FIL MUET – ALICE RIVAZ


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FIL MUET – ALICE RIVAZ

Du visage qui soudain parle

un portrait clair comme l’eau vue au travers

coule seul et entouré

Prenant comme le non-dit

le vrai renvoi du miroir

grave

tendre

une chair de poule au fil des pages

comme un Amadéo Modigliani retourné dans son rouge

J’en garde une couleur d’oreilles

émouvante

qui colle au coeur

rare

à ne pouvoir dire…

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2019

ENTRE LEURS DRAPS BLANCS 2


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ENTRE LEURS DRAPS BLANCS 2

 

Le chant d’un filet d’eau, une senteur de peint, la caresse du poil, la sollicitude de la langue, le frôlement du genou, l’ouÏe allant au nom de chaque chose, le caniveau blanc des rues noires, la chandelle du pouls qui résiste, cet instant qu’on prolonge après l’heure, le mot juste, son silence, le cri lancé dans l’isoloir, la marguerite intarissable le bleu en suffisance, les murs percés de tableaux, la fin de l’absence

Niala-Loisobleu – 05/09/19

SUR LA TABLE 2


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SUR LA TABLE 2

 

Il y a les fruits de l’arbre

des rondeurs de tuile

le mouvement du rideau matinal

des fleurs fraîches prises dans le potager

les flacons des odeurs prises au déroulement des heures

et puis le lieu de notre maison lacustre

perché tout en haut d’un arbre flottant

rappelle-toi le lac Inlé

l’idée du plan est venue de lui

comme la blancheur des murs a trouvé dans les ibis du Mékong matière à suivre

Marguerite

J’aime cette virginité poursuivie en matière de concept

nous en arrivons à marcher sur l’eau en étant mécréants

portant le sacré pour tout vêtement

tes mots et ma peinture dépouillés d’emphase un peu comme on apprend avec des bâtons à trouver la clef.

 

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2019

 

L’EPOQUE 2019/45 – « LES VILLAGES BLANCS III »


L’EPOQUE 2019/45 – « LES VILLAGES BLANCS 3

 

Voici « LES VILLAGES BLANCS III » le quarante-cinquième de cette nouvelle Epoque 2019 avec BARBARA AUZOU.

C’est un travail à quatre mains , merci d’en tenir compte dans vos commentaires et vos like. 

Les Villages blancs 3 (45

L’EPOQUE 2019/45
« Les Villages Blancs 3 »
Niala
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On avait promis aux oiseaux

Qu’on reviendrait en ce lieu

Quand on saurait à qui donner

L’air et la main dans les cheveux

Passée tout entière après le nuage ancien.

Le sein fier monte dans l’amandier et son lendemain

La peau aux aguets derrière la valve double du fruit :

Ce sera pour bientôt l’apex

L’amande pour tes lèvres circonflexes

Et la douceur qui s’ignorait passera aux aveux

Face à l’autre visage du temps.

La pierre vive à son cœur accordée

Mûrira sur l’ocre incendiée

De nos tendres moments

Au bord de ce blanc

Par quoi le rouge arrive.

 

 

Barbara Auzou.

FEUX BLEUS


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FEUX BLEUS

 

L’oreille résonnante se retrouve à vibrer aux paumes

et puis des crêtes de chant du coq désempalées du clocher sont à l’heur de la marée

la gazette de papier plié des doigts appareille

suivi des couleurs du rire de deux enfants marquant le jour à l’orient

pour laisser la vague venir par les trous d’un ocarina ailé

 

Niala-Loisobleu – 04/09/19

ENTRE LEURS DRAPS BLANCS 1


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ENTRE LEURS DRAPS BLANCS 1

 

Après le café froid dont la fumée partie vers quelque sucre, restée là seule sur ma langue, j’aime à voir ta présence à table

nudité blanche sur un drap nappant les derniers fruits rouges, l’automne s’apprête à gîter ton gibier à poil à la racine de ton ventre

mille et une nuits n’y suffirent, écrira plus tard leur biographe dans son tableau de bord, une histoire de vie de cette trempe pourrait avoir un écho au Grenelle du jour, vu  les coups qu’elle donne

pourtant ils vécurent plus heureux qu’un royaume rapportant gros aux allocations familiales

et leur asile proche de Ste-Anne monte une garde en concomitance sur le rempart personnel qui les protège.

 

Niala-Loisobleu 4 Septembre 2019

 

MON DELCO


 

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MON DELCO

 

Parti comme on reste me voici revenu comme je m’en vas faire

Simple métaphore métaphysique d’un adepte du abolissons le sport

j’en ai croisé qui aurait pu être ambulancé tellement ils avaient l’air de souffrir

les bateaux ont leur place au pilotis, la rivière est faite pour eux, moi je trouve, alors qu’un être qui s’esquinte à courir où à marcher avec l’équipement et tenues de circonstance ressemble à un oiseau qui fait gardien de square

quand j’ai pas d’envie c’est fou tous les trucs qui se proposent, ça me percute, d’un coup je dis merde me voici devenu lambda il me faut une aide psychologique. Alors réalisant que ça relève du faux-fou je délasse la camisole de l’ennui, et m’allume à Ma, subséquemment.

 

Niala-Loisobleu – 04/09/19

DANS LA GRANGE…


old abandoned barn. Abandoned cart next to ruins. Old cart near stone wall. District with old buildings, old building made of stones collapsing. The uninhabited house almost destroyed

DANS LA GRANGE…

Dans la grange, sur le sol dur, bossue, battu, le char dormait avec des rameaux de chêne cassés dans les joints de son bois boueux et fendu.
La batteuse au ronflement qui s’enfle avait cessé de tourner au milieu des bœufs patients, et des tas de débris minces jonchaient la terre.

Les poules du
Bon
Dieu qui sont les hirondelles, et qui avaient leur nid sur la poutre, tombèrent.

Alors deux métayers, lents et adroits, sautèrent

sur d’autres et, avec des clous, fixèrent

au plafond un morceau de fer blanc retroussé.

Ils l’emplirent de paille et y mirent les petits tombés.

Alors on vit la mère des petits oiseaux glisser craintivement dans l’azur, en réseaux allongés.

Peu à peu, elle arriva au nid.
Je m’étais assis près des herses et du soc qui luit, et j’avais dans le cœur une tristesse tendre comme si j’avais eu dans le fond de mon âme un rayon de soleil où vole
un peu de cendre.

Vinrent huit petits cochons extrêmement si jolis

qu’on eût pu les offrir à de petites filles.

Ils n’avaient pas plus de trois semaines,

ils luttaient entre eux, arc-boutés comme des chèvres,

et leurs très petits pas étaient précipités.

La truie aux mamelles flasques et ridées, aux soies rudes, groinait vers le sol, embouée.

La vie pauvre, par ce beau jour d’été, m’a paru revêtir toute sa dignité.

Et lorsque sont passés, près de mon escabeau, les paysans tristes, silencieux et beaux, faisant rouler les roues dans l’ombre noire et fraîche, je ne leur ai rien dit et j’ai
baissé la tête.

Francis Jammes

DU VENT QUI SE MORFOND, MA


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DU VENT QUI SE MORFOND, MA

 

Ma,

J’te sors un reste d’espoir

de ma musette

pour que tu connaisses mieux mon trottoir

l’eau y étais bonne à boire

que ça m’a gardé vivant face aux inciviques du boulevard du crime

De la rue qui m’a fête peint d’épices

prends mon amour pour tout à toi

c’est de loin devenu denrée rare…

 

Niala-Loisobleu – 03/09/19

 

ROUTE DE LA MORT


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ROUTE DE LA MORT

Les voies respiratoires me restant impénétrables, il me fallut plusieurs secondes pour me reconnaître vivant. Pendant qu’ils déblatèrent sur un choix entre 80 et 90 et que s’allongent les traversées à 30, le risque du rond-point , loin de rompre, augmente.

J’ai vécu un scoop ce matin, du vrai jamais vu

Imaginez, j’avais réussi à entrer sur la partie de l’arc de cercle occupée par la ronde de ceux qui considèrent que pour eux ralentir serait dégradant

Suivant le véhicule qui me précédait je reste derrière lui quand il prend la même sortie que moi

Seulement des deux j’étais le seul à pas s’être trompé

qu’à cela ne tienne

mis sur la mauvaise route il pile et braque à gauche et amorce fait demi-tour en pleine voie, se trouve en travers à cheval sur la bande barrant les deux voies, recule comme sur un terrain privé et repart au rond-point…

Je l’aurai coupé en deux comme on éperonne si j’avais pas pilé, merde

je suis encore pas revenu

ça vaut l’autoroute à contresens…

Niala-Loisobleu – 03/09/19