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IL ME TARDE


IL ME TARDE

Ces derniers mots que tu m’as dit, je me les passe en boucle appuyé au balcon des demains, en scrutant au loin ce qui  ce soir fera ou non deux mains. Tout nage dans la non-réponse encore faite à la PROMESSE. Peinte au cuir chaud de ta peau, elle se promène seule en mer. Où ? Quelque part sans avoir laisser le moindre repère d’un reçu cinq sur cinq. Mes pores loin d’avoir brulé leurs derniers vaisseaux s’essuient Mélody Nelson, en grillant les feux d’étthers craquelés. Par la fente du créneau qui nous relie, me voilà qui serpente au torrent de ton col, chacun son tour en tandem appuyant sur les manivelles pour se monter en danseuse, la tête dans le guidons-nous que rien ne se perde. Tudieu heureusement que t’as un double plateau, me v’là qui te monte dans l’abîme à re-culons, à qui qu’aura gagné l’étape en premier pour aller passer la nuit à l’ô tels. Ce que je vais peindre aujourd’hui tiendra notre figuratif en abstrait. Expression m’aime du souffle retenu, qui n’a d’autre chance d’être entendu que par la magie du parfum qu’il exhale. Les fleurs de la fenêtre en ont le pouvoir.

Niala-Loisobleu – 23 Avril 2017

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ROUE A AUBE


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ROUE A AUBE

Le magasin de ce Lundi n’a pas ouvert son rideau, quel sera le plat u jour ? Il y a dans la fraîcheur du matin, l’humide perle de rosée qui risque un oeil au bout de la branche. A part une pie voleuse qui marche sur le toit de la cabane, rien ne sort du lit de la rivière. Je laisse mes yeux dans la chaleur du rêve où hier soir ils se sont endormis.

Insanes histoires de la vie,

Toutes voix tues
Reste le bruit éternel du sang.
Debout sur les désastres des guerres
Brillent les vains débris du monde,
Le ciel rempli de fantômes d’aurore.
Cachée dans les brouillards des villes,
La peur fait bouger les engins du rêve

Un doigt déchiffre la langue morse
Des fièvres profondes,
La litanie des oracles perdus

Tout va se refaire sous nos pas
Au seul cri du matin
Et les ruines s’illuminer d’aube.
Aube, première aube toujours déchirante,
Qui construit la journée avec le néant.

Albert Ayguesparse  (Les armes de la guérison – extrait)

Le laitier réveille les pis du bruit de ses bidons, une vieille histoire triste colle à la paille chaude de l’étable. L’oiseau rieur s’essaie depuis la nuit des temps à changer l’heur du commencement. Un homme de mauvais foie a laissé son fiel dans l’huile des rouages. Je ne suis pas de ceux qui plaisent, ma nature ne fait jamais l’effort de refuser le bonheur de vivre. Ah la bouteille et sa moitié pleine ou vide c’est plus un sarment d’ivrogne de l’amer que la fille de joie vierge du jardin des délices. Au bar de la Marine on aime se ressasser l’infortune d’avoir un fil à retordre dans chaque pore. Pourquoi vendrai-je mon sourire au diable, il ne changerait rien au seul âge qui soit vrai: celui de mes artères. Les Chemins des Dames ne devraient pas être faits pour les commémorations funestes de la connerie humaine, mais pour hâler la rencontre de l’Amour.

Niala-Loisobleu – 17 Avril 2017

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MOT A MOT 5


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MOT A MOT 5

LE LANGAGE DES FOUILLES

Déchues les divinités muettes
veillent de désespoir en désespoir

À détecter le langage des fouilles
de part en part s’insinuent les soupçons

Qui osera encore lire dans la main
les lignes mal déchiffrées des désastres

Pour refaire la somme des preuves
s’impose à coup sûr la divination

Albert Ayguesparse

Sur la piste refroidie des plis d’un drap débat, je renifle. Les flairs du mâle ? Pourquoi pas, y a pas de mâle en moi au sens premier de l’équité refusée. Avant d’être j’ai l’intime souvenir d’avoir été conçu par là où je suis sorti. Une puissante nuance qui devait marquer à jamais mon concept de la Femme en un partage des deux genres me choisissant androgyne. L’humain que l’animal a dévoilé en moi est strictement lié à une évolution que le dressage n’a jamais abordé. Ma liberté de pensée est innée. D’abord la notion de respect, là pour induire le sens de ce qui va suivre: aimer. Les divinités s’expriment. Réduire une femme à un trou n’est pas seulement offensant, c’est métaphysiquement insane. Je laisse de côté l’aspect poétique de cette monstruosité qui fait entièrement défaut.

Les arbres font l’ola sans besoin de se déguiser en plumeau cul. Branches porteuses charpentant la canopée, ils font chambre d’hôtes aux oiseaux sans gîte à la noix. Le regard que les circonstances du contact m’amène à poser est dénué de soupçon en première intention. Brel l’a chanté dans la douleur. Mais on peut être mécréant et penser qu’on ne peut enfanter autrement.

J’ose lire les lignes dans la main. Ce qui non seulement me porte à faire l’état des lieux mais aussi avancer les travaux de génie-civil de jetée des ponts. Il pleut berges errent, se lamentent les épaves à la dérive… Je n’aurais pas perdu de tant à vivre indifférent. Mon enfance de l’Art m’a mis sur la voie.

“Enfance de l’art”

Les mots s’écoulent. Sans strophes. Sans mesure. Sans syntaxe parfois, tel un collage de membres de phrases reflétant l’espèce de confusion mi-rêvée, mi-réelle du couple. Pas de ponctuation non plus, aucune virgule — à peine un point au vers six, pour suspendre le poème avant la mer, les larmes, le lait, l’eau des lèvres. Ces liquides sont quelque peu coquins, qui renvoient — discrètement mais clairement — au plaisir. Et ce plaisir, goûté en pleine nature ensoleillée (les oliviers et les collines suggèrent un tableau méridional), au réveil, alors que les rêves traînent encore sur les yeux, achève de confondre la femme aimée avec le paysage (un peu à la façon de « La magie noire » de René Magritte [1945]). Puis contraste à l’avant-dernier vers : irruption d’un bel alexandrin, un vrai, au rythme symétrique 3’ 6” 9’ 12, agrémenté d’un jeu d’allitérations en [k], très minérales, qui rompt justement avec la fluidité des lignes précédentes. Pour signifier, après une césure rocailleuse au dernier vers (l’accentuation du « qui » en césure est, en effet, renforcée par les allitérations sourdes et gutturales de l’alexandrin ; point d’enjambement donc), cette pointe de jouissance traversant le corps jusqu’à la bouche — dernier mot du poème aux phonèmes longs, chuintés, sensuels.

Enfance de l’art

(La Rosée sur les Mains d’Albert AYGUESPARSE [1900 – 1996])

.Niala-Loisobleu – 14 Avril 2017

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FIN DE CONTRAT TANT LIBRE


FIN DE CONTRAT  TANT LIBRE 

Ici la nature est un paysage où ce qui n’est pas encore arrivé tend déjà à ignorer le désolé. Laisser les cortèges funestes se former en impasses, le voile déborde toute question religieuse, la nature humaine se suffit à elle-même pour tromper les autres de sa couleur  d’emprunt
Tiens au port les bateaux déshabillés de mâts en haut cherchent des rames
un triste visage en proue
les jambes plus guillerettes qu’un marathonien revenant de faire ses courses
un homme que je croisais avait dans l’entrain tant de lumière
que j’osais l’aborder
– Que passa ? lui demandai-je
– C’est magique je viens de voir un enfant instruit de ce qu l’école refuse de faire connaître
– Et alors ?
– Mais Tout est là !

Je compris soudain
et sortant mon arme de service, me crevai la toile du ciné au couteau… la salle obscure d’une fausse-route menant à l’exit du jour. Passant mon cou entre ses cuisses, je la mis en selle sur mes épaules pour que le printemps ne se retienne de fleurir ma barbe de ses fleurs de rosée

Niala-Loisobleu – 11 Avril 2017

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MOT A MOT 1


Mot à Mot 1


Louange des insoumis

À profusion se lisent aux fenêtres
les appels à la louange des insoumis

Est un signe de connivence
ce qui dans l’effusion s’improvise
Pays où l’irrationnel triomphe
y apparaissent une multitude d’étrangetés

Pour que s’abolissent les poncifs
il a fallu à tout prix un retour de force

Avant longtemps auront disparu
d’une tragédie les vestiges

Albert Ayguesparse

Comme le mort cérébral qu’on refuse de reconnaître mort, le paysage d’un monde qui a peut-être eu une âme, mais…me sourit de toute l’absence de ses dents. Il conviendrait certainement de reconnaître que j’en suis mordu tout seul. En l’absence de la réciproque. Les fruitiers d’un jardin n’ont de fruits que par la greffe de la semence au sillon qui trace au creux de la veine. Sang lui, rien. L’amour, élément vital de toute espèce, est incompatible au mariage pour tous. Marier son coeur à un cliché décharné de vie, c’est vendre son âme au diable. Il y a tout près, bien plus près qu’on ne le  voit, ce qui ne fait pas de bruit, battant d’énergie rentrée. Et dans ce qui ce montre sur une scène constamment ouverte, rien que du factice. Regarde en toi, la lumière ne fait pas clinquant, elle sourd de l’ô, naturelle, comme source vitale cachée. A force de courir d’un bout à l’autre du rien tu apparais comme une imagination sans scrupules, je te laisse à ton inconséquence, toi qui m’as trompé dès le début, tu ne seras pas ma fin. Être bon rime à tort avec con. J’aime le silence qui n’a rien vieilli du vrai malgré les années. Leur manque, leur vide apparent. Ce qui ne se montre pas est ce qui est visiblement intègrement pur.

Niala-Loisobleu – 7 Avril 2017

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Où sont les fruits ?


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Où sont les fruits ?

Rien ne grandit ici qui n’ait le poids de l’ombre.
La nuit même se cueille avec des gants de suie
Et son bouquet se fane entre les mains des pluies
Et l’on dit que son cœur est plein de graines sombres.

Le monde surprenant des bêtes endormies
Glisse dans les chemins et laisse un long remous
De sueur et de lait à la robe des loups.
Les pieds dans les cailloux, je t’attends, mon amie.

Car sans toi ma journée est perdue et s’en va,
Comme tant de journées, se mêler à l’oubli,
Si tu lèves le bras, les murailles d’orties
N’arrêtent plus le sang de couler sous pas.

Je ne vois pas tes yeux mais je sais comme ils brillent.
Le vent noue à ton cou son collier de fraîcheur.
Tu pousses les verrous des portes de la peur
Et tu n’écoutes plus ce que les soldats crient.

L’un a perdu la voix et sa besogne est faite;
L’autre reste les bras ballants devant la vie
Et défait le cocon d’un sommeil de charpie.
Pour moi le jour s’avance avec ses chants de fête.

S’il se mêle à cette aube un goût de tragédie
Il vient d’un souvenir que nulle eau n’effaça
Ton amour s’il me manque est un jeu de forçat
Et mon cœur pique au mur sa triste broderie.

Il pousse au bord des champs de grandes feuilles rouillées
Qu’aucune main n’arrache aux mortelles caries.
Les pâles tournesols surveillent les prairies
Et penchent leur œil noir vers les herbes mouillées.

Quelle fronde a brisé le fil des rêveries?
On n’entend plus le bruit du vent dans les villages.
La guerre a devancé dans la plaine l’orage
Et disperse ses morts sous des terres fleuries.

Il ne se passe rien, mais on ne sait quel feu
Réveille dans le chant d’un oiseau la folie
De la terre et des cieux. Les désastres s’oublient
Trop vite et la lavande enlève ses bas bleus.

Albert Ayguesparse

J’ai bien arrosé les espaces secs, binné les mottes racornies, filtré les zones polluées, enfin mis, sans intercaler, sans doute, le doute suffisant, la volonté d’aimer au-delà de la raison. Pareil au sens qui m’anime dans le concept de mon coeur. Qui s’en souvient, parce que demander qui s’en souviendra serait pour le moins totalement dément…Ce monde ne sait que prendre, donner est au-dessus de ses moyens.

Niala-Loisobleu – 5 Avril 2017

 

 

FORTE NUIT DE BILAN


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FORTE NUIT DE BILAN

Le silence au petit-matin, en couverture, ça rassure les yeux au terme d’une longue conversation qui n’a pas nuit.

La lune demeure expansive et libertaire. Elle se fout des yeux chiasseux qui matent d’une serrure à l’autre en se disant « cachons-nous jusqu’à nous m’aime, faut pas rougir de salaces idées ». Tâchons seulement de tout savoir de ce qui ne nous regarde pas

Lune et l’Autre, n’avons pas à nous souvenir du rêve qui de Nous deux n’a fait qu’Un, le jour le poursuit. Nous restons branchés sans craindre un soupçon libertin rajouté aux poivres d’épanchements de si nos vies (n’étaient pas ce que nous en faisons, nous ne serions que le regret de nous mêmes).

Tout au long de tes  collines je continue à coller à tes flancs. Mains tenant les fauves qui ont le musc des feulements restés accrochés aux branches des voeux érectiles. La chaise sur laquelle mes fesses t’ont prises en amazone, andalouse, cheval à rab au manège ondulant, un toro noir dégainé chauve, traversant lô live à taper au noyau…

Ole ! Anda !

Non, ne parle pas, laisse ta langue allée

principale

par laquelle j’antre

parler à ces oiseaux multicolores qui nous excitent de leur plume hard

puits à ce chat

denseur du grand écart

laisse-moi , croix de bois, crois de faire, le salto de mes dernières pointes, chant de bon signe lancé à la volée, qui n’écrase pas sa balle, out dans le mur…

Ce que j’ai vécu cette nuit me permet ce matin de partir, je n’ai plus rien d’ici à faire, mon Amour est d’Ailleurs.

Je n’aime pas ces portraits psychologiques il font trop beau pour être vrais, la preuve preuve tient dans ce que l’on trouve au bas de la page de sa vie

Niala-Loisobleu – 30 Mars 2017

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TOUT CONTE FAIT, SUITE A…


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TOUT CONTE FAIT, SUITE A…

Quand le sabre en lui pénétrant les reins se retourna, il avala sans boire l’eau de là. Une idée défaite du passé. Dans les étuis, les cuivres ternissaient sans plus se prendre la tête à vouloir retrouver l’âme des violons. L’ocarina colle aux quintes, de son air cucurbitacée qui aurait percé ses fonds de culottes, sur un piquet d’école trop fréquenté pour imaginer sans tirer avec une mention très bien.

Son choix presque à terme, juste à deux pas du mûr, montrait comment sans coup férir, on peut se sortir du bilieux mal fréquentable. L’ictère cornue de la famille du crotale au sein se reconnaît aux bonnets 95 B, qui au premier signe de fugue, vous met en moins de 30 secondes, sur le carreau d’un ô cul us des polis tout à la main.

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Marcel à force de vouloir offrir ses pôles sur la poitrine et plus loin que les avant-bras de l’entrecuisse, au vu et au su d’un monde ouvert (que dans sa tête) comme un lit-clos en période de congés annuels, s’en était sans doute pas assez pris dans la tronche, pour qu’à chaque fois il remonte à l’assaut de l’infortune, qui veut gagner des biles lions.

Tout ayant une faim, Marcel, sans que rien ne l’ait laissé paraître se mit à regarder les étiquettes, pour voir ce qui entrait dans la composition du plat du jour. Le profiteur se reconnaît des autres, à ce détail près, qu’il s’imagine pas un instant plus pouvoir se gaver de son légume préféré :le naïf, qu’on trouve en tous climats et en n’importe quel potager du monde.

Sa Grand-Mère lui en avait eu beau montrer les différentes espèces, il en avait pas tenu compte par excès de bonté, probablement une séquelle judéo-chrétienne, qui avait réussi à l’infiltrer, lui le mécréant consacré (il est prouvé que le vrai mécréant est un croyant souvent plus sincère qu’un pratiquant de la messe du Dimanche à 11h). Son vieux copain Achille, l’étalon, comme l’avaient surnommé les filles, ne manquait jamais de lui réitérer entre deux stations, lorsqu’il voyageaient ensemble.

Je tiens à ma santé, lui renvoya son image depuis la glace de sa toilette, ablution psychique.

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A force de mirages de leurs belles paroles sauf les chameaux, que voyaient ses yeux ? Eh ben rien que des cars à vannes, sans qu’un chien s’y hasarde. Troublant, non ? En un éclair il défoudrayât d’un coup son an blême. Frappé par une brusque apparition du Vésuve, lui projetant un documentaire sur Pompéi, ses maisons closes ouvertes aux partouzes, et où, à présent, l’or gît sous la cendre, sans qu’un phénix ait remédié à la situation depuis l’Antiquité. Surprenant non ?

Ton oeil droit ne connaîtra plus d’amélioration, l’intervention subie il y a maintenant quatre ans, a réussi en ce qui concerne la destruction de la capsule qui l’obstruait, mais a causé un affaissement de la rétine, qui en réduit la vision. Quant au gauche, c’est statu-quo, sa capsule ne s’est pas développée depuis ce même délai, restera-elle ainsi, ou proliférera-elle d’un coup, les deux sont possibles. On ne l’opère pas en l’état, chui là. Nous nous reverrons donc dans un an, si rien ne se produit entre temps…..merci Docteur., cligna-t-il des deux, acide.

Marcel, s’arrêta un instant devant son passé. Il vit dans un coin de la vitrine, une image de cabane, qui se tenait à l’écart des belles peintures à faire croire et des mélis-mélos du Grand-Guignol du quotidien. Il entra et vit un espace ouvert donnant sur la mer. Il avança vers son vélo en chantonnant que la mer on en voit jamais l’bout en apprenant à la prendre par le bon.

J’ai écrit ce billet en réponse à celui d’Océan de Couleur: « Sommeil d’une Vie »

Sommeil d’une vie

Niala-Loisobleu – 14 Mars 2014

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CELUI QUI N’A RIEN DIT, NI FAIT, PARLERAIT DE PARTIR


CELUI QUI N’A RIEN DIT, NI FAIT, PARLERAIT DE PARTIR

Il parlerait de partir de l’autre côté de la mer

pour l’autre trottoir des rivières

les rues des nuages

les caniveaux des plages

Partir sans bagages

juste une chemise de vent

et derrière un reste d’orée en plein centre d’une clairière

Il parlerait de partir

pour ne plus devoir traverser le trou des paroles

désapprendre à lire interdit d’espérer en marchant sur les pelouses affichées

Il parlerait de partir

avec juste un dernier poil de bleu dans la barbe

un reste d’acné au front d’une guerre des boutons

du sel marin dans les carreaux du tablier

plein de mauvaises herbes cachant le bon chemin

une flèche au tracé d’un arc-boutant

trois cailloux c’est tout

et les quatre éléments

du rauquement de la première

Femme

aux ouïes de Lascaux

Il parlerait de partir sans des routes

à la nage

en cerf-volant

en ultra-son

en baleine

en oie sauvage

en dessein tombé de l’aisselle des valeurs

Il parlerait de partir ailleurs tiré par les aboiements des chiens

rifant les six cordes d’un flamenco accroché de blanc au noir toro

Loin

Dispersé à l’éternité de la grande illusion

Il partira

à contrecoeur c’est sûr

de son sentiment fort

justifiant de se parler tout seul

Cette nuit j’ai rêvé que j’étais mort au moment où hier m’a mis debout..

Niala-Loisobleu – 7 Mars 2017

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UN PAPILLON VOLE ET MOI AVEC


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UN PAPILLON VOLE ET MOI AVEC

Tête vers l’intérieur, le mouvement des rideaux pose ses doigts sur le rebord de la fenêtre. Dos douloureux, front glacé, une tache contre au manque de clarté de la vitre. La pièce retient visiblement un ensemble d’idées disparates, dans un désordre tel que rien ne tient debout. L’endroit et l’envers se cognent dans les murs d’un palier à la minuterie coupée. Combien d’étages restent-ils à se farcir? Les seules nouvelles attendues n’étant pas arrivées, la boîte à i’être s’écrit en monologue . Il est une boule de cristal, au bas de la rampe. Cet espoir surhumain qui coupe le gaz au bon moment.La musique elle-même n’ose plus faire le moindre mouvement, on la sent sur le pas d’une pudeur extrême, elle si vive, si insouciante, toujours le pas de danse à la bretelle. Le prétexte à sortir du sillon mis spontanément en avant, tel un printemps qui résiste au gel. Et les casseroles repliées sur la batterie de la désinformation , n’émettent pas le moindre bruit qui s’avère, on les sent un peu honteuses, sans toutefois le dire. Seraient-elles coupables ? Pourquoi pas ? Oui, mais de quoi ? De ne rien dire ? Ah la fuite en définitive c’est ça, ce qu’il y a de rassurant. Seulement voilà c’est pas comme quand tu te promènes le nez collé à un petit papillon bleu. Alors tu traverses le champ en sautillant. Pour ne rien perdre de l’acrobatie du vol, t’as les narines au pot de l’animal, qui fait son meeting aérien.Tu chantes et ris, oubliant que t’étais sorti à poil, juste les lacets dénoués de tes semelles de vent aux pieds. Même pas un chapeau de paille, du soleil sans ombre, trempé dans de la fleur des champs, dans la couleur du bonheur. Et ça monte, ça redescend pour dessiner de la volupté, de la spirale, du tourbillon, le manège de tes tuileries, hennissant de tous ses chevaux de bois. Y a même le violoniste du coin de la rue qui fait se tordre l’accordéon de la fleuriste des quatre-saisons. Des sauts de frissons parfumés, des sauts de jours de faites l’amour pas le guère. Et de la fenêtre du 5°, le piano secoue son clavier, la nocturne s’éparpille, c’est matin, c’est vite on court dans l’escalier, les cerfs-volants passent la rampe. Sur les étagères les bocaux de cornichons resteront les seuls à mariner.

Le petit papillon vole toujours…plus fort que la réalité pleine de choses à pas pouvoir décoller du sol.

Les alliances de la combine se rendront toutes seules à l’église pour baptiser la mort.Nous on veut vivre !

Niala-Loisobleu – 24 Février 2017

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