REDONNER DE LA CHAIR AUX OS


REDONNER DE LA CHAIR AUX OS

L’effet de piscine ranime le genre du sentiment

ça frissonne

dresse

dilate

et ponce

comme aurait dit Pilate sans mentir

Il y en a assez sur toi

pour enlever le décharné à la moelle

ton capiton a le don

de rendre à l’home son mobile de cabane

où le chien aboie quand personne se présente !

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Niala-Loisobleu.

15 Avril 2024

« LA PISCINE » – NIALA 14/04/24 – ACRYLIQUE S/TOILE 55X46


« LA PISCINE »

NIALA 14/04/24

ACRYLIQUE S/TOILE 55X46

Par tous mes monts

j’ai noué les fleuves et les rivières

jusqu’à la mer la plus proche de l’ô séant

déménageant les méduses pour mettre les astéries en résidence

Les palmes sont restées dans leurs arbres

sans venir aux pieds de la célébrité

en renouvelant le bassin aux bons soins du vent qui passe

comme un therme qui lave le quotidien.

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Niala-Loisobleu.

14 Avril 2024

POUR EAUX-NEUVES (REPRISE)


POUR EAUX-NEUVES (REPRISE)

Pendant que le tapis en roulait une, l’aspirateur avala l’interlude qui s’était glissé dessous

Souviens-toi, ô Ma, Muse, de ces heures durant où tirant le fil tu tissas le lin d’un bleu sans fin, allant jusqu’à le mêler de coquelicots comme un 28° jour de cycle, en préparant en secret et profond silence les pétales de marguerites pour conclure

Vinrent les pommiers, le sel et la craie des falaises pour d’un jet d’embruns dire l’amour en poésie

Ah pour ça tu tu t’y entends

Créant sans fausse note ni désordre, l’harmonie de la parure relevant les endroits sensibles d’un éternel féminin allègre

Le temps tu le gardes intact

mais je te dois le renouveau qui me saisit et transporte à tenir bon

On ne connait plus les règles on fait n’importe quoi

alors à partir de la pierre philosophale plutôt qu’une monstration de Père Nono à la mode des grandes-surfaces avides de collecter des fonds, repenser l’atelier est exclusivement créatif, comme qui dirait une sauvegarde de l’amour de la vie

Nous nous mettrons en vitrine pour faire l’amour, autrement qu’à Amsterdam.

Niala-Loisobleu.

4 Novembre 2019

LA VIE DE VOYAGE PAR JULIEN GRACQ


NIALA – ETUDE 13/04/24

LA VIE DE VOYAGE PAR JULIEN GRACQ

Nous quittions la ville vers trois heures du matin, quand les maisons ténébreuses des avenues se relancent de façade en façade les oiseaux de nuit, comme un tir aux pigeons
de coussins de soie. L’aube se levait en ruban de lumière bleue sur les rails d’un tramway des faubourgs, — mais, dès avant la terre promise, le ciel change ! c’est la pluie sur
les vitrages d’un hôtel désaffecté de la plage, le déjeuner de pain gris sur lequel la mer fait le bruit des larmes.

A qui s’en prendre ? tout désorientés, perplexes, nous faisons les cent pas sur l’estacade, en jetant nos morceaux de pain dans la mer. Voici : maintenant j’ai jeté sur mes
épaules la pèlerine des pauvres, rattaché mes chaussures au coin amer d’une borne, et, tout seul maintenant sous la gargoulette des gouttières, j’attends l’heure de
l’ouverture des épiceries.

Julien Gracq

SOMNOLENCE


EMILIO GRAU SALA

SOMNOLENCE

A l’horizon de ses trottoirs

elle ne tourne aucun de ses regards.

Absente à tout ce qui se passe

détachée des mouvements

prise dans son inerte attitude

Rien ne l’affecte

pourtant elle se sent vide.

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Niala-Loisobleu.

13 Avril 2024

JACQUES BERTIN – LE GRENIER


JACQUES BERTIN -LE GRENIER

Dans le grand grenier de mon âmeJ’étouffe très discrètementJe respire mais j’ai la bouchePleine de toiles d’araignéesJe fais de grands pas immobilesJe crie mais je ne m’entends pasIl y fait une chaleur moiteDans un bric-à-brac indécentJ’y vois des bons dieux à crinièresSortir des cartons à chapeauxMes amis révolutionnairesCourent en rond le cul à l’airSur le vélo de mes dimanchesVient un épicier à pomponPuis une femme un peu trop vieilleLe ventre blanc et les bas noirsS’écroule dans les étagèresSur les genoux d’un sénateurEn robe de mariée ma mèrePleure en silence dans un coinEntre des gravures de modeEt les napperons des chrétiensPapa tient les cordons du poêleEt les genoux du généralLes goupillons de la moraleEt ceux de la révolutionContre une fille au torse nuLe jupon très bas sur les hanchesQui voudrait m’apporter à boireEt qu’on traque dans les bouquinsJ’arrive enfin à la fenêtreMais quand je vais sortir au jourJe meurs coincé dans la photoFigé dans un sourire immenseJuste à côté du temps qui passeEt qui me fait un grand « Salut ! »

JUSTE UN PEU DE MON JARDIN


JUSTE UN PEU DE MON JARDIN

Sur le lapidaire des jours les pierres meulent suivant les assauts d’un quotidien en dérive. Ce passage en dehors de la stupidité des manettes, comporte pour moi le miroir de l’année dernière avec son contenu d’images de Jacqueline qui allait au devant du dernier départ. Il fait grand soleil et une chaleur haute aujourd’hui. Mon docteur vient de me dire qu’il me sentait en bonne santé dans ma peinture. C’est vrai que je suis un peintre d’atelier. Heureusement que j’ai toujours refusé de peindre sur le motif. La Montagne Ste-Victoire dans la défaite du présent ça ne pourrait donner un Paul Cézanne. Qui se souvient de la saveur des pommes à présent ?

Ce qui me court dans les battements du coeur, ressemble au bateau pas encore mis à l’eau, qu’on profile non sur l’état de la mer, mais sur la quantité de sel qu’on lui demandera de pouvoir embarquer.

Il me semble qu’à moins d’avoir un coefficient de poésie plus grand que le QI, il y a toujours eu du mal à surmonter la bêtise et ses maux, au cours des siècles.

Ce paysage ne m’importe pas de le signer. Ne pas laisser sécher ma peinture me semble plus nécessaire à mon moral. Aussi un peu de mon jardin, est beaucoup de l’amour qui n’existe pas.

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Niala-Loisobleu.

12 Avril 2024

L’OMBRE DU RÊVE


L’OMBRE DU RÊVE

A l’accoudoir d’un carrefour

entre feu rouge et feu vert

le frein à main accélère

Quelques campaniles donnent un air d’écluse

avant que le niveau ne redescende

Sur la voie de la poterne un train s’essouffle dans la montée

avant que la température se stabilise

ce sera chaud-froid au plat du jour

Mes doigts gourds paralysent l’atelier

derrière la toile blanche délarguée du mât.

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Niala-Loisobleu.

12 Avril 2024

RESEAU DU BROUILLARD


RESEAU DU BROUILLARD

En allers-retours vers le large cette voie titube dans ses serments d’ivrogne en supprimant tout arrêt dans ses gares

La marchandise des wagons ne correspond pas aux catégories voyageurs

La paille qui traîne en première dénonce qu’on y loge aussi bien des vaches que des abonnées de sites de rencontre

Je rêvais d’embarquer pour une campagne proche de la mer, loin des sirènes et des boulevards de l’amer

Pour trouver dans une pêcherie autre chose que de la faune d’élevage prête à te donner un billet pour le paradis

en y regardant de plus près, j’avais cru comprendre qu’à la traversée du gué il n’y avait pas que pierres branlantes et comme je ne pêche plus qu’à la main, j’en oubliais la gaule et les bans bouts pour ne pas sortir de mes possibilités contractuelles

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Niala-Loisobleu.

11 Avril 2024

JONCTION FIL A FIL


JONCTION FIL A FIL

Entre le goût pour l’éparse des gens et du temps

les heures s’écoulent en brusques virages à 180 degrés

je commence le lavage de mon oeil

un bout de ta robe cousu à mon imperméable

pour le patchwork ad hoc en kit de ce nouveau jour

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Niala-Loisobleu.

10 Avril 2024