La vérité du drame est dans ce pur espace qui règne entre la stance heureuse et l'abîme qu'elle côtoie : cet inapaisement total, ou cette ambiguïté suprême. Saint-john Perse
Aucun mot n’aurait mieux pu, sans doute, exprimer sa joie.
Il le dit et tous ceux qui attendaient contre le mur tremblèrent.
Il y avait au centre un grand nuage — une énorme tête et les autres observaient fixement les moindres pas marqués sur le chemin.
Il n’y avait rien pourtant et dans le silence les attitudes devenaient difficiles.
Un train passa derrière la barrière et brouilla les lignes qui tenaient le paysage debout.
Et tout disparut alors, se mêla dans le bruit ininterrompu de la pluie, du sang perdu, du tonnerre ou des paroles machinales, du plus important de tous ces personnages.
A des couverts – mais lesquels -le vent rabote à rebrousse cailloux, les pilastres ont le mollet raide et là où reste de l’herbe les arômes se sont embusqués
Un filet monte , des algues en épis dressent des plis sur la plage
ne laisse pas le sable ne pas conter le tant
en posant un couvercle le chant qui sèche l’aqueux de la rosée
Une planche après l’autre la cabane sent toujours l’huître
de la vase lui colle en corps
les bottes chuintent
tire-moi du lit de la claire que je vois juste
D’aurore en crépuscule
que de soleils sautent dans la brume
entre le mouvement des marées
la sécheresse des mots feints ne déglace pas l’inavoué
Un matin de lendemain sans journaux, il ouvrit sa chemise pour reclasser les idées laissées sans suite, puis sortit par la porte de service.Le jour était en train de se poser des questions rien d’extraordinaire , juste bon à s’éviter de donner des réponses.Une partie au-dessus de l’horizon, floue et opaque, l’autre invisible, probablement en-dessous encore à ranger des trucs dans la cave. Il demeura coi, sans trop savoir pourquoi, mais à quoi bon. Ce qui est certain c’est qu’il mûrissait un projet dans sa tête. Un plan de dertalien, comme disait mon p’tit gars un ami cher, une exception au parcours, absolument rien à voir avec des envies de corrézien jouant les fan fans de la tulipe.
Le ciel qu’était plus lourd qu’une bise légère de ma p’tite-fille aux yeux bleus sur ma barbe, se chargeait d’un plomb à courir chez le charpentier pour tout étayer avant la fin de la Genèse. Mais z’est t-il encore temps, se hurla t-il afin de sortir de sa torpeur.
D’un coup de reins, il se précipita au port.
Avisant une barque, il la rama dard dard, afin de l’aiguillonner au RER francilien, que le développement des banlieues étendait désormais à tout l’hexagone. Avec sa pelle et son p’tit seau, il écopa d’une averse d’intérêt général qu’un maton qui faisait de la photo porc no, lui intima de reverser dans l’esquif échoué au milieu de la mère morte de chagrin. Des roms de passage par ici, sortirent leurs violons en déployant les accords d’Eon , l’édit des nantis et des sans-papiers, pour la parité, une sombre histoire de taupe. Un long cortège conduit par Charles, conduisit la Mama à sa nouvelle demeure, ramassant au passage tout ce qui se traînait rien que vaille.
Pendant ce mauvais temps, le ciel s’étant chargé davantage en nature, le ferry la barre dévissée, tournait en rond dans la tourmente. Une vierge s’en vînt à passer, noire comme un préposé au vain de messes, grand dam des flamands roses et des wallons beiges que le père Noé, poussait à embarquer pour sortir de cette impasse.
Combien d’épisodes durent subir les passagers de la croisière joyeuse, en compagnie des affligeantes productions de la télé, impossible à dire, mais qu’importe le voyeur de l’audit-mate vérifie les comptes.
Le vent qu’avait rugi et secoué l’embarcation tombait feuille à feuille. La mer se remontait comme un bidet produit par hic et ah. Compliqué, à cause des vices, mais suivre la notice avec son GPS pour trouver le bon trou.
Les gros nuages avaient quitté les lieux, tout était calme comme après une rave-party.Quand l’ô se fut totalement retiré, on vit un arbre posé sur une échelle. Il avait échappé à la sécheresse du coeur.
Des parasites bafouillent sur la modulation de fréquence
La méga herse s’est couchée en travers de la chaussée
Au milieu du canal le pont-levis est relevé
Les notes s’engloutissent
Le sabre de la nouvelle lune coupe le crêpe de la nuit
Pas un geste de la parole ne rompt les barreaux
Au pied de la geôle chaloupe l’évasion
Les hommes dorment d’inaction
Aux mains griffant les décombres d’un bonheur arraché
Sur la langue de la plage sèchent des mots échoués
Salive enregistrée
Raides d’un sel qui les a conservé intacts
Mots de tout que le silence n’a pas étouffé
Juste mis en attente
Ma mémoire d’amour guette
Du plus haut de la hune
Le signe
Le souffle
L’onde
Qui va recercler les hanches des canards
Le lien patient a cassé la glace de son étrave
Elle se dresse
Son jour en corps au centre de la nuit
Demandant pardon aux hommes de n’avoir su trouver l’emplacement du bonheur
Présentant sa présence à portée de coeur
Debout dans ses yeux
Sur le sable qui moule ses chevilles
Au seau appâté par la pelle de son désir
Trois cormorans crient d’elle et de lui
L’île n’est plus lointaine
Ile y est pour ailes
La marée s’est retirée pour laisser passage aux pieds
A contre-courant la nage est vaine
Les coquilles crissent leur vide au marché des nus pieds
L’eau douce sale les larmes et bleuit les joues
Le jour n’est plus loin
Occis gênes et pièges menant droit aux naufrages
Une lueur tend son cordeau mauve sur l’horizon
Qui dévoile le chenal
Sur le môle nimbé de blanc un home attend
L’ouverture des portes de l’écluse pour changer d’étiage
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