Chevalier-Servant


tumblr_om7idznoFg1t6w45po3_1280

Chevalier-Servant

 

Au centre, un pont c’est tout

comme ça bouge

a pas peur

on vit sans reproches

Je ne suis pas retourné en arrière. Quand bien même je l’aurai voulu, tu es devant partout. Ta jungle, tes bruissements de feuilles, tout s’est fait animal. Tu serais louve, que ton odeur de mer t’aurais faite lionne en plus d’autres affinités. Tellement tu es féline d’un bout à l’autre de ton anatomi, j’ai la pointe aux moustaches. Dans tes nageoires, quand tu y vas des ouïes ça bulle un max au-dessous de ton nombril, que dans  tes retournements con vulsif, je m’accroche. La maison de Loti m’héberge  dans mes envies exotiques. Mon doigt te suit à la ligne, un après l’autre quand le plafond t’attrape dans son miroir par la porte principale. Elle est grande ouverte, je peux voir à travers les broussailles sauvages qui la borde, ta claire à coquillage. Que de coussins en tenant les fruits  à même le sol, gardent  en pulpe la moiteur tropicale de la forêt où on s’aventure  à la découverte du dit amant vert. Tes seins ont crié au loup au moment où tu les a laissé rouler dans la cascade . Au point que ton dos n’a pu maintenir sa croupe dans le cadre des hanches. Parlons-en de celles-ci, elles me soufflent dans la clarinette à bout de chant. Aussi ne fais pas semblant de serrer les genoux. Dis à tes lèvres intimes de s’arrêter de siffloter. Le nounours et moi, on sait tes talents de ventriloque, inutile d’accabler des innocents. Les pirogues se sont approchées quand le livre de Nin est tombé de l’étagère de ton chevet. Tes sous-vêtements ont servis de sels odorants dans la préparation de la baignoire. Il me reste bien assez d’ongles pour allumer tes vertèbres, n’aies crainte, le désir que tu m’inspires,  sera le vivant que je veux pas emporter de toi en photo..

Niala-Loisobleu – 9 Janvier 2018

 

Ma Boule au Plafond


0db3c084a3e109809d462f2bb3229643

Ma Boule au Plafond

 

Entre le jour qui s’allume et la nuit pas éteinte

la lumière glissée dans ton regard voulu proche

vient de libérer la chaleur particulière qui gîte en ta pierre retenue de dire

Je sens son pouls battant sa cadence à la cuisse de ma poche

pendant que ta rousseur aurorale libère le souffle du parfum de ta rivière

Elle montre mieux les secrets de la géographie de ton corps que la nuisette ne les cache

cette odeur qui femelle ses sels pour premier bain

laissant pressentir la ligne de vie en continu de mes mains

A la manière dont nos langues en se fondant serrent leur noeud coulant

que je sois pendu si je mens

 

Niala-Loisobleu – 23 Décembre 2017

 

Illustration: Les danseurs – Fernando Botero

Ce qui ne se Dit Pas


picture_51e5439e16035

Ce qui ne se Dit Pas

 La nuit cambrée de tes folies

Le jardin clos de nos je t’aime
Une tiédeur où je me plie
Et… Tout ce qui ne se dit pas

Ta lèvre au vert d’où j’émigre
A l’autre bout de tes pensées
Nos pôles au sud en tête à tête
A l’indécence des idées

Ta symphonie qui me rappelle
L’autre rivage sous ta voix
A mes délires à tes pluriels
Dans un voyage au long de toi

Ton souffle tendre où je m’enlise
L’aigre douceur dont tu te pares
Lorsque ton vin m’italianise
Quand tout s’allume sous ton fard

Ton alphabet quand tu m’emmènes
Les mots mouillés qui m’acheminent
Au temple chaud de nos haleines
Au figuré comme une rime

Mon Alpe blanche
Mon altitude
Où je me penche à l’infini…
Au point virgule de tes hanches
Ta vérité comme l’on dit

Des mots voyants de ta lumière
Qui ne sont pas au dictionnaire
Et… Tout ce qui ne se dit pas

****

Et à ton rouge sidéral
Ses profondeurs où tu te mires
Ta barque aux flaques hormonales
Où sombrent au soir les délires

Outre le rêve qui t’incarne
A cette épreuve qui s’immisce
A ton berceau teinté d’arcanne*
La fleur au secret d’un calice

Ce rouge au blanc qui va croissant
Croissant de roux de lune en lune
Aux sources rares au ras des sangs
La corde au mât de ta lagune

Teintée de l’onde où va dormant
Comme un péché sous la dentelle
Aux soirées froides où va longtemps
Une habitude mensuelle

Vingt ans déjà riche de rose
Ce jour aux jours à l’amertume
Le temps de nos métamorphoses
Comme l’époque se consume

De fille en femme
Dans tes carnets
D’orbes infâmes lassée livide
L’ex jeunesse médicinée …
A ses effets d’éphéméride

Et… Tout ce qui ne se dit pas

Mes yeux cachés comme une ride
Qui ne regardent plus que toi

*Arcanne avec 2 « N » : Poudre de traçage de couleur rouge

Jacques Gourvennec (Extrait de Poète sale type)

Un chien lèche


16836280_10209761717212292_5796147141454073510_o

Un chien lèche

Bain des toiles

Ce champ qui monte

Brut de tissage

 

Ô Femme quittée de tout âge

 

Les chemises à fleurs de peau

Déboulonnent la retenue du tango

Subrepticement défaite à la main

 

L’accord de chevalet

Glisse dans le quartier des tissus

 

Feulement rauque

Comme cette voix fauve

 

Boisée à l’orée de ton ventre-guitare

Où mes doigts épongent  de ses fourrés

La larme du parquet

 

Niala-Loisobleu – 13 Novembre 2017

 

 

VERT


50b762d04335c9c1add5bc3fc0d2ff2c

VERT

Quelle mer la baigne d’étoiles

toujours si verte à l’arête

Du coquillage qui nacre

baille-là belle vert de claire

Ce qui gonfle ta poitrine de fruits lourds

nourrit mes deux mains vers

Non ton triangle ne Bermudes

il est d’un verre grossissant

La lanterne de ta bouée décline en  vers

sonnet à tirer un bord allumé après l’autre

Niala-Loisobleu – 12 Novembre 2017

 

CANTE Y BAILE FLAMENCO


CANTE Y BAILE FLAMENCO

Rouge gorge

Desseins Carmen nés

Tout dans le rein

Torride lune levée

Sur le soleil exténué

Si gare hier m’avait été conté

Deux mains n’auraient pas sues l’extase de la spirale

 

Niala-Loisobleu – 11 Novembre 2017

 

Moelle Epinière


 

b18bf605a059849a87267b0977da9f2b

Moelle Epinière

Route lourde d’embûches, cruelle d’animaux cauchemardesques. Leurs cris font parfois peur aux étoiles. Courir à colin-maillard tétanise l’espérance en excitant les formes mammaires. Armés de maisons blanches accrochées aux flancs des sierras, mes ongles ont griffé la terre des couloirs en labyrinthe. Teintés du  rouge de l’arène, pas pour l’estocade, pour la mise amor. Femme à la lanterne,  les deux pieds dans le marécage, les cordes du piano pincent les doigts de ta boule de cristal. As de coeur, pour transpercer, suivre la flèche.

Comme une aube coupant les ténèbres d’un trait rose, tu es là depuis avant tout.

Un escalier vertèbre ton dos au départ. J’entre dans ta bande.

Niala-Loisobleu – 25 Août 2017

PLANCHE SANS VOILE


PLANCHE SANS VOILE

Les bruits de tes jambes

abandonnés au mouvement de hanches des marées

marquent le tempo

C’est vrai que tu craques

bien qu’étant pas de bois

Je m’émerveille

à chacune

de tes phases de lune

en reluquant tes fesses vaquer d’un quartier à l’autre

t’es mon lèche-vitrine

 Te voir hâler et venir

entre trois boutons défaits

explique le désir naturel

qui pousse tes seins à pointer du né

Cet entre vu

de ta peau

m’arrache le tapi des vertèbres

au poing de me pousser les ongles

Tu le sais et n’en dis rien à personne

ignorant les strabismes de leurs fenêtres embusquées

L’impudeur de ton intimité

me rend plus cru qu’un légume de compagnie

 les deux pieds pris dans ton vase

Niala-Loisobleu – 18 Août 2017

2012-vogue-us-tim-walker[1]

 

 

LUNULES


11224767_1728396534048421_3836241519852874402_n

LUNULES

D’hurle devant

sans taire derrière

toujours à pleines mains

jusqu’aux ongles

pénétrée de toute la longueur du silence

Niala-Loisobleu – 21 Juillet 2017


© Frida Bringslimark

Femme à Barbe

Quand en chaleur ondulatoire

grelotte

une libido raide devant la glace

il faut déshabiller la faute ô

de son cadre

avant d’ouvrir la chambre

Niala-Loisobleu – 17 Juillet 2017