CELLE D’ESTRAN (Reprise)


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CELLE D’ESTRAN (Reprise)

Voici la vie ajout contre joue qui gazouille d’un chant de rivière dans le jardin comme arrose l’être à ce lavoir qui n’a jamais tu le battoir de la lavandière

et je suis là dans les plis de sa brouette, dans la rigole de sa poitrine ouverte, essoré des draps tristes de nuits grabataires, étendu à la fourche de l’herbe odorante de l’home des cavernes

dense pensée primitive

sur la corde du sourire sorti des pas perdus de l’attente de la paroi rupestre

Le couvercle de mes crayons

envolé en couleurs

les maisons se sont embrassées bouche à bouche

entre les dents des horizons suspendus

des figues pleins les doigts

Un aloès en bât d’âne

montait fort le violet des chardons

La musique s’est libérée des cordes

au frappé des mains de tous les coups de reins

la terre restituait les morts volés à la vie…

Niala-Loisobleu

30 Janvier 2018

« NYMPHE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CANSON – ENCADRE SOUS-VERRE 30×40


« NYMPHE

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CANSON

ENCADRE SOUS-VERRE 30×40

Du silence des feuilles tombant des arbres

l’oiseau porte l’eau à la clairière de son dessin

intime coussin d’un nuage assis au bistrot du coin

du papier en terrasse à l’encrier des mots-peints

Rémouleur à la barre

le feu s’aiguise au seoir d’un été difficile à trouver

Pendant qu’il pleuvait sur la Chaume le merle a goûté au raisin

le coup de chauffe ranimera le serpentin

l’alambic d’où je peins tire le bois à la forge

vers l’intime assemblage à tirer de son tannin

la main de la nymphe en caressant les fleurs désembue les vitres à dessein.

Niala-Loisobleu

14 Septembre 2021

IDENTITE DES IMAGES


IDENTITE DES IMAGES

Depuis peu de temps peut-être dix heures sont passées l’une après l’autre

Je me bats avec fureur contre des animaux et des bouteilles

La belle nageuse qui avait peur du corail ce matin s’éveille

Le corail couronné de houx frappe à sa porte

Ah! encore le charbon toujours le charbon

Je t’en conjure charbon génie tutélaire du rêve et de ma solitude laisse-moi laisse-moi parler encore de la belle nageuse qui avait peur du corail

Ne tyrannise plus ce séduisant sujet de mes rêves

La belle nageuse reposait dans un
Ut de dentelles et d’oiseaux

Les vêtements sur une chaise au pied du lit étaient illuminés par les lueurs les dernières lueurs du charbon

Celui-ci venu des profondeurs du ciel de la terre et de la mer était fier de son bec de corail et de ses grandes ailes de crêpe

Il avait toute la nuit suivi des enterrements divergents vers des cimetières suburbains

Il avait assisté à des bals dans les ambassades marqué

de son empreinte une feuille de fougère des robes de

satin blanc
Il s’était dressé terrible à l’avant des navires et les navires

n’étaient pas revenus
Maintenant tapi dans la cheminée il guettait le réveil

de l’écume et le chant des bouilloires
Son pas retentissant avait troublé le silence des nuits

dans les rues aux pavés sonores
Charbon sonore charbon maître du rêve charbon
Ah dis-moi où est-elle cette belle nageuse cette nageuse

qui avait peur du corail?
Mais la nageuse elle-même s’est rendormie
Et je reste face & face avec le feu et je resterai la nuit

durant à interroger le charbon aux ailes de ténèbres

qui persiste à projeter sur mon chemin monotone

l’ombre de ses fumées et le reflet terrible de ses

braises
Charbon sonore charbon impitoyable charbon.

Robert Desnos

Ainsi fut ma nuit, anthracite, grisou qui souffle la lampe et asphyxie le poisson à le flotter en surface

Epelant ses trois syllabes à la défense

comme le sabre à amputer la pieuvre au sortir de son trou

parvenu au rivage je ne vois rien de mieux à faire, que citer l’image de Desnos pour projeter le film d’horreur dans son placard

Fracas de tonnerre posés sur les vagues, du brouillard que l’horizon souffle aux vitres j’embarque l’encre à bord

pour rincer les effets détestables des marées noires

afin de repeindre les mots en ambassade de l’amor à l’aide du médium de vie.

Niala-Loisobleu – 14 Septembre 2021

ANGLE DE DEPART


ANGLE DE DEPART

A travers la roue du vélo restée appuyée dans son cadre

l’oiseau qui pédale cherche le nom qui donnerait l’élan aux doigts sur la guitare muette

ce bruit percé de pièces sur le trottoir traverserait la manche à chat-perché d’un seul cri du coeur

La devanture des campagnes et son linge épincé me sort du lavoir

creusant ses nids-de-poules d’une ligne d’arbres à l’autre en laissant aux vaches la vue sur le train

traverses du chemin offertes

Au bout du quai le cadran solaire traçait le gulf-stream sans alternatif saisonnier

de quoi entrer aux bains-douches se tremper le cul comme un moineau facétieux qui pourrait s’appeler Ernesto

Le soleil allume ce qui reste d’herbe pour l’accouchement de l’été

l’automne est à la porte quoi que je pense que je ne passerai pas l’hiver à rentrer le boeuf à la prochaine crèche

le sujet m’interpelle

détacher l’âne de la noria pour violacer encore un chardon serait plus piquant de vie que d’embrasser la bague de l’évêque pour sortir le goupillon

Sans fleurs ni couronnes

que tes yeux tournant le manège où les rires de gosses sont assis.

Niala-Loisobleu – 13 Septembre 2021

c

CEZANNE,OUVRE-NOUS…


CEZANNE,OUVRE-NOUS…

Trop lourd ce temps

le sein pend j’avale son arôme

du fardeau orageux le cheval avance vers la vague

un bleu tunisien cherche de quoi répondre au bleu

Le peintre déboutonne le lin qui tend à prendre le large

en goûtant à l’idée matinale qui l’a conduit à prendre contact pour une exposition terminale en 2022

Fête en sorte…

Niala-Loisobleu – 9 Septembre 2021

A LA NAGE


A LA NAGE

Tirant la lune en son bain l’abri côtier s’est choisi les fruits juteux de l’amour à demeure

L’oiseau trempe à la verticale du soleil pour enrayer l’ombre

A La Chapelle des Seins, Alain, retenu met la couleur de ses mains

Bonjour Ma…

Niala-Loisobleu – 9 Septembre 2021

Nâzim Hikmet et Piraye


Nâzim Hikmet et Piraye

Piraye était une femme blessée avant Nâzım. C’était une femme piégée dans une maison avec ses deux enfants, laissée sans amour et très blessée. Il était retourné chez sa mère avec ses deux enfants et avait perdu espoir en la vie. Elle avait mis fin à son mariage avec un homme infidèle et fermé ses portes à l’amour. Nâzım Hikmet a rencontré Piraye lorsque sa femme, dont il ne pouvait pas divorcer, était un fardeau sur son dos . Leurs deux familles étaient contre cette union. Piraye est une femme non divorcée avec deux enfants, et Nazım est un communiste… Malgré toutes les difficultés, Nâzım Hikmet et Piraye se sont mariés avec un grand amour. Nâzım aimait les enfants de Piraye comme les siens. Piraye a reconnu le cas de Nazım comme le sien.  Nâzım Hikmet et Piraye ont pleinement partagé le sort.

Les mains tiennent le bruit des bouches qui nagent ensembles

Des arbres empêchent l’eau de s’évaporer

Sur la surface le sein qui flotte gonflé sert d’atterrissage à l’oiseau

D’un hommage venu au bon endroit le quai s’est approché pour unir sans distinction

Le poète se délestant des jours tenus entre les barreaux, ôte ses habits l’un après l’autre

Les îles ne sont pas toutes dans un archi pele-mele

L’humain sent le chien qui n’a qu’un arbre attaché à l’abri du passant pour tenter de justifier

Je surréalise pour amarrer le rêve à destination par la voie parallèle de la poésie

Les heures ont été longues mais le tant est seulement ce qui conte vraiment

De toutes manières tu sais que rien est le seul tout qui n’oublie pas le visage du beau que l’on aime

Niala-Loisobleu – 8 Septembre 2021

Nâzim HIKMET – La plus belle des mers

Publié par Çetin Bayramoğlu le décembre 5, 2011 dans NAZIM HIKMET

La plus belle des mers
est celle où l’on n’est pas encore allé
Le plus beau des enfants
n’a pas encore grandi
Les plus beaux de nos jours
on ne les a pas encore vécus
Et ce que moi je voudrais te dire de plus beau
je ne l’ai pas encore dit…

On pourrait ajouter
Le plus beau des voyages
on ne l’a pas encore fait…

JEU DE MIROIR


JEU DE MIROIR (Reprise)

Cette nouvelle lune-là pour moi n’est pas Vierge

elle porte mon ventre où qu’elle aille

docile ou sauvage

paisible ou prompte à sauter les rivières

Avant que les chaleurs du désordre climatique ne s’emparent de la prairie qui surplombe la côte

allons boire les vagues du désir de vivre

L’itinéraire ne sera pas gâté par l’alouette

quelque soit le côté abordé

l’herbe est rosée du champignon chantant la vie

Niala-Loisobleu – 7 Septembre 2021

NIDS-DE-POULES


NIDS-DE-POULES

Dans les volets que t’as ouverts j’arrive pour prendre la route allant vers

Bouge pas ton derrière que je m’accroche d’abord

Après tu n’auras qu’à suivre la traverse à chacun son tour

Putain de route où le cas ô est si mal balisé que même en ligne droite on peut aller au fossé

Plus on penche et moins ça demeure roulable

r’heusement que ma pugnacité sert d’essuie-glaces ça permet de cueillir les quelques fruits qu’on a fait mûrir

De la guitare qu’on fait vomir roule ma poule nous v’là rendus à la fourche

faut toujours bien choisir

avant qu’arrive un taliban qui te ferait tout disparaître dans le noir comme le genre qui nuit

la Victoire de ces ânes est mal Vénus

impressionne-moi Ma telle que la nature t’a créée

Niala-Loisobleu – 6 Septembre 2021

SORTIE DE BAIN


SORTIE DE BAIN

Paume de douche ouvrant le peignoir

le chant de la fontaine prend patio sous le nombril des balcons

sortent de la coulisse les coups répétés du gendarme

Côté-cour comme côté-jardin

le pied se trempe en scène

sans se priver l’oeil d’un j’ton sur le décor des formes qui ondulent

c’est l’égal

dit l’home de loi

après avoir vérifié le bon fonctionnement des feux arrières

Niala-Loisobleu

6 Septembre 2021