heurs alambiquent

un assemblage de fragrances magique.

Niala-Loisobleu – 22 Juin 2021

LE TEMPS MOUVANT


LE TEMPS MOUVANT

Fleur en papier froissé le ciel erre du sourire aux larmes

Arrosant le plomb intérieur par le dehors

Pauvres pâquerettes cherchant dans le naufrage de la pelouse, la marguerite qui leur offrirait la tige où se tenir

Passe l’une après l’autre des tuiles à travers l’air

Dangereux projectiles de grêle contre lesquels les toits ont du mal à tenir et mettent les arbres et les vignes au hachoir d’une soupe pour la grimace

Dans l’orage l’éclair fantasmant se prend pour une hirondelle en atterrissant sur le fil que la cigogne a libéré prudemment

Césure plus que de l’ombre dans la lumière du messager

Folie en ru qui déborde ici et assèche à côté

Pour combien de tant la terre demeure habitable ?

je m’accroche à tes formes, d’une peinture sereine douce herbacée.

Niala-Loisobleu – 22 Juin 2021

Jacques Bertin : Les Biefs


Jacques Bertin : Les Biefs

Le soir
Quand vous basculez dans le ciel
Vers votre aventure nocturne
Je voudrais retenir qui j’aime
Il est trop tard
Les biefs sont fermés
Serai-je aussi seul avec le chant des peupliers
Quand il n’y aura plus personne sur la terre ?

Le soir
Quand vous basculez dans le ciel
– Espoir ourlé de ses chagrins –
Je vous dessine de la main
Les biefs du cœur
Ne sont qu’assoupis
Le chant des arbres, c’est la vie qui nous tient réunis
Je suis partout, veillant sur vous, sur cette terre

Le soir
Quand vous basculez dans le ciel
Le front brûlé au lendemain
Je suis l’air et le vent dormant
Les biefs du cœur
Tremblent jusqu’au matin
Il me suffit que vous me sachiez attentif dans l’ombre
Je ne suis jamais seul. Vous ne m’oubliez pas

LA CROIX DE LA ROSE ROUGE PAR LOYS MASSON (Extraits)


LA CROIX DE LA ROSE ROUGE PAR LOYS MASSON (Extraits)

Poitrine de l’olivier où l’arbre de patience est en son plus doux caressé par le temps d’aventure.
Je m’y suis taillé un pan d’écorce

À votre semblance autrefois quand dans votre front l’été se cherchait encore —je l’ai enflammé ;

Un brasier très pur comme d’un holocauste plein de signes et de chants morts, j’y ai promené l’ombre de mes mains

Longtemps pour qu’elles soient sauves de toute tache et puis j’ai écrit à destination des sereins épan-deurs de joie votre nom tel qu’il était avant le lever du vent
d’angoisse:

Avant moi.

Je n’ai jamais connu dans sa vérité ce qui m’était cher;

je brûlais d’absolu je m’inventais nécessaire

à son devenir.
C’était hier.

Je passais près de la source sans voir le rouge-gorge y boire

en silence, économe de sa chanson pour ses amours du soir ;

je n’écoutais que la rumeur là-bas de l’embouchure mariage en moi de l’onde et du divin de la mer.
Maintenant à ces jours morts qui tombent de mes épaules sans même rider l’eau je possède le dur savoir ;

Le pain des joies ne se fait que du levain de l’aléatoire : pour l’avoir ignoré je meurs de faim.
Temps enfui.

Chacun à l’heure d’aimer regarde le soleil en face tel l’aigle en sa légende

et puis ferme les yeux sur une étoile du tard, l’humble et l’habile

la tamisante qui fait durer l’espoir en son leurre, le tranquille.

J’ai regardé jusqu’au vertige.

Temps enfui, cristal rebondissant en son écho de cristal en cristal, aveugle désormais de ne mirer que le convexe et l’oblique.

De lourds loriots anciens, cendres de leur chant encore convoient le matin vers son nom d’été.

Le révolu vit de proies humbles endormies sous le sommeil des haies ; il n’est là que pour témoigner

d’un homme parti de lui-même depuis plusieurs années.

La cécité des larmes est la plus profonde ces yeux dans les yeux qui en calme tumulte ne fixent que l’amour et la mort.

Christ, nuit d’Orphée, syllabe arrêtée du chant d’adieu, hier y ressuscitait dans le remords
Eurydice ;

où maintenant est-il?
Je tourne et tourne en vain dans de rondes ténèbres.
Où sont sa croix, ailes clouées du
Verbe, et mon reniement

qui l’avait plantée ?
Je ne sais.

Déferlement d’eau longue : la mémoire ne s’oriente plus et s’aveugle.

Qu’ai-je été, qu’ai-je désiré, quelle est cette ombre

un matin venue avec l’aube m’aborder pour me rendre si seul ?

Déferlement, déferlement d’eau longue ; j’y ai perdu jusqu’au toucher, je ne peux même plus en suivre le contour.

Ni ombre peut-être ni personne : seulement un dessin de mon souffle

sur une vitre tachée, ma jeunesse.

Chacun du sel de ses larmes sécrète peu à peu lucidement sa tombe.

Où se dresse la mienne et quelle est-elle

au bout de quel sentier du vent?

Je me souviens à peine, comme au fond d’une autre vie, d’effluves tendres

qui me guidaient vers ma fin, me bâtissaient ma prison à la fois d’immobilité et d’audace

et de lendemain.

Comme au fond des sargasses d’une autre vie.
Comme aux marches d’une éternité que je ne gravirai qu’à reculons

condamné à ne jamais montrer mon visage aux étoiles de rémission.

La ronce dans midi se déchire à son ombre saigne petit christ d’interdit

humilié, loin des passions non permises

à qui ne pouvait accueillir la rosée d’aube

qu’en la blessant.

Mon regard malgré lui se fait lance

avide à raviver la poitrine

du rouge-gorge qui déjà mélancolie

chantait frileux sur notre jeunesse

fil à fil s’en allant.

Au poème tombeau d’Arimafhie

que n’avons-nous mis à dormir le temps d’étreinte

afin qu’il ressuscitât un matin,

de grand matin ?

Loys Masson

TE AMO – PABLO NERUDA


Pablo Neruda, Te AmoJe t’aime

Je t’aime d’une façon inexplicable.

Dans une façon inconfessable

D’une façon contradictoire.

Je t’aime

Avec mes états d’âme qui sont multiples et, changent l’humeur continuellement.

Pour ce que tu sais déjà ,

Le temps.

La vie.

La mort.

Je t’aime, avec le monde qui ne comprends pas.

Avec des gens qui ne comprennent pas.

Avec l’ambivalence de mon âme

Avec l’incohérence de mes actions,

Avec la fatalité du destin.

Avec la conspiration du désir.

Avec l’ambiguïté des faits.

Même quand je dis que je ne t’aime pas je t’aime.

Alors quand je te trompe, je ne te trompe pas.

Au fond de moi même je fais un plan, de t’aimer … mieux.

Eh bien, même si tu ne le crois pas, ma peau extrêmement étrange l’absence de votre peau.

Je t’aime.

Sans penser, inconsciemment, irresponsablement, spontanément involontairement instinctivement par impulsion , irrationnellement.

En fait je n’ai pas d’arguments logiques, ni même improvisés pour le soutien de cet amour que je ressens pour toi,qui a émergé mystérieusement,de nulle part , que , par magie, rien n’a guéri

et que miraculeusement, lentement, peu a peu avec peu et rien a amélioré le pire de moi.

Je t’aime.

Je t’aime avec un corps que ne pense pas ,avec un coeur qui ne raisonne pas,

avec une tête qui ne coordonne pas.

Je t’aime incompréhensiblement.

Sans me demander pourquoi je t’aime.Indépendamment des raisons je t’aime.

Sans remettre en question pourquoi je t’aime

.Je t’aime tout simplement parce que je t’aime.

Moi, je ne sais pas pourquoi t’aime.

Pablo Neruda,