« 17 HEURES » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« 17 HEURES »

NIALA 2022 –

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

Les limailles des étés au sol de la gamme dans leur mouvement ébarbent le silence pour en sortir

j’ai été dans l’étau de tes cuisses ce cheval que le labour tendait

à tes greniers pour franchir les hivers de jeûne

J’en tiens toujours la couleur sans que le soleil en ait passé le vif

Depuis la dernière plage tes seins flottent au départ du chenal en bouée

en moi l’oiseau traversier

portant les feux des St-Jean de ma Chaume à la tienne

touffue, épaisse et hospitalière

au-delà du désert

L’automne fleuri au torse, les châtaignes ramassées, prêt à remplir ton vers, sans finir la journée.

Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2022

SE FAIRE DIMANCHE


SE FAIRE DIMANCHE

Saintes et puis Royan embouteillées par un long week-end vont pouvoir reprendre haleine

La pluie cette semaine va relaver les routes jusqu’à Noël

Mettre du feu de couleur dans l’atelier sans penser à rien qui l’éteigne

ça limite les jours froids qui se mettent en place avec des réactions diverses

Le panel pour mentir est vaste

Les seins plats que les coeurs vides donnent à téter ne peuvent pas faire sourire les bébés

Je m’ai acheté une chemise à fleurs, une rose et un pull bleu pour mettre mon corps dans le jardin qu’il aime afin de se sentir au soleil et naturel sans se chercher à se shooter à l’illusion.

Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2022

Il est 19h05


Il est 19 h 05

L’herbe est passée sous un grand soleil, ce qu’il en reste est assez vert pour dormir ici. Etendu autour des troncs le tapis rouge ne montera pas les marches d’un cinéma. Il dormira dans la simplicité de l’automne qui balaye ses feuilles devant sa porte.

Rien n’a pu empêcher les choses de faire à leur habitude

le chat blanc s’est promené d’un bout à l’autre du jardin en quête d’un merle

pendant qu’au volant passaient les célébrations de l’armistice en direction de Royan

Depuis le temps que je suis pas allé à Saintes j’irai demain suivre la Charente autour de ses monuments

les marchés sous les platanes et dans la perspective romaine de la ville ont un air de partir au soleil du sud

De quoi partager la nostalgie de Filipa

aussi

je n’oublierai pas de passer par le haras pour ramasser assez de crottin

pour donner aux jours qui restent un ton de géranium complémentaire.

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2022

Vécu au travers de mes doigts


Vécu au travers de mes doigts

C’est à peine si le brouillard s’est décroché des branches de cette journée

une humidité glaciale a pénétré au fil des heures

sans que ce que je vois ne cesse d’être attirant comme un aimant

Toutes couleurs dehors, la table étale tant d’odeurs que je me sens en herbe haute, un été comme au bord de ce quelque chose qui bat dans mes pores en tout automne

Rien ne se vante d’être là pour ne pas troubler l’atmosphère évanescente

que l’aspect charnel laisse planer dans la pâte indifféremment mêlée à l’aquarelle

c’est une onction suggestive

qui tient les plans sans favoriser un détail par rapport à d’autres

Unité de la nature pour qui chaque chose dépend de l’autre

ainsi quand au bas de ton dos je trouve tes fesses, tout ton ventre durcit le bout de tes seins

Floral parcours

où dans les cavernes des aisselles les traits de tisons ont laissé les buffles courir avec les chevaux sauvages

Sur un large fauteuil, le chat caché sous tes vêtements ronronne anonymement.

Niala-Loisobleu – 10 Novembre 2022

A CÔTE ALLER DEDANS


A CÔTE ALLER DEDANS

Ce matin la toile encore vierge est assise sur le chevalet

paysage d’arbres en vol sur une rivière

qui a pris la mer sans tromper le pair

c’est délirant

Toujours des fleurs

du soleil en pleine-lune

Je ne sais rien, j’imagine

tout ce qui est beau

comme ça existe émoi avec

Niala-Loisobleu – 10 Novembre 2022

A CONTER DU SEL


A CONTER DU SEL

Symbiose

le brouillard me tend la perche

je sors mon sexe pour répondre à mon genre sans tricher

et surtout pas faire hurler les saintes-nitouches

Rien de provocant ne m’anime

si j’invite la Femme à paraître dans le même appareil

c’est en qualité de plante de la nature

et non comme un article de grande consommation

C’est beau un sexe quand on lui dit l’empruntant comme le plus beau voyage

Niala-Loisobleu – 10 Novembre 2022

SEPARATION DES MATIERES


SEPARATION DES MATIERES

L’index porté à la bouche, puis mis à la recherche du vent

il est utile d’en connaître la direction pour suivre l’idée qui pointe

La pierre est plus sensible que bien des érudits pourraient l’imaginer

c’est vrai qu’érudition et sensibilité ne proviennent pas de la même école

Retournant soudain la mienne sous la pression interne qui me faisait des grands signes

je me dirigeai à l’opposé de l’habitude pour découvrir ce qui ne faisant aucun tapage, demeurait humble

et par conséquent devait avoir plus de sens que ce qui squatte la vitrine

On ne voit souvent que plus tard le vrai des choses dans ce monde qui ne fait que courir à côté

Je préfère savoir la main dans la culotte que la poignée de mains du comment ça va qui parle comme un perroquet dressé

J’aime trop la pâte pour lui retirer son travail de masticage lent et compact, aussi elle restera

La valeur des tons dans les plans, elle, va s’aérer

Il ressort un besoin d’homogénéité

Les valeurs la cherchent dans le foutoir actuel

Tout est prétexte au délayage surtout pas à la concision

peindre clair sans pastéliser les couleurs primaires.

Niala-Loisobleu – 9 Novembre 2022

PAROISSE – JACQUES BERTIN


PAROISSE – JACQUES BERTIN

Des femmes sont assises dans l’hiver
Le long de la radio, sur un dernier travail
C’est tard la nuit, il est déjà dans les dix heures
Depuis longtemps dorment dans les chambres glacées
Des enfants protégés du mal par un signe de croix
Des femmes sont assises dans l’hiver. Il fait grand froid.
A la gare on attend encore le train de Combourg et Dol
Dans la prairie les gitans guettent le sommeil des chevaux
Ils ont plié le cirque dérisoire et ils s’en vont. Demain
Les maçons ne travailleront pas sans doute à cause du gel
Demain il y a messe pour la jeune fille qui est en deuil
De Nantes vient le givre avec ses cuivres. Il fait grand
froid.
Paroisse de l’année soixante. O périphérie de la paix
Femme posée comme une lampe à huile dans le silence
Rassemble dans cet écrin-là tous tes enfants. Emporte-les
Vers le bon dieu et qu’on ne nous sépare pas
Demande-lui si c’est bien demain que le payeur passe
Et quand va-t-on enfin goudronner la rue. Tu as froid.
Tu fermes la radio. Tu montes en faisant attention
Vers un endroit que je t’ai préparé dans ma mémoire
Et qui s’est détaché de moi pour vivre, comme une chanson
Où tu es bien parce qu’on ne nous séparera pas.

Jacques Bertin

« SALINITE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 61X50


« SALINITE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 61X50

L’ iode a pris place de toute sa rondeur sépia dans la veine du jour

les cabanes battent du pied, quelle cadence il y a dans leurs hanches

Ce que la saumure met en réserve pare aux scorbuts des temps modernes

L’eau qui fait des ronds d’huile arc-en-ciel dans les bassins se balance au bout de l’anneau

et entre les mouettes et les armatures le ton dit clairement qu’il faut que ça cliquète comme dans un branle

Engoncées dans les plis des trémailles, des arêtes sont restées de garde en ronde dans le cercle du phare

Puisque l’automne se prépare à la grande-pêche

mon coeur s’est fiché au tronc d’un peint-parasol à la lame du couteau

et à l’encre de mes mots

Les îles en embuscade aux carreaux remontent la fleur-de-sel aux pieds des palisses

de l’oyat tenant la dune

dans la course des pieds et du cul qui rigole

Je ne compte sur rien hormis ma foi qui garde de l’amour perdu la force du vent qui y ramène

l’humeur des gens ne peut rien y faire

je suis majeur dans mon esprit clair

et assez opiniâtre pour tenir les rênes de mon cheval vers le feu de la vérité des sentiments

Le monde ne sait plus trop quoi faire entre allumer et éteindre, pas besoin d’influenceur, je sais moi-même ce que je veux pour aller au dernier embarcadère traverser pour l’autre rive

Être son Capitaine tient parfaitement mieux la barre que les galons sur la casquette de touriste du gros bateau à quai.

Niala-Loisobleu.

8 Novembre 2022

De la lumière qui persiste


De la lumière qui persiste

Dans la frilosité matinale du levé des parfums

le bruit des éboueurs en ramasse arrive au coin de rue

Derrière les volets clos de ton regard je sors la boulange du four

Valse de Viennoiserie

Si si

Tu sens comme un grain de Brésil…

Niala-Loisobleu – 8 Novembre 2022