La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
J’ai retrouvé dans la coque la vieille fêlure L’humidité qui suinte comme l’éternel poison Et j’ai pleuré, assis la tête contre la cloison De l’autre côté le moteur battait son chant profond Celui qui vient de l’enfance Et dont les basses fréquences Toujours ont raison
Où tu vas poser ton sac Fais un lit avec tes larmes Il flottait dans cet endroit une odeur de goudron et d’urine Gravé dans le travers de la blessure on distinguait un nom Une illusion ou un message ou une marque de fabrique Le monde passait contre les hublots lentement comme un monde Les façades prétentieuses croulaient dans les angles morts On voyait des visages de femmes glacées et pensives Marquant la brume comme d’immatures soleils d’hiver Je ne sais pourquoi je me bats le bateau me conduit dans l’aube Ah vers la haute mer, bien sûr, comme chaque matin Je me retrouve faisant mon méchant trafic dans un port incertain Il faut payer cash, en devises fortes et avec le sourire Je ne sais pourquoi je me bats. J’ai pleuré dans la chaleur torride Le monde est beau ! Les femmes se donnent avec des airs de s’oublier ! Nos victoires sont devant nous qui nous tendent la main !
Où tu vas poser ton sac Fais un lit avec tes larmes
Tu es là. Tu es toujours là. Je regarde par la fenêtre, et l’eau me raconte toi. Comment tu glisses sur ma peau, les nuits d’étoiles, comment tu rêves et tu oublies, comment le ciel te rend si belle quand il fait nuit.
Tu coules dans mes veines. Tu berces mes nuits. Tu es la maman, caressante au petit matin, et la putain magnifique que je piétine en tous sens, quand je glisse dans tes plis, marquant ton corps de la pointe du talon, insatiable et violente.
Et de s’étreindre sous tes yeux, indécents amants qui provoquent terre entière, entre tes artères mes soubresauts. Et tu regardes, humide, écartelée, silencieuse, ces corps enchevêtrés sous tes violons enflammés, ces élans de passion, ces jouissances écarlates sous la lune indécise. Claquent les peaux nues, entends-tu ? Claquent et rougissent, les joues, les lèvres, les sexes, parfumés de baisers volés. Lorsque le violon de l’amant court entre mes cuisses, l’archet de chair, la note ultime, quand frappe le marteau sur le do fragile, que mes reins s’échauffent du manque, tu frissonnes aussi. Quand le plaisir approche, gronde au ras du sol, quand la louve souffle et gémit, tu trembles toi aussi. Et que l’homme approche, et que son sexe velours rampe entre mes cuisses moites, quand la vieille maison soudain fricote avec l’envie, tu respires plus vite, tu exhales la terre et mille vies.
Pourtant, tu, sais, je t’aime. Laisse-moi couler dans tes rivières, être l’oiseau de la fontaine, le bateau infidèle, la femme qui revient toujours dans ton lit. J’aime tes reflets gris et tes gazons maudits. Ma ville, ce soir, vit l’épilepsie des soirs d’ivresse, de doigts humides en sexe d’eau.
Je garde le rire de l’enfant descendant la rampe vers le lit d’automne des feuilles qui ne montre qu’un faux aspect de sentiment laissé en surface
Le brasero se prépare aux saveurs de marrons chauds en brûlant les maux d’excuse
A croire en d’yeux la phrase sépare les syllabes avant la chute
Du facteur espérer recevoir est légitime
Il y aurait du brouillard au-dessus de la Loire, j’ai l’étamine prête pour une préparation de peau-au-feu sans excès de glucides et veillerai à la destination du départ d’entrain pour trouver la réponse bien arrivé
Mon premier prochain
donne en second
suffisamment
pour ne pas sombrer dans la mode d’une tendance à l’abandon
vouloir de la couleur sans en déformer le sens porteur.
Le ruban est long, en mettre un bout de plus, ne peut que donner aux mots-peints cette existence qui n’attend rien de personne mais sait pouvoir compter sur elle
Alors faire l’amour en étant pas stérile ça tient compte des paramètres de base
Suis trop avisé de ce qu’il n’y a rien à attendre des rejetons qui vous ignorent pour avoir confiance dans la génération de ma main gauche
Donc puisque la prochaine aura lieu en FEVRIER 2022
je m’y colle plus qu’amoureux
L’époque s’étant tournée vers une triste restriction
lui offrir du petit-format devrait trouver une riposte au chinois
Voilà les deux jumeaux conçus
le problème d’édition rencontré en Bretagne étant résolu, on va se contenter d’un aperçu photographique groupé en attendant de faire comme à vent
ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈMEPAR ALAIN MINOD
ESSAI D’AUTO-ANALYSE POUR LA PAIX DU POÈME PAR ALAIN MINOD
Reste toute ta guerre au réquisit de toi Elle éteint ta lumière et détruit tout ton toit Nerfs en escarmouche où se tue la sagesse Se mordent en ta bouche hurlements de tendresse
Or tu meurs mille fois épuisant ta pensée Quand toujours tu aboies au grand rire qui passe Et là se défenestre un désir où fait trace La beauté de l’être perdu : plongée glacée
Puis te bats contre toi te traites en vrai chien Sans collier et sans loi qu’il faudrait que tu dresses Bassesse où poète tu perds repère en bien Passent en ton être tous tes sens qui t’oppressent
C’est la mère éperdue qui fait entendre voix Pour fils qui s’est rendu à son enfer sans chaînes Et en rage espère trouver d’elle une voie En un collier de fer : désir masqué qu’il traîne
Mais comme ta guerre contre ton propre toi Et contre l’autre : enfer qui en tes liens aboie Centre en son essence ta maison « vraie prison » Aux collets de tes sens tu en perds ta raison
Si « libérer l’amour » est retrouver l’essence Du gamin de toujours dans l’éveil de ses sens Demeure peur de guerre en ta maison d’enfance Pays où mère en nerfs exaspère souffrance
Pays où enfants ségrégués jouent vengeance Te lient à l’arbre et gais te jettent des pierres Pays où paysans sabrent seigneurs si fiers Pays où ton père table sur loi en déhiscence
Enfant sans souvenirs d’école et sans amis Sauf dans le devenir de frères dans les fêtes L’on chantait « Stille Nacht » pour bercer les têtes Mère mise en quatre nous prenait pleurs en semis
Plus tard : père pour loi te donnait bien le fouet A chaque fois où ta voix se sentait flouée De n’entendre réponse de notre mère en cris Pour savoir si sa santé lui avait tout pris
Injustice flagrante as connue en collège Où présence prégnante : un fier dominicain Te donnait fessées et caresses qui l’allègent D’un désir bien caché et tout à fait mesquin
Et là tenu pour fou tout enfant qu’il était Père et autorités du collège en question : Tu avais regard flou pour ce si fier cité On te faisait siège pour mauvaise intention
Des psychiatres et tests formulaient bien la chose L’enfant était bien bête et frisait la folie Mais tous les comptes faits c’était inventer cause A la visite de fait : myope étais et sali
Plus tard dans ton âge mère tu interroges Espérant avis sage – elle point ne déroge Tu ne fus pas en rage et mal t’en en a bien pris Fou ? Cause : lunettes – c’est ce que t’as appris La famille l’atteste : point de gènes de myopes Âge où l’enfant se teste en voyant ne radote
Tous travaux harassants furent ta découverte Vu larmes avec sang « Les Illuminations » En ta treizième année dite sans attention Mais est-ce suranné de se penser poète
Pendant ce temps d’enfance avoir écrit poèmes Fut ton grand train d’errance : éveil jeté au vent Des déménagements – si cela te fit peine C’est qu’en bel amant tu t’étais fait savant
Et en soixante neuf : le surréalisme Avec jeunes tout neufs et simples travailleurs Rencontrés en usine où tu appris rythme heurts Avec matière qui lime les corps dans la machine
Et la philosophie vint avec l’engagement Tu le sus : celui qui vainc est celui qui ment Tant que le neuf ne naît en surface des choses Mais ce qui est inné ne remplace pas la cause
Depuis quatre-vingt-neuf toute la poésie Et les jours passants neufs : amour de l’oiseau bleu Philosophie somnole ? Éveil d’aile en saisie : Elle teste idées folles du moindre des bigleux
Ton père en hôpital bien avant de mourir N’a pas été banal et sans plus discourir A envoyé une dame au devant de son fils « Vous avez grande âme » puis lui vient sur la piste
Il conforte poète et plus tard gai ajoute Pianiste en sa fête : n’oublie musique en route Depuis : tant de combats : paix liberté justice Fruits de tous les ébats dans l’oppression en lice
Vraie Solitude tranche en Misère où l’on flanche Aux souvenirs qui scient – mais toute poésie Contre le mal se penche contre ses avalanches Qui provoquent folies – tient partage saisi.
JE NE DIRAI PLUS – GILLES VIGNEAULT / JULOS BEAUCARNE
je ne dirai plus Je vous aime Je ne dirai plus Pour toujours Je l’ai tant dit aux alentours Je l’ai dit à l’Amour lui-même
Je ne dirai plus Je vous aime
je dirai que la mer est haute Je dirai que le temps est doux Je dirai que le temps nous ôte Ce que l’espace aimait de nous Je vous donnerai des nouvelles De pays où je n’irai pas Et ferai pousser sous vos pas Des fleurs qui porteront des ailes
Je ne dirai plus Je vous aime Je ne dirai plus Pour toujours Je l’ai tant dit aux alentours Je l’ai dit à l’Amour lui-même Je ne dirai plus Je vous aime
Je dirai que le vent qui tombe Nous a demandé à coucher Je dirai comme la colombe A de la peine à se nicher Je réparerai des mots rares Qui serviront à nous nommer Et serviront à nous aimer Et qui luiront comme des phares
Je ne dirai plus Je vous aime Je ne dirai plus Pour toujours Je l’ai tant dit aux alentours Je l’ai dit à l’Amour lui-même Je ne dirai plus Je vous aime
Laisserai parole à l’automne À son cuivre, à ses oiseaux d’or L’hiver venu, si je fredonne Ne mettrai point mes mots dehors On reconnaîtra des romances Que j’écrivais en mil neuf cent Les mots s’en allaient vieillissant Que la musique recommence
Nous n’avons pas reçu d’informations au sujet d’un choc frontal, au contraire la température des couleurs est restée optimale
Les arbres occupés à semer leurs feuilles l’ont même fait en frissonnant
Je me souviens des marques laissées sur le trottoir, tout autour de la fontaine, elles hennissaient d’une crinière à l’égal de l’aqueux. Ce matin un brouillard résiduel ne devrait pas résister au lâcher d’eau du caniveau
Les Frères Ripolin ont échafaudé la façade de chaque côté des grandes fenêtres où l’oiseau niche. La boule de cristal de la rampe de l’escalier principal en tira d’heureuses conclusions. Si l’oiseau peint l’ambiance que tu dégages de sous ta jupe-courte est longue d’espérance. Il n’y a de soleil qu’à l’orée du poil de pinceau. Aujourd’hui ce n’est plus à prouver, nous en avons la certitude
A présent que le rendez-vous du 3° rappel est pris pour le 21, le masque accepte le partage de prévention. Seule la grippe a manifesté son impatience, je lui ai mis ma belle écharpe ramenée de Crozon autour du cou. Elle a fini par accepter d’attendre le mois de Novembre pour me piquer l’anniversaire
Je voudrais que tu saches que les petits que je fais sont bien ressemblants à que tu m’amènes à grandir dans mon ressenti naturel. Je regarde l’état des lieux du monde actuel avec les retouches qui m’importent d’apporter. Avec application pas dans un cadre électoral
La bataille du raille est d’un grotesque qui hélas n’apportera rien de positif dans l’opposition des genres
Au point que le dernier compagnon en a eu marre et a jeté les gants sans que ça change quoi que ce soit. Au contraire les mômes partent de plus en plus en bouillon de moules…
par l’autre bout des chandelles hors du chemin et sans adieux comme si Bashô avait écrit des lettres de Rodez –
Enfermé je m’évade Par les quatre saisons La folie est aussi Ermitage d’illusion…
Par quel enfer suis reparti?
N’ai pas vendu de sel
ni de piège immortel
pas fait charité aux maîtres de vertu
seulement aux infidèles
pas brûlé d’encens de sapèques
mais une prière sans dieu,
et c’est le jeu
par échange des tours ou des reines
des extases ou des cris
comme si Jean de la Croix
explorant le Tibet
arrivait pieds en sang
dans les ruines d’Iwang —
Pour toute la beauté
La nuit effacerai
Jusqu’à rendre aux Bouddhas
Leurs sourires de terre…
Par quel secret suis d’ailleurs et d’ici?
N’ai pas renié le chant
ni la haute forêt
pas dormi sur la voie des miroirs
seulement sur tas de riz
pas recueilli de pluie
mais du sable ou du feu,
et c’est le jeu
par marche forcée du mystère avec impossibles refrains comme si chacun allait revoir en douce sa Mongolie —
Printemps à fleur de peau Sous les sabots d’un cheval…
Ai trop aimé les chansons pour naviguer à contre-écho, dans le poème la ballade est une mélodie au long cours un thé brûlant une vague un cerf-volant ou un sanglot,
ai trop dérimé la raison pour sombrer à contre-chance, sur les dents les mots sont de souffle et d’orage de corde de cuivre de cuir et peau,
ai trop devancé la moisson pour gémir à contre-manque, sous le sens le tempo est un cœur sans cesse qui bat de proche en proche et dit que l’infini
se danse ou s’exaspère s’affame ou s’abolit et dit que le hasard est un pays qui passe et dit que les ténèbres se lèvent à midi.
Par quel espace suis investi?
N’ai pas choisi le nuage
ni le signe
pas repeint les frissons du décor
seulement la lumière rouge
pas limité le royaume mais l’acte des propriétés,
et c’est le jeu
que porte avec lui l’étranger
jeu de cartes blanches
où ne reste pas même
une marque de doigt –
Les autres nomment ton nom Voient ton visage Mais toi jamais Tu ne te reconnais…
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