ETENDOIR


ETENDOIR

De la bouche ouverte de la corbeille que tu serres dans la soie de tes cuisses au liseré de l’herbe, court un murmure de rivière proche du cri animal mis là à l’heure de la lune

Chemises courtes de nuits longues, caracos de course à l’échalote, élastiques culottes entre chien et chat d’un parcours de santé se prêtent au grand pavois qui augure le retour des grands pêcheurs

La bruyère se colore des sens

Les vents sont porteurs.

Niala-Loisobleu – 3 JUIN 2022

L’ANCRE ROUGE


PAUL GAUGUIN – MOMENT DE VERITE

L’ANCRE ROUGE

Des dernières cohortes tu jaillis des fumées, besoin de dégager les ouïes des hameçons en rôde

dans la marge ta nuance est verte à l’ancre rouge pour amarrer la conclusion orale de tes sens revenus d’exil

Mystique incantation du chant sauvage d’une nature vierge

les chiens fous ont dans la gueule cette première vague qui trousse le temps-mort de l’étale en ramenant le son dans la conque

La corbeille est tressée sous la palme pour le lâcher des seins lourds.

Niala-Loisobleu – 3 Juin 2022

ACCORD DE VOCAL


ACCORD DE VOCAL

Le cri du tronc dans l’étreinte du vent tire un chant d’élingues en mal de départs

A l’arrêt du car, le regard tourné vers l’humeur de l’enfant, l’odeur de frite tourne autour du passe-temps du coq

D’un sourire tout tranquillise

les yeux pas plus grands que le ventre trouvent l’amble qui boucle les cerises aux oreilles et collaborent à mener à l’enclos paroissial de son sacré.

Niala-Loisobleu – 2 Juin 2022

« FUSIONNELLE RENCONTRE » – NIALA 2022 – ACRYLIQUE S/TOILE 46X38


NIALA

« FUSIONNELLE RENCONTRE »

NIALA 2022

ACRYLIQUE S/TOILE 46X38

Dans cette ombre qui tourne sans pouvoir se justifier, l’oiseau est sorti de l’arbre en quête de lumière en ouvrant l’écrin d’une autre étape du chemin qui n’efface rien

Croisés par la semence végétale, de pierres blanches élèvent leur campanile pour dire alentour je suis tà

Alors en haut de crête et contre toute attente, le coquelicot du blé solaire dresse ses épis en avance sur la St-Jean

Dans son vers, la prière a la teinte du sacré qui croit à la force d’une nature qui n’existe que par amour

Le jour où j’ai commencé à construire mes maisons-blanches j’ai planté des éternelles pour les poutres des adjonctions comme une notion de village pour ma maison

L’olivier de derrière et le figuier de devant garde le sel de la mer proche

la sente tourne sa vérité autour du puits

l’ocre du labour tire à présent au vermeil entre tien émoi

au point d’avoir chaud sous les pieds de sentir le pouls battre.

Niala-Loisobleu – 2 Juin 2022

SEISME PAR JACQUES IZOARD


SEISME PAR JACQUES IZOARD

Où dorment les séismes, dorment aussi les fourreaux, les laines et ce que je disais tel hiver sans ambages.
Les réserves de sabots, les cris les épiaient.
Discussion d’arbre à arbre, de langue à langue.
Les femmes assourdissent les traquenards, les commerces de jambes et de pluies.
Étions-nous encore en vie?
Ou cassions-nous, de nos poignets rouges, les barres de fer, les vitres éloignées des oiseaux, les troncs de femmes?
Enfance
France.
Enfance de 1945, dont tu savais le vin humide ou le lait battu.
Qui casse encore les paroles ?
Les noix errent, les aliments les plus recherchés, je les hais du fond de moi-même.
En faudra-t-il, sioux, des genièvres bleus pour serrer au col les femelles sur les oreillers ?
Je me tenais debout en moi-même: et vous, ciseaux, cocotiers, épingles, où traîniez-vous ?
Je te dois mille morts: arrête l’hiver dont tu caches le cœur sous la peau.
Garde en ta main les outils de toujours, les bons ventres à petits pas, les pieds diminués, les verres piles, les capsules d’orangeade.
Et tu verras clair: les monts prennent souffle.
Il n’en faut pas davantage pour que tes épaules s’allongent au sommet du corps.
Bravade épaisse de quelques gens très maigres, amateurs d’estampes et de faux rouillées.
Séisme est mot de couleur, cavalcade de verre où je discerne hourras et capsules.
Et ce vin sans axe libéré, ce changeur de vitesse, le parfum wallon.
Sésame, ouvre-toi.
Automne où des dandys conversent.
Clous ou briques, est-ce supplice, supplique?
Envol de bottes loin de ce sang très mince où l’avare compte ses cheveux, ses doigts.
De quelle caresse se méfier?
Sur moi, dort le hêtre lourd.
Vois : forbans pauvres, accourez, délivrez-moi des langues et des couleuvres, et coupez les anneaux, les cordons, les liens de noix.
Fourrez au fourreau vos longues queues.
Hissez le tintamarre noir, dès que je crierai «tumulte» !Qui boit cidre ou sang de bête voit les chemins d’Espagne.(Autos, traverses, gares, chapeaux),tout n’est que tout :l’équipe légère et sainte, la curée, la chasse aux doigts sous la robe d’été, la vieille et bonne attente ; qui me dit qu’un cèdre est un soldat ?(Dare-dare, les mots soufflent).Tu ramasses les papiers, les cartons que l’huile altère, et les pommades sur les croûtes, et les eaux de
Cologne dont tu aimais l’odeur (Carpathes,
Jules
Verne).
Plomb fendu des yeux.
Passe au bleutés cris de noix, tes sofas, tes boutiques.
Parle à des aveugles :Non, ne parle pas, engrange dents et voleurs, laisse à ta guise fermenter l’alcool ; le vin jette contre terre les arbres et les vitres et tu n’oses voir les seaux, les citadelles.
Ouvre pistoles, cargue mâts et bretelles.
Déjà, tu perds tout : les boutons, les marmots.
Qui comptera les pertes ?
Tu remontes vers
Paris : tout frémit (rotules, les ampoules sont œufs de poule ou boules de verre).Opaque : tombeau sans tumulte, où le gisant gît, deux jambes mortes, et deux bras morts.
L’huile a le nom sans sommeil de tel arbre debout, de tel arbre abattu.
Sous les ailes du nez, sous les ongles, sous les paupières : la poussière.
Sommeiller sous la peau, sous la nage des arbres, sous le village des arbres, dès que tu te tais, dès que tu ne regardes que.
Sommeiller contre un oiseau, dans la maison, dans les vêtements.
Sommeil-tumeur, sommeil en sang que les veines charrient.
Un nom de lèvre, un dessin de poisson au goût de.
Élève obéit.
Prévert.
Grave élève amateur de mûres, de ciseaux, de copains.
Élève larve, élève de lave ou pantin dont l’ignorance est la seule qualité contrôlée.
Jacques Izoard

BOUT D’ÎLE A LA MAIN


BOUT D’ÎLE A LA MAIN

Sur le bout de langue de la vague un bout de jarre a sauté la barre

corail de terre gardé en émail qui fait penser à un pouls connu

des bulles de la BD de l’écume viennent chanter des notes que la main avait mise pour mémoire

cet oiseau qui s’accroche tente d’en décrypter le signe symbolique dans la touffeur sonore de bronze de la coquille contre la pointe du couteau qui cherche à sortir du sable sous l’action du sel

Il manque un bout du papier dans la bouteille pour aller prendre son billet au guichet, depuis l’incident de la finale la fraude est plus forte que l’ordre dans la contrefaçon

Quelle époque où seule la gueule de l’élu peut par son doute apporter ce qui peut avoir le visage du mensonge sous l’habit moine

Les rondeurs du nu elles, ont la couleur de l’endroit sûr où la clef des doigts peut analyser la teneur du pigment pour connaître son genre

Dans l’amphore même un morceau peut reconstituer l’authenticité totale.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2022

TRANSE PORES


PABLO PICASSO

TRANSE PORES

Île était une foi aux croisements des chemins des mues tant peu ordinaires qu’ils furent heureux et eurent beaucoup d’enfants à échanger la glèbe du jardin pour la petite graine.

Niala-Loisobleu – 29 Mai 2022

L’ART A L’ECOUTE


L’Art a l’Ecoute – Frida Khalo

L’ART A L’ECOUTE

Tirant la barrière sur le caquetage assommant j’étends l’aire au rivage distrait de toute forme de conquête de pouvoir

Frida plongée dans la pensée profonde des mots venus du ventre dans la couleur exotique qu’un ara déploie sans violer l’espace vierge

à deux mains contre la peau sortie de tortures

Une maison bleue pour couchage à bord du respect individuel

Evasion d’une escorte de frissons que tes mots trouvent en gardant le regard dans ton jardin sans intrusion

Mes lèvres soufflent sur ton herbe afin d’en tirer le plus sauvage musc qui provient du bien-être venu de l’abandon floral

Pour civiliser cette invasion je laisse ma langue s’évader au fil de la rivière pour te rejoindre en ton ailleurs.

Niala-Loisobleu – 28 Mai 2022

A L’EMPLACEMENT DE NOS INITIALES


A L’EMPLACEMENT DE NOS INITIALES

Le pont traversé je me trouvais devant le cerisier qu’aucune construction n’avait menacé durant tout ce temps

m’approchant je vis nos initiales percées d’une branche neuve de vert tendre

et pas de serpent ne sortit du trou quand je laissais ma joue se remplir l’oreille des ondes qui secouaient le tronc de ses cordes vocales

au point que je suis resté tard jusqu’à la nuit pour tout entendre pousser de cette envie de mûrir tracée au couteau.

Niala-Loisobleu – 28 Mai 2022

DU GOÛT DES LÈVRES


DU GOÛT DES LÈVRES

En touches comme en brassées, de mes doigts au sein de l’arc-en-ciel sentir venir la langue de la vie remuer mes jambes jusqu’à l’érection créative, toi tu en connais l’art

Sur le bout des lèvres

Me dit le regard que je laisse se balader sur toi…

Niala-Loisobleu – 27 Mai 2022