AUTOUR


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AUTOUR

Epars, une couleur et un ballet de Degas, accompagnent des bouts de bois d’amour et des paumes tombées sur la grève. Les cris emportés par le vent n’agitent plus les pouls riverains

Le poids fait place au numéro de lévitation

Reste à résoudre les derniers mots de l’impossible quand les deux héros du film pourchassés par les éléments de l’embuscade, à un doigt d’en réchapper semblent ne pouvoir y parvenir.

Niala-Loisobleu – 23 Septembre 2019

DE LA MAIN


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DE LA MAIN

En regardant la main dans sa ligne

Veinure tenue aux branches par l’écusson chevalier

le cheval murmure d’un trot amorti par la vérité

La lice tremble

les tournois manquent de cette courtoisie battante de la croisade

Elle

sur sur son rempart

laisse aux douves la garde fidèle

Niala-Loisobleu – 22/09/19

PORTEUR D’EAU


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PORTEUR D’EAU

 

Fragile comme un serpent de verre inoffensif, cette minute qui hésite à se reconnaître bloque l’heur pour un tant limité

Je vais à l’enfant demander l’aide à puiser au caniveau

Par les carreaux du tablier arrive la mer et son sel lointains

De ton arbre au mien l’oiseau cabote l’amour de pore en pore

Le bateau de papier en quadrille les spirales

Niala-Loisobleu – 22/09/19

 

AUTO-PORTRAIT


A2-Niala 112 COPIE 2 (2)

 

AUTO-PORTRAIT

 

J’ai sorti la mort, pour vivre

Ceylan est celui qui dit ça avec un poignant qui saute, halète, sans pleureuses

 

Là autour quelque chose de vraiment mort rampe

 

Dans l’attente j’ai sorti le miroir du calme

je m’y suis vu serein d’amour vivant

peut-être devrais-tu peindre ça, m’a-t-il dit, un sourire vierge comme un hymen qui fait la plage en sautillant les mouettes

Pourquoi je noir ?

Tu sais la glace c’est plus beau de l’autre côté du miroir. Tellement plus vrai qu’une image attendue…

Niala-Loisobleu – 22/09/19

FUGUE DE MORT, PAR PAUL CELAN.


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FUGUE DE MORT, PAR PAUL CELAN.

 

Lait noir du petit jour nous le buvons le soir
nous le buvons midi et matin nous le buvons la nuit
nous buvons et buvons
nous creusons une tombe dans les airs on y couche à son aise
Un homme habite la maison qui joue avec les serpents qui écrit
qui écrit quand il fait sombre sur l’Allemagne tes cheveux d’or Margarete
il écrit cela et va à sa porte et les étoiles fulminent il siffle pour appeler ses chiens
il siffle pour rappeler ses Juifs et fait creuser une tombe dans la terre
il nous ordonne jouez maintenant qu’on y danse

Lait noir du petit jour nous te buvons la nuit
nous te buvons midi et matin nous te buvons le soir
nous buvons et buvons
Un homme habite la maison qui joue avec les serpents qui écrit
qui écrit quand il fait sombre sur l’Allemagne tes cheveux d’or Margarete
Tes cheveux de cendre Sulamith nous creusons une tombe dans les airs on y couche à son aise
Il crie creusez plus profond la terre vous les uns et les autres chantez et jouez
il saisit le fer à sa ceinture il le brandit ses yeux sont bleus
creusez plus profond les bêches vous les uns et les autres jouez encore qu’on y danse

Lait noir du petit jour nous te buvons la nuit
nous te buvons midi et matin nous te buvons le soir
nous buvons et buvons
un homme habite la maison tes cheveux d’or Margarete
tes cheveux de cendre Sulamith il joue avec les serpents

Il crie jouez la mort plus doucement la mort est un maître d’Allemagne
il crie plus sombre les accents des violons et vous montez comme fumée dans les airs
et vous avez une tombe dans les nuages on y couche à son aise
Lait noir du petit jour nous te buvons la nuit
nous te buvons midi la mort est un maître d’Allemagne
nous te buvons soir et matin nous buvons et buvons
la mort est un maître d’Allemagne ses yeux sont bleus
il te touche avec une balle de plomb il te touche avec précision
un homme habite la maison tes cheveux d’or Margarete
il lâche ses chiens sur nous et nous offre une tombe dans les airs
il joue avec les serpents il rêve la mort est un maître d’Allemagne

tes cheveux d’or Margarete
tes cheveux de cendre Sulamith

Bucarest, 1945.

Traduction Olivier Favier.

TODESFUGE

Schwarze Milch der Frühe wir trinken sie abends
wir trinken sie mittags und morgens wir trinken sie nachts
wir trinken und trinken
wir schaufeln ein Grab in den Lüften da liegt man nicht eng
Ein Mann wohnt im Haus der spielt mit den Schlangen der schreibt
der schreibt wenn es dunkelt nach Deutschland dein goldenes Haar Margarete
er schreibt es und tritt vor das Haus und es blitzen die Sterne er pfeift seine Rüden herbei
er pfeift seine Juden hervor läßt schaufeln ein Grab in der Erde
er befiehlt uns spielt auf nun zum Tanz

Schwarze Milch der Frühe wir trinken dich nachts
wir trinken dich morgens und mittags wir trinken dich abends
wir trinken und trinken
Ein Mann wohnt im Haus der spielt mit den Schlangen der schreibt
der schreibt wenn es dunkelt nach Deutschland dein goldenes Haar Margarete
Dein aschenes Haar Sulamith wir schaufeln ein Grab in den Lüften da liegt man nicht eng

Er ruft stecht tiefer ins Erdreich ihr einen ihr andern singet und spielt
er greift nach dem Eisen im Gurt er schwingts seine Augen sind blau
stecht tiefer die Spaten ihr einen ihr andern spielt weiter zum Tanz auf

Schwarze Milch der Frühe wir trinken dich nachts
wir trinken dich mittags und morgens wir trinken dich abends
wir trinken und trinken
ein Mann wohnt im Haus dein goldenes Haar Margarete
dein aschenes Haar Sulamith er spielt mit den Schlangen
Er ruft spielt süßer den Tod der Tod ist ein Meister aus Deutschland
er ruft streicht dunkler die Geigen dann steigt ihr als Rauch in die Luft
dann habt ihr ein Grab in den Wolken da liegt man nicht eng

Schwarze Milch der Frühe wir trinken dich nachts
wir trinken dich mittags der Tod ist ein Meister aus Deutschland
wir trinken dich abends und morgens wir trinken und trinken
der Tod ist ein Meister aus Deutschland sein Auge ist blau
er trifft dich mit bleierner Kugel er trifft dich genau
ein Mann wohnt im Haus dein goldenes Haar Margarete
er hetzt seine Rüden auf uns er schenkt uns ein Grab in der Luft
er spielt mit den Schlangen und träumet der Tod ist ein Meister aus Deutschland

dein goldenes Haar Margarete
dein aschenes Haar Sulamith

Bucarest, 1945.

FUGA DI MORTE

Nero latte dell’alba lo beviamo la sera
lo beviamo a mezzogiorno e al mattino lo beviamo la notte beviamo e beviamo
scaviamo una tomba nell’aria là non si giace stretti
Nella casa abita un uomo che gioca con i serpenti che scrive
che scrive all’imbrunire in Germania i tuoi capelli d’oro Margarete
lo scrive ed esce dinanzi a casa e brillano le stelle e fischia ai suoi mastini
fischia ai suoi ebrei fa scavare una tomba nella terra
ci comanda ora suonate alla danza.

Nero latte dell’alba ti beviamo la notte
ti beviamo al mattino e a mezzogiorno ti beviamo la sera
beviamo e beviamo
Nella casa abita un uomo che gioca con i serpenti che scrive
che scrive all’imbrunire in Germania i tuoi capelli d’oro Margarete
I tuoi capelli di cenere Sulamith scaviamo una tomba nell’aria là non si giace stretti

Lui grida vangate più a fondo il terreno voi e voi cantate e suonate
impugna il ferro alla cintura lo brandisce i suoi occhi sono azzurri
spingete più a fondo le vanghe voi e voi continuate a suonare alla danza

Nero latte dell’alba ti beviamo la notte
ti beviamo a mezzogiorno e al mattino ti beviamo la sera
beviamo e beviamo
nella casa abita un uomo i tuoi capelli d’oro Margarete
i tuoi capelli di cenere Sulamith lui gioca con i serpenti

Lui grida suonate più dolce la morte la morte è un maestro tedesco
lui grida suonate più cupo i violini e salirete come fumo nell’aria
e avrete una tomba nelle nubi là non si giace stretti

Nero latte dell’alba ti beviamo la notte
ti beviamo a mezzogiorno la morte è un maestro tedesco
ti beviamo la sera e la mattina beviamo e beviamo
la morte è un maestro tedesco il suo occhio è azzurro
ti colpisce con palla di piombo ti colpisce preciso
nella casa abita un uomo i tuoi capelli d’oro Margarete
aizza i suoi mastini contro di noi ci regala una tomba nell’aria
gioca con i serpenti e sogna la morte è un maestro tedesco

i tuoi capelli d’oro Margarete
i tuoi capelli di cenere Sulamith

Bucarest, 1945.

Paul Celan, Poesie (a cura di Giuseppe Bevilacqua), Mondadori, Milano, 1998.

 

LA CROISIERE S’HUMUS


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LA CROISIERE S’HUMUS

La paresse dominicale remonte avec peine l’obscur d’une panne de courant, comme si la cause intestinale avait l’angoisse de sortir. Il va falloir tenir l’humeur sous surveillance, la mauvaise ayant la sale habitude de s’octroyer le droit d’aînesse. J’ai vu la graisse adipeuse du voyeur sur l’échelle de coupée avant que l’abordage ait pu avoir lieu. Les Cyclades restent joignables.

Ô idéal apporte-nous ce que la pluie nous doit d’indemnité pour excès solaire. Que les jambes de l’herbe resurgissent de la semelle de leurs racines.

Quand cette époque jetait son acné le champignon parfumait les forêts. Les arbres se faisaient complices de l’assemblage des mous avec les glands et les mousses.

Je débretellerai ton caraco pour la levée d’écrou de tes chiens joyeux, sans aller à la chasse on ira les conduire aux canards, une aréole avec un col-vert ça fait ton de saison.

Au poil frétillant sous la caresse de l’ondée la nature remonte jusqu’à l’homme tout ce qui lui reste d’animal.

Niala-Loisobleu – 22/09/19

L’EPOQUE 2019/51 LES TERRIERS 5


Voici « LES TERRIERS V » le cinquante-et-unième de cette nouvelle Epoque 2019 avec BARBARA AUZOU.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos likes.

 

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L’EPOQUE 2019/51

« Les Terriers 5 »
Niala
Acrylique s/toile 55×46

 

Bouleversé

Peut-être

Quand je vois

Fendue au jardin

La forme de ton être

Que la paix a ravie

Je me fais le témoin

De l’infini Loin

D’une illustre conquête

Sinon un besoin d’affirmation

Un élan sauvage et surpris

A l’unisson duquel je frissonne

Comme on aboie

Le répit de l’intimité a les doigts

Tendres et il y a d’eau assez

Pour baigner un verger tout entier

Toute droite sortie de la gorge du monde

La lumière coule élargie

Toujours plus en dedans

Ronde d’un possible dénuement

Que j’embrasse et que je soustrais

Rose pareil l’enfant y boit

Nos alphabets secrets

 

 

Barbara Auzou.

DERNIERE VOLONTE


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DERNIERE VOLONTE

 

Plante du pied à la pointe rouillée de l’entrave, s’ouvrir les mains aux tessons pour voir le pétale franchir le mur

A la coupe des paumes cette seule poignée d’humus  tenant la fleur hors du bouquet encarté

puis un cri d’oiseau blessé refusant la cage pour asile

les serinettes laissées au bal de la Cour dans le panier d’Amazon

Du tranchant blanc de la vague avant l’embrun sur la tombe garder la mie tendre du pain chaud non tiré du fournil

Odeurs lucioles et charmes en technicolor

de grâce

il me faut en corps le tant de la déshabiller à la Côte Sauvage pour entendre l’azur me noyer dans sa conque porte-vie.

 

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2019

 

PETIT CHEVAL DE MER


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PETIT CHEVAL DE MER

 

Estran demandé mais, j’ai dit que sans les mauvaises herbes un jardin serait un gazon anglais, horreur, misérable vanité projetée comme unique référence

Des grecs il est loisible d’aborder sans canons ce qui en est

Les modernes ont failli se faire écraser par les Colonels, intolérable dictature combattue par la poésie

hélas pour quelques années seulement , l’Union Européenne a ramené son pouvoir financier

éradiquant l’Antiquité comme des fanatiques font sauter les montagnes

A quelques pieds de l’Atlantide la clef du silence en main et les pieds palmés nagerai-je qu’il ne me faudrait point de scaphandre  les chaussures et la ceinture de plomb ne m’ont jamais porté vitrail

Tenu en surface par la femme aux seins lourds qui forge ma braise de son soufflet

je pense qu’à genoux je tirerais encore le trait

sur la toile

Les lin bleus comme un tablier d’enfant propre dans le smog de la mentalité parasite

Je ne tiens rien de ce qui fait le pouvoir  aussi j’affirme que je ne changerai rien de ce que je suis

Au point de remplir ma dernière bouteille d’un je t’aime écrit sur mon pouls et mis à la mer pour Elle.

 

Niala-Loisobleu – 21 Septembre 2019

 

 

Parole de juillet


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Parole de juillet

 

Mesuré est le lieu des hommes

Et les oiseaux ont reçu le même mais immense !

Immense le jardin où à peine

Séparé de la Mort. (avant qu’elle ne me touche à nouveau

Déguisée) je jouais et tout m’arrivait aisément à hauteur de main.

Le petit cheval de mer ! Et de la bulle fuit l’éclatement !

Le bateau rouge de la mûre sauvage courants profonds des

Feuillages ! Et le mât de misaine plein de drapeaux !

Que m’arrive-t-il à présent ? Mais c’était hier où j’ai existé

Et puis la longue longue vie des inconnus l’inconnue

Soit. Rien qu’en parlant joliment on s’épuise :

Comme le cours de l’eau qui d’une âme à l’autre

tisse les distances.

Et tu te trouves funambulant d’une Galaxie à l’autre

Alors que sous tes pieds grondent les précipices.

Et tu arrives ou non.

Oh premiers élans à peine esquisses sur mes draps. Anges féminins

Qui de là-haut me faisiez signe d’avancer dans toute chose

Puisque même si je tombais de la fenêtre

la mer de nouveau me servirait de monture

L’immense pastèque qu‘ignorant jadis j’ai habitée

Et ces filles de la maison, ces orphelines, à la chevelure défaite qui avec l’Intelligence du vent savait se déployer par-dessus les cheminées !

Une telle harmonie de l’ocre dans le bleu

qui vraiment te trouble

Et les écritures d’oiseaux que le vent pousse par la fenêtre

À l’heure où tu dors poursuivant l’avenir

Le Soleil sait. Il descend en toi pour regarder.

Car l’extérieur n’étant que reflet, c’est dans ton corps que la nature demeure et de la qu’elle se venge

Comme dans une sauvagerie sacrée pareille a celle lion ou de l’Anachorète

Ta propre fleur pousse

que l’on nomme Pensée

(Bien que lettré, j’arrivai de nouveau là où la nage m’a toujours mené)

Mesuré est le lieu des sages

Et let enfants ont reçu le même mais Immense !

Immense la mort sans mois ni siècles

Pas moyen de devenir adulte là-bas

De sorte que dans les mêmes chambres

les mêmes jardins tu retourneras

en tenant la cigale – Zeus qui d’une

Galaxie à l’autre promène ses étés.

 

Odysseus Elytis  ( Les Élégies de la pierre tout-au-bout 1991 )