Le long des Quais 7


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Le long des Quais 7

Vivre c’est l’ouvrage que nous devons construire. Si l’on devait considérer qu’il arrive un moment où il est fini, on ferait l’erreur de n’avoir rien compris au sens intrinsèque de la vie. La notre n’a jamais été la vie, pas plus qu’elle le sera jamais. Elle est juste une pièce de sa charpente. Un de ses éléments constructifs ou démolisseurs. Les deux à la fois dans les grands passages de rénovation. On ne construit jamais sur la ruine. Chaque instant devient donc primordial. C’est toujours aujourd’hui que je dois vivre, pas demain. Je vis jeune tant je me fais vieux. Parce que ce que j’ai vu constamment dans ses yeux c’est la vérité, pas le mensonge qui arrange pour fuir. Je suis enclin à pleurer sans me cacher, n’importe quel jour de l’âge qui est le mien. Parce que j’ai pas d’érosion de ma sensibilité. Et surtout pas honte de mon âge. Les voies de la raison n’ayant de sens que si leurs aiguillages sont connectés sur la folie. Pourquoi ce serait toujours mieux derrière. La seule réponse qui me vienne serait que je ne sais pas faire présentement et encore moins devant. L’amour n’est pas le passé, l’amour ne peut qu’être l’avenir.

Niala-Loisobleu – 15 Novembre 2017

LA BOÎTE A L’ÊTRE 12


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LA BOÎTE A L’ÊTRE 12

BLEUS-BLANCS MATINS 1

Depuis bien avant que pointa le Premier Printemps, celui qui n’a toujours eu d’autre apparence visible que celle de l’Âme de la Pierre, mes yeux n’ont fait qu’anticiper la Naissance. Je laisse les nuits aux salles de travail des maternités, tout contre ce Bleu-Blanc, qui en perdant les eaux, a allumé le Matin.

La route de nuit est épuisante de longueur, lourde d’embûches, cruelle d’animaux cauchemardesques dont les cris font parfois peur aux étoiles quand leur course passant à la lenteur, tétanise l’espérance. Armés de maisons blanches accrochées aux flancs des sierras, mes ongles ont griffé la terre des couloirs du labyrinthe d’un rouge de l’arène, pas pour l’estocade, rien que pour la mise amor. Comme une aube coupant les ténèbres d’un trait rose, tu es là depuis qu’avant tout ce qui a été détruit recommence.

Matin où la Lumière tremble d’humilité

Donnant son sein pour nourrir de sa rosée

l’espace que le vent ouvre

Tu n’as plus lors que la nudité pour t’habiller

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Bleus-Blancs Matins 1 – 2013 – Niala – Acrylique s/toile 61×50

«…Nous ne pourrons dire que le silence nous enflamme que lorsque les paupières intérieures auront le poids des amandes et que les épaules respireront la montagne au coeur de la brise. Alourdis par l’ombre dans la sève épaisse dans la tension qui réunit les bords et le tond nous irons dans le courant qui remonte obscur et léger si loin que la distance ne sera plus la distance. Et un chant naîtra de l’ignorance vive où le silence nubile sera une blanche gravitation et un mouvement de sable réunira les bras des amants,,, »

Antonio Ramos Rosa (Extrait du Livre de l’Ignorance)

J’écris de couleurs pêchées dans l’encrier de ton ventre, posant chaque lettre sur la fondation d’une éternité étrangère aux dieux, que le temporel lucide pousse au seuil des autres pour nourrir un Jardin boisé de l’ Arbre-Forêt, celui de tes seins fruitiers.

Ô Bleus-Blancs Matins

nous voici de nouveau en bas des marches

notre lit est rivière[

Niala- Loisobleu – 23 Novembre 2013 / 22 Février 2017