D’un soleil habillé en « parti sans laisser d’adresse », l’horizon n’est pas amoindri par la moindre coulure de rimmel.


D’un soleil habillé en « parti sans laisser d’adresse », l’horizon n’est pas amoindri par la moindre coulure de rimmel.

Il est insupportable de se sentir part solidaire et impuissante d’une beauté en train de mourir 
par la faute d’autrui. Solidaire dans sa poitrine et impuissant dans le mouvement de son esprit. 
Si ce que je te montre et ce que je te donne te semblent moindres que ce que je te cache,
 ma balance est pauvre, ma glane est sans vertu. Tu es reposoir d’obscurité sur ma face trop 
offerte, poème. Ma splendeur et ma souffrance se sont glissées entre les deux. 
Jeter bas l’existence laidement accumulée et retrouver le regard qui l’aima assez à son début 
pour en étaler le fondement. Ce qui me reste à vivre est dans cet assaut, dans ce frisson.

 René Char

Alors construire aujourd’hui reposerait sur tout casser à deux mains ? La bravoure du super anar qui du ku-klus-klan n’a retenu que la morale de la cagoule pour te casser la gueule en s’en faisant sa récré. Pauvre je.Rien de ce qui a été construit ne finit en suicide du futur.

Tu peux te faire moche, prendre la langue de travers, te tâcher derrière un condensé de tes restes de  vomis, être à faire peur, t’arriveras jamais à faire fuir ce que d’amour tu possèdes intrinsèquement. Je ne fais pas crédit à l’arnaque quelque soit son déguisement. Tu n’aurais pas été belle sur le fond que j’aurais jamais pleuré d’émotion à te vivre. C’est l’homme qui a inventé les dieux, pas le contraire. L’amour ça passe ni par une apparition ni par la voie de Jeanne d’Arc ! C’est incamouflable !

Niala-Loisobleu – 06/06/16

10t-Dariusz Klimczak

Je t’aime sans qu’une seule de mes cellules soit d’un avis contraire.


Je t’aime sans qu’une seule de mes cellules soit d’un avis contraire.

1

Nicodème mon nom, comme je dirais l’autre visage, qui vient pour témoigner, à toi.
Te voilà parole, face à moi. Nous allons ensemble.
Nous suivons les faucons dans l’air chaud, un battement large
dans la poitrine donne sa mesure : sang et poussière, notre passage.
Au-dessus des oiseaux de proie, le bain éternel des photons contredit l’existence de la nuit. C’est un discours de ciel ouvert.
Personne ne peut saisir
la lumière
qui nous traverse, ce serait poser sur la blancheur une main sale,
aussi tout le poids du jour et ce qu’il fut,
la première cause.

2
Il y eut. La fraicheur d’un parfum, une invitation. Il y eut
la saleté sur nous où les paumes s’étaient posées, nous appelâmes la langue, pour lécher.
C’est ainsi, le début. Je maintiens : je ne me suis jamais lassé, je n’ai jamais laissé mon amour qui est encore. Sur le corps entier
un mot, compagnon, s’écrit de lui-même. Je rassemble pour témoignage entre les pages des livres une histoire une autre, la moindre différence, tout, ongles brisures cheveux noirs qui sont la ramification du Noir, je dis : ils rempliront ma bouche.
Pour une autre naissance.
C’est peut-être là. Nous serons remis en cause.
J’écouterai les avis contraires comme une ombre à midi.
Je pèserai le jugement juste dans le silence du ventre.

3
Il y aura. Dans la matière. Quelque chose qu’on ne peut toucher,
il y aura un prolongement.
Tu vois la chair passant, encore chaude, la possibilité d’étreindre.
Tu vois, il y aura entre nous plus. Une certitude ou une idée. Me crois-tu ?
Nous deviendrons d’autres nous-mêmes, ne doute pas de cela.
Nous apprenons l’absolu en fréquentant la mort sans savoir ce qui nous permettrait de dire. Sommes-nous comme des enfants ?
Nous croyons d’avoir vu, le ciel pour le ciel, ou ce qu’il est, un drap tiré sur cette lumière sans fin qui nous traverse, ainsi
de part en part. Nous voilà
baignés par la nuit.
À l’aube renouvelés…

Stefanu Cesari (Une fenêtre sur la mer- Une anthologie de la poésie corse actuelle)

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Polyphonies déliquescentes ? Le chant des vagues tape aux Gouffres du Diable en version désintégrée. Le sauvage qui en émane n’a plus les senteurs du maquis.Un fusil se braque derrière chaque minute d’un jour qui ne se lève. Rien dans la composition de mon bleu n’a fait tourner la sincérité. Au bord du précipice il garde la lancée des cordes de son pont de singe à tue-tête. Où donc est coincé l’écho ? J’hurle comme le vent de la douceur profonde du refus de me coucher. L’amour je te le porte de cette force qui s’adresse à chaque tous les autres, cailloux d’une longue croisière.

Je t’aime sans qu’une seule de mes cellules soit d’un avis contraire.

Niala-Loisobleu

4 Juin 2016

Pis…raté, ou comment pas ce gâcher le mot râle


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Pis…raté, ou comment pas se gâcher le mot râle

L’histoire de moi que je viens raconter là est d’un autre. Je vous l’assure et sans aucun doute mieux que les avantages inexistants du prêt que l’arnaqueur proposait après avoir piraté mon compte sur Fesses de Bouc. Un incident bien ordinaire sur c’t’endroit où traîne le pire en gences.

Mais voilà, au monde du jour d’aujourd’hui comme le franchouillard aime à dire, il a de la culture le bougre, c’est d’un banal à mourir. As-t’on besoin de plus de pauvreté, de moins d’honnêteté, d’encore plus affligeant ? S’il-te-plait Bouffi lâche-moi les basses quêtes. On a besoin de rien. En la matière on est en surconsommation. Notre représentation présidentielle est l’exemple du mieux placé. Y a pas photo, t’écoutes Valls et tu denses plus jamais qu’en le roi faits néant apparaît.

Je veux vivre en aimant en corps ça.

Il pleut sur la mer

Il pleut sur la mer et ça sert à rien
Qu’à noyer debout le gardien du phare
Le phare, y a beau temps qu’il a plus d’gardien
Tout est électrique, il peut bien pleuvoir
Aujourd’hui dimanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c’est bien inutile
Ca mouille la pluie, c’est du temps perdu
Les mouettes s’ennuient, blotties sous les tuiles
Il tombe des cordes et l’eau s’est pendue
Aux plus hautes branches
De la Manche

Il pleut sur la mer et ça sert à rien
A rien et à rien, mais quoi sert à quoi ?
Les cieux, c’est leur droit d’avoir du chagrin
Des nuages indiens vident leur carquois
C’est l’été comanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, l’eau, quelle imbécile !
A croire que la mer se pisse dessus
Saborde ses ports, ses cargos, ses îles
T’as l’air d’un moineau sous mon pardessus
D’une corneille blanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer et ça nous ressemble
De l’eau dans de l’eau, c’est nous tout crachés
Et nos yeux fondus au cœur de septembre
Regardent rouler des larmes gâchées
Curieuse avalanche
Sur la Manche

Il pleut sur la mer, c’est con comme la pluie
Peut-être c’est nous qui sommes à l’envers
L’amour a des nœuds plein sa mise en plis
Ca nous fait marrer, il pleut sur la mer
Aujourd’hui dimanche
Sur la Manche

Allain Leprest

Celui-là  d’Allain, il fait l’exception, pareil à Dimey, des êtres d’une telle grandeur d’âme qu’ils ont allés se sublimer au moyen de leur propre destruction. Se foutant en l’air à s’ouvrir à vif jusqu’au sang  que moi j’en hurle autant mais en vivant. Malgré le mal que trop se donnent pour tout démolir. Qu’ils soient foncièrement méchants, simplement maladroits dans leurs propos comme dans leurs actes, sots à bouffer de la bougie, ça change rien à la démolition. On construit la ruine. Vivant au contraire sur le mode létal. J’ai reçu la cathédrale en humanité, j’vais pas renier ma truelle pour me faire mauvais compagnon parce que c’est in d’être que dérision…pôvre de nous.

Quelque soit l’à venir, mains tenant j’lâcherais rien de mon « Je t’aime », j’tiendrais parole d’homme sans cracher ailleurs que sur vos tombes félonnes

Niala-Loisobleu – 11/05/16

J’VEUX PAS MOURIR VIEUX


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J’VEUX PAS MOURIR VIEUX

Une nuit d’hommes sans faits notoires. Le jour, mal réveillé s’étire des étoiles que personne n’a vu. Enfin presque. Un minuscule géant, commence son cinéma au milieu du lit conjugal des lambdas du 5°. Lui, toujours sur la frustration de la fièvre du samedi soir. Elle, défendant son territoire, un caleçon long en clôture, en disant ça y est le voilà qui veut déjà. Merde un dimanche qui commence mal. Tout dans la tête, le coeur cherche le remontoir. Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir occuper les enfants à faire ?. Faut trouver un appeau familial, où tout baigne, mijote la mère en se sentant une démangeaison intime remontant d’un trou vide. Trop vieux maintenant pour les manèges, faudrait les emmener à l’éco-musée d’un bordel pour qui voyent des souvenirs de leurs grands-parents. On en profiterait pour laisser un chrysanthème en plastoc, c’est bientôt Toussaint. . Il faut que Paul laisse sa petite soeur, elle trouvera bien toute seule la meilleure façon d’apprendre à décortiquer la crevette. Quand je vois l’état de leurs draps, je pense qu’ils font une allergie au coton. Faudra que je voye les contre-indications du produit à vaisselle. Le quartier brocante ce dimanche. Je vais me débarrasser de leur père. Il parait que trois foyers sur un sont éteints. Les pompiers se reposent la bouche d’eau. Et la grande échelle se fait plus mettre en levrette contre les façades. Avec les intempéries on manque plus d’eau, l’extinction est un phénomène devenu naturel. Passé les premiers nuages, il devrait faire du soleil. Froid à sec, un peu comme le rapport sodomite que les Hommes développent entre eux. La nouvelle culture humaniste du faut que j’te mette avant de me faire foutre se fête chaque jour avec ses voisins.

N’empêche que dans mon île, là où j’ai cabane ouverte, je m’en fous vieux jeu comme un sale môme qui voit pas les années sortir de la marelle. Mes craies aiment me colorer les doigts, ça tâche pas les ronds de fumet des histoires que je m’artisane. Bah, bien sûr le fil du rasoir c’est pas sans risque de se couper. Mais la norme c’est l’assurance de se noyer. Donc quitte à se pendre, mieux vaut que ce soit au cou de l’amour, j’veux pas mourir vieux.

Niala-Loisobleu

11 Octobre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=YrLk4vdY28Q