Non-retenue d’eau


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Non-retenue d’eau

L’ongle endormi d’une lunule dévitalisée, le doigt tangue , la phalange molle, prise de crampe se noie  à sec

Ce geste pendule que la pluie bête agite comme un bénitier non-potable sur le fond baptiste

mal du jour nouveau-né est infanticide

Léthargie picturale d’une couleur chienne

veille d’un oeil refusant le sommeil, aboie, mais aboie, plus fort et mord la poisse scoumoune, monstre d’un film d’horreur, prends-là par le paon d’un plumet d’aigre être

retrouverons ce panache qui proteste vaut mieux sentir l’ail que les maux hémorragiques

La Maison dÔ philtre trémie d’union, le caillou mis en poche sépare le grain de lin pur du ton rabattu d’un office religieux

Quelques épouvantails s’animent, le vent d’un pet chambre à gaz

Sur l’arbre à médecines l’oiseau greffe sa molécule…un fruit jaune rougit !

Niala-Loisobleu – 18 Juin 2018

 

RETOUR DE PÊCHE


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RETOUR DE PÊCHE

Hormis ce ciel tout gris, j’ai rien vu à sa place aujourd’hui

Pourtant à chaque rond-point et tous feux,

des jeunes lycéens déguisés en Père 100

tentaient de le rosir de leur fête pré-bachelière

nimbée d’insouciance naturelle.

Ma campagne-maritime ne s’y sentant pas, resta étrangère à leur joie

j’en suis revenu privé de sel, seul, la couvée deux cassée

la  cabane à plat en mal de vélo

repliée sur elle-m’aime

cherchant la pompe à chaleur

une terre brûlée dans l’itinéraire en cendres.

Niala-Loisobleu – 8 Mars 2017

 

Ariettes oubliées I


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Ariettes oubliées I

C’est l’extase langoureuse,
C’est la fatigue amoureuse,
C’est tous les frissons des bois
Parmi l’étreinte des brises,
C’est, vers les ramures grises,
Le chœur des petites voix.
Ô le frêle et frais murmure !
Cela gazouille et susurre,
Cela ressemble au cri doux
Que l’herbe agitée expire …
Tu dirais, sous l’eau qui vire,
Le roulis sourd des cailloux.
Cette âme qui se lamente
En cette plainte dormante
C’est la nôtre, n’est-ce pas ?
La mienne, dis, et la tienne,
Dont s’exhale l’humble antienne
Par ce tiède soir, tout bas ?

Paul Verlaine
Romances sans paroles

UN MATIN DESHABITE L’AMOUR EST MORT


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UN MATIN DESHABITE

L’AMOUR EST MORT

Dans les bruits des sabots de son cheval qui s’éloigne, le chevalier est entré dans l’espace incertain d’un brouillard tombé sans prévenir. Roc qui se détache contre toute attente de la paroi réputée solide, devenue friable. Laissant le chemin meurtri.

Il était parti plein de rire, la veille, confiant, se rendant au rendez-vous où l’espoir avait prévu une fête en toute simplicité, sans déploiement spectaculaire. Juste pour accomplir l’intime célébration dans la pureté du rite. Toute démonstration grandiloquente y étant étrangère.

Un silence d’interruption du souffle a pris le bois à lui en glacer l’échine. Du ciel sans levé du jour, m’aime plus possible de faire allusion à une lumière quelconque.De la clarté reste une forme entre chien et loup. La voie s’est cassée

On peut en tirer la conclusion suivante, la quête du graal se pose en permanence.Venue au monde au Moyen-Âge au départ d’une légende poétique qui prit nom d’Amour Courtois, elle fut d’abord illustrée par les Troubadours. Dans une épique sensibilité, faisant honneur à un humanisme hautement favorisé par les Croisades. Une symbolique particulièrement puissante s’y développa, dont il reste toujours un fond vivant traversant le temps.  Il n’a malheureusement pas échappé à la règle que suit immanquablement l’humanité dans son évolution: le détournement du sens initial au profit du mode de vie présent. L’homme court toujours après son graal, mais dans le mépris du respect des Règles de la Chevalerie. Le rustre a l’audace de se présenter courtois.On change de chevalier comme de cavalier dans un bal du samedi soir. L’écharpe suivant le vent qui vente

Les rus sont à la base des fleuves, lesquels forment les estuaires. Les barrages noient les campagnes, la mer devient alors de sel qui pétrifie les bateaux.

Un matin déshabité l’amour est mort.

Niala-Loisobleu – 27 Mai 2016

 

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