DU CHANTIER 4…UN DETAIL


NIALA – CHANTIER VUE DE GAUCHE…

DU CHANTIER 4…UN DETAIL

Température du corps dépassée,

je cherche le frais au plus profond de son mystère approuvé

Pas loin d’ici le feu ravage

je serre les poings autour du peint

pour l’arroser…

Niala-Loisobleu – 11 Août 2022

Quem Me Leva Os Meus Fantasmas

Maria Bethânia

A quoi sert d’avoir une carte ?
De que serve ter um mapa

Si la fin est fixée ?
Se o fim está traçado?

Quelle est l’utilisation de la terre en vue
De que serve a terra à vista

Si le bateau est arrêté ?
Se o barco está parado?

A quoi sert d’avoir la clé ?
De que serve ter a chave

Si la porte est ouverte ?
Se a porta está aberta?

à quoi servent les mots
Pra que servem as palavras

Si la maison est déserte ?
Se a casa está deserta?

c’était le moment
Aquele era o tempo

Dans lequel les mains étaient fermées
Em que as mãos se fechavam

Et les nuits lumineuses les mots ont volé
E nas noites brilhantes as palavras voavam

J’ai vu que le ciel était né de mes doigts
Eu via que o céu me nascia dos dedos

Big Bear était aux fers allumés
A ursa maior eram ferros acesos

Marins perdus dans des ports lointains
Marinheiros perdidos em portos distantes

Dans des bars cachés dans des rêves géants
Em bares escondidos em sonhos gigantes

La ville vide, couleur d’asphalte
A cidade vazia, da cor do asfalto

Quelqu’un m’a demandé de le chanter plus fort
Alguém me pedia que eu cantasse mais alto

Qui m’emmène chez mes fantômes ?
Quem me leva aos meus fantasmas?

Qui me sauve de cette épée ?
Quem me salva desta espada?

Qui me dit où est la route ?
Quem me diz onde é a estrada?

c’était le moment
Aquele era o tempo

Où les ombres se sont ouvertes
Em que as sombras se abriam

où les hommes niaient
Em que homens negavam

ce que d’autres ont érigé
O que outros erguiam

J’ai bu de la vie à petites gorgées
Eu bebia da vida em goles pequenos

trébuché de rire
Tropeçava no riso

étreint trop peu
Abraçava de menos

Avec votre dos tourné, vous ne pouvez pas voir l’avenir
De costas voltadas, não se vê o futuro

Ni le parcours de la balle ni la faille dans le mur
Nem o rumo da bala, nem a falha no muro

Et quelqu’un m’a crié dessus, avec la voix d’un prophète
E alguém me gritava, com voz de profeta

Que le chemin se fait entre la cible et la flèche
Que o caminho se faz entre o alvo e a seta

Qui conduit à mes fantômes ?
Quem leva aos meus fantasmas?

Qui me sauve de cette épée ?
Quem me salva desta espada?

Qui me dit où est la route ?
Quem me diz onde é a estrada?

Qui conduit à mes fantômes ?
Quem leva aos meus fantasmas?

Qui conduit à mes fantômes ?
Quem leva aos meus fantasmas?

Qui me sauve de cette épée ?
Quem me salva desta espada?

Et dis-moi où est la route
E me diz onde e a estrada

Qui m’emmène chez mes fantômes ?
Quem me leva aos meus fantasmas?

Qui me sauve de cette épée ?
Quem me salva desta espada?

Qui me dit où est la route ?
Quem me diz onde é a estrada?

Qui conduit à mes fantômes ?
Quem leva aos meus fantasmas?

Qui conduit à mes fantômes ?
Quem leva aos meus fantasmas?

Qui m’emmène ?
Quem me leva?

Source : Musixmatch

Paroliers : Pedro Abrunhosa

TERTIO DE CHANTIER


NIALA – IL EST 15H45 LE 11/07/22

TERTIO DE CHANTIER

Les planchers ont été coulés et le banché tient ses pierres en place de fers

c’est le passage entre les arbres, les troupeaux et les maisons de tolérance, qu’ajuste un lunettier fou

orange et citron

du raisin

de la figue

anémone

ô femme c’est ta grappe que j’engorge

notre Dame à la volée résonne d’airain

le Peintre

a sorti son oiseau devant tout le monde

avant de rentrer, sommé par un Avis de Canicule.

Niala-Loisobleu – 11 Août 2022

CHANTIER PERMIS AU PUBLIC ? 1


NIALA

CHANTIER PERMIS AU PUBLIC ? 1

En fait le 1 est le 2

depuis qu’il est ouvert ce chantier n’a qu’une idée: mettre de l’ordre

Combat de la vie contre la mort qui rode

Le cheval rue

Apparaissent des têtes qui dans l’absence de panique iront se faire voir ailleurs un peu plus tardd

je pense à toi quand je peins, à vous quand je change l’eau, à plus rien quand la fraîcheur des marronniers est terrassée par la chaleur

Alors rien n’arrive par hasard…

ce qui explique mon envie d’attendre demain pour partir.

Niala-Loisobleu – 10 Août 2022

COIN DE CHAUME


« COIN DE CHAUME » – NIALA 2012 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46 – COLLECTION PARTICULIERE

COIN DE CHAUME

La Chaume est là qui garde en tenant l’invasion immobilière à bonne distance

des oiseaux divers y séjournent encore protégés par la présence de nombreux arbres

L’atelier n’a rien devant les yeux que la nature vierge.

Une vue sur le large

bleue comme une mer porteuse

Naturiste une nudité qui se montre sans clôture dès le moins de 1 an pour éduquer sans pudibonderie

de quoi donner l’état d’esprit écologiste libre de droit détourné de récupération politique

La St-Jean y fait sauter le coeur pour unir

Ce que j’aurai peint là de mots durant déjà 38 années aura gardé la valeur de l’herbe plus propre qu’un engrais

D’une philosophie humaniste qui aujourd’hui l’arrose (faute d’eau) pour l’empêcher de brûler…

Niala-Loisobleu – 9 Août 2022

ENCORE DANS UNE CABANE…


ENCORE DANS UNE CABANE…

Bien que grimpantes elles ne montent pas si haut, les ronces, elles étouffent à basse altitude

ne taillons pas les branches qui nous ont tenues et nous tiennent aujourd’hui en corps

Restons dans cette vérité sans en bafouer la beauté par des produits de maquillage et des chirurgies inesthétiques ronflantes

Sur l’auteur proportionnel se tenir debout évite tout vertige arrogant

l’équilibre du propos assure en continu

Je pleure d’un mal à l’oeil avec lequel je dois vivre sans médire ce que je regarde au fond

Tant qu’on peut encore dans une cabane…

Niala-Loisobleu – 8 Août 2022

CIRQUE DU SOLEIL 2


NIALA

CIRQUE DU SOLEIL 2

Au seuil de la quatrième semaine de canicule un souffle d’espoir aborde le temps d’épreuves passées

Mis en recul les mirages fondent en place d’un pur soleil – s’infectant elle-même de son poison, la mort dans la dernière représentation ne fait pas recette.

Des rires d’enfants tout en couleurs rythment la cavalcade du beau cirque

Une odeur de cheval parcourt la nature à plein crin

Je n’ai pour ma peinture que le plaisir de la laisser causer à coeur-ouvert sans inventer des mots de n’importe quoi pour chercher à se faire applaudir

ce que je déteste n’a rien à voir avec elle

le caillou qui est dans ma poche est de vraie pierre lui

simple comme la vertu qui ignore le tralala de l’emphase orgueilleuse

Ce jour, j’entre en loge pour rendre l’A Propos de circonstance.

Niala-Loisobleu – 8 Août 2022

«Alleluia» par Bertrand Belin


NIALA

«Alleluia» par Bertrand Belin

La messe n’est pas dite
Le sort n’est pas jeté
Prière de prévoir
La paix de mes nerfs
Prière
Prière
Parole de primate
Parole de blatte
Prière de prévoir
La paix de mes nerfs
Prière
Prière
À hauteur d’atomes
À hauteur de fantôme
À longueur d’angélus
À longueur de phallus
Je le cherche par terre
Je la cherche au fond des rivières
Comme on chercherait de l’or
La paix de mes morts

Alléluia
Be Bop A Lula

À longueur de mythes
À hauteur de termite
De parabole en parabole
De rite en rite
De rumeur en rumeur

Je le cherche au ciel
Je la cherche au fond des rivières
Comme on chercherait de l’or
La paix de mes morts

Alléluia
Be Bop A Lula

« CIRQUE DU SOLEIL » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50 – ENCADRE PRIX: 680,00€


NIALA

« CIRQUE DU SOLEIL »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

ENCADRE PRIX: 680,00€

TOUJOURS AU BORD

Toujours au bord.
Mais au bord de quoi?

Nous savons seulement que quelque chose tombe
de l’autre côté de ce bord
et qu’une fois parvenu à sa limite
il n’est plus possible de reculer.

Vertige devant un pressentiment
et devant un soupçon :
lorsqu’on arrive à ce bord
cela aussi qui fut auparavant
devient abîme.

Hypnotisés sur une arête
qui a perdu les surfaces
qui l’avaient formée
et resta en suspens dans l’air.

Acrobates sur un bord nu,
équilibristes sur le vide,
dans un cirque sans autre chapiteau que le ciel
et dont les spectateurs sont partis.

Roberto Juarroz

(Extrait de:, Treizième Poésie Verticale)

Planté dans sa zone

interdit

mon

CIRQUE DU SOLEIL

claque aux vents

comme ces symboliques fanions de l’Himalaya

que mes moulins tournent à la manière de Don Quichotte

en restant en piste

à se demander comment

vu le soutien involontaire apporté injustement

aux arnaqueurs de tous poils et de soleil à la racole…

Niala-Loisobleu.

7 Juillet 2022

LE FEU – MARC OGERET/ LOUIS ARAGON


NIALA – LA St-JEAN

LE FEU – MARC OGERET/LOUIS ARAGON

Mon Dieu, mon Dieu, cela ne s’éteint pas
Toute ma forêt, je suis là qui brûle
J’avais pris ce feu pour le crépuscule
Je croyais mon cœur à son dernier pas.
J’attendais toujours le jour d’être cendre
Je lisais vieillir où brise l’osier
Je guettais l’instant d’après le brasier
J’écoutais le chant des cendres, descendre.

J’étais du couteau, de l’âge égorgé
Je portais mes doigts où vivre me saigne
Mesurant ainsi la fin de mon règne
Le peu qu’il me reste et le rien que j’ai.

Mais puisqu’il faut bien que douleur s’achève
Parfois j’y prenais mon contentement
Pariant sur l’ombre et sur le moment
Où la porte ouvrant, déchire le rêve.

Mais j’ai beau vouloir en avoir fini
Chercher dans ce corps l’alarme et l’alerte
L’absence et la nuit, l’abîme et la perte
J’en porte dans moi le profond déni.
Il s’y lève un vent qui tient du prodige
L’approche de toi qui me fait printemps
Je n’ai jamais eu de ma vie autant
Même entre tes bras, aujourd’hui vertige.
Le souffrir d’aimer flamme perpétue
En moi l’incendie étend ses ravages
A rien n’a servi, ni le temps, ni l’âge
Mon âme, mon âme, où m’entraînes-tu ?
Où m’entraînes-tu ?

Louis Aragon

ANNA MARIA CARULINA CELLI …EXTRAIT


NIALA « VIBRATIONS » – 2010 – Acrylique s/toile 65×54 – Collection Privée

ANNA MARIA CARULINA CELLI …EXTRAIT

Faire survivre à chaque instant

Recommencer le temps

Une maille endroit, une maille envers

Le tricot que l’on trame avec la chaîne de la peau

Incessamment nous dévêt

Tels les premiers hommes qui n’avaient pas

Rêvé à la pomme d’or

Nous errons d’un espace à l’autre

D’une heure à l’autre

Dans l’ignorance de notre nudité

Nous sommes nus

Nous sommes vus

Le méconnaître fait notre arrogance

A quel moment l’oignon fait-il oeuvre de dépouillement ?

Chaque couche, chaque strate, chaque masque

Est le reflet d’un vêtement transparent

Il nous révèle plus qu’il nous cache

Quand d’une ombre fugace nous couvrons notre tache

Quoi? Quelles sont les forces en présence?

De quel poids penchent les plateaux de la balance?

Les dieux rient de nos guerres et de nos larmes

L’aiguille du fléau glisse toujours du côté du vide

Etrangement

Les sillons que nous gravons sur la terre

A la lueur de la genèse de la première salve de vie

Ce presque rien qui tend à tout

Ne sont que des signes éphémères

Les mots d’une lettre par un absent adressée à une absente

Les mouchoirs blancs agités sur les quais

Avec le pressentiment qu’il n’y aura jamais aucun retour

Nous ressassons la même histoire

Depuis des milliers d’années de mémoire

Une maille envers, une maille endroit

Tout à l’heure, un mouchoir est tombé

Quelqu’un a pleuré, dormi, ne s’est plus réveillé

Faire survivre l’acquiescement à chaque instant

Recommencer le temps

Le temps d’un voyage sans espace

Puis, se recroqueviller de guerre lasse

Flétris, fanés, en nous semant aux quatre vents

Le vent

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ANNA MARIA CARULINA CELLI