La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Des pas amortis par l’absence d’empreintes vident le sol de notes émotionnelles
la mémoire cette herbe folle se lance dans ses couloirs comme un fantôme à la fumée des cierges
Le temps des jupes écossaises marquait dans la table quelle matière collait au programme
Même plus de garenne en haut des vignes prenant les rangs à l’appel
le sol est devenu trop dur pour boire la pluie qui tape sans réponse d’entrer, elle roule
Souviens-toi comme le tronc des glycines exprimait une torsion douloureuse qu’il dissimulait sous son étalage de fleurs
A part une mouche qui se fait rare, le sein qui dépasse le boutonnage du décolleté qui tend sa joue aujourd’hui ?
Les voitures qui passent, emportées par la fureur des rivières, suffiraient à alerter la population d’aller voter l’obligation de tenir debout sur ses pieds. Mais je ne suis pas raisonnable.
« HIGELIN SYMPHONIQUE et, IZIA » – BALLADE POUR IZIA
Peut-être ce qui m’attire en toi, tire en toi N’est rien que l’autre versant de moi, sang de moi Où m’attendait la jouvencelle Cachée derrière les portes Les portes du ciel
Rien de tout ce qui m’inspire en toi Pire en toi N’est plus doux que le grain De ta peau, de ta voix Dont la magie providentielle M’ensorcelle et m’escorte Jusqu’aux portes du cieL
lD’où, d’où, d’où viens-tu?
Oh, ma tendre merveille Mon amour absolu Bercée par le flot des sortilèges Et des rêves étoilés Sous le grand manège enchanté
Peut-être Ce qui me relie à toi, lie à toi N’est autre que ce cordon de soie, don de soi Que tu m’enroules autour du cœur Pour l’empêcher de courir Se faire prendre ailleurs
Et si tout ce que j’adore en toi, dort en moi Je veux que tu le réveilles en moi, veille en toi Pour que de la terre au soleil Des pluies de nos caresses Naisse un bel arc-en-ciel
D’où, d’où, d’où viens-tu O ma tendre merveille Mon amour absolu? Bercée par les sortilèges et les rêves étoilés Sous le grand manège enchanté
Peut-être ce qui m’attire en toi, tire en toi N’est autre que le sourire en moi, rire en toi Du petit esprit malicieux Qui lance des étincelles Dans le ciel de tes yeux
Dans la salle d’attente De la gare de Nantes J’attends Un vieux légionaire S’endort sur sa bière en chialant Qu’est-ce que j’donnerais pas pour être au chaud Dans les bras de cette fille de Saint Malo Qui serrait son matelot sur le quaiFan-di, tsi, lan J’ouvre un magazine et je vois Une jolie petite rousse Qui s’tape une mousse au chocolat Ses lèvres gourmandes M’invitent à en prendre avec elle Rien qu’une cuillère Avant qu’sa grand mère ne revienne
Dans la salle d’attente De la gare de Nantes J’attends
L’heure qui passe après l’heure forte est visage qui se sculpte dans l’air. Je me tiendrai au bord de la lumière du sable plus étrange que la mer. Qui donc sera visible après l’événement ? Anges autour de l’œuvre pie, les lendemains sans lèvres ont des étonnements de baisers clairs.
Dans l’accroche du lierre la bête primitive tombe du masque toute idée stagnante
c’est grouillant en pensées comme en gestes
Dans l’atelier
une toile est déjà prête à opérer
J’irai chercher l’Homme où tout voile sa face
pour le rendre à la nature primordiale de l’Homme et de la FEMME
comme il n’existe pas de paroi
entre les peaux du battement des coeurs
Dressée la bête court au plafond sans perdre l’adhérence
Vois-tu des mains comme à dessein j’ai les yeux de couleurs arc-en-ciel sur tes positions consentantes et la cadence de ce battement de pied qui m’apporte l’inspiration hétérogène
Une nudité pure qui fait fuir les gens d’armes comme les voyeurs au moment où le lézard cédant la place, dévoile mon genre présentant les armes au premier soleil dans un rite intégral.
faire luire les arêtes des buissons et des navires
La ville aux longues aiguillées de fulgores
Monte jusqu’à se perdre
Le long d’une rampe de chansons qui tourne en vrille dans les rues désertes
Quand les marelles abandonnées se retournent l’une
après l’autre dans le ciel Tout au fond de l’entonnoir
Dans les fougères foulées du regard J’ai rendez-vous avec la dame du lac
Je sais qu’elle viendra
Comme si je m’étais endormi sous des fuchsias
C’est là
A la place de la suspension du dessous dans la maison des nuages
Une cage d’ascenseur aux parois de laquelle éclate par
touffes du linge de femme De plus en plus vert
A moi
A moi la fleur du grisou
Le ludion humain la roussette blanche
La grande devinette sacrée
Mieux qu’au fil de l’eau Ophélie au ballet des mouches
de mai Voici au reflet du fil à plomb celle qui est dans le
secret des taupes
Je vois la semelle de poussière de diamant je vois le paon blanc qui fait la roue derrière l’écran de la cheminée
Les femmes qu’on dessine à l’envers sont les seules qu’on n’ait jamais vues
Son sourire est fait pour l’expiation des plongeurs de
perles Aux poumons changés en coraux
C’est Méduse casquée dont le buste pivote lentement
dans la vitrine De profil je caresse ses seins aux pointes ailées
Ma voix ne lui parviendrait pas ce sont deux mondes Et même
Rien ne servirait de jeter dans sa tour une lettre toute ouverte aux angles de glu
On m’a passé les menottes étincelantes de Peter Ibbetson
Je suis un couvreur devenu fou
Qui arrache par plaques et finirai bien par jeter bas
tout le toit de la maison Pour mieux voir comme la trombe s’élève de la mer Pour me mêler à la bataille de fleurs Quand une cuisse déborde l’écrin et qu’entre en jeu la
pédale du danger
La belle invention
Pour remplacer le coucou l’horloge à escarpolette
Qui marque le temps suspendu
Pendeloque du lustre central de la terre
Mon sablier de roses
Toi qui ne remonteras pas à la surface
Toi qui me regardes sans me voir dans les jardins de
la provocation pure Toi qui m’envoies un baiser de la portière d’un train
L’homme n’est qu’une fleur de l’air tenue par la terre, maudite par les astres, respirée par la mort; le souffle et l’ombre de cette coalition, certaines fou, le surélèvent.
Notre amitié est le nuage blanc préféré du soleil.
Notre amitié est une écorce libre. Elle ne se détache pas des prouesses de notre cœur.
Où l’esprit ne déracine plus mais replante et soigne, je nais. Où commence l’enfance du peuple, j’aime.
xxe siècle : l’homme fut au plus bas. Les femmes s’éclairaient et se déplaçaient vite, sur un surplomb où seuls nos yeux avaient accès.
À une rose je me lie.
Nous sommes ingouvernables. Le seul maître qui nous soit propice, c’est l’Éclair, qui tantôt nous illumine et tantôt nous pourfend.
Éclair et rose, en nous, dans leur fugacité, pour nous accomplir, s’ajoutent.
Je suis d’herbe dans ta main, ma pyramide adolescente. Je t’aime sur tes mille fleurs refermées.
Prête au bourgeon, en lui laissant l’avenir, tout l’éclat de la fleur profonde. Ton dur second regard le peut. De la sorte, le gel ne le détruira pas.
Ne permettons pas qu’on nous enlève la part de la nature que nous renfermons. N’en perdons pas une éta-mine, n’en cédons pas un gravier d’eau.
Après le départ des moissonneurs, sur les plateaux de l’Ile-de-France, ce menu silex taillé qui sort de terre, à peine dans notre main, fait surgir de notre mémoire un noyau équivalent, noyau d’une aurore dont nous ne verrons pas, croyons-nous, l’altération ni la fin; seulement la rougeur sublime et le visage levé.
Leur crime : un enragé vouloir de nous apprendre à mépriser les dieux que nous avons en nous.
Ce sont les pessimistes que l’avenir élève. Ils voient de leur vivant l’objet de leur appréhension se réaliser. Pourtant la grappe, qui a suivi la moisson, au-dessus de son cep, boucle; et les enfants des saisons, qui ne sont pas selon l’ordinaire réunis, au plus vite affermissent le sable au bord de la vague. Cela, les pessimistes le perçoivent aussi.
Ah! le pouvoir de se lever autrement.
Dites, ce que nous sommes nous fera jaillir en bouquet?
Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.
Vivre, c’est s’obstiner à achever un souvenir? Mourir, c’est devenir, mais nulle part, vivant?
Le réel quelquefois désaltère l’espérance. C’est pourquoi, contre toute attente, l’espérance survit.
Toucher de son ombre un fumier, tant notre flanc renferme de maux et notre cœur de pensées folles, se peut; mais avoir en soi un sacré.
Lorsque je rêve et que j’avance, lorsque je retiens l’ineffable, m’éveillant, je suis à genoux.
L’Histoire n’est que le revers de la tenue des maîtres. Aussi une terre d’effroi où chasse le lycaon et que racle la vipère. La détresse est dans le regard des sociétés humaines et du Temps, avec des victoires qui montent.
Luire et s’élancer – prompt couteau, lente étoile.
Dans l’éclatement de l’univers que nous éprouvons, prodige! les morceaux qui s’abattent sont vivants.
Ma toute terre, comme un oiseau changé en fruit dans un arbre éternel, je suis à toi.
Ce que vos hivers nous demandent, c’est d’enlever-dans les airs ce qui ne serait sans cela que limaille et souffre-douleur. Ce que vos hivers nous demandent, c’est de préluder pour vous à la saveur : une saveur égale à celle que chante sous sa rondeur ailée la civilisation du fruit.
Ce qui me console, lorsque je serai mort, c’est que je serai là — disloqué, hideux — pour me voir poème.
Il ne faut pas que ma lyre me devine, que mon vers se trouve ce que j’aurais pu écrire.
Le merveilleux chez cet être : toute source, en lui, donne le jour à un ruisseau. Avec le moindre de ses dons descend une averse de colombes.
Dans nos jardins se préparent des forêts.
Les oiseaux libres ne souffrent pas qu’on les regarde. Demeurons obscurs, renonçons à nous, près d’eux.
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