REVOLUTION SOLAIRE


REVOLUTION SOLAIRE

Déchirée du mât de nuit, la voile, robe blanche, a traversé les vagues, pieds nus. Seul les battements de la lumière marchaient à l’amble d’un anniversaire consacré à rien de général. Dialogue d’un tête à tête onirique, les mots avaient des écailles roses que le bleu de l’ô faisait trembler d’émotion entre les palmes des cocotiers de ma déraison.

Niala-Loisobleu – 27 Mai 2017

16532512_8111022_69886822

SEL SCELLE


SEL SCELLE

Je n’existe que du goût

que le vent cueille sur tes toits

des mousses que tes draps

ont offert aux fenêtres

des matins de palmes

ouverts sur les jalousies fermées

Encore nus

nous écoutons l’oiseau lyre

tendre les cordes des instruments

dans la première parole des cabestans

L’intention de ton pas

va au-devant des marées

blancheur gardée

d’une adolescence caressée au bois flotté

Niala-Loisobleu – 3 Mai 2017

3b2a5e8dba05e3683390e58388c6e5a4

LA CHAMBRE D’AMOUR


le-chemin-du-gite-de-charme-en-loire-atlantique-1024x679

LA CHAMBRE D’AMOUR

Pendant que j’avais la bouche ouverte, les couloirs de mon subconscient claquaient les portes de la nuit avec une voix du guet. Oyez, oyez, braves gens. A se croire sur la route dans une chanson de chemine ô. L’herbe peut avoir des pouvoirs inattendus me dis-je en m’essuyant la moquette d’un reniflement de mâle femmé, se rajustant le diable au lot au fond de son Dim en trois couleurs. A ce moment là, je vis sortir une main de la poche du kangourou. Vois un peu c’qui arrive quand la libido se mêle d’appuyer sur le bouton, me rappelai-je avoir pensé dans la vapeur où, assis sur le banc du sauna, je me flagellais à base de branches de bouleau. Sans doute des réminiscences d’un contrat de 35 heures remis à l’ordre du jour.

Le jour où j’ai sorti de ma mère, mon père maçonnait la maison de mes grands-parents. J’ai venu au monde dans un Beau Dimanche de Printemps, du Gabin dans la ligne de ma main gauche, celle que je peins quand j’écris. La Marne remuait les nappes à carreaux à deux pas. Les canotiers faisant des galipettes dans l’herbe, saucisson, camembert et petit vin blanc après s’avoir lavé au bain de Nogent, moultes rires, mots de bonne humeur au programme improvisé avec un naturel que plus tard le bio cherchera à vanter pour rouler d’autres braves gens. J’ai été marqué tout de suite au faire.Depuis je combats sans répit pour la dignité de l’homme qu’à vu l’home où loge l’amour. Je n’hésite pas à remonter les bretelles des paons t’allons z’enfants se trouvant toujours à l’endroit du bon moment qui rapporte sans jamais en avoir fait une secouée. Pas opportuniste, je connais mieux les portes qui te claquent à la gueule que les arcs de triomphe. Bof, et alors, ça empêche pas de rester jeune en vieillissant comme m’ont toujours montré mes battements de coeur.

Une fenêtre ouvrant sur un lit non-clos, alcôve tant d’odeurs que les fleurs tapissent la chambre à en faire le berceau de l’amour, les menottes trouvent les fossettes, les lèvres les mailles des langues, jusqu’aux yeux qui vous descendent plus profond que le larynx, la tripe au creux. On peut pas expliquer ce chavire qui m’attrape, me renverse, quand je me trouve face au Beau. J’suis glacé de dehors, bouillant, brûlant au-dedans. La colonne vertébrale me saisissant à la remontée en glissade sur la rampe des vertèbres. Un panard. Que j’en ai les yeux qui mouillent à serrer mon Amour en hurlant de silence.

Niala-Loisobleu – 4 Janvier 2017

coin-chambre-le-lit-sur-la-loire-chambre-dhotes-en-loire-atlantique-1024x679

LA BOÎTE A L’ETRE 10


main-header_father-nature

LA BOÎTE A L’ETRE 10

MUE

Contretemps, aiguillage à tricoter des déraillements

la preuve par neuf est éculée

quelques crèmes de beauté ridulent aux cerneaux des noyés

L’empêcheur de tourner en rond

forme son dernier carré

Tu sens comme dans le rêve tu m’as bordée la nuit, dis mon Amour ?

Mes reins en courbatures

sont depuis des lignes droites au but que nous ne voyons que mieux

L’automne fait peut-être pas le printemps

mais elle l’aide à pousser le vain hors des vendanges

du sol qui repose et pourri

germe le grain de nos prochains greniers

Je sens le foin

des luzernes de tes alpages, le troupeau va transhumer

en remettant une nouvelle-lune aux marées

Depuis les pierres à feu le volcan couve l’autre matin

dans le déclin du jour fini de Pompéi…

Niala-Loisobleu – 21 Octobre 2014

Déjà 3 ans entamés, que j’ai peint ces mots à la veille des voeux qui allaient naître comme maintenant nous y sommes revenus. L’an tourné un autre s’ouvre. La volonté du passé reste vive. Toute emplie de cette m’aime intention qui l’avait  mise au monde. On ne va, je crois jamais au terme de sa construction, on la porte pierre à pierre, jusqu’à s’en remettre les clefs.

Mon cheval poursuit le chemin de la quête entamée un matin où l’été s’est promis d’être.

L’écharpe demeure du blanc qui va au bleu en s’en approchant davantage.

N-L – 02/01/17

la-cabane-2012-014

A FRONTON


A FRONTON

S’étrangler la ligne droite à la corde du virage

regard tourné derrière la carte est-ce que ça sert ?

Ya t’île un ô séans à l’estuaire ?

Crever l’oeil-de-boeuf

percer ce toi

vider l’égrainé

labourer des ongles

jusqu’au sans arrêt

Ya t’île un ô séans à l’estuaire ?

Si vous étier le bon chemin

Marin Marais

auriez vous poivrer la saudade

dans un viole migratoire ?

Ya t’île un ô séans à l’estuaire ?

Oui t’humer

fleur de celle qu’on galope 48 heures sur 24

déraison à n’en plus savoir que dire

qu’écrire à jeter l’encre et partir

d’une vague de fond à la surface

soie toi m’aime

caravane malles et valises

le trauma d’air

m’oedème les poumons

mets haro peau taire

Ya t’île un ô séans à l’estuaire ?

Je chaloupe à tes hanches

tiré par les chiens fous de ta poitrine

dans l’airain de ton échine

où le fol amour armature

L’invertébral escalier

à la gîte de tes rugissants

violet des embruns crachés par la fureur lubrique

qui déglace le rétroviseur voyeur

te renverse au chevet des livres de messe

plus diablo nique

que l’âne de bourre y dents

Puti

que je la vois

là devant

c’est Elle Emoi

l’Île aux Séans

Niala-Loisobleu – 12 Novembre 2016

dsc_3606-2

 

PROXIMITE


PROXIMITE

A quelques brasses

j’entends déjà

tes odeurs neuves

venir à moi

Autre couleur

que l’Arbre tire de son esprit visionnaire

Il était une fois…

rien d’autre qu’il y aura

juste ce qui tient qu’à Nous

Souques, souques et cargue la voile

Du confus l’écorce s’ouvre

et du noyau

le rayon vers la Lumière fait laser…

Niala-Loisobleu – 7 Novembre 2016

ef7145b5579d448beb71efea4d6bb1c3

TEMPERE AZUR


18bb309c353d5d541f427782063be90d

TEMPERE AZUR

A bord de fenêtre

je géranium l’étreinte de deux pigeons

le ciel se fait colombe

l’amer descend

un  bateau mouche le courant mort voeux…

Niala-Loisobleu

2 Novembre 2016

A VOUS


56k

A VOUS

Soudain on s’aperçoit. Un jour, qu’on ne s’en était pas rendu compte, c’est entré dans le coeur et la tête à tisser, t’hisser, tellement que la côte est devenue visible…

 

Il est des heures qui nous ouvrent les mains
et retournent comme un texte fané
la leçon fatiguée qu’est le monde.

L’initiative ne nous appartient pas.
Les choses se déprennent ou s’ouvrent
comme s’il y avait des ondes, des courants
ou des motifs
qui parcourent le temps et l’espace
changent les situations
corrigent les substances
dépoussièrent des textures
et peut-être même inventent
de nouvelles manières de l’être,
des variations ou des échappements.

Roberto Juarroz

La tête de tous les jours ne va plus avec la pensée qui déborde. Les costumes étouffent par l’étroitesse de nos épaules. Comment j’ai pu faire ça de passer à côté de Moi ? Oh, vie de merde, tu m’as foutu des défis dans les bons chemins, genre Tartarin j’ai foncé, joué les Zorros et me voici enlisé dans mon bayou. Marais cage. Héron cendré, j’aime plus les lentilles, faut que transhume !

Un espace blanc de lin étale sa virginale possibilité. La toile me cligne de l’oeil. ö Amour sans Toi que serions-nous devenus. Une fausse idée de soi, un fac-similé de réussite,un projet constamment à l’étude, c’est tout le désir des autres qui est réuni là. Mais l’égo dans tout ça, il est où hein mon P’Tit-Gars. La Divine Comédie ouah bonjour tristesse…Je me ouvre, je me extirpe, je me vomis, je me transite…me purge. Les personnages sortent et entrent des petites-maisons dans les arbres. Voilà, ça grouille de vie, peins, peins ne renferme rien aimes que dans un Cri !!!!

Niala-Loisobleu – 23 Octobre 2016

89-when-i-look-in-the-mirror-what-do-i-see

J’en dis que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !


dans-latelier-novembre-2008-009

J’en dis

que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !

 

Le coin de notre intimité peut prendre ou avoir des formes citadines ou campagnardes. Il importe seulement qu’il échappe à un quelconque schéma préétabli par une instance étrangère à nous. L’enfant en manifeste immédiatement la mise en application. Tout le prédispose à se créer un monde à sa dimension. Combien continueront à entretenir leur jardin secret ? Peu, avec ce même naturel, cette spontanéité de l’enfant.. Les parents et les éducateurs s’appliquant à faire un « grand » de l’enfant de la même façon qu’on veut le faire « devenir propre »…

Je n’ai jamais accepté cet abandon. Une mise en garde naturelle, lançant des signaux d’alarme venue d’un savoir antérieur. L’instinct de quelque chose qui me semble provenir de vies précédemment traversées.

Sans jamais avoir sombré dans les méandres de pratiques du para-normal, j’accorde une confiance raisonnable à ce sentiment.

D’où mon état de folie déclaré et aujourd’hui incurable.

Prospect parfait pour mener aux chemins de traverses propres à l’artiste. Sans besoin de recours aux expédients que les paradis artificiels mettent sur le marché.

L’intelligence faisant d’entrée de jeu le choix de son organe directeur. Pour ma part, il n’y a jamais eu aucun doute, c’est le coeur qui me gouverne, pas la tête (pas plus que celle de nœud reptilien, en breloques au dessous de la ceinture)

Ma sensibilité est extrême, à fleur de peau.

Je perçois, devine, devance ce que toute forme de blindage, d’armure et de chausse-trappe tentent de dissimuler.. Je ne fais pas semblant, carré en totalité, c’est dur à assumer, mais ça perce mieux que tout trépan..

Quelle odyssée de se projeter dans la condition humaine. La découverte est omniprésente, avec une déception de tous les instants, qui s’entête inutilement à vouloir enrayer une énergie créative permanente. Se remettre sans cesse en question, est d’amour le premier signe de vie.

J’en dis que c’est l’Amour tout court qui fait la Vie !

Niala-Loisobleu – 29 Septembre 2016