La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Pendant que le tapis en roulait une, l’aspirateur avala l’interlude qui s’était glissé dessous
Souviens-toi, ô Ma, Muse, de ces heures durant où tirant le fil tu tissas le lin d’un bleu sans fin, allant jusqu’à le mêler de coquelicots comme un 28° jour de cycle, en préparant en secret et profond silence les pétales de marguerites pour conclure
Vinrent les pommiers, le sel et la craie des falaises pour d’un jet d’embruns dire l’amour en poésie
Ah pour ça tu tu t’y entends
Créant sans fausse note ni désordre, l’harmonie de la parure relevant les endroits sensibles d’un éternel féminin allègre
Le temps tu le gardes intact
mais je te dois le renouveau qui me saisit et transporte à tenir bon
On ne connait plus les règles on fait n’importe quoi
alors à partir de la pierre philosophale plutôt qu’une monstration de Père Nono à la mode des grandes-surfaces avides de collecter des fonds, repenser l’atelier est exclusivement créatif, comme qui dirait une sauvegarde de l’amour de la vie
Nous nous mettrons en vitrine pour faire l’amour, autrement qu’à Amsterdam.
Nous quittions la ville vers trois heures du matin, quand les maisons ténébreuses des avenues se relancent de façade en façade les oiseaux de nuit, comme un tir aux pigeons de coussins de soie. L’aube se levait en ruban de lumière bleue sur les rails d’un tramway des faubourgs, — mais, dès avant la terre promise, le ciel change ! c’est la pluie sur les vitrages d’un hôtel désaffecté de la plage, le déjeuner de pain gris sur lequel la mer fait le bruit des larmes.
A qui s’en prendre ? tout désorientés, perplexes, nous faisons les cent pas sur l’estacade, en jetant nos morceaux de pain dans la mer. Voici : maintenant j’ai jeté sur mes épaules la pèlerine des pauvres, rattaché mes chaussures au coin amer d’une borne, et, tout seul maintenant sous la gargoulette des gouttières, j’attends l’heure de l’ouverture des épiceries.
Dans le grand grenier de mon âmeJ’étouffe très discrètementJe respire mais j’ai la bouchePleine de toiles d’araignéesJe fais de grands pas immobilesJe crie mais je ne m’entends pasIl y fait une chaleur moiteDans un bric-à-brac indécentJ’y vois des bons dieux à crinièresSortir des cartons à chapeauxMes amis révolutionnairesCourent en rond le cul à l’airSur le vélo de mes dimanchesVient un épicier à pomponPuis une femme un peu trop vieilleLe ventre blanc et les bas noirsS’écroule dans les étagèresSur les genoux d’un sénateurEn robe de mariée ma mèrePleure en silence dans un coinEntre des gravures de modeEt les napperons des chrétiensPapa tient les cordons du poêleEt les genoux du généralLes goupillons de la moraleEt ceux de la révolutionContre une fille au torse nuLe jupon très bas sur les hanchesQui voudrait m’apporter à boireEt qu’on traque dans les bouquinsJ’arrive enfin à la fenêtreMais quand je vais sortir au jourJe meurs coincé dans la photoFigé dans un sourire immenseJuste à côté du temps qui passeEt qui me fait un grand « Salut ! »
Sur le lapidaire des jours les pierres meulent suivant les assauts d’un quotidien en dérive. Ce passage en dehors de la stupidité des manettes, comporte pour moi le miroir de l’année dernière avec son contenu d’images de Jacqueline qui allait au devant du dernier départ. Il fait grand soleil et une chaleur haute aujourd’hui. Mon docteur vient de me dire qu’il me sentait en bonne santé dans ma peinture. C’est vrai que je suis un peintre d’atelier. Heureusement que j’ai toujours refusé de peindre sur le motif. La Montagne Ste-Victoire dans la défaite du présent ça ne pourrait donner un Paul Cézanne. Qui se souvient de la saveur des pommes à présent ?
Ce qui me court dans les battements du coeur, ressemble au bateau pas encore mis à l’eau, qu’on profile non sur l’état de la mer, mais sur la quantité de sel qu’on lui demandera de pouvoir embarquer.
Il me semble qu’à moins d’avoir un coefficient de poésie plus grand que le QI, il y a toujours eu du mal à surmonter la bêtise et ses maux, au cours des siècles.
Ce paysage ne m’importe pas de le signer. Ne pas laisser sécher ma peinture me semble plus nécessaire à mon moral. Aussi un peu de mon jardin, est beaucoup de l’amour qui n’existe pas.
En allers-retours vers le large cette voie titube dans ses serments d’ivrogne en supprimant tout arrêt dans ses gares
La marchandise des wagons ne correspond pas aux catégories voyageurs
La paille qui traîne en première dénonce qu’on y loge aussi bien des vaches que des abonnées de sites de rencontre
Je rêvais d’embarquer pour une campagne proche de la mer, loin des sirènes et des boulevards de l’amer
Pour trouver dans une pêcherie autre chose que de la faune d’élevage prête à te donner un billet pour le paradis
en y regardant de plus près, j’avais cru comprendre qu’à la traversée du gué il n’y avait pas que pierres branlantes et comme je ne pêche plus qu’à la main, j’en oubliais la gaule et les bans bouts pour ne pas sortir de mes possibilités contractuelles
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