ILLUSTRATION VERITABLE DE MA PENSEE


ILLUSTRATION VERITABLE DE MA PENSEE

En premier lieu je la positionne en genre Féminin

eu égard à sa faculté exclusive de reproduction

Âme jaune solaire en coque bleue

elle dense

poitrine des deux sphères

en alpage

Ne cherchant pas pour l’avoir plus verte au milieu d’une sécheresse indépendante de mes choix

Ce qui fait que toute ressemblance avec une idée changeante serait une erreur existante.

Niala-Loisobleu – 24 Février 2022

ACCIDENT DE CHASSE


ACCIDENT DE CHASSE

Dans les palmes d’une chasse au peu plié le battement chronique du coup de pied de l’âne fait sortir la balle du terrain de jeu

Sous la jovialité de la promenade qui se douterait qu’au bout de la ligne droite, la chaussée sous un revêtement de tour operator cache la fosse qui sera fatale au grand fauve

Sous les rangs donnés se cachent des vérités qu’un bal perdu se garde bien de comprendre comme il laisse entendre avoir changer de méthode

La pulsion griffe alors d’un coup d’ongle la caresse du sourire mis sur le visage de ses déclarations dans la constante de sa vraie nature possessive.

Niala-Loisobleu – 24 Février 2022

SANTA ESPINA – MONIQUE MORELLI/ LOUIS ARAGON


SANTA ESPINA – MONIQUE MORELLI/ LOUIS ARAGON

Je me souviens d’un air qu’on ne pouvait entendre
Sans que le coeur battît et le sang fût en feu
Sans que le feu reprît comme un coeur sous la cendre
Et l’on savait enfin pourquoi le ciel est bleu

Je me souviens d’un air pareil à l’air du large
D’un air pareil au cri des oiseaux migrateurs
Un air dont le sanglot semble porter en marge
La revanche de sel des mers sur leurs dompteurs

Je me souviens d’un air que l’on sifflait dans l’ombre
Dans les temps sans soleils ni chevaliers errants
Quand l’enfance pleurait et dans les catacombes
Rêvait un peuple pur à la mort des tyrans

Il portait dans son nom les épines sacrées
Qui font au front d’un dieu ses larmes de couleur
Et le chant dans la chair comme une barque ancrée
Ravivait sa blessure et rouvrait sa douleur

Personne n’eût osé lui donner des paroles
A cet air fredonnant tous les mots interdits
Univers ravagé d’anciennes véroles
Il était ton espoir et tes quatre jeudis

Je cherche vainement ses phrases déchirantes
Mais la terre n’a plus que des pleurs d’opéra
Il manque au souvenir de ses eaux murmurantes
L’appel de source en source au soir des ténoras

O Sainte Epine ô Sainte Epine recommence
On t’écoutait debout jadis t’en souviens-tu
Qui saurait aujourd’hui rénover ta romance
Rendre la voix aux bois chanteurs qui se sont tus

Je veux croire qu’il est encore des musiques
Au coeur mystérieux du pays que voilà
Les muets parleront et les paralytiques

Marcheront un beau jour au son de la cobla

Et l’on verra tomber du front du Fils de l’Homme
La couronne de sang symbole du malheur
Et l’Homme chantera tout haut cette fois comme
Si la vie était belle et l’aubépine en fleurs

Louis Aragon

LA POMPE SECHE


LA POMPE SECHE

La grande vertèbre échouée sur le muret de la cécité ne parle plus qu’en image en dehors des mots

Comme je peins j’écris sans son ni Dali là

mais la belle image s’esclaffe seule

Un morceau d’épave passe sans que l’Inscription-Maritime s’inquiète d’où vient ce bout de naufrage, à part de temps à autre un lambda du haut du énieme pont d’une croisière de passage qui photographie l’image sans un regard sur les mots

Difficile de cacher le pincement du côté gauche que ça laisse.

Je me dis que c’est ce que les bisons ont du sentir quand le promeneur qui passait par hasard à découvert Lascaux

Ô je tremble de la main gauche comme un chemin qui soudain s’arrête sur le néant.

Niala-Loisobleu – 23 Février 2022

JAUGE D’EVENT


JAUGE D’EVENT

Dans la trajectoire du laitier

avant que ta main se soit séparée de la tartine

et que tes seins au plus lourd de leurs balancements aient toucher taire

je me saisis des derniers mots que tu viens d’écrire pour mesurer l’esprit de ton encre

Niala-Loisobleu – 23 Février 2022

QUAND LE SILENCE CRISSE


QUAND LE SILENCE CRISSE

Avant même qu’un peu de jour vienne te sortir du sommeil ma pensée amoureuse a ouvert tes endroits de peau cachée

C’est d’un chaud où tu as ajouté ces étreintes qui ne perdent rien à dormir

Ce que la langue et les lèvres ont laissées n’a rien de ce qui s’est perdu par hasard

Le silence qui en est empreint crisse de plaisir.

Niala-Loisobleu – 23 Février 2022

Maria – Jean Ferrat


Maria – Jean Ferrat

Maria avait deux enfants, deux garçons dont elle était fière
Et c’était bien la même chair, et c’était bien le même sang

Ils grandirent sur cette terre, près de la Méditerrannée
Ils grandirent dans la lumière, entre l’olive et l’oranger
C’est presque au jour de leurs vingt ans qu’éclata la guerre civile
On vit l’Espagne rouge de sang crier dans un monde immobile

Les deux garçons de Maria n’étaient pas dans le même camp
N’étaient pas du même combat, l’un était rouge, et l’autre blanc
Qui des deux tira le premier, le jour où les fusils parlèrent
Et lequel des deux s’est tué sur le corps tout chaud de son frère ?

On ne sait pas. Tout ce qu’on sait, c’est qu’on les retrouva ensemble
Le blanc et le rouge mêlés à même les pierres et la cendre
Si vous lui parlez de la guerre, si vous lui dites liberté
Elle vous montrera la pierre où ses enfants sont enterrés

Maria avait deux enfants, deux garçons dont elle était fière
Et c’était bien la même chair, et c’était bien le même sang.

L’EMPAN PAR JACQUES REDA


L’EMPAN

PAR

JACQUES REDA

Mais quelle est la juste distance ?
Il y a celui qui ferme obstinément les yeux, cherchant
La mesure de l’âme comme d’un mur blanc, et l’autre
Qui entre en suffoquant dans les premiers plis de la mer.
Entre eux j’ai posé mon vélo contre un pin violet qui

craque
Et je tiens l’horizon entier dans l’empan d’une main, sous

la fumée
Oblique d’une cigarette.
Mais qui tient
Dans son empan l’incessante mobilité d’insecte où se perd

mon regard.
Et la courbe de mort où s’inscrit la route surgie
Des flots de la forêt vers les frondaisons de la mer ?
Vite j’ouvre les bras pour déborder ce qui m’enferme,
Debout dans l’enjambée du ciel.
Mais que saisir
Et mesurer sinon, au flanc mobile de la dune,
L’empreinte de ce corps que le vent réensevelit ?

Jacques Réda

FORTIFICATIONS DU SENTIMENT


FORTIFICATIONS DU SENTIMENT

La résurgence des croisades carnassières étale sa scélératesse en une vague à faire peur au premier bruit du coeur

On ne sait plus ce que l’arraisonnement du plus fort pourrait encore avoir en considération, l’épargne a du naître durant la préhistoire vu comme elle rapporte que dalle au bout du compte

Les soucis d’héritage à part une occase électorale n’étant pas le souci majeur émergeant de cette gabegie on voit tout ce qui pourrait relever du sentiment disparaître au point qu’on continue d’éjaculer avec l’utérus sans connecter aux conséquences du bébé. C’est si désespérant mais en voie d’expansion que ça me fait penser que ça explique l’horreur du tatouage. Il fut retenu pour la plus sinistre des mémoires par Adolf, montrant comme il est diabolique

Aussi, bien que fort peu je le sais en verrons le rapport, ai-je décidé de fortifier mon jardin avec les derniers signes en corps en vie

Réputé innocent dans le mauvais sens, je saurais trouver ceux qui n’ont pas d’attaches venimeuses

J’ai commencé par drainer du galet pour rendre le coin non carrossable et placé les premiers bacs anti-chars avec de l’herboristerie à oignon pour la magie et du blanc à bouquets en signe de ralliement.

Niala-Loisobleu – 22 Février 2022

A BORD D’UNE PAGE


A BORD D’UNE PAGE

Le fracas du voisin cloisonné le tant qu’elle a à mettre sur sa page réapparait

Voilà le décroisé de ses jambes quand elle sent ma main entrain de vouloir venir

J’ai renversé le pupitre avec l’encrier pour la débarrasser des heures perdues et la sortir de la marge

du coup sa blues noire est là par taire, sans boutons grande ouverte

Dans ce jeu l’imaginaire peut construire sans ressentir de point de côté dans son ventre

Plus besoin de se couvrir la tête, le chat peau peut miauler.

Niala-Loisobleu – 22 Février 2022