LE DESERT BANC


13.06.16 - 1

 

LE  DESERT BANC

Les tomettes de la cuisine, aux équines croupes rondes, dans la fraîcheur d’un jour lourd chassent les mouches de l’aqueux métronome, posé sur le dessus du garde-manger. La partition  qui s’y punaise joue à la truite qui erre entre les mousses se balançant au rythme du roulis dans leur hamac. Un rêve d’adolescent dans le sommeil courant les grandes batailles où il ne peut qu’être l’amiral. Pas plus tard qu’hier, avant que le coucou ne s’égosille, un dénich’heur en perm d’un régiment du Génie cantonné au Vakistan, parti prendre les zoos, fut saisi d’une pulsion meurtrière. Fanatique à l’extrême des croyances sataniques décida de commencer par bouffer la chair de l’oiseau pour se purifier de l’insolent libre-arbitre. D’un bref coup de sonnette, il l’abattit entre les deux oeufs peints par Bacon, de quoi foutre la chair de poule au plus hardi des mauvais peintres modernes adepte de l’outre-noir.. Dame-Jeanne mettaient ses neveux en nièces pendant une incestueuse préparation marinée à la piquette sur un lit d’oignons grelots.Dans le fond du cellier, un secret de famille pas très catholique mûri toujours sur une claie dans des casiers judicieux. Le grand-père se portant garant de la fraîcheur du papier tue-mouches trempant dans le vinaigrier, les cousins piquèrent les fesses roses des chérubins. Un passant s’exclama « ça sent la soupe aux sous »pendant que la Marie se poivrait en buvant l’Alphonse au goulot, couchée sous l’étable en se disant la bouche plaine « on a vu pis… » Grattant ses sabots pleins du fumier posé devant la porte, l’âne se mit au piano sans se laver les mains. Le clavier en avait vu d’autres, quand le Blaise entrait tout déboutonné dans le journal de la femme de chambre. Contre toute attente, dans un lieu qu’isba l’oeil comme dans une saga cosaque du new-âge, un moujik piqua le taxi-dermiste en maraude du Prince Obescu qu’Apollinaire reluisait un dernière fois avant de signer le Bon-à-Tirer. Le Maître de ballet, rose de con fusion, s’inclina quand le commissaire-priseur d’enfants s’adjugea sa ration de poupées russes . Et dire que bien des citadins, disent qu’à la campagne on s’emmerde parce  les rustres n’ont pas de belles vitrines pour étaler leurs vices. Moi j’me régale disait Claude Chabrol, j’ai les bourgeois toujours au vroom-vroom-service !

Loisobleu- 13 Juin 2016

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NOCTURNE EN PLEIN JOUR


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NOCTURNE EN PLEIN JOUR

 

La chaleur descendue en dessous de zéro, monte. Les rues sans bonnets toussent portes closes, brrrr les affiches se décollent la goutte au nez des murs. Qu’il fait froid . Sur la rivière on ne voit plus le moindre couple de canard couper la dérive. La désinformation peine à tisonner sous la cendre, un ersatz de braise, d’ici à ce que le rédacteur du courrier du coeur infarctuse il n’y a qu’un tout petit fusible.

Nocturne en plein jour

Quand dorment les soleils sous nos humbles manteaux
Dans l’univers obscur qui forme notre corps,
Les nerfs qui voient en nous ce que nos yeux ignorent
Nous précèdent au fond de notre chair plus lente,
Ils peuplent nos lointains de leurs herbes luisantes
Arrachant à la chair de tremblantes aurores.

C’est le monde où l’espace est fait de notre sang.
Des oiseaux teints de rouge et toujours renaissants
Ont du mal à voler près du cœur qui les mène
Et ne peuvent s’en éloigner qu’en périssant
Car c’est en nous que sont les plus cruelles plaines
Où l’on périt de soif près de fausses Fontaines.

Et nous allons ainsi, parmi les autres hommes,
Les uns parlant parfois à l’oreille des autres.

Jules Supervielle
(Extrait de La fable du monde)

Les 29 coups ont sonnés derrière ton entretien de la moto et de l’arbre mon vieux Coluche. Malédiction ou bon choix ? On se demande si t’aurais pas eu la prémonition angoissante du visionnaire de l’à venir de la machine infernale à broyer dans laquelle tu s’rais corps et âme passé à table d’un resto infernal…aspiré par un rire se retournant contre son auteur.

L’ire au nid, couve. L’indécence sort du chapeau.

Mais dame dans cette absurde comédie, pourquoi pas, on est pas à un dessous merdeux près.Au point que je pense que ça permet au fromager, sinistre roi faits néant,  de laisser croire qu’il est aux manettes. Curieux cette façon d’être partout sauf à bord du France, pour diriger le pays. A moins que ce nom ait été repeint sur l’épave du Titanic.

J’ai gardé ma fenêtre ouverte, m’aime si dehors y a que du froid, de l’absence et de l’ingratitude, la chaleur qui sort de chez moi vaut mieux que les bonnes paroles d’un brin de muguet que tu payes au prix fort. Je refuse de réserver le bonheur aux nantis. L’amour n’est pas à vendre.

Niala-Loisobleu – 1er Mai 2016

 

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AH Ô GALE Ô, AU GALOP !


Ysabel LeMay 63dc631da5adAH Ô GALE Ô, AU GALOP !

La pensée sauvage au bord de l’inconscient  ne rate aucun rendez-vous avec ce qui est totalement étranger au hasard. Toujours aux aguets, c’est la sentinelle  qui surveille notre ombre dans le moindre de ses déplacements. Hier s’aligne sur aujourd’hui quelque notion figurée d’un futur mis en tête.

Les moments pas encore foulés sont de tous les aspects de nos franchissements; parmi lesquels bien des non-dits et non-faits culminent. Suis-je un tiroir secret d’un secrétaire vénitien aux combinaisons de cache-cache ? Bien sûr sinon t’aurais que dalle d’un être humain. Les siècles pourront passer, il restera toujours en nous une empreinte du big-bang.

Je me sens toujours cet animal qui jamais n’aurait pu imaginer se tenir un jour debout sur ses deux pattes arrières.

Toi tu rigoles quand je te dis mon moi animal, qui déclenche automatiquement l’abaissement du regard. A croire que l’homme est encore plus con qu’il tente de le dissimuler. Je crois pas que dans le bon ordre de leur organisation, les différentes espèces animales aient cette part de tartufferie qui nous caractérise. Le fait qu’ils vivent tous dans leur nudité originelle constitue un sérieux cart dès le départ. L’homme se cache les parties intimes, preuve qu’il en a fait le siège de sa déviance. Il se cache l’appendice ou son absence en ayant qu’eux ( ça devrait s’écrire queue) en tête. C’est vrai que l’emplacement de l’un comme de l’une, est morphologiquement situé au point de grattage. Est-ce là que l’origine des jeux des nouvelles addictions ont leur point de départ ? Ben ça se pourrait, on se gratte les couilles comme la foufoune combien de « foi » par jour ? Que tu sois athée, ou de quelque confession que ce soit, c’est lié à toute interrogation. Peut-être que c’est le réflexe pavlovien au mystère de notre création, Tout y est savamment en place. La longueur du bras correspondant au point exact où le jardin réside, tu bines sans que ça te coûte de fatigue, de compétence horticole ou céréalière, amenant à toi des traversées interstellaires foutant k.o. le plus roué des tours-opérators

Si je vous dis, j’suis moitié-homme moitié cheval, voyez les conséquences….ça m’attire pas forcément que des désintéressées du sot de haie et de la rivière..

Ah ô gale ô, au galop…ma pauvre petite fleur d’innocence où qu’c’est qu’es-tu ?

Niala-Loisobleu

26 Octobre 2015

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