La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça. La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer. Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix. Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes.
moi! Je vous construirai sans plan et sans ciment Un édifice que vous ne détruirez pas, Et qu’une espèce d’évidence écumante Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire
au nez, Et au nez gelé de tous vos Parthénons, vos arts
arabes, et de vos Mings.
Avec de la fumée, avec de la dilution de
brouillard Et du son de peau de tambour,
Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes,
Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
Contre lesquelles votre ordre multimillénaire et votre géométrie
Tomberont en fadaises et galimatias et poussière de sable sans raison.
Glas! Glas! Glas sur vous tous, néant sur les
vivants ! Oui, je crois en Dieu ! Certes, il n’en sait rien ! Foi, semelle inusable pour qui n’avance pas. Oh monde, monde étranglé, ventre froid ! Même pas symbole, mais néant, je contre, je
contre, Je contre et te gave de chiens crevés. En tonnes, vous m’entendez, en tonnes, je vous
arracherai ce que vous m’avez refusé en
grammes.
Le venin du serpent est son fidèle compagnon, Fidèle, et il l’estime à sa juste valeur. Frères, mes frères damnés, suivez-moi avec confiance.
Les dents du loup ne lâchent pas le loup. C’est la chair du mouton qui lâche.
Dans le noir nous verrons clair, mes frères. Dans le labyrinthe nous trouverons la voie
droite. Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse,
pot cassé? Poulie gémissante, comme tu vas sentir les
cordages tendus des quatre mondes! Comme je vais t’écarteler!
La souffrance et la joie pèsent tout à fait le même poids Tomas Tranströmer
Mozart sourit un peu à la maison Le piano ce matin m’écoute et veut bien me répondre Rire serait de trop pour ce bureau Mozart ne juge rien et ne fait pas non plus la moue Mais il taquine l’air de rien les émois qui se faufilent Puis les console d’un câlin Et à nouveau compréhensive la musique sourit La grande sœur nôtre qui sait tout Et la maison s’adoucit qui accepte en visite le soleil et ses lampes Un pas plus loin nous savons bien que c’est le drame Avec le sol qui craque au-dessus de la mort Et moi qui comprends si peu comment va la lumière En tremblant je m’en vais avec elle jusqu’au dernier accord Qui déjà m’avait tout pardonné
qui tentent en glissant leur visage de mauvaise foi
de rompre un départ augurant bien
la joie demeure
droite et verticale
en montée du chevalet
cet animal de saut d’obstacles résidant dans l’atelier
Nous, l’Être, dans sa nature intrinsèque, ses oiseaux, sa mer et son ô séant, un profil de forêt, un couloir entre deux vallons, quelle poitrine, le charnu d’un estuaire mieux vers qu’un gazon anglais, rien à dire de bavard, un cri sans alarmes, le bac à sable dans la cour des miracles, le loueur de chaises et les miettes pour les pigeons, cette marchande de fleurs à quai, sur la Seine, du Molière embarqué, dans l’arène ces frissons indescriptibles qui surgissent et font que c’est la joie dans tout cette humilité fuyant les vitrines de la frime
Le tableau bouge tout seul sans que j’y touche autrement qu’avec le coeur
projection privée
qui ne passera pas en sale
Les sens en paraboles traversent la voie sur le ballast des toiles comme le canal écluse de son ascenseur.
Le vent revient plus tard du chemin reconnu Les mains pendent au bord du livre
Tête nue l’homme traverse l’heure l’éclair le champ perdu Sur la pointe où le ciel se fixe L’étoile et son pignon Quand les raies de couleurs arrêtent l’horizon Une roue se détourne l’eau s’éveille en sueur
et les berges ruissellent
Une fenêtre glisse un regard imprévu Entre le coin du mur et la flèche de l’arbre
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