MES STATUES


MES STATUES

PAR HENRI MICHAUX
Henri Michaux

 

J’ai mes statues.
Les siècles me les ont léguées : les siècles de mon attente, les siècles de mes découragements, les siècles de mon indéfinie, de mon inétouffable
espérance les ont faites.
Et maintenant elles sont là.

Comme d’antiques débris, point ne sais-je toujours le sens de leur représentation.

Leur origine m’est inconnue et se perd dans la nuit de ma vie, où seules leurs formes ont été préservées de l’inexorable balaiement.

Mais elles sont là, et durcit leur marbre chaque année davantage, blanchissant sur le fond obscur des masses oubliées.

Vous avez-dit 1er Mai ?

Le porte-bonheur…une nuit de crise de santé, un matin à courir après un médecin, la campagne battue pour y arriver et au retour apprendre par la voix du pharmacien de garde que le 15 aurait du nous diriger sur le toubib de garde à Cognac.

Retour at home…

Ecoeuré…

les coupures internet se succèdent les unes aux autres. A la bonne vôtre !!!!!!!!!!!!

 

N-L  1er Mai 2018

CHAT CRAINT D’AMOUR


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CHAT CRAINT D’AMOUR

Dehors, pas plus que dedans, impossible de me rappeler quel endroit c’était. Soudain tout se met à tourner sur lui-même. Grand trou noir. En cherchant bien dans les fumées des doutes qui se sont baladés, des morceaux de bouchons passent en flottant. Quel désordre. Voilà le résultat de mois restés dans l’ignorance la plus complète. Qu’est-ce que , mais, oui peut-être, hein, ah, non, que répondre quand le trouble se glisse dans l’acte comme dans le psychique, hein ?

Toute la nuit sur le pont. J’ai arraché mes yeux au brouillard. Du délire, quais de gares, pontons, pris dans les tourbillons…

Elles étaient plusieurs. Une haleine d’accordéon rance traînant sur les chaises renversées. Montrant sous leurs nappes la réserve que les hommes de l’amer chargent en cales avant d’appareiller pour le monologue qui disserte sur le ciel vu dans l’eau, d’un bout à l’autre de l’horizon.

Le jaune de la lumière, ne tenait qu’à peine sur ses jambes. L’épaisseur de la fumée quand ça nicotine l’ambiance un max, tu ne reconnais plus  les mandolines des violons. Que cafard.. D’horribles visages ricanent. Du bitume descend sur les rosières, t’es con à un point pas possible. Il y aurait eu des enfants se mêlant de défendre les grands…tout devient autre, bizarre.

La mer monte et descend.

Tatoués comme un déplacement de boeufs de western, des bras s’ouvraient jusque dans le dos de la poitrine pour étaler des souvenirs de tôles pris aux escales des mers caraïbes. Batailles de coqs, fumeries, mineur(es) bradés par la famille, nauséeuses randonnées, bar à putes, coups de poings, couteaux, coupé on va plus loin. Une forme dont le sexe ne pouvait plus faire que l’objet de paris pour donner son genre, gérait l’instrument à musique du tiroir-caisse. Glauque sans que rien n’y manque. Dans le coin où la piste retenait les épaves, des morceaux qui avaient perdu la boule, jetaient des éclats de rires gras intermittents en spectacle. Un chien sans poils léchait la sueur au pied des murs. Entre les cuisses ouvertes du balcon qui menait aux chambres. Dans une odeur de poudre à sexe qui venait des cuisines, quelques habitués se faisaient fouetter, attachés à une figure de proue qui n’avait plus de dents.

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À LA DÉSESPÉRADE

—Je ne désire plus que tu me sois ouvert,

Et que l’eau grelottant sous ta face profonde
Me parvienne joyeuse et douce, touffue et sombre, (Passagères serrées accourues sur mes lèvres
Où réussissent si complètement les larmes).
Puits de mémoire, ô cœur, en repli et luttant.


Laisse dormir ton ancre tout au fond de mon sable,

Sous l’ouragan de sel où ta tête domine,

Poète confondant, et sois heureux,

Car je m’attache encore à tes préparatifs de traversée !

René Char

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De chaque côté de la porte cochère un drap noir cache la poterne.

Au bout de la jetée, entre les paniers de crabes et les filets anti-sous-marins rien ne monte à la surface.

Le fond du ciel est d’une couleur de relâche,

Des tamaris se penchent à tomber, l’évent avec…

Un enfant prend le large

tout est sauvé !

Niala-Loisobleu

31 Août 2015

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