LES INTEMPORAINES
Je n’ai plus les années où compter importe peu, quand on est censé en avoir beaucoup à vivre devant soi, on a pas les mêmes visions sur le quotidien.
Mais voilà assez longtemps que j’en prends dans la gueule pour y mettre terme.
Au moins finir en ayant le choix du bonheur selon mon concept. Ceci pour dire que si l’on n’avait pas compris que de la girouette peu de points nous sont communs, pourra peut-être expliquer que je n’ai pas d’envie de me faire traiter en fonction de caprices, de mauvaise foi, d’égocentrisme, de défaut d’humilité et d’orgueil hors-dimensionné.
Mon temps qui reste sera donc rempli sans concessions de complaisance, de désaccord, de compromission lâche. Mourir pour mourir autant que ça soit dans mon identité.
Je reste ici pour achever l’entrepris. Ne likerai (quel barbarisme) qu’en plein accord, puis qu’il n’y a pas de possibilité de dire, « j’aime pas ». Ne répondrai aux commentaires qu’en fonction de leur rapport avec le sujet. Restant silencieux quand il n’y a rien à dire.
Certains, les plus nombreux je m’en doute, vont s’offusquer, se vexer, se sentir blessés. Tant pis, ça n’aura pas été dans mon intention. Je n’ai pas de remèdes contre l’incompréhension. Mais qu’ils s’abstiennennt d’entrer dans la vulgarité de propos.
Niala-Loisobleu – 27 Avril 2018
LES INTEMPORAINES
Le temps est sans fin
L’espace est sans fin
Et sans fin
Ni repos les matières
Car est matière
Ce qui résiste au désir
L’homme
L’ouvrage et son désir
Sont sans fin
Et la bombe
D’Hiroshima tombera
Sans fin
Rudérales
Sont les fleurs
De nos jardins saccagés
Sur les décombres
Et le remblai en friches
De nos consciences
Lumière
Les cendres du soleil
Cosmos
Ce qui couve encore
De son feu
Dans l’incendie
Aux lisières aveugles
Et la pluie noire
Des moussons du vide
Mais l’ombre
Marquée sur un pan
Carbonisé d’Hiroshima
Est le fantôme écorché
De qui passait
Sous les bruissements
De cerisiers
Dont on disait en ville
C’est le frisson
Le plus secret du beau
Qui seul peut
Nourrir l’âme humaine
Mémoire
Le terrain vague
Où la végétation sauvage
Des images d’Hiroshima
Repousse toujours
Parmi les gravats
De l’horreur instantanée
Et les crépis boursouflés
De la peau
Et les pustules de la peur
A venir
Brûlis
Où l’ortie amère persiste
Plus têtue
Que l’oasis dans le désert
Du cœur
Ou le nerf
Des coqs décapités
Que la fureur fait courir
Les mots
Comme des gants
Oubliés rêvant de caresses
Que la main
Ne peut connaître que nue
Après ce souffle
Et l’érection priapique
De sa puissance
Que faire
Du souffle faible
Qui habite la carcasse
Et sa trace
Dans le verbe proféré
De la férocité
Sinon
Répéter la présence
Qui dénonce
Et le verbe
Qui embrase autrement
L’innocence
De ce qui apparaît
Quand la beauté enfante
Nos regards
Et l’orgasme naïf
De l’aurore après l’aube
Ou l’horizon
Qui recule pour
Laisser place à l’immense
Mon âme
Faudra-t-il boire
Dangereusement penchée
Comme la girafe
Qui fait le grand écart au
Bord des berges
Où nage
Entre deux eaux boueuses
Le crocodile
Aux bonds soudains
Et prodigieux pour prendre
Au cou et entraîner
La proie aux yeux trop doux
Ou comme le ginkgo
Dont les racines s’abreuvent
A la nappe profonde
Lorsque tombe
La foudre aveugle d’en-haut
La vie par les oiseaux
La mort par l’homme-oiseau
Dont les œufs
De coucou ont dépeuplé
Le nid de la couvée des autres
Mon âme
A l’âge de la matière ardente
Elle est née du chaos et chante
Un chant qui monte
A pleine gorge depuis le néant
La seconde de silence
Après qu’Hiroshima
A cessé de disparaître
La seconde de silence
Après qu’on a ouvert
Le camp d’Auschwitz
Et découvert
Jusqu’où peut retomber
La nature trahie du nom
D’homme
La seconde de silence
La même
Que rien d’imaginable ne
Peut meubler
La reconnaîtrons-nous et
La ferons-nous nôtre
Le poème
Sera-t-il la suivante
Qui du fond de notre âme
Fera paraître
Après ce total déblaiement
Des illusions
L’espace pris
Par la première note
Du premier chant lancé ici
Aussi intact que la seconde
Avant l’horreur
Jusqu’où
Faudra-t-il curer
L’étang des certitudes
La plaie ouverte
Des crépuscules au ras
De l’horizon
Et qu’aurons-nous
Encore à respirer d’air
Qui ne soit pourri
Par le passage
Dans le cloaque obscur
De la mort
Et les sanies
Dans la bouche du verbe
Alors qui
Osera dire je t’aime
A la louange de ce qui est
Si ce n’est le poème
Qu’aucune apocalypse ne
Désarme
Lui le souffle le plus haut
Et le plus faible
Des mots qui l’emportent
Vers les ténèbres libres
Et dévorantes de la beauté
Combien de temps
Faudra-t-il avant
Qu’un premier chien
Perdu ne s’aventure
Et dans le camp vide
Des crématoires
Et dans le champ
D’Hiroshima
La ville comme un œil
Sans rien dedans
Combien de temps
Avant que nos lèvres
Ne produisent tout bas
Le bruit des mots
Perdus par le chagrin
Combien de temps
Avant que dans la tête
Ne retombent l’écho
La fumée la poussière
Et tout ce qui recouvre
Les eaux troubles d’hier
Où se tiennent debout
Les échassiers de l’âme
Une patte sous les plumes
Et l’autre dans la boue
Comme ces fours
Et ces tours dont s’obstine
Le rappel
Malgré les ans tranquilles
Et les nuages qui oublient
Là où ils ont souffert
La chute brutale
Du soleil
Le flash
Photographique
Monstrueux du ciel
Là où ils connurent
L’épouvante
De voir s’effondrer
Le château de cartes
De la lumière
Là nous avons désuni
La matière
Et rendu éparse
La poussière universelle
De l’harmonie
Et nous voilà contraints
De promener
Les animaux grimaçants
De la laideur
De les nourrir du lard
Grouillant
De la vulgarité de l’âme
Et d’attendre
L’amoureuse impatience
Que promet
Le vertige d’être l’œuvre
Nous sommes décombres
Sur les décombres
De nous-mêmes
L’art qui n’est qu’amour
A reconstruire
Peut seul
Nous rendre les beautés
Des débuts
Car rien n’encombre
Sa prophétie
De n’être à lui-même
Que liberté de naître
Tout oiseau qui se pose
Sur l’herbe où repose
Le souffle d’Hiroshima
Marche sur de couches
De morts
Tout papillon qui bat
Des ailes pour s’enivrer
De pollen
Remue des cendres
Qui prennent la lumière
A la gorge
Et quand un crépuscule
Teint ses mains au henné
Pour épouser l’ombre
Que reste-t-il d’autre
Que nos pauvres paroles
Dans la chorale des choses
Werner Lambersy

Le poète oeuvre à pardonner, toujours.
A extirper le malheur qui se fiche entre les dents comme un copeau de bois mort.
Transcendant l’horreur du monde, et c’est une place exposée aux vents pleins de fiel.
Pour atteindre les nues, le voyage est périlleux.
Mais c’est le voyage.
De tout coeur avec toi mon zoizo.
💜🦋💜
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Dès le départ j’ai compris les risques du voyage, Célestine. Et la suite s’est chargée de me montrer la réalité des risques. J’ai assumé et aujourd’hui tiens à montrer qu’il n’entre pas dans mes intentions de faire volte-face.
Je ne peux vivre en disant bof, c’est de la merde mais mangeons-là..alors des coups il y en aura toujours vu que la majorité sera toujours consentante.
Être à part, c’est pas une tare. Je sais que tu es de cette race qui ne dit pas oui-oui Célestine, aussi te dis-je merci.
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Merci Célestine
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Merci Christophhe Guitton.
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Merci Zoryana, ta présence est étonnante, j’aimerais savoir si tu parles français pour comprendre cette constance.
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Bonjour Sally, comment vas-tu, mal je sais, ta présence est ce courage qui est un des attraits les plus rares de la beauté, il est totalement tien celui-là, je le sais depuis de longues années.
Tu ne parles pas, il te suffit de te dresser malgré la douleur.
Mon merci, ma Sally, est de ce pain-là. je t’embrasse comme je t’aime.
Alain
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Merci Gilles
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Merci michema.
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Merci Sisyphus47
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