La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
La main tout doucement, se pose sur un genou, Elle reste là, figée, n’ose pas d’avantage, Se permettre autre chose serait un rêve fou, Pourtant tant de trésors et tant d’autres rivages.
Et voilà que la main se permet une avance, Elle doit se sentir bien car s’arrête à nouveau, L’endroit est doux et chaud et mérite une danse, Une cuisse qui vibre, rien ne sera plus beau.
Mais pourtant sans attendre elle remonte un peu plus, Sous la jupe à présent la voici qui découvre, Comme un léger barrage en un bout de tissus, Sans frapper à la porte la voilà qui l’entrouvre.
La main a dû trouver là sa destination, Car elle ne bouge plus de cet endroit divin, Et voilà qu’elle s’endort dans un léger frisson, Rêvant à d’autres lieux, et à d’autres câlins.
Que les oiseaux vous parlent désormais de notre vie.
Un homme en ferait trop d’histoires
et vous ne verriez plus à travers ses paroles
qu’une chambre de voyageur, une fenêtre
où la buée des larmes voile un bois brisé de pluie…
La nuit se fait. Vous entendez les voix sous les tilleuls : la voix humaine brille comme au-dessus de la terre Antarès qui est tantôt rouge et tantôt vert.
N’écoutez plus le bruit de nos soucis,
ne pensez plus à ce qui nous arrive,
oubliez même notre nom. Écoutez-nous parler
avec la voix du jour, et laissez seulement
briller le jour. Quand nous serons défaits de toute
crainte, quand la mort ne sera pour nous que transparence, quand elle sera claire comme l’air des nuits d’été
et quand nous volerons portés par la légèreté à travers tous ces illusoires murs que le vent pousse, vous n’entendrez plus que le bruit de la rivière qui coule derrière la forêt; et vous ne verrez plus qu’étinceler des yeux de nuit…
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