LA FÊTE FORT HAINE


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Le revoilà qui hurle ce vent venu des sombres couloirs de l’océan. Quand ça vente, je me fais plus modeste, comme si ça rendait en corps moins Tarascon. Et ne pas entrer dans une peinture de cauchemar. Tout le monde n’est pas roseau, surtout quand la pluie vous claque à la gueule avec ses rafales en piqué. Le ciré du canard, avec le suroît du sauveteur en mère c’est bon pour le parisien genre ducon j’ai payé se retrouvant au pont d’Iéna à faire le zouave avec la main d’sa soeur.Il s’avère que se mettre à l’abri, ça confine la pensée dans le bon sens, revoyant l’utilité de s’évader. Pour s’évader, le moment me semble mal choisi, c’est à double tranchant. En revanche se recentrer ce serait opportun.Faut jamais s’emballer, les moments d’union nationale c’est plus feu de paille que billet pour l’à venir.
J’vas y r’viendre. Suis pas genre marécage.
Le propos du marécage tient du grand fauve à l’heure de l’abreuvoir. Il va se faire un partage, le lion n’a pas la réputation d’avoir la patience de la girafe, qui, avec son cou haut peut voir plus loin s’il reste un coin d’ô. Avec la disparition de la distribution du courrier, faute d’avoir su garder les PTT, on banque tous azimuts. Tout est doré dans la baraque du moule à fric.
Si tu me payes un vert, je te dirai la couleur de mes pensées sorties des bordures d’un quotidien d’embrouilles.
Le western terroriste que nos services de sécurité nous font vivre suit curieusement une piste pour le moins ténébreuse. Ce qu’on nous en dit et ce qui est, c’est pas du pareil au même. C’est flou comme on fait monter la mayonnaise. Les sinistres auteurs qu’on vient d’abattre c’est hélas que du pipi de chat dans le fond du problème. Daesh en a plus qu’il lui en faut de ces kamikazes, tristes épaves d’un dieu fou. Pas encore morts qu’ils sont déjà remplacés.On ne le vaincra qu’en lui coupant sa tête  (pratique qui est la sienne) pas en abattant ses fanatiques instruments au coup par coup. Alors j’aimerai penser qu’on s’inquiète uniquement de détruire les tireurs de ficelles, pas les pantins. Quand même ça doit pas être impossible à faire si on veut sincèrement sortir de la fête fort haine.
Niala-Loisobleu
20 Novembre 2015

COÏN SI DENSE


COÏN SI DENSE
Au virage d’une main coupée
restée par taire
ne passant pas là par hasard
mes oreillettes tendirent les leurs
Comme elle battait en corps
la mettant en visière
se la greffèrent loin devant
bouche à bouche
Par l’apporte cochère
une horde de chevaux bleus
ruant
s’attela à tirer l’amer du croissant
Niala-Loisobleu
17 Novembre 2015

IL Y EN A QUI PRIENT, IL Y EN A QUI FUIENT


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« Il y en a qui prient, il y en a qui fuient »

Il y en a qui prient, il y en a qui fuient,
Il y en a qui maudissent et d’autres réfléchissent,
Courbés sur leur silence, pour entendre le vide,
Il y en a qui confient leur panique à l’espoir,
Il y en a qui s’en foutent et s’endorment le soir
Le sourire aux lèvres.

Et d’autres qui haïssent, d’autres qui font du mal
Pour venger leur propre dénuement.
Et s’abusant eux-mêmes se figurent chanter.
Il y a tous ceux qui s’étourdissent…

Il y en a qui souffrent, silence sur leur silence,
Il en est trop qui vivent de cette souffrance.
Pardonnez-nous, mon Dieu, leur absence.
Il y en a qui tuent, il y en a tant qui meurent.

Et moi, devant cette table tranquille,
Écoutant la mort de la ville,
Écoutant le monde mourir en moi
Et mourant cette agonie du monde.

René Tavernier, paru dans Positions, 1943

Les Poètes de la Résistance

Quitte-on un jour la résistance quand on a traversé sa vie durant la guerre, l’ignominie, la dérive politique, les méfaits du capital ? Non, j’y suis depuis mon enfance et y serais encore après ma mort. Mon regard humaniste a toujours veillé, sachant que pleurer avant que le malheur arrive, a plus de chance d’arroser la paix que de la noyer dans le sang.

Aujourd’hui ce qui arrive n’est que le début d’un drame qui va sévir bien au-delà de la France, faute d’avoir coupé à la racine quand on a regardé que l’intérêt du rapport en lieu et place du prix à payer.

Niala-Loisobleu

14 Novembre 2015

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