DERNIERES NOTES


DERNIERES NOTES

Le fil de la phrase est au pied du mur sans que la seule mouche qui tourne à cette heure n’est de rapport avec elle. Le cendrier sur la table à coupé court à son activité quand l’entretien s’est arrêté. Ainsi les choses s’arrêtent où continuent d’elles-mêmes

Des trains passent sans qu’on sache comment et pourquoi on a fait une partie du trajet avec certains et pas avec d’autres. Pourtant il arrivent sans qu’on y pense que les choses tiennent ensemble. C’est rare, surtout dans les conversations à deux où chacun se parle à lui seul

Suivre un oiseau comme on s’attache à savoir jusqu’où ira le nuage qu’on regarde, ça remue de l’arbre jusqu’au reflet qui passe devant les vitres. Un instant la fleur de la jardinière devient perchoir, ou le linge qui sèche passe une manche autour du bras de l’oiseau

Le temps en se laissant prendre par le rêve sera sorti d’une habitude pour innover. Ainsi je peux sortir de chez moi sans savoir et aller plus loin que si j’étais monté en avion

Des gens vont dormir au cinéma , pendant que d’autres gravissent la Tour Eiffel à pied par l’extérieur

Il faut que je fasse la liste de mes fleurs on va pas avoir de soleil durant plus d’une semaine, il faut à manger pour les abeilles.

Niala-Loisobleu – 21 Avril 2022

« PÂQUES 2022 » – NIALA – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« PÂQUES 2022 »

NIALA

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

nous arracherons à une grande carcasse

de rires

le souvenir d’épousailles premières

et celui d’une âme qui nous avait quittés

sur la pointe des pieds

et il n’en faudra pas davantage

pour qu’on émigre vers la facilité

que nous demandions

les maisons pourront se recoucher

dans la lumière

tandis que nous viendrons

aux étreintes

-sans bruit

Barbara Auzou.

19 Avril 2022

Là où nous nous habitons


Là où nous nous habitons

De la grande bassine à fleurs du soleil où nous habitons, à trois gouttes de l’estuaire, toi tu es la jarre à trous de la graine à fraise que j’aspire à suspendre, la dotant d’ailes pour que son espace ne soit jamais limité

Aucune ombre n’aura atteint le sol , les sables du désert ne comptant pas puisque ta goutte d’ardoise y est imperméable et que le gué qu’elle forme ricoche des marées aux échelles que ta réflexion dresse

Les premiers bourgeons des racines sont sortis avant que le chien ne prenne son élan jusqu’au tertre, tandis que les tuiles s’ocrent au feu du soleil

Ruisselantes tes vertèbres ont puisées la palmeraie des argiles des derniers grands forts de l’Atlas

Tes chameaux ont ouverts la route de la soie, j’étais sur l’échafaudage de ta poitrine, si haut que mes

yeux ont pu apprendre l’autre rive avant d’y entrer

J’en ai gardé la clef universelle, celle des petites maisons blanches qui logent les guitares à l’étage des nuits d’amour où les dallages sont couverts de coussins pour l’assemblage des peaux

La nuit quand tu dors, collé à ton moucharabieh je sirote ta respiration sans craindre les grands fauves qui vont boire

Et laisse les matins venir t’écouter au centre de l’émotion qui t’entoure

Peindre n’a pas d’âge

j’ai commencé avant d’apprendre

laissant ma chair de poule couver les oeufs de l’imaginaire qui sauve de toutes les pénuries et refuse les guerres.

Niala-Loisobleu – 19 Avril 2022

LA COURBE DES REINS


LA COURBE DES REINS

Bien que le ciel ait du fatiguer en ramenant les cloches de voyage, ce que je vois du poussin me rassure

Ces petits ont une résistance qui provient de tout ce qui lie à l’oeuf donc à l’oeuvre à mener au bout de l’ouvrage

Quand je suis parti ce matin à part les fonctionnaires absents que je comptais voir il n’y avait dans l’air qu’une vieille et éculée promesse que l’Administration Française serait à notre service sans s’esquiver

Les heures ont passé pour rien, je me garderai l’après-midi pour mettre mon soleil dans l’atelier

A la courbe des reins comme le violoncelle que je prends par tes hanches quand je veux dire, mon dieu que je t’aime !!!

Niala-Loisobleu – 19 Avril 2022

Né dans l’herbe


Né dans l’herbe

Descendu de toi du canapé sous le plongeoir de la piscine par le couloir de l’herbe devant l’oiseau dressé sur ce matin redonné, tous volets rabattus et jeteurs de sorts hors du nid, l’oeuf s’est ovalisé

au centre du verger

La main encore chaude du premier cri entendu je coupai le cordon qui retenait le lancement du navire alors que tu lâchais l la bouteille de rosée

L’herbe dans l’herbe nous nous nous bûmes à la grappe du bourru.

Niala-Loisobleu – 18 Avril 2022

Au puits allé (Reprise)


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Au puits allé (Reprise)

Alors que tremblant d’un baiser fortement sorti de mon âme, je regarde le bruit du vol d’un couple d’amoureux n’en faisant en corps qu’un seul.

L’arc d’un ciel se partage entre plusieurs hésitations, décidé j’ouvre côté jardin

Un bond de bras de tiges roides dans leurs bottes me saute

je suis pris

ah

de par tout

j’exulte

secoué

comme à la gaule quand on va au noyer porter secours

L’Atelier rit à gorge déployé, coiffé de la petite-culotte que le vent en la décrochant de l’accorde à linge, lui a bonneté jusque sous les oreilles

quelle traversée

les cathares m’ont ensorcellés

j’ai des visions de feu intérieur

il fallait bien qu’on me brûle, avec des idées pareilles, je subversive les limites du politiquement correct

A-t-on jamais vu un oiseau oser se montrer sans plumes pour prouver qu’il est bien androgyne ?

Niala-Loisobleu – 30 Avril 2018

BLEU ASSOURDI


BLEU ASSOURDI

Caché derrière la porte, le peint refroidi

le pouls baisse dans les toiles

au bouchon du carrefour.

Niala-Loisobleu – 14 Avril 2022

« LIS DES CHAMPS » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 73X60


« LIS DES CHAMPS »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 73X60

et si tout cela devenait vrai

un jour

possible le hamac tressé des mains

le pas dans le pas du chemin qui l’a précédé

une langue à se dire le nom des espèces

inconnues

le don du lis

l’attente nue l’égal respect

d’un égal amour

J’irais doucement coucher

dans la brouette triste de la saison

plantée sur sa fourche

l’ambivalente nuit

qui pousse en plein jour sur les fleurs

désabusées

déchirer tous les brouillons pressés

et leurs baies d’ombres

qui barbouillent tout ce qui sent bon

dans la tendre maison

de ta bouche où éclate la pensée

de mille oiseaux

et la plus pure des clartés

Barbara Auzou.

12 Avril 2022

ALLUMER LA NUIT


ALLUMER LA NUIT

Enduire l’ombre de l’éclair de tes mots en comblant les fissures d’artifices

cette église où nous communions, réfléchie de la source à la mer par l’estuaire de la poésie

Aux abords des cailloux hypocrites un phare en balise

chenal silencieux du concis qui conduit

Le sol et le ciel réunis par le double genre de l’Arbre de Vie et Nous au-delà du doute des questions contre-nature

Rouault intrinsèquement solaire

Par la pluie je vais épandre l’anémone à partir d’une autre blancheur, propice à l’arc-en-ciel.

Niala-Loisobleu – 12 Avril 2022

FENÊTRE ACCESSIBLE


FENÊTRE ACCESSIBLE

Le vent démonté, je traverse le jardin à travers un soleil revenu

tes doigts ont ratissé le bois mort de la tempête

j’ai bu tes seins avant de pousser la porte

tu m’as dit chouette met du bleu en anneau autour des aréoles, je me sens planante

et ta langue vitre m’en tu verras plus loin par tous les temps

J’ai monté le chevalet pour sentir ton ventre venir à la peinture…

Niala-Loisobleu – 9 Avril 2022