MERCREDI CEINT


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MERCREDI CEINT

Cette peur feinte des hautes herbes quand du taillis les pigeons de ta poitrine ont éclaté  les boutons de ton corsage à fleurs

je m’en souviens

D’un autre âge, nous n’étions qu’enfants jouant au père à la mère, les billes riant à pleines dents sur le  lit du ciel de la marelle

Les repasseuses avaient déjà la chaleur aux reins en se racontant la dernière nuit avec le rémouleur

Et tranquille au bord du trottoir le cheval du bougnat attendait pour aller livrer quelques bûchettes et un sac de boulets chez la mère Angèle

En passant par la Butte je te montrerai l’abri douillet de la vigne, à cette heure-ci les pampres sont gorgés, prêts à être vendangés

Au soufflet de l’accordéon matinal, j’aspire les mouvements de ton ventre quand tu pousses à denser un Mercredi buissonnier

Niala-Loisobleu – 11 Septembre 2019

CHACUN POUR SOIE


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CHACUN POUR SOIE

Sorti de la voie professorale d’une académie

me voici enroulant la vague autour de tes hanches, la montagne qui se trempe les pieds dans l’écume n’arrête rien de ma pensée en boucle, des gitans ont allumé un feu autour de la halte, les chiens se sentent comme des chaleurs animales attelées au traîneau d’une course transibérienne laissant libre-cours à l’imaginaire

quand au tamisé de la lampe je vois ta main écrire sur mes couleurs

le lin envahit ton chant de sons bleus

sans que les parents puissent ôter le droit de rester enfant pour voler une vie durant hors des cages en faux-bois des zones d’élevage.

Niala-Loisobleu – 10/09/19

MAUVAIS ALOI


 

 

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MAUVAIS ALOI

 

Là maintenant, comme une chose normale, il fait chaud alors qu’il y a 1/4 d’heure j’avais froid. Je m’y reconnu, mais il me fallut soulever la branche morte dont on avait habillé le chemin de  mon départ vers toi. Le dos peut faire mal d’yeux qui brûlent.

Les faussaires s’en prendraient-ils au tant ?

 

Niala-Loisobleu – 10/09/19

 

 

ENTRE MAIS


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ENTRE MAIS

 

Le vieux livre d’un reportage est au bord du placard à valises, la boîte à chaussures de ses photos dedans

La fraîcheur du teint reçu ce matin au travers de la monture de tes lunettes j’en fais le guide de mon voyage

Pas de plage de sable blanc, les galets font mieux qu’émeri pour ébarber les bavures de fonderie laissées par le moule d’une vie où le calice porte un masque

Je te serre si fort que l’odeur veut sortir en soupir du klister de bas de gondole

Ces immeubles flottants qui entrent à Venise cachent la lagune, à filer le vertige au carnaval

Chante moi au sol et mis haut jusqu’aux prunelles le noir restera au chien

alors j’aboierai à te griffer au sein de l’avalé

 

Niala-Loisobleu – 10/09/19

ORIGINE


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ORIGINE

Déplacer l’austérité de murs sales photographiés sur le vif d’un voile sur la musique d’une conquête

C’était déjà le recul andalou du cheval d’école, les fleurs gitanes à l’odeur de crépon manquent de rein dans le claquement d’étalon, passer par Bénidorm sent la colonisation britanico-germanico-batave

Ambroise a tellement d’orgue dans ses rues qu’en Mac Orlan sent la frite, vieux loubard des quais où Mimi se fait reluire sous le pont

Ne rien laisser à la nitre qui dévore, debout sur les jambes qui échappent, un bus 52 pour passage du poil hagard à la taille du rasoir, demain a d’hier , Alain rappelle-toi ta grand-mère qui te disait qu’avant de donner faut pas se perdre à refaire le monde, quand tu rejoins les roses jaunes pense au prix non marchand que ça coûte. Les héliotropes sont du bon côté de la page, gratte la guitare à sa source.

Niala-Loisobleu – 9 Septembre 2019