« ATELIER BLEU »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CARTON – ENCADRE S/VERRE 40X50


« ATELIER BLEU »

NIALA 2021

ACRYLIQUE S/CARTON

ENCADRE S/VERRE 40X50

Dans l’été qui se débine on entend déjà la cloche dans l’escalier

adieu galoches des sables chauds

bonjour cavalcades de l’informe présent

Pour le moral

te laisse

du coin de pinède et de son sel

la seule fenêtre

qui soit sans masque et sans passe

Du sucre d’iode

coquille ouverte

oiseau bleu

sur pont de bateau de papier

pour traverser à deux en solitaire

Bonne rentrée Ma !

Niala-Loisobleu

30 Août 2021

ANEMONES (Reprise)


         L’EPOQUE 2020/40 – « Anémones » – Niala – Acrylique s/toile 46×38 – Collection MMme Villard

ANEMONES (Reprise)

Je suis une île

Surgie pour te voir

Surgie pour m’éprendre

J’écarte une à une les branches de ton domaine

Jusqu’à tes yeux d’anémone

Fille du vent qu’on égraine il faut

Que tout argument s’envole de ce qui ne veut

Changer les choses et partout s’époumone

En vain et toi sous les rideaux de ton théâtre intime

Tu as de quoi débouter les roses de leur faconde

Creuset et vestale du terrible quitte ou double

D’où nous faisons parfois naître des oiseaux

De lumière tu me maintiens à distance idéale

Du duel et de la vaine béatitude

Fais de moi le locataire rude et légitime

La vérité première

De tout ce qui empêche le cœur de se fendre

Barbara Auzou.

LA RENTRÉE PAR JACQUES RÉDA


LA RENTRÉE PAR JACQUES RÉDA

L’air d’automne est si clair qu’au-dessus de la ville
On entend craquer les forêts d’Alsace et de
Lithuanie
Et passer des renards dont l’œil a la tendre sauvagerie
De ce ciel dénudé qui tremble au milieu de la rue.
Un barrage a cédé très haut dans les gorges du levant,
Libérant le bleu sans rumeur qui déborde les cheminées
Et, par la porte ouverte au cœur étouffant de septembre.
Voici le vent couleur d’averse du matin qui rentre
Avec son odeur de terrier, de bois mouillé, de gelée blanche,
Et sa stature d’autrefois dressée comme une promesse. •Je tends les bras dans ce retour de milliers d’ailes
Vers ce qui fut promis par la cloche aiguë du collège sous

le brouillard.
Vers les anges dépossédés qui guidèrent mes pas parmi

les bogues de l’allée,
Et la gloire d’octobre à genoux dans les feuilles mortes.

Jacques Réda

SERAIT-IL DONC POSSIBLE ?


SERAIT-IL DONC POSSIBLE ?

Ce qui remue la forêt

tient la vague sur le déroulé

résiste au venin de la bête rampante

copie le roseau dans le vent

tient de l’EPOQUE mise au métier à tisser

guitares saisies des mains aux talons

pour dresser le cheval à bander son arc

flèche de cathédrale comme oiseau

indestructible pierre de la sérénité du sourire

OUI !

Niala-Loisobleu – 29 Août 2021

LES CAILLOUX PLEIN LA POCHE


LES CAILLOUX PLEIN LA POCHE

Dégagée la route laisse roue-libre de choisir les tant d’arrêt sous les ramures propices

Gazouillis à plumes pour personnel de service

Un petit gravier qui chante avec la voix de Mireille

et donne ce coup sur les manivelles qui remonte de plus en plus ô le tissu du jour sur les cuisses

Dimanche pour signer le dessein pincelé de bleu de Ma…

Niala-Loisobleu – 29 Août 2021

ET AU MOMENT VENU


ET AU MOMENT VENU

Assez de soleil sur langue il lui dit ce qui n’apparaît que dans la salive du sang

Vastitude du fond où le silence ne peut mentir

A l’éclat de ses aréoles il reconnut la présence de la cressonnière et la nature originale de l’amour qui y demeure vert

La menthe et le citron firent fuir l’ouragan

Sous les caféiers pieds nus, le mojito mêle les grains rouges pacifiques aux guitares de la Baie des Cochons

Niala-Loisobleu – 28 Août 2021

DE LA P0USSEE DES PIERRES


DE LA POUSSÉE DES PIERRES

Les pierres polissent et ébarbent à ras les bavures du moule

Déchirant le drap sur ce qui meuble sans faute de goût l’environnement vital, l’énergie amoureuse met la table pour son Banquet

Les mains tournent, modèlent, façonnent, burinent et coutélent jusqu’à donner voix à la moelle

Sortie des lacets d’accession au col la route plonge droite au but

Cette Femme, mon mas de laine,n’est pas à lapider

Son visage dévoile une pureté qui rejette la burka sur l’outrageuse action

En l’élevant à son rang initial

Niala-Loisobleu – 28 Août 2021

FLEUR DEPAVEE


FLEUR DEPAVEE

L’éteint du réverbère du Lycée des Oiseaux fourbit son vice éduqué en cage

Le je nous caché dans la robe longue

Des dames sur les parvis des églises scientologiques taillent un costume de calomnie aux mots propres qu’elles salissent en bavant dessus

La pure Anémone n’en peut pute

Et sans prendre pour autant carte au féminisme

Court au kiosque du jardin d’amour chanter la femme avec les vraies.

Niala-Loisobleu — 15 Août 2021

Un jardinier disait à ses mains…Michel Van Schendel


Un jardinier disait à ses mains…

Michel Van Schendel

Un jardinier disait à ses mains,

Disait au jardin :

            Je suis ta jument je suis ton pré

            Je suis ton ciel je suis ton sol

            Je suis ton aile et ton tourment

            Je suis ton eau

            Je t’abonde tu m’embrasses

            Tu m’élèves tu te glisses

            Tu m’inventes tu t’élides

            Tu m’étonnes tu t’en viens

            Je suis ton ambre et ta lumière

            Je suis la manne de tes fruits

            Je suis l’entaille du matin

            Je suis le toit je suis la plaine je t’étreins

            Je suis ton aile tu m’emportes

            Tu t’envoles tu m’étrennes

            Tu te donnes tout le ciel

            Tu me donnes ton haleine

            Tu es l’embrun tu es le sel

            Je suis la chair de ton hallier

            Tu es l’embrun tu es la sève

            Je suis ta brume ton entrain

            Je suis ton bras je suis ta main

            Je suis ton ombre et ton sentier

            Je suis ton pas

            Je suis ta soie ton couturier

Il contempla la toile de ses mains,

Il regarda le buis, l’érable, il vit l’aubier,

Il vit la feuille et la ligne des feuilles,

Il regarda le ciel, il regarda le sol,

Il contempla la soie de ses mains,

Il vit que la soie était celle du jardin.

Michel Van Schendel

« Un jardinier disait à ses mains », Mille pas dans le jardin font aussi le tour du monde, Montréal, L’Hexagone, 2005.

Né en France de parents belges, le poète, essayiste, traducteur et professeur Michel Van Schendel (1929 – 2005) s’établit au Québec…

HAUT DESSEIN


HAUT DESSEIN

Aux flancs de l’air

cette inspiration avale

et gonfle la poitrine

d’un double soleil aréolé sanguine

Niala-Loisobleu – 14 Août 2021