ALEXANDRE JOLIEN



NIALA

ALEXANDRE JOLIEN

La vie est bien trop courte pour perdre son temps à se faire une place là où l’on en a pas, pour démontrer qu’on a ses chances quand on porte tout en soi, pour s’encombrer de doutes quand la confiance est là, pour prouver un amour à qui n’ouvre pas les bras, pour performer aux jeux de pouvoir quand on n’a pas le gout à ça. La vie est bien trop courte pour la perdre à paraître, s’effacer, se plier, dépasser, trop forcer. Quand il nous suffit d’être, et de lâcher tout combat que l’on ne mène bien souvent qu’avec soi, pour enfin faire la paix, être en paix. Et vivre. En faisant ce qu’on aime, auprès de qui nous aime, dans un endroit qu’on aime, en étant qui nous sommes.

Vraiment.

 ALEXANDRE JOLIEN 

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DESECRIRE


PIERRE BONNARD

DESECRIRE

Par une mèche attraper la femme de Pierre pour la replonger dans la baie noire

Les morceaux qui jonchent la plage désarticulent ce qui reste de l’épave

L’encre non indélébile a lâché l’amarre

Sur la côte le comité d’accueil retourne les colliers de fleurs à l’expéditeur

Un dimanche au hasard des vagues se trempe.

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2022

CONTRE PAR HENRI MICHAUX


NIALA

CONTRE

HENRI MICHAUX

Je vous construirai une ville avec des loques,

moi!
Je vous construirai sans plan et sans ciment
Un édifice que vous ne détruirez pas,
Et qu’une espèce d’évidence écumante
Soutiendra et gonflera, qui viendra vous braire

au nez,
Et au nez gelé de tous vos
Parthénons, vos arts

arabes, et de vos
Mings.

Avec de la fumée, avec de la dilution de

brouillard
Et du son de peau de tambour,

Je vous assoirai des forteresses écrasantes et superbes,

Des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,

Contre lesquelles votre ordre multimillénaire et votre géométrie

Tomberont en fadaises et galimatias et poussière de sable sans raison.

Glas!
Glas!
Glas sur vous tous, néant sur les

vivants !
Oui, je crois en
Dieu !
Certes, il n’en sait rien !
Foi, semelle inusable pour qui n’avance pas.
Oh monde, monde étranglé, ventre froid !
Même pas symbole, mais néant, je contre, je

contre,
Je contre et te gave de chiens crevés.
En tonnes, vous m’entendez, en tonnes, je vous

arracherai ce que vous m’avez refusé en

grammes.

Le venin du serpent est son fidèle compagnon,
Fidèle, et il l’estime à sa juste valeur.
Frères, mes frères damnés, suivez-moi avec confiance.

Les dents du loup ne lâchent pas le loup.
C’est la chair du mouton qui lâche.

Dans le noir nous verrons clair, mes frères.
Dans le labyrinthe nous trouverons la voie

droite.
Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse,

pot cassé?
Poulie gémissante, comme tu vas sentir les

cordages tendus des quatre mondes!
Comme je vais t’écarteler!

Henri Michaux

DROIT DE JOUISSANCE


NIALA – Destruction de l’oeuvre « Sur l’arc du Centaure »
NIALA

DROIT DE JOUISSANCE

En vertu de mon droit d’auteur

je détruis ma dernière oeuvre faite

en en limitant pas la liste

Niala

22 Octobre 2022

Autodafé


NIALA

Autodafé

Le bûcher pour l’Oeuvre

se montre comme le seul acte sacré

l’amour banni par l’homme en tiendra la flamme

Créer pour en faire un martyr procède de manipulations religieuses lui portant outrage

Je n’abandonne pas ma foi, je l’éternise

la garde pour moi seul respectant en cela l’indifférence que vous n’avez jamais cessé de lui montrer

Centaure casse ta flèche en direction de ce monde

il s’est suicidé, c’est pas toi qui l’a tué.

Laisse-le crever et sors du mensonge sacrilège, Niala.

Niala-Loisobleu – 22 Octobre 2022

« SUR L’ARC DU CENTAURE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 65X54


NIALA

« SUR L’ARC DU CENTAURE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 65X54

Au coeur des pierres qui volent, le monde tire sa route lapidé

A quoi bon se faire censeur de la décadence qui remonte si loin qu’aucun n’a pu l’enrayer à ce jour

Ainsi la nature malmenée menace aujourd’hui d’imploser sans qu’on fasse autre chose qu’en baver

L’écologie pour constituer un parti politique de plus merci

Je tends mon arc sans viser de Messie, juste pour y poser la flèche des valeurs englouties

Sans autre chose que mes mots-peints

pour l’amour, l’amour, l’amour, l’amour en tout ce qui en fait un concept et non un site de rencontre.

Niala-Loisobleu.

20 Octobre 2022

MARIE BAUTHIAS


NIALA – OEUVRE EN COURS

MARIE BAUTHIAS

1er mai 2005

Jouqueveil

regard qui s’ajoute à nos peaux ne vaut qu’à devenir une nuit

parmi d’autres une langue un peu moins étrangère où nos figures

désarmées commencent à briller.

briller d’un silence au ventre.

le ventre de nos demeures.

le ciel bleu songe vaste

vautour prêtant les portes

d’où en se défaisant le monde se fait

fait une fois encore boire des miracles à nos cœurs

comme il se doit

attendre l’œil

de vague en vague

des questions plus rien ne reste

tout reste à entendre

tout reste à taire

nos amours poussent comme l’herbe, tombent pitoyablement.

avancent sur les rêves, reculent sur les mains, rêvent de toutes

mains. guettent. mangent jusqu’à l’air entre nous.

dans l’absence claire

on se bat

sans mains

jusqu’aux tempes

du ciel à moitié vide

dans tes yeux

nage une ombre

et sombre

tendre dans les miens

l’ombre qui nage aussi

une ombre qu’aucun regard sans toi ne peut rejoindre.

l’ombre d’un soir qui traverse sans répondre.

sommes-nous de mémoire des éternels vivants qu’une terre

pleine de lèvres apaise comme des survivants?

du bleu… du bleu sans qui le silence ne saurait prendre vol.

la mer reviendra-t-elle pour nos yeux dire une fois pour toi

l’amour oublié dans ses larmes?

il y a moins de solitude à être seul seulement seul.

Parce que

parce qu’aucun mot ne pèse

plus que la bouche

et le rêve qu’elle donne

parce qu’aucun geste ne meurt d’être debout

parce qu’aucun œil ne boit

le silence des langues mieux que

l’ombre invisible du tien

parce qu’aucune chair ne dit l’effroi qui l’aventure

ou la sommeille

parce qu’aucune racine ne baigne d’un seul sang

DEPUIS TOUJOURS IL ME SEMBLE

QU’AUCUNE MUSIQUE NE MANGE A MA TABLE

JE ME DEMANDE

JE TE DEMANDE

POURQUOI

Marie Bauthias

Gabrielle Althen – Extrait « Soleil Patient »


NIALA – OEUVRE EN COURS

Gabrielle Althen

Extrait « Soleil Patient »

La souffrance et la joie pèsent tout à fait le même poids
Tomas Tranströmer

Mozart sourit un peu à la maison
Le piano ce matin m’écoute et veut bien me répondre
Rire serait de trop pour ce bureau
Mozart ne juge rien et ne fait pas non plus la moue
Mais il taquine l’air de rien les émois qui se faufilent
Puis les console d’un câlin
Et à nouveau compréhensive la musique sourit
La grande sœur nôtre qui sait tout
Et la maison s’adoucit qui accepte en visite le soleil et
  ses lampes
Un pas plus loin nous savons bien que c’est le drame
Avec le sol qui craque au-dessus de la mort
Et moi qui comprends si peu comment va la lumière
En tremblant je m’en vais avec elle jusqu’au dernier
  accord
Qui déjà m’avait tout pardonné

Gabrielle Althen

QUE DE LA JOIE AUTOUR


NIALA – OEUVRE EN COURS

QUE DE LA JOIE AUTOUR

Face à face aux réminiscences

qui tentent en glissant leur visage de mauvaise foi

de rompre un départ augurant bien

la joie demeure

droite et verticale

en montée du chevalet

cet animal de saut d’obstacles résidant dans l’atelier

Nous, l’Être, dans sa nature intrinsèque, ses oiseaux, sa mer et son ô séant, un profil de forêt, un couloir entre deux vallons, quelle poitrine, le charnu d’un estuaire mieux vers qu’un gazon anglais, rien à dire de bavard, un cri sans alarmes, le bac à sable dans la cour des miracles, le loueur de chaises et les miettes pour les pigeons, cette marchande de fleurs à quai, sur la Seine, du Molière embarqué, dans l’arène ces frissons indescriptibles qui surgissent et font que c’est la joie dans tout cette humilité fuyant les vitrines de la frime

Le tableau bouge tout seul sans que j’y touche autrement qu’avec le coeur

projection privée

qui ne passera pas en sale

Les sens en paraboles traversent la voie sur le ballast des toiles comme le canal écluse de son ascenseur.

Niala-Loisobleu – 18 Octobre 2022

Dans les rails – Pierre Reverdy


NIALA – OEUVRE EN COURS

DANS LES RAILS

PIERRE REVERDY

Le vent revient plus tard du chemin reconnu
Les mains pendent au bord du livre

Tête nue l’homme traverse l’heure l’éclair le champ perdu
Sur la pointe où le ciel se fixe
L’étoile et son pignon
Quand les raies de couleurs arrêtent l’horizon
Une roue se détourne l’eau s’éveille en sueur

et les berges ruissellent

Une fenêtre glisse un regard imprévu
Entre le coin du mur et la flèche de l’arbre

Une ombre qui remue

Pierre Reverdy