Ô RALES


NOCTURNES
Les pas de ta jupe avant qu’elle ne tombât en pâmoison – cygne d’un autre tant – glissent sur l’ininterrompu mouvement de tes hanches, à voie hôte. Musique de seins frottés l’un à l’autre des touches du piano. Dents de mon amer. ö jamais je ne voudrais traverser ton tropique sans aller-retour, je me fous de Neptune et de ses habitudes aquatiques, qu’il aille se faire foutre, nous n’avons rien à voir ensemble, dans ses abysses là. Je t’harponne la petite culotte de dix ongles vampires, langue calais dans les dentelles, ton herbu pour moustaches et la pression sur le bouton de l’ascenseur qui s’y cache à l’étiage du grand magasin du bon heur des dames.
Niala-Loisobleu – 1er Juin 2017
GARRIGUE ÊTRE
Mes doigts piqués fourchette
Le sol de sa chair entre les dents
Goutte à goutte
Je la sirote
Aux fronces de sa toison alambic
Me voici parvenu au silence qui emplit les yeux
Serre peau lest plat nannan
Niala-Loisobleu – 23 Mai 2017


Tes parfums venus du vent
libres de droit
me collent à la peau
mieux qu’un flafla con vide
Imberbes buissons fanés
d’une compagnie sèche
que j’arrose de solitude
Niala-Loisobleu – 6 Avril 2017
Sur le sable où je marchais
sans écriture dans l’appel
je n’ai rien trouvé de Toi
dans la laisse de mer
En revanche
de chair et seins de vent
tu m’hâlais promise estuaire ouvert
Niala-Loisobleu

TOUJOURS POUR LA PREMIERE FOIS
Toujours pour la première fois
C’est à peine si je te connais de vue
Tu rentres à telle heure de la nuit dans une maison
oblique à ma fenêtre
Maison tout imaginaire
C’est là que d’une seconde à l’autre
Dans le noir intact
Je m’attends à ce que se produise une fois de plus la
déchirure fascinante
La déchirure unique
De la façade et de mon cœur
Plus je m’approche de toi
En réalité
Plus la clé chante à la porte de la chambre inconnue
Où tu m’apparais seule
Tu es d’abord tout entière fondue dans le brillant
L’angle fugitif d’un rideau
C’est un champ de jasmin que j’ai contemplé à l’aube
sur une route des environs de Grasse
Avec ses cueilleuses en diagonale
Derrière elles l’aile sombre tombante des plants dégarnis
Devant elles l’équerre de l’éblouissant
Le rideau invisiblement soulevé
Rentrent en tumulte toutes les fleurs
C’est toi aux prises avec cette heure trop longue jamais
assez trouble jusqu’au sommeil
Toi comme si tu pouvais être
La même à cela près que je ne te rencontrerai peut-être
jamais
Tu fais semblant de ne pas savoir que je t’observe
Merveilleusement je ne suis plus sûr que tu le sais
Ton désœuvrement m’emplit les yeux de larmes
Une nuée d’interprétations entoure chacun de tes gestes
C’est une chasse à la miellée
Il y a des rocking-chairs sur un pont il y a des branchages
qui risquent de t’égratigner dans la forêt
Il y a dans une vitrine rue Notre-Dame-de-Lorette
Deux belles jambes croisées prises dans de hauts bas
Qui s’évasent au centre d’un grand trèfle blanc
Il y a une échelle de soie déroulée sur le lierre
Il y a
Qu’à me pencher sur le précipice et de ton absence
J’ai trouvé le secret
De t’aimer
Toujours pour la première fois
André Breton « L’air de l’eau »
Tes yeux devenus sans heures marquent le tant des aiguilles de tes cils, Tic-tac, mon coeur fait coucou tendu, La transe apparence se concentre d’une simple apposition des paumes pour te faire venir au clos de mes paupières, Les contrées par où défilent les mots tus sont plaines de semences, N’as-t-on pas vu les terriers organiser des journées portes-ouvertes ? Dans l’invisible lumière des hésitations réitérées au bord des jours, les trèfles à quatre-feuilles n’ont qu’une suspension tributaire de la solidité de la tige, trois points c’est tout, Sur les corniches de mes vertiges je varappe à tes parois avec tes seins tenus à demain en balancier,Toi au bout du long couloir sombre des nuits approche des rose matins, Nos lèvres ont soif, les longues traversées sèchent la langue de leur sel au centre du silence que le vent porte au centre de nos pensées, Voic l’herbe folle de la comète, Nous nous y accrochons de nos dos renversés, Allongés sur le m’aime drap, nus, au fil de notre odyssée la rivière méandre sans ahaner,
Je te laisse ma main
A tremper dans ton encrier
Niala- Loisobleu
2 Avril 2017

Autour de ma pensée assise, la pénombre a posé son plaid sur mes jambes, les oreillettes du Voltaire ne font pas casque sur tes cheveux, ils coulent libres à dessein au pied de ton cou. Juste tes yeux pour unique lampe, c’est tamiser les étoiles de mon rêve entre les arbres. Aucun oiseau de nuit effraie le tendre silence qui rassure. Quand Nous rassemblons notre présence en cette palette d’actes qu’elle constitue, les tons s’accommodent chromatiquement sans erreur de véracité. Faut dire mon Coeur, qu’on ne sait jamais menti, m’aime aux temps les plus hétérocarpiens. Suis-je lé, te dis-je en suivant tout le long de ton long ?Tu rigoles. Plus claire que la bouche du caniveau que le balai d’osier ouvre. Cantonnier, je cure ton fossé des vêtements de nos voyages où plus ardents qu’un vent de sable, nous nous terrions sous la toile encore fraîche de nos étreintes.
Souvenirs d’un passé qui dort dans une ombre si transparente… Des intimités insaisissables qu’on se croit bien seul à connaître et dont on voudrait enchanter les autres… Certains regards. La voix d’un être cher. La gaucherie d’une âme ardente.. Une inflexion familière très douce et bien humaine…
Des yeux qu’on revoit parmi vingt ans de souvenirs, dans une rue grise, un jour de promenade. Du soleil sur un peu de paille, devant la porte d’un malade… Un regret sobre. Une parole d’un chagrin vague… Un nom touchant qu’on n’arrive pas à retrouver… Tout ce qui porte une chanson triste au bord des lèvres… Et ce mutisme avant les larmes…
Le retour, un soir, dans un quartier où l’on a vécu jadis. Le tremblement de la voiture entre des arbres… L’odeur d’une avenue frissonnante où il a plu… L’odeur d’un chantier, sépulcrale et tendre… Un geste passe sur une fenêtre éclairée très tard, tout en haut d’une maison qui se reflète dans un fleuve… Le grondement lent d’un train sur un pont de fer… L’adieu long d’un remorqueur… Et la persistante vision de ce coin de faubourg où la vieille maison que j’ai tant aimée ne me connaît plus. Rien qui bouge à ses vitres. Un boutiquier maussade y tourne et pèse. Elle est sans regard, elle est sans rêves. Et il n’y a même pas de lumière à la fenêtre où j’ai songé…
J’allume pour nous deux les lampes… Une parole heureuse, un visage de femme, une fenêtre brûlante, des voix connues passent et se brisent… Ah je voudrais serrer tous les souvenirs sur ma poitrine, en bouquet, pour te les offrir. Mais ils sont lointains comme des signaux. Signaux du soir, avec leur douceur menaçante… Fanaux des trains et des bateaux, qui ont toujours ce regard triste… Signaux d’amour, tendres et fins comme des cœurs à la fenêtre… Signaux du ciel, un peu perdus, comme des fleurs dans un champ d’ombre…
De beaux accords plans se recouvrent. La mer qui remonte. Un rayon de Chopin m’arrive – et fait la lumière où je veux m’étendre – sans plus rien dire – avec un ami qui sache tout de moi-même, qui me reproche tout – et qui me pardonne…
LEON PAUL FARGUE
Entre les lames des volets, la jalousie a parfois glissé des réactions incontrôlées, qui n’en a pas, ment en disant je t’aime. On glisse sur la rampe des éclats de rire, et en bas la boule de cristal fait tamponnoir. Les fleurs des tentures en s’échinant pour aboutir à l’odeur ne parviennent pas au sensible suint des pores, le tien m’émeut à un point que rien ne peut le distraire de ta peau échauffée. Je ne le méconnais jamais pour un autre. Pareil à l’effervescence de la nature, les giboulées sont agaçantes, mais restent la preuve intangible du retour du printemps. Je parle pour des millénaires avenir, porteurs d’actes à l’inverse des racoleurs. Quand tu rentreras de cette promenade dans la ruelle du lit, gardent les yeux dans l’espoir que l’aile du papillon colore. Quoi qu’il arrive, je t’aime si fort que je ne mourrais pas pour solde de conte inconnu.
Niala-Loisobleu – 23 Mars 2017

Chemin calé dans l’épaule, le long coude qui monte dans la brume du matin rampant au sol.Quelques étoiles falotes se balancent entre les premières fermes du village. Suivies des aboiements de chiens qui tirent sur la chaîne les retenant, le jour qui se lève laisse le bois dans la pénombre au chevet d’une nuit faite blanche dans tes draps, à te parcourir pleine-lune. La cheminée s’est endormie vers l’aube, sous le poids des rondins qu’elle a réduit en cendres.
Dans les plis des vêtements pendus au perroquet de l’entrée, l’enfant n’a pas ôté les cailloux que ses doigts ont polis à force de prières. Ils reposent avec les morceaux de ficelles effilochées qu’un noeud retient à la filature de l’histoire. Mieux que des cadres, ils retiennent plus d’images du puzzle, qu’un album, où faute d’air, elles jaunissent aux érosions du temps.
Ta poitrine en me battant au coeur, nourrit ta présence en dehors des repas. J’aime le balancement de tes seins au clocher de ta poitrine. Tantôt nonchalant, il m’emporte à l’intérieur du fourré, derrière lequel pousse la route qui ne s’arrête que pour repartir. Loin des bavards qui ne tarissent pas d’histoires sans goût. Ils ont l’instinct affuté tes seins.Je reste émerveillé, sans rien dire. Les voyant comme deux animaux que rien ne sépare, ne rien laisser échapper de la moindre manifestation de leur environnement. D’instinct ils sentent les changements de temps qui vont survenir.
Quelquefois, au bord du vent, ils se mettent à courir, se jetant en avant, joyeux de savoir qu’ils peuvent arriver les premiers au bout du sprint. Joueurs comme des chiots ils se roulent l’un sur l’autre, en se mordillant sous d’inoffensifs coups de griffes.Ils se chevauchent, s’enroulent, glissent au bas de l’aisselle, lourds de choses à dire et relèvent la tête en jonglant avec leurs aréoles.
Nous irons à la mer voir le gonflement des voiles.Et nous prendrons le vélo pour le marché aux fleurs des quais de l’Ile au Trésor, il me reste assez de créons dans la boîte de couleurs…
Niala-Loisobleu – 13 Mars 2017


M’réveiller
les mains pleines de ton odeur
dans les draps en corps mouillés
vivant mais tout raide
où raide mord
qu’est-ce que ça m’lève une idée d’enfant germant au ventre, bouchant le creux d’un plein délié de suspension, exclamant les mots lierre accrochés par les patins, langues en titre, puti que tes nichons ça rapproche, restons au nid !
Niala-Loisobleu – 11 Mars 2017
Elle
m’écrit ses cris sur papier libre 1
N-L. 23/02/17

Vous devez être connecté pour poster un commentaire.