DU GRAVIER DE MA POCHE


DU GRAVIER DE MA POCHE

Par la porte

entre baillées

un mètre d’air

sème du gravier

Le chat est parti du toit baguenauder avec le chien

et l’écurie vide de chaleur aux bats-flancs laisse le cheval sauter par derrière

les encombrements des routes dominicales

Libre la pensée se déplace en stop aux questions subsidiaires

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2021

EN D’AUTRES THERMES


EN D’AUTRES THERMES

Déjà se sentant venir de loin une certaine chaleur

Tâte le terrain

Oiseaux qui s’ébrouent

Le bac vidé du sable laisse monter l’eau

A seaux

Nonobstant

Elle dit je vais au jardin

Et puits et puits…

Embruns

C’est plus clair

Les rides de l’eau clament une jeunesse qui tend plus que la peau

Concerto à plus de quatre-mains

L’estuaire au piano aqueux a bon do

Niala-Loisobleu – 5 Septembre 2021

La main par Alain Verdure


La main par Alain Verdure

La main tout doucement, se pose sur un genou,
Elle reste là, figée, n’ose pas d’avantage,
Se permettre autre chose serait un rêve fou,
Pourtant tant de trésors et tant d’autres rivages.

Et voilà que la main se permet une avance,
Elle doit se sentir bien car s’arrête à nouveau,
L’endroit est doux et chaud et mérite une danse,
Une cuisse qui vibre, rien ne sera plus beau.

Mais pourtant sans attendre elle remonte un peu plus,
Sous la jupe à présent la voici qui découvre,
Comme un léger barrage en un bout de tissus,
Sans frapper à la porte la voilà qui l’entrouvre.

La main a dû trouver là sa destination,
Car elle ne bouge plus de cet endroit divin,
Et voilà qu’elle s’endort dans un léger frisson,
Rêvant à d’autres lieux, et à d’autres câlins.

Alain Verdure

SUITE MATINALE DU TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN


SUITE MATINALE DU TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN

Brouillard au réveil qu’un manque de retour place à la vigie pompant le lointain

Croire ce qui n’existe pas suborne l’attrait à en venir au tatouage

pourtant fausse-vérité qui abuse du corps comme une vitrine de bétail

bleu du cru mis à l’étal du boucher

Non il faut du silence pour le cri

l’orgie solitaire sacre ce que le bavardage profane

Jetant l’encre du poignet incisé en tradition gitane le mariage écarte l’amour fait que dans le noir

il fait sortir les cordes de sous la peau l

le spasme est preignant

l’agnostique extase n’est pas

Vois ces yeux-là

ils appuient la réalité dans sa complétude

plus besoin de maîtres chanteurs pour dire la messe le jouir de l’harmonium certifie mieux que les grandes-orgues

Niala-Loisobleu – 4 Septembre 2021

TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN


TANGO NOCTURNE DE L’ENCRE A DESSEIN

Cernes de quelques heures, l’escalier est sans fin

monte comme descend l’amer

à la vague du clair-obscur va la fumée des cierges

des tambours que la cire dans les oreilles éteint

Au bout du dessein l’encre chine un amour en sampan au marché-flottant

La voie rauque le long des murs où les chiens pissent dans le tremblement du chemin

A la pêche

lamparo qui chercherche

la main est détournée par les sirènes qui médusent

Il y a dans le cru de mon sexe raide un millésime où le fruit rouge domine l’amande honorable

en corps du tant bourre

les fauves vont au point d’eau

Toi qui des abeilles est seule à garder la vérité de mon dessin

je t’invite à denser

avec la boule de tes seins derviches jusqu’au bas du dos fendu

tango tant go

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

Tango notturno (je pensais à toi)
J’ai pensé à toi,
que le Tango Notturno
entre le soir et le matin
retentit de loin.

Le cœur de Meinz s’est réveillé
parce que le Tango Notturno
un client d’appel d’offres
Ton amour m’a chanté.

Que tu es mon destin
je me suis senti très chanceux
que dans les heures solitaires
J’ai pleuré de joie.

J’ai pensé à toi,
que le Tango Notturno
avec la magie des tons
nos cœurs unis.

Qu’est-ce que l’amour est vraiment ;
Je pourrais vous le dire ;
car je les connais très bien.
je sais qu’elle est belle
et sait combien ça fait mal.

J’ai embrassé un homme
et puis je l’ai oublié
parce que quelqu’un d’autre me désire
jusqu’au hasard
m’a apporté le bon homme.

J’ai pensé à toi,
que le Tango Notturno
entre le soir et le matin
retentit de loin.

Que tu es mon destin
je me sentais plein de bonheur
et dans les heures solitaires
J’ai pleuré de joie.

GENRE CONSTELLATION


GENRE CONSTELLATION

Sur son trottoir, bans repeints, les amoureux se roulent des pelles en public sans passer la main à côté du massif coralien

« Le bel oiseau dechiffrant l’inconnu au couple d’amoureux – Constellation »

C’est du Breton en baie de Seins-André dit le Miro qui voit clair dans le Labyrinthe

Joan le catalan qui navigue son petit-poisson dans l’ô en tirant la Muse à vue

Moi Niala sautant au lit, les prolégomènes sortis, paille de faire la litière neuve à l’équin

et des doigts lie l’herbe du nid de façon à ce que ça tienne par les cheveux à la comète

Ce touché surréaliste dans la reine bande et rilles comme l’animation des ruts le jour de la Fête à la Sardine que le facteur déball’art

L’inconnu encorne

satellise

plus qu’un ancien big-bang qui terni d’éclats cherche en vain l’artifice présidentiel

Tais-toi Marseille

qu’on se débouche les pores….

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

CÔTE DE M’AILLE


CÔTE DE M’AILLE

Détour de Cognac la vue ne traverse que la Charente

à cheval passant les remparts j’avance à l’estuaire, porte du lointain

une île est prête à m’accueillir

En pause le soleil mouille ce matin

qu’importe j’ai la côte de m’aille pour parer aux embuscades

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

BARBARA, TA POESIE (Reprise)


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BARBARA, TA POESIE (Reprise)

J’ai dit tes pores en mes escales rapprochées

tendant la toile de tous mes ressentis

à leurs pigments rares

j’ai tu mon admiration pour que tu l’entendes au-delà des mots vides

est-il plus d’intelligence où tu les tiens

dans l’image que tes yeux choisissent pour les écrire

pourtant il s’avère que je ne sais pas bien les monter à leur degré indiscutable

quand viendra le jour

demande un dernier clou pour accrocher mon silence sans le sortir de sa chair-de-poule.

Niala-Loisobleu – 28 Juin 2019

« LA CHAMBRE CLAIRE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CARTON – ENCADRE S/VERRE 40X50


« LA CHAMBRE CLAIRE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CARTON

ENCADRE S/VERRE 40X50

LETTRE DU VINGT-SIX JUIN

Que les oiseaux vous parlent désormais de notre vie.

Un homme en ferait trop d’histoires

et vous ne verriez plus à travers ses paroles

qu’une chambre de voyageur, une fenêtre

où la buée des larmes voile un bois brisé de pluie…

La nuit se fait.
Vous entendez les voix sous les tilleuls : la voix humaine brille comme au-dessus de la terre
Antarès qui est tantôt rouge et tantôt vert.

N’écoutez plus le bruit de nos soucis,

ne pensez plus à ce qui nous arrive,

oubliez même notre nom. Écoutez-nous parler

avec la voix du jour, et laissez seulement

briller le jour.
Quand nous serons défaits de toute

crainte, quand la mort ne sera pour nous que transparence, quand elle sera claire comme l’air des nuits d’été

et quand nous volerons portés par la légèreté à travers tous ces illusoires murs que le vent pousse, vous n’entendrez plus que le bruit de la rivière qui coule
derrière la forêt; et vous ne verrez plus qu’étinceler des yeux de nuit…

Lorsque nous parlerons avec la voix du rossignol…

Philippe Jaccottet

Mouillés de ces alluvions animales

nous voici à fendre la mer morte

la remettant à flot à la verticale des tiges

zénith en proue

Niala-Loisobleu

2 Septembre 2021

MER CURE


MER CURE

En vie de sortir d’ici

le Messager s’est dit

en balle

ça s’envolera de mains

histoire de donner mieux que des paroles du galet

au facteur

ça me dit Anne montera sur son mur…

Niala-Loisobleu – 31 Août 2021