Quoi d’Autre ?


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Quoi d’Autre ?

Alignées sur leurs cintres et pèle-mêle chacun-chacune dans sa couleur, les idées des choses intimes faisant la pensée-base, le fondement de sa conduite, sont bien accrochées. Trop profondes, elles échapperaient à la vue ? Que dis-je à la plus primaire de l’entendu ? Oh non, je n’y crois pas. Cela ne peut -être possible que pour tous ceux qui y sont étrangers et non coupables de ne pas pouvoir suivre.

Mais chacun est ou fait semblant d’être. Alors on s’embrouille dans des dérives où l’erreur plane. La mauvaise foi tricotant des pulls de belle-mère à tire-larigot. La petite-flûte qui accompagne le sentier de la guerre et sort définitivement du sujet. Parce que le sujet c’est tout. C’est ce à quoi on tient parce qu’on y est engagé de coeur. Parce qu’on bâtit de la manière adaptée. On débouche sur l’absurde de l’insulte à son amour. Mais entendre, c’est savoir écouter pour COMPRENDRE. Ce n’est pas s’isoler dans son ombre.

Niala-Loisobleu – 27/01/18

LA BONNE AUBERGE

Les hommes sont coupés à mi-hauteur par la guillotine de l’habit noir — les femmes prennent sous le baiser la vibration tranchante du cristal, puis éclatent et sèment
sous la neige d’adorables camélias de sang. On décharge successivement sur le perron d’entrée avec un bruit de fardiers le landau du lord-maire : roses-thé et
héliotropes — le mail-coach de la magistrature : fouet et roues en réséda — la voiture tous terrains de la préfecture des mœurs : hortensias et
jonquilles.

Et maintenant que faire ? les couples noués, les présentations terminées, les revolvers sortent des poches et la fête commence dans un tir aux pigeons flamboyant de verre
cassé. A l’aube louche, les habits noirs, mal à l’aise, s’esquivent deux par deux comme des croque-morts dans les sentiers de feuilles — les planchers désertés
étalent une Bérésina de fins débris de verre; les plantes vertes : des arbres de Noël de neige craquante et de verre filé — plusieurs âmes blanches
gagnent les hautes régions du ciel sous la forme de délicats petits anges — légères comme une inconséquence dans un problème de métaphysique. On
préfère ne savoir que penser d’une désinvolture qui désarme jusqu’aux soupçons de la justice.

Julien Gracq

Hein, dis-moi où ?


Hein, dis-moi où ?

Le visage nuptial

À présent disparais, mon escorte, debout dans la distance;
La douceur du nombre vient de se détruire.
Congé à vous, mes alliés, mes violents, mes indices.
Tout vous entraîne, tristesse obséquieuse.
J’aime.

L’eau est lourde à un jour de la source.
La parcelle vermeille franchit ses lentes branches à ton front,
dimension rassurée.
Et moi semblable à toi,
Avec la paille en fleur au bord du ciel criant ton nom,
J’abats les vestiges,
Atteint, sain de clarté.

Tu rends fraîche la servitude qui se dévore le dos;
Risée de la nuit, arrête ce charroi lugubre
De voix vitreuses, de départs lapidés.

Tôt soustrait au flux des lésions inventives
(La pioche de l’aigle lance haut le sang évasé)
Sur un destin présent j’ai mené mes franchises
Vers l’azur multivalve, la granitique dissidence.

Ô voûte d’effusion sur la couronne de son ventre,
Murmure de dot noire!
Ô mouvement tari de sa diction!
Nativité, guidez les insoumis, qu’ils découvrent leur base,
L’amande croyable au lendemain neuf.
Le soir a fermé sa plaie de corsaire où voyageaient les fusées
vagues parmi la peur soutenue des chiens.
Au passé les micas du deuil sur ton visage.

Vitre inextinguible: mon souffle affleurait déjà l’amitié
de ta blessure,
Armait ta royauté inapparente.
Et des lèvres du brouillard descendit notre plaisir
au seuil de dune, au toit d’acier.
La conscience augmentait l’appareil frémissant deta permanence;
La simplicité fidèle s’étendit partout.

Timbre de la devise matinale, morte saison
de l’étoile précoce,
Je cours au terme de mon cintre, colissée fossoyé.
Assez baisé le crin nubile des céréales:
La cardeuse, l’opiniâtre, nos confins la soumettent.
Assez maudit le havre des simulacres nuptiaux:
Je touche le fond d’un retour compact.
Ruisseaux, neume des morts anfractueux,
Vous qui suivez le ciel aride,
Mêlez votre acheminement aux orages de qui sut guérir
de la désertion,
Donnant contre vos études salubres.
Au sein du toit le pain suffoque à porter coeur et lueur.
Prends, ma Pensée, la fleur de ma main pénétrable,
Sens s’éveiller l’obscure plantation.

Je ne verrai pas tes flancs, ces essaims de faim, se dessécher,
s’emplir de ronces;
Je ne verrai pas l’empuse te succéder dans ta serre;
Je ne verrai pas l’approche des baladins inquiéter
le jour renaissant;
Je ne verrai pas la race de notre liberté servilement se suffire.

Chimères, nous sommes montés au plateau.
Le silex frissonnait sous les sarments de l’espace;
La parole, lasse de défoncer, buvait au débarcadère angélique.
Nulle farouche survivance:
L’horizon des routes jusqu’à l’afflux de rosée,
L’intime dénouement de l’irréparable.

Voici le sable mort, voici le corps sauvé:
La Femme respire, l’Homme se tient debout.

René Char

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Ainsi les cordes des pianos désaccordés passeront entre les dents de la mort de vivre. Détartrage du boniment. Culture de la différence à fort épandage du nitrate de l’inégalité.

Où sommes-nous séparés,  dans cette emboîture d’un identique vouloir,

hein dis-moi, où ?

Seul l’amer s’enferme.

Niala-Loisobleu – 30 Novembre 2016

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DE FAIT


DE FAIT

Je jette la clef

trop de questions se placent en opposition

L’herbe verte d’ailleurs est aussi jaune qu’un réflexe de pave love sur une route à la rencontre de personne, ici…Je m’en taire pas, j’en hurle vieux loup sol y flore pour simuler votre parole se tenir.

Une foi dans ma tour, illusionniste, au moment du lapin qui sort, j’appellerai les tourterelles et les colombes à tendre le foulard sur mes yeux

Nous avons perdu la félicité indistincte qu’on voit aux bêtes, aux poissons enchâssés dans l’eau cristalline, aux bêtes des bois couleur de feuilles mortes, aux oiseaux ivres d’air. Nous sommes devenus pensifs et, par­tant, étrangers, frêles, frileux, vulnérables. Il nous faut une table, un toit, du feu, une maison. Nous nous souvenons parfois d’avoir été au monde pleinement, sans états d’âme, d’un très lointain commencement. Je rêve, pour finir, d’une lande ouverte à tous les vents où l’on verrait ce qu’il en est de nous et de tout et d’y être, avant d’avoir été.
Pierre Bergounioux

Retiré au sommet du rempart de ma montagne pelée, l’impatience de voir Anne déboucher, s’efface du guet

Du bateau de Py, restera le tant de mes derniers outrages à la raison du plus triste. Je manque de poids. L’érosion alimentée par l’Homme, d’essence usée par un mal d’estomac rongeur, aura eu gain de cause auprès des plaideurs.

Aux vents va  la charpente marine battue par l’indifférence…

Niala-Loisobleu – 29 Novembre 201

 

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LETTRES DE PANDORA 6 (et Fin)


LETTRES DE PANDORA 6 (et Fin)

Bernadette Griot

3 h, Papeete
 
Ici, je me souviens Athéna : la mère et la mer.
Se baigner dans l’une et dans l’autre avec force et douceur.
Le corps immergé dans leurs eaux tranquilles, est abandonné au
plaisir de l’attouchement.
Sans défense, la nudité offerte ignore le danger dans le berceau
caché du miroir. Illusoire étreinte.
Ici, se perdre.
Là, toucher le fond.
Ailleurs, le vertige.
 
C’est dans cet enfer de silence que le désir parle d’être. Naître
au
nom du père
, même absent.
 
Nommer, est question vitale. N’est-ce pas ?
Une plante à l’odeur sauvage peut aller si vite au sacrifice…
 
Pandora
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Ah l’amer
l’amer, l’amer, l’amer…
qu’en as-tu
d’enchanté mon Alain ?
Un mauvais coton, oui sur lequel t’as pain dur.Ta tripe folle jusqu’au fond du pétrin
Le quignon tellement décoiffé qui te reste rin de rin de l’aqueux du cheval.
Tournez manèges…disent nés lands,
les bruyères ont fanées avant que les lauriers soient coupés. Le mickey s’a fait avaler par le trou du cru hier…
La mère et son golf clair, faute de pair, j’en ai posé ma cabane sur sa grève. Faut bien con penser l’illusoire étreinte. Sortir de l’abysse sans fin d’un vice de la progéniture.
Si Toi, c’est tant mieux que la mer te flotte en toutes saisons. Nage en ailes,
M comme Mère
c’est nommé, bien dit.
Moi je m’appelle personne
mais je pue plus sauvage qu’un pore en vase qui a gagné son authenticité et Père dû rien !!!
Niala-Loisobleu – 12 Novembre 2016
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Toque bleue, casaque verte, ton Oeil, il haie les zobs taccles et saute la rivière dans un long chant !


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Toque bleue, casaque verte,

ton Oeil, il haie les zobs taccles

et saute la rivière dans un long chant !

Un long moment s’écoula durant lequel tout ce qui pouvait, de près ou de loin, avoir un lien avec l’absence n’affecta l’oeil qui perçait l’indéfini, ce temps perdu. Comme le soleil de Vincent que les barreaux de l’asile n’avaient pu réussir à maintenir hors de lui, un oeil en surface s’est doté de pouvoir éclairant. Rien de ce qui échappe à la promiscuité désolante du banal ne peut s’en trouver affecté. Pas de problème avec la culpabilité de l’autre, toujours au fond de son trou tel un truc de tabernacle

Je vous parle d’un oeil que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître…comme un bohémien de mes amis chante en défi à l’ordre des années.

Toque bleue, casaque verte, il haie les zobs taccles et saute la rivière dans un long chant !

Trottinant d’un point de la coccinelle aux plongeons de la grenouille dans le calme des lentilles, il m’est tant bonheur d’aller par les herbes à sel du marais, qu’au fur et à mesure où les peaux d’échappements se ruent aux plages, je te sang la tienne à suçons répétés. Au point que l’aréole colle mains tenant à bord d’ô !

Niala-Loisobleu – 19/07/16

 

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EL DESERTIO


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EL DESERTIO

He venido al desierto pa reírmede tu amor
Je suis venue dans ce désert pour rire de ton amour
Que el desierto es más tierno y la espina besa mejor
Car le désert est plus tendre et l’épine m’embrasse mieux

He venido a este centro de la nada pa gritar
Je suis venue au centre du néant pour hurler
Que tú nunca mereciste lo que tanto quise dar
Que tu n’as jamais mérité ce que j’ai tant voulu donner

He venido yo corriendo, olvidándome de tí
Je suis venue en courant… En t’oubliant
Dáme un beso pajarillo, no te asustes colibrí
Embrasse-moi oiseau, n’aie pas peur colibri

He venido encendida al desierto pa quemar
Je suis venue enflammée dans ce désert pour brûler
Porque el alma prende fuego cuando deja de amar.
Car l’âme prend feu quand elle cesse d’aimer.

L’étendue gratte des demains pour faire tomber le vide

et libérer la langue du sable qui enlise ses baisers…

Niala-Loisobleu – 2 Mai 2016