Feuille de santé


Feuille de santé

Revenu du brouillard de la rue, je regarde  ce que ça sent autour de moi. Pas fort, côté la joie, étouffant à l’inverse. L’automne est au bord de sortir, ça plait pas à l’été qui depuis qu’il a commencé n’a jamais arrêté de se prendre dans le tapis du froid mouillé bouillant. On peut pas dire que la nature triche. Elle expose sans détours la réalité. La société est au coeur de son déclin. Est-ce triste ? Pas vraiment. Voilà un sacré moment que le processus a été engagé. L’homme-autruche qui a le don de se mettre la tête dans le sable est bien au pied du mur qu’il a dressé sans vouloir le reconnaître. Le défi ne tient plus que dans la dissimulation de la vérité. On a connu des périodes similaires dans l’histoire de l’humanité. disent les hâbleurs de la météo. Ah ouais alors c’était au temps d’avant les voitures et la production industrielle, car dans mon vécu qui fait date, rien de comparable n’apparaît. Dans ce cas pourquoi mettre la responsabilité sur le dos des engins à moteur ? Dire le faux en se servant du vrai comme un alibi, si on avait de l’honnêteté de base dans le comportement on aurait fait autrement qu’avec du cinéma.  Les bagnoles c’est le filon en or pour l’état, Entre taxes et contraventions y a pas photo. Le chauffage va devoir être rallumé, ça va rien arranger, parce que quand tout s’éteint il faut compenser en n’ayant que le mal comme moyen. En plus voilà que le beurre va augmenter….là ce sera comme dab, pas dans le porte-monnaie du contribuable.

Niala-Loisobleu – 18 Septembre 2017

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Tu m’as trouvé comme un caillou


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Tu m’as trouvé comme un caillou

Tu m’as trouvé comme un caillou que l’on ramasse sur la place
Comme un bizarre objet perdu dont nul ne peut dire l’usage
Comme l’algue sur un sextant qu’échoue à terre la marée
Comme à la fenêtre un brouillard qui ne demande qu’à entrer
Comme le désordre d’une chambre d’hôtel qu’on n’a pas faite
Un lendemain de carrefour dans les papiers gras de la fête
Un voyageur sans billet assis sur le marchepied du train
Un ruisseau dans leur champ détourné par les mauvais riverains
Une bête des bois que les autos ont prise dans leurs phares
Comme un veilleur de nuit qui s’en revient dans le matin blafard
Comme un rêve mal dissipé dans l’ombre noire des prisons
Comme l’affolement d’un oiseau fourvoyé dans la maison
Comme au doigt de l’amant trahi la marque rouge d’une bague
Une voiture abandonnée au milieu d’un terrain vague
Comme une lettre déchirée éparpillée au vent des rues
Comme le hâle sur les mains qu’a laissé l’été disparu
Comme le regard blessé de l’être qui voit qu’il s’égare
Comme les bagages laissés en souffrance dans une gare
Comme une porte quelque part ou peut-être un volet qui bat
Le sillon pareil du cœur et de l’arbre où la foudre tomba
Une pierre au bord de la route en souvenir de quelque chose
Un mal qui n’en finit pas plus que la couleur des ecchymoses
Comme au loin sur la mer la sirène inutile d’un bateau
Comme longtemps après dans la chair la mémoire du couteau
Comme le cheval échappé qui boit l’eau sale d’une mare
Comme un oreiller dévasté par une nuit de cauchemars
Comme une injure au soleil avec de la paille dans les yeux
Comme la colère à revoir que rein n’a changé sous les cieux
Tu m’as trouvé dans la nuit comme une parole irréparable
Comme un vagabond pour dormir qui s’était couché dans l’étable
Comme un chien qui porte un collier aux initiales d’autrui
Un homme des jours d’autrefois empli de fureur et de bruit.

Louis Aragon, le roman inachevé, 1956

 

C’était avant que l’apporte claque. Voilà trente-six mois et + , que j’arrose l’arbre de vie d’air de sel qui ne peut faire semblant. Toujours naturel comme le cycle des saisons sur lequel mon vélo tisse la toile. La chaleur est trop lourde , il faut que j’aille au creux, à l’endroit où les fougères écartent leurs palmes. Lit d’aiguilles dans la pinède, trouée par où passent les vieilles pierres de l’abbaye. Près des plantes médicinales du jardin de curé. La grande arche fend le ciel. Un saut de vague écume la plage d’un sourire chantilly. J’ai écouté l’oiseau revenu de sa traversée océanique, me dire que les lointains sont bien plus près que des voisins de palier qu’on ne rencontre jamais. Il n’y a pas d’oubli du silence. Seul le bruit ne peut garder de mémoire. On a toujours fait la voile en fonction du vent. Les matériaux changent pas le souffle des poitrines. As-tu vidé le sas de plongée ? L’arbre est en première page à la hune. La mer garde cette odeur de cabane en couleur vive. L’écaille y mouille son fruit. Algue marine couvrant ton front pour ne rien perdre du vert de tes yeux où je vis à te voir. La chanson de ton clapot me roule bord à bord, posée sur mes lèvres comme le caillou pour ne jamais te perdre.

Niala-Loisobleu – 6 Juillet 2017

 

ENTRE FOULEES


ENTRE FOULEES

De ces années passées d’un pied d’ici à des pas de l’autre

demeure

assez de vert en regains d’herbe

pour que nous puissions nous fouler l’un dans l’autre d’une m’aime nudité,

partout où l’oeil mouillé d’embruns refuse l’incarcération sèche

La promesse  du parcours poétique

nous tient  d’autant de brouillons

que de mises au propre

à l’écart des partouzes de tout club d’écriture en ligne

Niala-Loisobleu – 14 Décembre 2016

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Je ne cesse de cracher sur les pendules pour garder les crans solaires hors d’ombres !


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Je ne cesse de cracher sur les pendules pour garder les crans solaires hors d’ombres !

Te souviens-tu des zoos où ils rêvaient de nous désauvager ?

Les barreaux dorés des cages du but étaient sans équivoques-toutes ces fausses fleurs tentaient de les grimper pour leur ôter le souffle-privés de rapports nul besoin de cette gymnastique pour nous faire connaître leur intention de nous posséder.

L’homme c’est à croire, ne sait pas faire simple, il faut toujours qu’il entortille.

Sans faux-cils, faux-ongles, faux-seins, sans maquillage t’as pas l’air, t’es nature sans rien qui manque.
Ma parole, t’es finie sans qu’il manque un seul jour.

Je te l’avais dit le premier jour combien la grâce d’un sein qui tombe est lourde de générosité, combien cela m’émouvait les yeux de les entendre quitter tes aisselles sans parachute, rien d’un saut à l’élastique qui se la joue amor, ce grand frisson qui ferait soi-disant dresser en chute libre, seulement voilà au moment de la secousse ça fait juste remonter à la case départ avec en plus le risque de les avoir toutes bleues et 3 semaines en arrêt de travail.

Ils se croient drôles, tiens viens que je te montre ce qu’entre deux herbes hautes je viens de découvrir.

Penches-toi
Regardes
oui là ce qui bouge et qui est incolore
mais qui sens la peau chaude
la racine du poil
l’entre
la vie quoi
sans fard
sans frelaté du frisson
ben mon Coeur
c’est Toi
simple fleur de bords de chemins
feuille des routes où le courant d’air pousse à voile ailleurs
toi
fraîche comme une source qui est restée dans la pierre de la fontaine
avec tes p’tits bruits genre non regazéifié
si naturelle
que j’te bois à travers sans besoin d’horoscoper
Tu filtres aux frisons
à travers ta fourrure A.O.C.
les microbes des mauvaises alènes qui redistribuent le territoire
qui entaille les arbres d’un signe désignant la prochaine décapitation
ils supportent plus la croûte que le sel met aux rouilles des chaluts
ce rugueux qui a de la main de l’artisan la transmission du savoir-faire
rien du tout de ce qui n’est que bruit
non juste le sifflement d’un atterrissage d’emplumé aux rides du marais
et là entre tes deux seins lourds
cette faille
par où je me faufile sans dé à coudre
pour t’entendre me murmurer
Ne bouge plus abonne-toi à mon coeur
il est alimenté par l’énergie de tes roses, jaunes pas ô rangé, carmin rouge-dextre, vert-tigo, viole acé, liane bleue de la grosse veine qui relève la tête, le noir étouffé par ta blancheur virginale en mouvement perpétuel et les ocres de tes grains de beauté, roux-sillons que ton genre sabré pour mon dérèglement mental a fait Femme.

Je ne cesse de cracher sur les pendules pour garder les crans solaires hors d’ombres !

Niala-Loisobleu – 20 Août 2016

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