DEJA L’AILE REMUE


DEJA L’AILE REMUE

Sous l’aiguille du peint

d’un battement de cils le rideau lointain passe une jambe hors du lit

sans voir que le cri j’entends la courbe de tes hanches tendre l’anse à la coudée franche

ce n’est que le souffle du pouls qui bat la cadence

qui reste attachée au fond de ton nombril par le noeud de mes escales

les premières manifestations passent par les venelles entre deux monts

soulevant l’oeil de l’herbe à la grâce matinale du grand papillon resté collé aux glissements du rêve

Niala-Loisobleu – 30 Juillet 2021

COMME POUR DIRE MA PENSEE PREMIERE


COMME POUR DIRE MA PENSEE PREMIERE

La poésie dans la poussée des reins me donne la joie de vivre que ton soleil éclaire. Je l’ai dans la pierre, tenant de Vénus toute la rime de croire et d’espérer

Aragon, à qui je prête ma voix, te le dis

Je vais ce matin me recueillir au Couvent de toute ma ferveur personnelle.

Bonjour Ma…

Niala-Loisobleu – 27 Juillet 2021

ELSA ENTEE DANS LE POÈMEPAR LOUIS ARAGON

Entre assieds-toi soleil et qu’à tes pieds se couche
Le lion des fureurs qui sortait de ma bouche

Que je n’entende plus qu’en moi ce cœur dompté
Assieds-toi c’est le soir et souris c’est l’été

Musique de ma vie ô mon parfum ma femme
Empare-toi de moi jusqu’au profond de l’âme

Entre dans mon poème unique passion
Qu’il soit uniquement ta respiration

Immobile sans toi désert de ton absence

Qu’il prenne enfin de toi son sens et sa puissance

Il sera ce frémissement de ta venue

Le bonheur de mon bras touché de ta main nue

Il sera comme à l’aube un lieu de long labour
Quand l’hiver se dissipe et l’herbe sort au jour

Entre amour c’est ici l’effrayante forêt

Où la nuit ne tient pas du ciel ses yeux secrets

Entre dans mon poème où les mots qui t’accueillent
Ont le pa^pitement obscur et doux des feuilles

Où t’entourent la fuite et l’ombre des oiseaux
Et le cheminement invisible des eaux

Tout t’appartient
Je suis tout entier ton domaine
Ma mémoire est à toi
Toi seule t’y promènes

Toi seule vas foulant mes sentiers effacés
Mes songes et mes cerfs t’y regardent passer

Tu marches sur les fleurs d’enfer de mon
Ardenne
Mon enfance t’y suit comme un lointain éden

Une brume de moi bleuit au haut des monts
Où le cheval
Bayard porta les fils
Aymon

Ô mes enchantements dissipés ô marelle
Des mares d’autrefois ô miroirs sous la grêle

Viens-t’en dans cette chasse énorme qui fut moi
Ainsi que
Montessor entre
Meuse et
Semoy

Prends le couvert des bois où quand s’en vint
Pétrarque
Toute biche était
Laure et des mains tombait l’arc

Parmi les chênes nains dont la tête dit non
Si le vent se souvient des rouvres d’Avignon

Du jardin que les murs de tous côtés endiguent
Où l’ombre a la senteur violente des figues

Mais déjà c’est ta lèvre et ce couple c’est nous
C’est toi le clair de lune où je tombe à genoux

Et la terrasse y tremble et la pierre se trouble Étoiles dans ma nuit ma violette double

Ce sont tes yeux ouverts sur les temps désunis
Jusque dans mon sommeil
Eisa mon insomnie

II

Il est sept heures dix une tasse de menthe À côté de la pendule en cuir refroidit

Je suis seul au matin dont les cendres dormantes
Blanchissent sans pouvoir oublier l’incendie

Je parle à haute voix le langage des vers
Comme si je faisais l’essai de ma folie

D’où me vient-il ce goût puéril et pervers
D’où me viennent les mots que je lie et délie

Qu’est-ce que ce plaisir morose et monotone
Ce passe-temps verbal et qui donc s’y complaît

C’est bien moi je m’entends m’interromps et m’étonne
Et de mes doigts mentaux tombent les osselets

C’est un jour machinal aujourd’hui qui se lève

Je n’attends que le temps dans la chambre où je suis

Le temps s’arrête en moi comme un sang qui fait grève
Et je deviens pour moi comme un mot qui me fuit

III

Comme avec le soleil l’arbre immobile engage
Dans le tourner du jour un discours de rameaux
Mes bras vers toi se font invention des mots
Quand je te touche enfin je comprends le langage

J’ai peur d’être un miroir où tout s’évanouit
Toute ma chair vers toi crie un enfantement
Paroles de mes mains métaphoriquement
Vers l’autre vous frayez une route inouïe

Comment faire tomber cette feinte couleur
Des vocables fixés aux lèvres des humains
Ce qui deux fois se dit insulte au lendemain
Et tout ce rouge mis se fane avec les fleurs

La vie en mouvement quels doigts l’ont-ils saisie
Quel lexique y a-t-il pour le vent et le sable
Il faut substituer 6 cœur inconnaissable À l’ancien alphabet le radar poésie

Je vois sans yeux je suis une clameur sans bouche
Je suis le phare obscur qu’on appelle pensée
J’ai fait de mon désir une force insensée
Le mystère à mes pieds terre à terre se couche

Je ne compare pas les choses
Je démens
Leurs rapports
J’établis d’autres lois de nature
J’ouvre sans la toucher la porte et m’aventure
Où rien n’obéit plus qu’à mon commandement

Tout d’un coup je comprends la chose qui m’habite
Et qui n’est qu’une forme étrange de raison
Une physique de l’amour de
Toi
Disons
Mieux
Une possession sans fin ni limite

Oui je suis possédé de toi
Si les enfants
Le rire et les cailloux me chassent peu m’importe
Qu’on m’arrache le cœur et que le sang me sorte
C’est toi mon être encore où mon être se fend

Oui possédé de toi jusqu’au fil de ma trame
De part en part de fond en comble possédé
Mort je n’éveillerai jamais que ton idée
Car ma poussière aura le parfum de ton âme

Je te donne la flamme et la cendre du feu
Je te donne le chant dément qui me traverse

Je te donne le vent tantôt qui me disperse
Je te donne le ciel qui fait nos veines bleues

O pauvreté de moi qui m’en viens faux
Roi
Mage
Te porter des présents misérables et vains
Et comme sa couleur le verre doit au vin
Je m’onivre en peignant ma vie à ton image

Je vais formant des vers plus forts que les baisers
Je vis comme un marin dans l’écume des proues Éclaboussé du chant de la mer à la roue
Réinventant le jour dans les vagues brisées

Ce qui de moi s’arrache au-delà de moi-même
Cet appel résumant ce que je suis
Ce cri
Par quoi les hommes font l’aveu du plaisir pris
Cotte façon que j’ai de dire que je t’aime

Et de dire cela seulement sans jamais
Desserrer un instant ma volonté d’étreinte
Sans remarquer le temps les étoiles éteintes
Et de dire je t’aime ainsi que je t’aimais

Voilà voilà pourquoi je suis né ma victoire
Rien rien ne pourra plus faire qu’elle ne fût
Même sans bras sans tôte et debout sur son fût
De pierre et
Samothrace au loin morte à l’Histoire.

Louis Aragon

RECOLLETS 2021 ACCROCHAGE


RECOLLETS 2021 ACCROCHAGE

Les nuages n’ont que la fraîcheur profitable à la tâche du jour

le point qui émerge donne à ses chaînes le crochet d’amarrage

Encore retenir la joie pour tenir la fatigue pour croquer la pomme dans l’arbre…

Niala-Loisobleu – 26 Juillet 2021

LA POMME

Une pomme accrochée au pommier
distingue l’espace qui a mûri
dans l’argent des aiguilles.
J’étais turbulente, peu commune,
plongée dans de confuses méditations.
Je mordais des pommes, je croquais
d’esquisses informes et je devenais
femme d’Occident.

J’étais entre eux, j’étais eux,
comme une falaise rognée par la mer,
et ce que soufflaient les vents
était des poutres.
Même quand je souriais.

Garcia Alonso

LE BON SORGUE


LE BON SORGUE

L’aube souriante de clapotis écumeux met sa roue dans le bon sens

Impétueusement objective ramenée de son fond

Les bras en place aux deux mains qui chantent juste dans la cacaphonie générale

Bon jour Ma…

Niala-Loisobleu – 24 juillet 2021

TAPIE ROUGE


TAPIE ROUGE

J’ai fait le marché ce matin

au banc de ma fruitière pour afficher des images estivales

Melons d’eau pour désaltérer la ligne de vie

Sous les arbres le fleuve tient à la rive

il y aura de belles figues

Un oiseau pique une tête

la branche s’est redressée

Voici l’abeille qui cale hisse

un petit faon a traversé l’allée sans s’arrêter

Le violon d’Henri connaît l’archet qui me donne la chair de poule

de ce rouge où elle lève la senteur de son bouquet je glisse la langue sur ses hanches

et vais faire un plein des sens

pompe à des seins.

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2021

MARIA AUTAN POUR DES RECOLLETS


MARIA AUTAN POUR DES RECOLLETS

Maria approche

à l’arrime des mots

au départ du dernier temps d’attente à franchir

Fasse que les yeux vibrent

atout coeur

la couleur remise aux cimaises

sans détourner le chant ouvert

par la menace d’approche du variant de misère

Niala-Loisobleu – 20 Juillet 2021

QU’ANEMONE


QU’ANEMONE

Passée l’heure du levé et pas en corps lavée

penche vers moi depuis la tête et le tronc dans leur magie d’un bon sommeil

sur la scène écrite par Matisse sur la toile

ce flux où les cris des mouettes sont attelées à la femme qui m’entrebaille le cap à fleur ouverte

fortes bouffées prises à la première vague d’iode

au sillage du rose d’écailles que le pouls ouvre

Niala-Loisobleu -20 Juillet 2021

ENTRE LES PIEDS AU LONG DES CUISSES


ENTRE LES PIEDS AU LONG DES CUISSES

Au jardin

tu es venue pêcher du soleil dans les mouvements du chien

l »après-midi s’écoule en d’occitanes pensées

pour que la chaleur des pierres garde son esprit cathare au travers de la garrigue

des vignes de Corbières et des guitares du soir

quand l’accent porte les pas d’une danse ancestrale

Dans les virages des seins qui se font plus lourds

le ventre en colline

laisse le vent prendre son odeur et la dépose aux peaux des tambours

Les pieds décroisent

le chat est mouillé

le martin-pêcheur s’apprête à plonger

le chemin n’a pas perdu ses graviers, la main ne peut s’égarer

La dérive recrache la cabane

avec les pommiers et les vaches au bord du train qui remonte de loin

Niala-Loisobleu – 19 Juillet 2021

Chanson du retour

Jacques Bertin

Quand tu voudras, bien lentement
Par la côte, par cabotage
Par l’ancien chemin des douaniers
Par l’amplitude des marées
Par les degrés de solitude
Par la force acquise de l’âge

Reviens, sonne ici, sonne bien
Quand tu voudras, lentement, bien
Comme j’ai moi-même sonné
À ta porte un jour en novembre
Sonne, ô ma morte, un soir de cendre
À l’avenir et j’ouvrirai

Meurs ta beauté, belle éphémère
Et avec toi ton diable aussi
Violent, intense et sans merci
Et qui tuait l’amour aussi
Meurs donc où tu es sur la Terre
Puis viens te mettre à ma merci

Moi, je vieillis, furieux de tout
Comme collé à sa soupière
Un graillon de vieille colère
Mon instinct du jeu sans atout
M’aura fait te chercher partout
Retourner la vie, pierre à pierre

Toi, tu dérives dans ton âme
Les soleils morts des galaxies
Brûlent des souvenirs rassis
D’anciens enthousiasmes de femmes
Je les vois ces signaux de flammes
Les nuits les portent vers ic

Ainsi, nous voilà très égaux
Rapprochant nos mondes rivaux
Comme deux bateaux si fantasques
Deux passés coulés dans deux vasques
Ou bien deux avenirs floués
Et la porte que j’ai clouée
Peut s’ouvrir sur une bourrasque