La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Que les oiseaux vous parlent désormais de notre vie.
Un homme en ferait trop d’histoires
et vous ne verriez plus à travers ses paroles
qu’une chambre de voyageur, une fenêtre
où la buée des larmes voile un bois brisé de pluie…
La nuit se fait. Vous entendez les voix sous les tilleuls : la voix humaine brille comme au-dessus de la terre Antarès qui est tantôt rouge et tantôt vert.
N’écoutez plus le bruit de nos soucis,
ne pensez plus à ce qui nous arrive,
oubliez même notre nom. Écoutez-nous parler
avec la voix du jour, et laissez seulement
briller le jour. Quand nous serons défaits de toute
crainte, quand la mort ne sera pour nous que transparence, quand elle sera claire comme l’air des nuits d’été
et quand nous volerons portés par la légèreté à travers tous ces illusoires murs que le vent pousse, vous n’entendrez plus que le bruit de la rivière qui coule derrière la forêt; et vous ne verrez plus qu’étinceler des yeux de nuit…
Les tissus d’herbes tressent les fils de résonances végétales sans fils d’or. Pressé ce qui s’en extrait s’accorde la souplesse du roseau qu’il noue à la fable en accord avec le vent embusqué. Quelques orties pour les croupes valent ce que les éperons donnent aux galops. Ces petits animaux qui font semblant de ne rien voir en fait protègent l’endroit discrètement. Certains comme les abeilles vont jusqu’à en tirer parti. Au bonheur des fleurs loin des serres, Jeannot-Lapin éhonté est sorti pour étaler avec sa houppette le musc de 19 heures si particulier. La rivière sifflote, des canards du jour suivent leurs parents, en se glissant dans l’abri des iris
Au moment où le vent avait les yeux tournés j’ai vu s’ovaliser ton regard
Plus près m’approchant, je ne pouvais me tromper
Ton visage a grandi
Je m’en suis trouvé remué comme chaque fois que pris par l’intime de la beauté je découvre plus loin encore dans ce qu’il faut savoir sans demander que le moment vienne. L’amour porte un trouble qui grandit…
DU SOLEIL DU SILENCE AU GALOP DES MOTS PAR MINOD ALAIN
Apprendre à fouetter les mots Avec le soleil du silence Pour leur lâcher la bride Jusqu’à l’ombre Du soi
Et…Dans la lumière de leurs galops Tutoyer leurs éclats d’écume Sans marchander l’amour Qu’ils appellent Du fond D’un lointain habillé Par nos songes
Au moindre tremblement des sens A leur moindre dérive Lancer la relève Pour les abriter Du battement De l’oubli…
Là déroulés sur Le tapis de l’accueil Aucune trêve Ne les abandonnera Au chaos
Et pour les choses plaquées Qui bruissent en notre Cœur Briquer notre langue Avec la tendresse En laissant Soupirer Nos pauvres nerfs
On les retrouve sans-cesse Ces imbrications Du sens Avec La trame A chaque fois imprévue Où se déploie La chevauchée Des mots
Ici : C’est à la fois L’œil de l’astre royal Appuyé sur le poids De nos vies A la fois l’écueil où se heurte L’inconnue de nos résistances : Le tumulte du travail : Juste là dans Les bris des plis Doucement hésitants Où s’aventure L’avancée Comme soufflée Sur un chemin …
L’écueil ! Ne pas casser ses traces Et enlacer en même temps La plus vive des Circulations… Non pas celles qui courent Dans la ville Mais la plus fervente Qui témoigne A l’instant Pour un futur Sans-cesse inachevé…
Comme un soulèvement Dans la marche zébrée D’ombres pour Des mots Clairs : Celle où nous n’attendons Que la voile quand elle Se dresse sous Le vent : La fin d’une époque transitoire Où rugissait le futur Sans autre brillant Que la fuite Du temps
Écueil ! Écueil ! C’est le temps Qui passe dans la résistance De l’instant Pour Une langue sans autre promesse Que celle allant Dans la grande allure Des mots sortis de la gangue De tout corps fixé A des rapports De forces Pour Entrer dans le jeu vif Des chairs où vibre La caresse du sens Sur l’instant
Aucun galop des mots Ne saurait usurper La belle présence Du silence Rentré Dans les veines Et les artères De l’humain : Ce silence : témoin De toutes les rumeurs De l’amour
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