GENRE CONSTELLATION


GENRE CONSTELLATION

Sur son trottoir, bans repeints, les amoureux se roulent des pelles en public sans passer la main à côté du massif coralien

« Le bel oiseau dechiffrant l’inconnu au couple d’amoureux – Constellation »

C’est du Breton en baie de Seins-André dit le Miro qui voit clair dans le Labyrinthe

Joan le catalan qui navigue son petit-poisson dans l’ô en tirant la Muse à vue

Moi Niala sautant au lit, les prolégomènes sortis, paille de faire la litière neuve à l’équin

et des doigts lie l’herbe du nid de façon à ce que ça tienne par les cheveux à la comète

Ce touché surréaliste dans la reine bande et rilles comme l’animation des ruts le jour de la Fête à la Sardine que le facteur déball’art

L’inconnu encorne

satellise

plus qu’un ancien big-bang qui terni d’éclats cherche en vain l’artifice présidentiel

Tais-toi Marseille

qu’on se débouche les pores….

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

CÔTE DE M’AILLE


CÔTE DE M’AILLE

Détour de Cognac la vue ne traverse que la Charente

à cheval passant les remparts j’avance à l’estuaire, porte du lointain

une île est prête à m’accueillir

En pause le soleil mouille ce matin

qu’importe j’ai la côte de m’aille pour parer aux embuscades

Niala-Loisobleu – 3 Septembre 2021

« LA CHAMBRE CLAIRE »- NIALA 2021 – ACRYLIQUE S/CARTON – ENCADRE S/VERRE 40X50


« LA CHAMBRE CLAIRE »

NIALA

2021

ACRYLIQUE S/CARTON

ENCADRE S/VERRE 40X50

LETTRE DU VINGT-SIX JUIN

Que les oiseaux vous parlent désormais de notre vie.

Un homme en ferait trop d’histoires

et vous ne verriez plus à travers ses paroles

qu’une chambre de voyageur, une fenêtre

où la buée des larmes voile un bois brisé de pluie…

La nuit se fait.
Vous entendez les voix sous les tilleuls : la voix humaine brille comme au-dessus de la terre
Antarès qui est tantôt rouge et tantôt vert.

N’écoutez plus le bruit de nos soucis,

ne pensez plus à ce qui nous arrive,

oubliez même notre nom. Écoutez-nous parler

avec la voix du jour, et laissez seulement

briller le jour.
Quand nous serons défaits de toute

crainte, quand la mort ne sera pour nous que transparence, quand elle sera claire comme l’air des nuits d’été

et quand nous volerons portés par la légèreté à travers tous ces illusoires murs que le vent pousse, vous n’entendrez plus que le bruit de la rivière qui coule
derrière la forêt; et vous ne verrez plus qu’étinceler des yeux de nuit…

Lorsque nous parlerons avec la voix du rossignol…

Philippe Jaccottet

Mouillés de ces alluvions animales

nous voici à fendre la mer morte

la remettant à flot à la verticale des tiges

zénith en proue

Niala-Loisobleu

2 Septembre 2021

LES GRANDS FETICHES


LES GRANDS FETICHES

I


Une gangue de bois dur
Deux bras d’embryon
L’homme déchire son ventre
Et adore son membre dressé



II



Qui menaces-tu
Toi qui t’en vas
Poings sur les hanches
A peine d’aplomb
Juste hors de grossir?



III



Noeud de bois

Tête en forme de gland

Dur et réfractaire

Visage dépouillé

Jeune dieu insexué et cyniquement hilare



IV



L’envie t’a rongé
Je menton

La convoitise te pipe

Tu te dresses

Ce qui te manque du visage

Te rend géométrique

Arborescent

Adolescent



v



Voici l’homme et la femme

Également laids également nus

Lui moins gras qu’elle mais plus fort

Les mains sur le ventre et la bouche en tire-lire



VI



Elle

Le pain de son sexe qu’elle fait cuire trois fois par jour

Et la pleine outre du ventre

Tirent

Sur le cou et les épaules



VII



Je suis laid!

Dans ma solitude à force de renifler l’odeur des filles

Ma tête enfle et mon nez va bientôt tomber



VIII



J’ai voulu fuir les femmes du chef

J’ai eu la tête fracassée par la pierre du soleil

Dans le sable

Il ne reste plus que ma bouche

Ouverte comme le vagin de ma mère

Et qui crie



IX



Lui

Chauve

N’a qu’une bouche

Un membre qui descend aux genoux

Et les pieds coupés



x



Voici la femme que j’aime le plus

Deux rides aiguës autour d’une bouche en entonnoir

Un front bleu

Du blanc sur les tempes

Et le regard astiqué comme un cuivre


British
Muséum,
Londres, février 1916.

Blaise Cendrars




ENTRE TIEN EMOI 125 (REPRISE)


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ENTRE TIEN EMOI 125 (REPRISE)

Les tissus d’herbes tressent les fils de résonances végétales sans fils d’or. Pressé ce qui s’en extrait s’accorde la souplesse du roseau qu’il noue à la fable en accord avec le vent embusqué. Quelques orties pour les croupes valent ce que les éperons donnent aux galops. Ces petits animaux qui font semblant de ne rien voir en fait protègent l’endroit discrètement. Certains comme les abeilles vont jusqu’à en tirer parti. Au bonheur des fleurs loin des serres, Jeannot-Lapin éhonté est sorti pour étaler avec sa houppette le musc de 19 heures si particulier. La rivière sifflote, des canards du jour suivent leurs parents, en se glissant dans l’abri des iris

Au moment où le vent avait les yeux tournés j’ai vu s’ovaliser ton regard

Plus près m’approchant, je ne pouvais me tromper

Ton visage a grandi

Je m’en suis trouvé remué comme chaque fois que pris par l’intime de la beauté je découvre plus loin encore dans ce qu’il faut savoir sans demander que le moment vienne. L’amour porte un trouble qui grandit…

Niala-Loisobleu – 11 Mai 2020

LANTERNE-SOURDE


LANTERNE-SOURDE

De l’école ce matin c’est la Générale

demain on ouvre la pièce aux élèves

A l’orchestre la lanterne-sourde opacifie la mise-en-scène

ce qu’au poulailler on avait compris qu’à part la trousse neuve tout reste obscur

Ernesto sortant son lance-pierres de sa poche

balance un silex dans l’oeil du ci-clone

avant de se tremper le zizi dans l’encrier

Niala-Loisobleu

1er Septembre 2021

EXIT-RENTREE


EXIT-RENTREE

Restée à l’encre dans l’encrier la plume garde le serre-saut dans son coeur

Les mots de vivre volent dans la marge

sous les marronniers seule la marelle reste buissonnière

et les carreaux du tablier portent en selle un bleu transe-bordeur

Belle journée Ma !

Niala-Loisobleu – 1er Septembre 2021

J’ME PARLE A TOI TOUT SEUL AVEC


J’ME PARLE A TOI TOUT SEUL AVEC

Roulés dans l’herbe

à la source de la fontaine

quand l’arbre tend sa branche

la balançoire fait plus d’ombre à la moquette

Rien ne veut plus rien dire

y’a plein de Marguerite

même dans les chansons aux paroles d’un fado

C’que ta peau dit tu l’écris au Temps de Vivre

du velours des ongles aussi bien que de la soie de la langue

Le chien court dès le matin jusqu’à ce que le cheval le dépasse au saut de haie

puis plonge à la buse du plus loin que porte les cendres d’un fait nix à la mode de ce temps

Né en toujours vivant pour devise

s’il fait nuit on a la lumière des yeux à la renverse du travers sein pour crever le plat fond

ah les vagues quand on tire l’amer de côté ça saute

cérémonie du rituel que le flafla chante faux

Ecoute comme je t’entends dans ton silence

Là où dans tes menthes et le haut des roses

ça sent le renard

Pendant que le coq est aux poules

je me vide l’art-ti-show, tire l’effeuille sans arracher les poils

autour de l’anémone qui bat les blés dans nos moulins en effrayant les corbeaux noirs

que c’est fini de se poser sur ta tête

mon couteau range le fusil

Vincent ne cesse plus de peindre du soleil

Niala-Loisobleu

31 Août 2021

MER CURE


MER CURE

En vie de sortir d’ici

le Messager s’est dit

en balle

ça s’envolera de mains

histoire de donner mieux que des paroles du galet

au facteur

ça me dit Anne montera sur son mur…

Niala-Loisobleu – 31 Août 2021

BOUTEILLE A LA MER


BOUTEILLE A LA MER

Racine rocheuse

cet encadrement de porte

qui se refuse à rentrer en marche-arrière

Le cri des oiseaux de mer est tout à fait en accord

et du quai

l’emporte sur le sacerdoce usé

ce que tiennent les doigts tournent la page

image-galère qui se déshabille de son devenu chaîne pour le nu du désir peau-éthique

Niala-Loisobleu – 31 Août 2021