La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
C’était juste pendant les très grandes chaleurs, Cette année là, nous cherchions à nouveau un logement, En attendant nous étions chez une amie qui était belle Mais nous ne faisions pas l’amour et sans doute c’était à cause du temps
Ou c’était que nous n’étions pas chez nous et tu t’étonnais de cela
Et je savais que l’homme est une mécanique plus fragile Que les appareils compliqués qu’on voit dans les musées silencieux Et qui oscillent sans un bruit et sont mystérieusement utiles Tu venais juste de reprendre le travail et tu avais du mal, Nous étions de passage et Colline qui était belle Parfois nous la surprenions nue et nous la regardions Avec amour dans son sommeil Et tout trois nous nous aimions bien
Nous ne faisions pas l’amour, et par timidité peut être Parceque cela aurait remis en route quelque part une de ces machines éteintes Pourtant nous nous aimions, les choses sont si simples Que ces machines qu’on dérègle pour un rien sont sans complications
Je ne sais, oh, je ne sais, pourquoi j’écris tout cela Pour tendre un filet à travers ma vie qui m’entraîne Il faisait dans l’appartement une chaleur On ne respirait plus Nous étions dans une parenthèse élevée d’un immeuble de notre vie Un jour, je me dis que peut être nous aurons enfin une maison Sur la pointe de l’ile entre les deux bras et les années qui passent Je les verrai venir et se mêler à mon passé Comme dans les tourbillons de la Loire, L’eau et ensuite, l’eau paresseusement va mourir dans les sables Crois tu qu’un jour nous aurons réellement une maison Avec une bonne amie à nous et nous saurons avoir la force De nous aimer, nous l’aimerons sans peur souviens t’en Ce sera bien plus beau et bien plus pur qu’un couple même comme nous deux
Ce sera comme une prairie dans la partie ombragée de l’été vers le soir Tu n’auras pas peur de l’orage et ni surtout de toi même, Dans l’herbe, on aura disposé ces machines inutiles des musées, Avec des balanciers, des contrepoids, des rouages de cuivre, des roulements… Et il flottera une de ses chansons mélodiques que chantait nos parents, Pour qui crois tu que nous serons capable de cette fête, souviens t’en …
Jacques Bertin
Quel tremplin que celui de tes seins dont l’oblique du regard hisse au large
c’est archipel à portée
les sentes au baissé de culotte des chemins détournés
A l’étreinte de l’attente nos corps attelés sillonne le cheval pour le retour du grain
rassurée par la reconnaissance de ton argument d’écriture tu n’as plus peur de le dire cet amour absolu
dans l’oeil du chien ta fidélité en gardienne du désir réveillé
Et sur l’onde de ce qui flotte de notre concept, le bateau de papier lancé à la poursuite de l’espoir
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