enjambees MATINALES


ENJAMBEES MATINALES

 » « J’aime qui a écrit : j’aime d’un amour immuable et fidèle. J’aime dissiper le verbe aimer, j’aime jouer et plus infiniment regarder la mer… »

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En enjambées parfois incertaines

comme celles de l’enfant

qui doit apprendre à se tenir debout

je cueille les choix fauves des couleurs sauvages

qui bordent la déroute d’un rempart

Coquelicots insouciants

sel sur le pré

un agneau sort la tête de la mer

Pris dans la rosée du levé

la tomette s’échauffe pour le plaisir du chien au bout du doigt sur la poignée

Des doutes font corps

avec le col roulé qui cache les rotondités

J’ai une absence de faits mais pas de mémoire

du rouleau des jours

des odeurs s’imposent à la fadeur stérile d’un territoire essarté…

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Niala-Loisobleu.

30 Mars 2023

GRAND MENAGE


GRAND MENAGE

Du bout de l’oxygène rattaché

un tuyau respire dans les narines

le poumon plein d’eau remonte à la surface

je l’essore main tendue en l’aidant un par un par les doigts

Mes chéris

le peu de soleil qui passe entre les lèvres de ma pensée me fait penser à l’oiseau

qui sans connaître la mesure d’une branche à l’autre se lance

sans autre idée que celle d’atteindre malgré tout

En regardant ma vie je retire la conclusion que les fleurs

qui égaient et parfument la dureté de chaque jour

sont abstraites dans un figuratif décadent

C’est de l’art

de savoir vivre

Les belles choses ne sont pas accidentelles, les maladies paradoxalement peuvent en être l’artisan

Quand je doutais ce matin de la suite devant sa fatigue

je ne pouvais pas imaginer que je ferais des projets d’aménagement cet après-midi

mais la main ferme est ainsi faite

elle maçonne par réflexe de grand ménage.

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Niala-Loisobleu.

29 Mars 2023

« POUR UN TEMPS D’ARRÊT » – NIALA 2023 – ACRYLIQUE S/TOILE ENCADREE 81X65 – PRIX: 5000,00 €


NIALA

« POUR UN TEMPS D’ARRÊT »

NIALA 2023

ACRYLIQUE S/TOILE 81X65

ENCADREE – PRIX: 5000,00 €

Prenant mon portail à deux mains je tire ce qui reste

à l’intérieur

pour nourrir mon jardin

car en allant de droite à gauche

il se trouve que je me demande ce que l’on cherche réellement à construire en cassant

Les rues de marelles et les cours de savoir-vivre des fenêtres qui dialoguent, je veux dire les populaires d’une soupe plein l’assiette, pas les racolages internet pour lever des casseurs comme on place des putes pour parler de l’avenir de la femme

un trottoir ourlant

un quai bordant

une gare pour les départs et les arrivées

ces bateaux transe atlantique qui en épousant la vague ne font pas vomir

point barre

.

Le jardin d’herbe, d’iris, et les anémones de mes cheminées réunies, je déculotte le chien

d’aboiements de vie

bande l’arc

coupe le sot à l’élastique

pour laisser balloter les seins à leur guise dans le bons sens du déménageur

tel ce printemps

qui en poétisant mène sa révolte

sans se jouer de la nature avec une politique de combines mensongères

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Niala-Loisobleu.

27 Mars 2023

LES ARCHES PORTEUSES


LES ARCHES PORTEUSES

Du point d’axe où tourbillonne l’amer la vague se déforme à dessein

Neptune et son trident n’ont rien à voir avec le sujet traité

on s’en sert pour vanter un profit qui n’a plus de rapport avec la plaque dentaire

C’est l’époque où la Route de la Soie n’a plus que des chameaux au sens stratégique

Quand je pars d’un orteil pour gagner l’épi

je n’ai pas d’intention cachée de trouver une tonsure

Putain de moine, que c’est bure

Les arches des colonnes du printemps ondulent en revanche d’un idéal

qui fait défaut aux partis-pris

Tu es percée au plus sombre pour gagner cette luminescence ignorée

Mon chien n’a la rage que de vivre

je ne le tuerai pas.

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Niala-Loisobleu.

23 Mars 2023

PASSAGE A COUVERT


PASSAGE A COUVERT

L’instruction des patères de mon couloir d’école s’est dissoute contre la porte de la classe

ce qui pend au cintre s’est décharné dans l’antichambre du labyrinthe pendant l’ablation des boccages

L’étiquette des tubes de couleur est tout ce qui demeure de l’érosion pigmentaire

Jusqu’au sens du premier vagissement qui interpelle Figaro en voyant comme la barbe pousse plus fort que tout

A me trimbaler avec l’image de mon Paname en bandoulière, il se pourrait que je n’ai pas vu baisser la Seine

Le mascaret dans lequel je laisse naviguer le France jusqu’à Paris, ne serait alors qu’un effet d’optique de mon oeil malade

Moyennant quoi, Le Havre peut-il être considéré comme le point de départ ?

Et la Ville Lumière plus qu’un pari de la Française des Jeux

A voir les désastres du soleil sur ma peau je ne sais que répondre ou m’abstenir

Nous voici en approche de la saison qui rebooste la Nature

De ce pas, je file m’acheter un dromadaire au marché des chameaux

Je ne vois que ce mirage pour croire que je passe au travers du désert…

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Niala-Loisobleu.

22 Février 2023

DANS LA DIFFÉRENCE CETTE HERBE PAR JEAN CLAUDE RENARD


DANS LA DIFFÉRENCE CETTE HERBE

PAR

JEAN CLAUDE RENARD

Comme un linge rouge baignant dans la fumée d’un feu de branches

L’île attend.

Des boiseries en ruine parlent du froid.

Où naître?
Où devenir par profonde rupture
Le père tué, — l’exil qui exauce l’image obscure, inachc-Vable…

Sous l’auvent brûlé du lavoir

Je n’entends plus les merles s’enivrer de fourmis.

De l’eau, du sable : l’importance reste ambiguë.

Si j’écartais de moi ce sang

Peut-être qu’auprès de l’autre puits

L’air neuf luirait avec la menthe.

Les ornières portent des empreintes dont je ne sais rien.

Me les concilier

Donncra-t-il un sens à ce qui est absent?

Dans les érables défeuillés

Un clan de corbeaux loge sa fable comme des pommes bleues,


Présageant la nuit.

Je devine qu’en ce détour

Le vide est aussi doux qu’une fourrure de martre.

A la lisière des champs

Où la pluie installe une odeur de noix et d’oronges,

Qui fêtera la tentation de la mort?

Même ici, dans l’herbe transparente, la paille est prête pour la foudre.

Au risque d’aucune langue.

Je m’avancerai vers l’énigme

De quelque braise possible sous les pierres.

Mais les bois ont un autre nom

Quand personne n’y passe plus.

L’étroite piste ouverte en ces fougères

Aurait pu pourtant signifier…

Un dolmen méditant une lumière inconnue

Accueillera-t-il la neige?

Je cherche quelle différence

Continue d’écrire dans la boue.

Les femmes qui rapportent les lampes de la mer

Ont sans les voir croisé des pas trop purs.

Seul un briard

(Humant quoi sous le houx)

Semblait lire de minces gouttes d’or blanc.

Là-bas, entre ces murs de tourbe et de varech,

Une prophétie éclaire les buissons.

Est-ce l’hiver empli de sainteté

Qui possède le chiffre de la métamorphose?

Au bord de la rivière des traces, éloignant vers où le silence.

M’invitent à les suivre

En n’interrogeant rien que la paix des mouettes propices !au mystère.

En aval, derrière l’oseraie,

Patiente une maison déserte.

De quel signe

(Comme selon le vent variable les augures du hêtre pourpre)

Honorera-t-elle le matin?

Une enfance doit y apprendre

A ne pas guérir de l’incertitude.

Toucher la source enfouie parmi ces failles

N’eût fait qu’offrande à l’être

Sans s’allier ce qui vient…

Après l’averse.

Les oreillards frayèrent dans la brume des couloirs de soie et de verre.

Toute veille est longue sans lune

Sur une promesse de joie.

J’obtins à peine de ces petites briques aiguës

Le don d’être un instant l’argile,


Une blessure plus proche du dieu.

Le courage de vivre rend-il tout espérable ?

A l’aube.

Quand les chevaux partirent vers la grève.

La glace brillait sur les marais.

Jean-Claude Renard

SAUVE QUI PEU


NIALA

SAUVE QUI PEU

Vessie pleine le chien n’en pouvant plus a mangé la chatière pour arriver à sortir. Ses maîtres pris du sommeil général profitant du jour de grève, dormaient à poings fermés. Il est revenu après avoir retourné quelques poubelles en s’imaginant pouvoir trouver un bout d’os égaré. Ne me parlez pas de la lune nouvelle comme de l’aubaine qui va dégraisser la vaisselle d’un évier plein à ras bord. Hier j’avais changé les serviettes, ça valait vraiment pas le cou. Mes attentes sont toujours bloquées dans le tunnel de l’oreille abordée. N’en déplaise à l’inertie à part monter le coup de la vie, rendre heureux est hors de prix. Des mots de réforme passent en sentinelles, c’est une ronde dans laquelle les enfants ont les mains sur la tête comme dans la mise au coin. Heureusement que l’usage de la drogue gagne la campagne, je me demandais qui pourrait bien être élu dans ce système d’expédients. Je ne rentre pas le chien des fois qu’il reniflerait une chaleur passant par là.

Niala-Loisobleu.

7 Février 2023.

ROUE A AUBE


PIERRE BONNARD

ROUE A AUBE

La campagne traversée d’un vol, l’oeuf fait ni une ni deux et ovalise la table du couvert de l’aile

les rides des vieilles chaises se retendent au souvenir des fesses qui s’y sont assises

comme les herbes quand le pas est allé remplir plus loin son saut

la vigueur de l’appétit suit le fumet de la cuisine

Au troisième bouton tu laissais voir un sillon assez profond pour lancer l’élan au papillon

le chien dresse la tête, les oreilles jusqu’au groin dans le sillage de ce qui répond à l’attente

entre la couleur des fruits de l’amour mûr et les fleurs qui viendront poursuivre de leurs fossettes

cette fenêtre reste ouverte sur le côté jardin

chapeau de paille et bretelles aux ailes du moulin bord à bord aux meules.

Niala-Loisobleu.

22 Janvier 2023

LA MAIN RETOURNANTE


LA MAIN RETOURNANTE

Tenant le pinceau comme la clef des armoires, la main tire de quoi vivre du fond des tiroirs

comme au moment où au cinéma un filet d’air chaud s’engouffre sous la jupe de Marylin

Couleurs du temps accrochées au temps qui rit, qui pleure

du râteau le bruit du cheval fouille (si on trouve c’est déjà ça de gagné pour la hauteur de l’herbe)

au rappel des tiges pendant qu’on change l’eau du vase, fouiller sous la mousse, jusqu’aux doigts dans la terre

Passe un train de péniches tiré par un remorqueur amarré à un vol d’oies sauvages

l’endroit aussi difficile à reconnaître qu’il soit, vole vers les îles lointaines où seul le troc est permis

Les femmes la poitrine à l’étal, des enfants dans les paniers et des chiens-fous suivant la prophétie traversent en dehors des clous

Cette main-gauche qu’un matin sortit du 51 pour Les Tuileries est grimpée dans toutes sortes d’arbres toujours en compagnie de l’Oiseau Bleu

ferroviaire

amphibie

à écailles

la plume ailleurs que dans le cul

à la recherche de l’Homme sans autre histoire que la sienne

Les cités disparaissent des civilisations les plus anciennes en s’amenuisant au fil du temps tout en laissant croire qu’elles avancent.

Niala-Loisobleu.

11 Janvier 2023

Passé la ligne…


Passé la ligne…

Barbara

s’annonce comme ce qu’il faut savoir et surtout distinguer entre le fond et l’apparence

Me voici visible à l’Ecluse

mis à niveau pour le passage

Ce monde à plusieurs faces est un épouvantail redoutant l’oiseau par-dessus tout

aussi il affute son hypocrisie pour le tromper

Par la voie du silence les jours sont baladés en émettant leurs fumées

ruses d’indiens égarant de la seule destination

La poussée du volet libérant la lumière individuelle

Celle d’un Grindel, m’est parvenue au début de l’adolescence

Le matin en quittant la ruche Verneuil, mes pas allaient à sa poésie sans retenue

Visionnaire il m’initia au Surréalisme

Seule ouverture sans limite sur la Muse

Découverte de l’Absolu

De quoi ôter au voeu son machiavélique usage

Et ouvrir sans rien vouloir dénaturer, au mystique dans toute la force de la vérité

L’amour intègre passe par l’inévitable corruption du quotidien

Je peins pour dire autrement

Elle m’entend

Barbara a toujours su la racine

le dernier tableau lui est entièrement dédié

Je lui donne en bonne année comme pour lui dire, je suis là, je tiens sans me retenir autrement qu’au chevalet, La Chaume fertile, la couleur poétique, cet enfant silencieux là, ce sein de sel, plus loin que l’infinité du chien noir, l’Autre-Monde bien réel à la plume de ses vers.

Regarde-le, Barbara, je vis dans son tissage.

Niala-Loisobleu.

1er Janvier 2023