CLÉMENCE


CLÉMENCE

Au bon étiage de la marée

la forêt s’offre à servir de quai

pour recevoir cet amour migrateur

non-inscrit dans un quelconque site de rencontre

Souviens-toi de la manière qui t’a rapproché de moi naguère

ce n’était que tout un manque d’être enfin toi

et d’écrire au lieu d’enseigner la grimace aux petits-singes

L’eau est passée sous les ponts de la scène à déborder du quai

qui l’eut crue qu’après Valence les ramblas de Barcelone ne seraient pas mordues ?

Aujourd’hui le risque dans sa totalité serait de ne plus se faire confiance, laissant les petites-culottes s’aligner sur les chaises vides à bout portant

Il bat à l’entendre ton coeur

malgré l’épaisseur du sein qui le recouvre en double

quand j’y pose ma main l’oiseau qui me fait coucou sait les rigueurs des attitudes du quotidien tout en gonflant d’espoir son plastron

Je n’ignore rien de ce qui nous attend, sans compter sur les citrouilles pour trouver carrosse, tu peux perdre une de tes godasses à la sortie du bal, ça ne te fera pas sortir du pied que t’aimer me donne et curieusement je remonte derrière ton genou saisir la confiance de vivre.

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Niala-Loisobleu.

5 Novembre 2024

FRANCHI LA NEIGE


LEON DE SMET

FRANCHI LA NEIGE

Au bout du chemin, franchi la neige

le bout du banc reconnaît qu’il n’y voyait plus

le manteau tombe

ce qui bat dessous est nu

pour s’offrir sans rien cacher

Tout est accroché dans l’Hôtel-de-Ville

on flaire clairement la proximité du passage.

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Niala-Loisobleu.

10 Janvier 2024

JASMIN, LUPINS ET L’AUTRE ROSE-BLEU D’UNE FENÊTRE SUR LE NOIR


JASMIN, LUPINS ET L’AUTRE ROSE-BLEU D’UNE FENÊTRE SUR LE NOIR

Pauvre cul roide que le froid bâillonne à l’entrée de la sortie

le chat tuile les visiteurs, ce maux de passe, fait rougir la lanterne de l’apporte pute

Clandé de richards

Marthe, toi, parle-moi

tes fleurs sur le grand-pavois du jardin avec ta main dans mes cheveux et ton cerfeuil dans mes tomettes

je monterai le courrier aux locataires tout à l’heure avant que le 51 soit mis en co-propriété

Puis j’irai voir les dames des Tuileries qui font un piedestal aux moineaux , une opérette au Jardin de Verdure en croisant les cuisses pour nourrir les pigeons

Le grand-bassin de parturiente tient à flot les enfants

tant qui reste de l’aube pour la communion

L’âne les promènera dans sa petite-charrette jusqu’à Guignol

C’est transparent dedans de lait qui croque son goûter de rire sous les marronniers chauves du moment qui retiennent les feuilles de leurs marrons-dinde à picots

L’atelier répond aux questions qui ne se posent plus depuis l’indifférence

Ma sur le tapis-volant dans ma tenue préférée d’herbe aromatique, comme tapant du point soulevé au départ de construire affinité

J’allume le brasero pour la châtaigne en prenant la main de la chanson de rue d’un parolier venu de la lune par la marée

La mer est à portée, son sel dans mon sac d’utopie, que le fade ne s’en prenne pas à mes couleurs

Chante que ça gêne les sécheresses utérines.de l’abstinence.

Niala-Loisobleu – 26 Novembre 2021

LA VOIX HUMAINE – CATHERINE MAJOR


LA VOIX HUMAINE

CATHERINE MAJOR

Elle parcourt les chemins
Comme vivent les bohèmes
Elle trébuche au matin
Dans un poème

Le soleil la fait luire
Comme une porcelaine
Elle éclate de rire
La voix humaine

Elle grince, elle vocifère
Chasse la nuit de la terre
Des violons la réclament
Elle n’a qu’une âme

Elle peut parler d’amour
De départ ou de haine
Mais me revient toujours
La voix humaine

Oh oh oh…

Elle habite un soupir
Un silence, un désir
Elle ne craint jamais pire
Que de te mentir
A capella sur toi
Elle se pose tout bas
Quand tu as de la peine
La voix humaine

Quand l’hiver la détient
Je la couvre en mon sein
Elle est mon bel emblème
Ta voix que j’aime

Depuis les siècles blêmes
Jusqu’au vingt-et-unième
Elle est mon requiem
La voix humaine

Oh oh oh…

Elle parcourt les chemins
Comme vivent les bohèmes
Elle trébuche au matin
Dans un poème

Le soleil la fait luire
Comme une porcelaine
Elle éclate de rire
La voix humaine

BERTRAND BELIN – LENTEMENT (BARBARA CARLOTTI)


BERTRAND BELIN – LENTEMENT (BARBARA CARLOTTI)

 

Clenche, cou, couteau, bijou
Bouteille, sous, bibelot de Lourdes
Marée haute, arithmétique
Noël, père Noël, tabac, obus
Un passant qui pue, la nuit

Cette fois derrière le stade où tu as fait ta danse d’Indien pour lui
Pour qu’il pleuve sur lui

Notre-Dame en feu qui rougeoie dans la nuit, la vache
Le poing d’un mec saoul écrasé sur une bouche
Carton, citron, étron, pinçon
Cotton, dindon, boulon, gazon
Avion, majesté, vitesse du son

Cette fois derrière le stade où tu as fait ta danse d’Indien pour lui
Pour qu’il pleuve sur lui

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Tout finit comme un os
Blanc comme un os
Le temps est si doux

Grêle, toit, bruit, Barbara
La foutue manie qu’il a de traîner son passé d’art
Kadhafi campant dans les jardins de l’Élysée, moi
Dégustant mon sorbet cassis devant la télé
Nu, clope, rideaux, paradis

Cette fois derrière le stade où tu as fait ta danse d’Indien pour lui
Ça cueillait des mains

Le sexe pointu du chien des voisins qui nous faisait machin
L’arrivée magique des kiwis
Le mariage inattendu de Romola de Pulszky
Avec Nijinski

Le journal local, le journal familial
Le savon doux, tous tes commentaires hilarants sur la terre qui tourne
Entre taf et tout

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Tout finit comme un os
Blanc comme un os

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Donne-moi ta main
Allons, descendons sentir ce jasmin
En bas des marches
Le temps est si doux

Tout s’efface lentement
Tout lentement
Tout finit comme un os
Blanc comme un os