Etat des Lieux 16


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Etat des Lieux 16

Dans ce matin qui traîne à lever son jour, au cellier je pense hâler. La pomme qui attend toute fripée sur sa claie a bien plus à raconter que le vernis de ce fruit mis en montre à l’étal.

Tes seins me remplissent l’assiette comme des yeux de gosse découvrant l’arbre, ils cavalent dans ma tête, attelés en équipage à ma pensée-voyage.

Je t’ai dit le seuil du bout du couloir. Comment un éboulis de ciel noir aurait pu le noyer dans sa pluie ? A moins d’écrire de vent sur le sable, je ne vois pas comment ma bouteille n’atteindrait pas la côte où tu me tiens, semble–il effacé de ta communauté.

S’il reste temps d’amour en moi c’est essentiellement la faute à ma folle constance d’imbécile s’efforçant d’être heureux. Survivance instinctive entre les barbelés flottants des pluies dérivantes…

Niala-Loisobleu – 25 Janvier 2018

L’Avancée à reculons


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L’Avancée à reculons

 

Je vois la route – entre nous la route et la part de soi

dont sans se séparer on doit se détacher encore comme entre nous

plus loin la route sans paupière.

André du Bouchet

 

Tellement proches à ne s’être jamais touchés, le fossé gauche déborde

tant de non-dits se jettent le rien contre l’autre

n’osez pas Josée fine, c’est très profond

un petit ben…

Niala-Loisobleu – 24 Janvier 2018

 

Attente, vous avez dit Attente


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Attente, vous avez dit Attente

 

La vie cosmique a des critères sans correspondance au fourbi des hommes et encore moins à l’usinage des dieux, cette invention de leurs peurs qui fabrique des interdits

Comme deux insectes volants entendant l’appel de l’autre sur un continent détaché, prennent leur envol pour le lieu de rencontre distant de milliers de kilomètres, nous sommes partis un matin du lendemain de la veille, mains tenant, du m’aime surnaturel

la force d’aimer néantisant l’impossible au seul fait qu’il échappe à sa notion

entité de la réalité vraie du rêve

L’attente prépare à cette odyssée

par le rite initiatique qu’elle induit

par l’épreuve au détriment de l’envie dépourvue de la moindre racine

 

Au plus épais du brouillard

pierre à pierre

j’ai construit les marches une à une, de l’étage où allumer le feu

signal t’indiquant la voie du chenal

Au milieu de nulle part un été sans soleil a renversé printemps dans hiver

tonnant sans mesure

ouvrant en larges fissures le plane taillé à la bosse

ne respectant rien qui plaise à priori

Attente

attente

attente

Que dit le rien ?

Tout

Ta fenêtre ne se trouve dans aucune pochette magique

A se casser les dents

s’arracher les ongles et les genoux

se balafrer le front

se beurrer les yeux

se fracturer aux éboulis, aux chausses-trappes,

dans toutes les suppositions d’une pensée perverse

le cri du lamentable réflexe

l’orgueil du dépit

la vanité de l’égo

il faut surmonter l’écueil et on y arrive

Alors en toute simplicité

effacée comme la présence vraie

je te vois

Non

Je te découvre

écorce humide

feuillu arc-en-ciel

redressée des courbures que le mal t’a fait

telle

cette vérité irracontable qui présidât au premier voyage

branches déployées en rayons de lumière de la nuque aux épaules

au tombé des seins

sur le bombé de la palpitation du ventre

si belle en creux

que je tais mon cri au fond de lui

l’échine traversée de cette émotion donnée par l’insensé espoir qui porte la flamme de l’inconnu à rallumer tous les seoir.

Niala-Loisobleu – 23/01/18

En ce tant là


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En ce tant là

Nous ne partions que pour nous rejoindre. A peine avais-tu la nuque à l’angle de la rue, que mes pieds descendaient les marches du métro à Pyramides. Du sable venu de la rue du Bac, en corps collé à la redingote, je levais le nez sur ce vol de ballons que le bec des colombes n’agressait pas, rien que du sans-soucis à la boutonnière. Peut-être, certainement, oui bien sûr, nous aimions-nous d’une incapacité à ne pas être ensemble ? L’aube durait jusqu’au soir et m’aime vice et versa. Les rubans du chapeau que tu ne portais jamais retenaient tes seins fous que pour sauter la rivière. Un ricochet, c’était nous. Quand l’été fut fini, l’automne te fit plus feuille qu’herbe montante. Je parlerai de l’hiver avec la plus extrême réserve.

A quoi r’aile…pourtant le manque d’ô n’a pas à être mis en cause.

Nous n’avons pas retiré nos allées des venues. Elles ont juste été mises en quarantaine par la maladie du quotidien, ces trucs à tousser, la gorge sèche, le poumon éteint. Sur la Charente à part un cygne de temps à autre, les canards se cachent. Crois-tu qu’on leur avait parlé de la mer promise ?

Sur le chantier un bateau à qui manque les jambes, est hissé de toute sa voilure. Je n’en parle plus à personne vu que j’en ai assez de dire que ça n’a rien d’étrange. Tu devrais voir la bouteille à proximité de ton rivage, le sel m’en monte aux yeux.

Les lumières d’un jour qui passe La vie en rose, me trottent dans le coeur.

Niala-Loisobleu – 21 Janvier 2018

 

Papier-Cul


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Papier-Cul

 

Au clou des chiottes

ne me cherchez pas

je ne suis pas de la torche

du Bottin Mondain

et de l’oeil de voeux lourds

d’une drague marie-salope

Rien d’autre qu’un con qui passe

de la vie et de l’amour en transit…

Niala-Loisobleu – 18 Janvier 2018

 

 

Cinq ans après (Migration)


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Cinq ans après (Migration)

Besoin de témoigner
une réelle présence
loin d’un film à raffoler l’écoeure
arrive toujours un signe discret
sans qu’un cinéma glisse
son illusion perfide

On le voit à palper
peu tapageux
point causeux
mais généreux
simple comme c’qu’on passe pas à côté de voir

Hier ce fut sous un plafond lourd d’épais nuages noirs
que des rayons soulevèrent mieux qu’une espérance

La cabane est fermée
l’automne lui a fait un lit de feuilles pour que l’hiver
ne la fracasse pas d’un échouage
sous les coups de ses vagues

Demain l’Atlantique charriera ses norias de coquillages
en destination de festivités lointaines
sans qu’aucun collatéral dégât ne trouble ma quiétude
Qu’ils festoient faces masquées dans leur mensonge d’être
les bals de toutes les décadences n’ont jamais écarté les naufrages
en débandade ils iront sans moi crécher leur main dans ma soeur

Le printemps porte en bagage l’ouverture de tous les vélos, celui avenir comme ceux passés ont pneus ou prou laissé l’ornière dans les glings-glings de leur timbre. Si l’écart radicalise la femme de l’homme, au moindre prétexte, comment peuvent-ils avoir l’audace de trouver que les fruits sont devenus fades. L’imbécile pérore sur tout avec ses mots à côté du sujet, le sage tait l’ô rayé. Il utopise plus pugnace que sa lucidité. L’espoir est un mythe que l’on s’efforce de rendre concret pour ses Autres. Quoi qu’ils et qu’elles fassent pour m’amollir je bande à part sans tirer le coup vert hure à moi. Je repeins malgré ton crime scélérat.

Le Pont des Arts se décadenasse.

Regardes bien cette image de Doisneau, le chien c’est moi à l’origine de la passerelle, sauf qu’avec mon père campé dans son rêve de naître tout qu’au chevalet, j’aurai jamais été tenu au bout d’une chaîne

Toi qui m’a trompé au pluriel
je te dis adieu au singulier

Niala- Loisobleu
12 Octobre 2013 et 12 Janvier 2018

 

TOI Debout en bouts Bleu et Rouge


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TOI

Debout en bouts

Bleu et Rouge

 

Montante comme un estran
de fort-coefficient

tenant son bas entre les récifs

 tu relies sans cesse avec moi

le titre du livre aux pages des deux rives

sans modifier les berges côté cour et côté jardin

Depuis les coulisses de ta loge à la scène

d’un solo-trombone des reins de l’exploit

d’une paire

de quarantièmes rugissants jaillissants de leurs bretelles

 

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2018

Illustration: Le passage Bleu (Cette intime vision) Niala

 

 

 

Le long des Quais 10


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Le long des Quais 10

 

Ras d’eau, si hors sec m’était conté, un plan se serait eureka écrié ! De boueux, les eaux en folie se gargarisent. Là où t’as sourcé de toutes tes lèvres, mon fleuve, ma rivière, un trouble-fête a du cracher son jus de chique. Retardant le matinal départ au journal, ce matin j’ai voulu faire durer le rêve. Mettant les canards à l’oeuvre pour reconstituer la scène. Juste ce qu’il faut d’humide de ta rosée, de manière à pouvoir passer la lisière du sous-bois à bicyclette. T’aurais été à l’origine des coups de pieds du caillou dans ma poche, que tu n’aurais pas pu me signaler plus clairement ton désir de parler. J’ai pas attendu d’être descendu de vélo pour ce faire. En roulant j’te dis pas ce que les langues peuvent arriver à se dire, tu n’en ignores rien. Les fenêtres de la clairière étaient ouvertes. Dans le cercle des arbres ça faisait comme un anneau d’aura. Extraordinaire ce que ça me remue. C’est tellement plus beau quand ça n’appartient à rien de ce qui se montre partout et que pour couronner le tout on se pose pas la question de savoir d’où ça vient. Autant il peut y avoir des coups de sonnette inutiles, qu’on passe son temps à dire « ya personne », autant un simple lien avec le bon endroit fait l’effet contraire. Mais je rabâche, je t’ai dit tout ça très souvent. Excuse-moi, ça faisait longtemps. Tes cheveux n’ont pas vieilli, et le vers de tes yeux montre bien que je suis pas dans l’égarement. Si j’ai peint ? Bien sûr, en ne pleurant pas assez, je te l’accorde, cette période ne m’étant prodigue en émotions. Je n’ai rien dérangé dans le garde-manger d’amour. Pas plus que je me suis dit chouette on approche des soldes. D’abord je n’ai pas plus envie de me reculotter qu’avant et les grandes opérations commerciales me font plus gerber qu’auparavant. Non, j’ai eu des pensées moins frivoles que celles qu’on nous bourre dans le crâne. Je t’ai emmené partout dans mon jardin fantastique. C’est réconfortant de la voir grandir. Même en hiver il a du feu dans peau. Voilà bien le seul enfant que j’ai fait qui n’a jamais failli. Toutes ses promesses, il les a tenu. Rien qui n’ait pu avoir un dessein de m’entraîner dans une embuscade aux sentiments. Simple et le rester, c’est le seul moyen de tenir parole en tout.

Niala-Loisobleu – 6 Janvier 2018