Selfie, perspective aux yeux fragrances


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Selfie,

perspective aux yeux fragrances

En bouche le goût métal d’une musique de rue

dont mes tempes cherchent à s’affranchir, pouce circoncis au stop d’un carrefour

Au loin, la chaume a du mal a se rafraîchir la mémoire. Que reste-t-il après cet étouffement latent, sinon un tant larvé dont rien ne laisse à espérer.

Les trois côtés du triangle montent en un seul point inexorablement à l’envers de l’effort. Dans le dit plus la moindre trace du fait.Les règles sont des enseignes dont la lumière s’est éteinte d’une rupture de fils conducteurs.

Les trous de la chaussée font stase. Il y a des fuites dans tout le système de canalisations

Mes phalanges et mes paumes

âme son sans appâts

tendent grand les oreilles

Je ne suis pas des passants qui vivent dans la mort

Intérieure

ma force infinie dans son réseau de racines

trace en se jurant de détruire le caillot qui voudrait la bloquer

poussant des reins bandés l’échafaudage à se dépasser

les pierres à s’extraire

à se tailler

en voûtes et linteaux, rosaces et trumeaux; marches et clés, flèches et gargouilles

avant que les promoteurs aient fait disparaître la moindre place de l’ultime embrun

Tendon de viole

gambe de bois

oeil de vert

des hauts-bois la-voici s’extirpant des hauts-fonds

ruisselante de tous ses pores

touffe en bataille

Qu’elle crie, oui et d’un silence vibrant à percer les tympans

pour que les chapiteaux libèrent les animaux du bestiaire

et qu’on entende jusqu’au delà d’une vie temporelle

les fifres et les tambourins

la tracer

aux jambes des âtres

dorée comme une miche fumante

cette artère sanguine

coeur truelle

cette verticale sans compromis

cette percée d’un regard en attente de se greffer à l’autre

pour y voir clair

simplement

clair

en nôtre jardin refusant de loger la friche de Vie en bouquet

Selfie,

perspective aux yeux fragrances

Niala-Loisobleu – 7 Octobre 2016

 

FRAIS DU PREMIER MATIN


1_Olga Zervou - Different Pulses

FRAIS DU PREMIER MATIN

Je m’aime des doigts

trempés

aux chemins des vols d’oiseaux

Mimétique au tant de notre seul coeur

battant d’un temps non engrené aux horloges

Les rouages des réverbères perdent trop de l’humide

du cri des étoiles de l’avenue cosmique

le geste  de la première étincelle

n’a pas pris le temps d’être mental

unique vérité du non-dit du langage humain

Native manifestation

une eau innocente gazouille

mains tendues au dessus du berceau  d’un désert

Je m’aime oui je m’aime

mais de l’autre

antipodes de nôtre tout

ébarbé de ce qui serait demeuré caché

Autour de la face du décor se tenant en coulisses

les devantures claquent dans le sens du vent

poussé par l’esprit des catacombes

Mémoire-vive

de ce premier matin qui apparut au tombé des poussières du big-bang

Nous sommes restés androgynes

indissolubles

inséparables

siamois

du premier matin d’amour nu…

Niala-Loisobleu

3 Novembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=_58AnhnbIgI