La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Saintes et puis Royan embouteillées par un long week-end vont pouvoir reprendre haleine
La pluie cette semaine va relaver les routes jusqu’à Noël
Mettre du feu de couleur dans l’atelier sans penser à rien qui l’éteigne
ça limite les jours froids qui se mettent en place avec des réactions diverses
Le panel pour mentir est vaste
Les seins plats que les coeurs vides donnent à téter ne peuvent pas faire sourire les bébés
Je m’ai acheté une chemise à fleurs, une rose et un pull bleu pour mettre mon corps dans le jardin qu’il aime afin de se sentir au soleil et naturel sans se chercher à se shooter à l’illusion.
L’herbe est passée sous un grand soleil, ce qu’il en reste est assez vert pour dormir ici. Etendu autour des troncs le tapis rouge ne montera pas les marches d’un cinéma. Il dormira dans la simplicité de l’automne qui balaye ses feuilles devant sa porte.
Rien n’a pu empêcher les choses de faire à leur habitude
le chat blanc s’est promené d’un bout à l’autre du jardin en quête d’un merle
pendant qu’au volant passaient les célébrations de l’armistice en direction de Royan
Depuis le temps que je suis pas allé à Saintes j’irai demain suivre la Charente autour de ses monuments
les marchés sous les platanes et dans la perspective romaine de la ville ont un air de partir au soleil du sud
De quoi partager la nostalgie de Filipa
aussi
je n’oublierai pas de passer par le haras pour ramasser assez de crottin
pour donner aux jours qui restent un ton de géranium complémentaire.
C’est à peine si le brouillard s’est décroché des branches de cette journée
une humidité glaciale a pénétré au fil des heures
sans que ce que je vois ne cesse d’être attirant comme un aimant
Toutes couleurs dehors, la table étale tant d’odeurs que je me sens en herbe haute, un été comme au bord de ce quelque chose qui bat dans mes pores en tout automne
Rien ne se vante d’être là pour ne pas troubler l’atmosphère évanescente
que l’aspect charnel laisse planer dans la pâte indifféremment mêlée à l’aquarelle
c’est une onction suggestive
qui tient les plans sans favoriser un détail par rapport à d’autres
Unité de la nature pour qui chaque chose dépend de l’autre
ainsi quand au bas de ton dos je trouve tes fesses, tout ton ventre durcit le bout de tes seins
Floral parcours
où dans les cavernes des aisselles les traits de tisons ont laissé les buffles courir avec les chevaux sauvages
Sur un large fauteuil, le chat caché sous tes vêtements ronronne anonymement.
Des femmes sont assises dans l’hiver Le long de la radio, sur un dernier travail C’est tard la nuit, il est déjà dans les dix heures Depuis longtemps dorment dans les chambres glacées Des enfants protégés du mal par un signe de croix Des femmes sont assises dans l’hiver. Il fait grand froid. A la gare on attend encore le train de Combourg et Dol Dans la prairie les gitans guettent le sommeil des chevaux Ils ont plié le cirque dérisoire et ils s’en vont. Demain Les maçons ne travailleront pas sans doute à cause du gel Demain il y a messe pour la jeune fille qui est en deuil De Nantes vient le givre avec ses cuivres. Il fait grand froid. Paroisse de l’année soixante. O périphérie de la paix Femme posée comme une lampe à huile dans le silence Rassemble dans cet écrin-là tous tes enfants. Emporte-les Vers le bon dieu et qu’on ne nous sépare pas Demande-lui si c’est bien demain que le payeur passe Et quand va-t-on enfin goudronner la rue. Tu as froid. Tu fermes la radio. Tu montes en faisant attention Vers un endroit que je t’ai préparé dans ma mémoire Et qui s’est détaché de moi pour vivre, comme une chanson Où tu es bien parce qu’on ne nous séparera pas.
L’ iode a pris place de toute sa rondeur sépia dans la veine du jour
les cabanes battent du pied, quelle cadence il y a dans leurs hanches
Ce que la saumure met en réserve pare aux scorbuts des temps modernes
L’eau qui fait des ronds d’huile arc-en-ciel dans les bassins se balance au bout de l’anneau
et entre les mouettes et les armatures le ton dit clairement qu’il faut que ça cliquète comme dans un branle
Engoncées dans les plis des trémailles, des arêtes sont restées de garde en ronde dans le cercle du phare
Puisque l’automne se prépare à la grande-pêche
mon coeur s’est fiché au tronc d’un peint-parasol à la lame du couteau
et à l’encre de mes mots
Les îles en embuscade aux carreaux remontent la fleur-de-sel aux pieds des palisses
de l’oyat tenant la dune
dans la course des pieds et du cul qui rigole
Je ne compte sur rien hormis ma foi qui garde de l’amour perdu la force du vent qui y ramène
l’humeur des gens ne peut rien y faire
je suis majeur dans mon esprit clair
et assez opiniâtre pour tenir les rênes de mon cheval vers le feu de la vérité des sentiments
Le monde ne sait plus trop quoi faire entre allumer et éteindre, pas besoin d’influenceur, je sais moi-même ce que je veux pour aller au dernier embarcadère traverser pour l’autre rive
Être son Capitaine tient parfaitement mieux la barre que les galons sur la casquette de touriste du gros bateau à quai.
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