
ETAT DES LIEUX 8
Ma vie omniprésente se faufile, tapie, sortie, prête, retirée des humeurs -automne retrait des fleurs de sanies – ici pas de bleu déshydraté, en conserve, surgelé. Un drôle d’azur flânant dans une grisaille pas encore lavée du carminé à la boutonnière, juste au coin du sourire. Parce que si tu crois que le deuil c’est suivre les scoops des chaînes d’info, bardé des snifs-snifs de pleureuses fillette ce que tu te goures. A décharge faut dire que l’action est plutôt menée dans cette direction là. La gourance on marche dedans jusqu’au cou. Mais tiens là, cette cabane en retrait, comme elle a de bon sens dans ces déménagements, où les tours agglutinées à en bouffer l’espace racontent des films d’horreur en te calant l’hamburger spécial mauvaise bouffe dans ta tartiflette. Gamin j’ai vu tant de monuments aux morts ne rien empêcher des massacres guerriers que, plus par nature que par réflexe, je me suis tourné vers la vie. C’est vrai que Pavlov il a vite fait de te récupérer le comportement. Suffit que tu fonctionnes à la disparition des abeilles, crac tu passes du gag à l’angoisse comme on change de froc en gastro. C’est le rusch qui écrabouille la ruche.Pleurer c’est bon pour le sentiment, à condition que ça efface pas l’humilité. Puis que ça prenne pas impudiquement la place de ceux qui ont trinqué. Parce que la vraie douleur il n’y a personne d’autre qu’eux pour la connaître. C’est ce que j’ai appris du deuil quand j’ai fait connaissance avec la mort.
A l’intérieur de mon jardin
Parmi le vert
et la floraison
de toutes les plantes les plus belles
je flâne.
Je délibère ici
Je rêve par là.
L’heure s’arrête
ou plutôt s’étend pleinement,
se déplier et s’amplifier.
Ces tournoiements et ondulations soudaines
de brises d’été,
envoient tous les parfums
dans l’air chaud.
Contempler une feuille
ou le motif sur le mur
créés par des branches les plus près.
Ces têtes-là de fleurs dansantes
exposent délicatement
toute leur gloire.
Quelle simplicité à se perdre.
Et quelle aisance à respirer
doucement.
Et quelle aisance
à avoir des pensées profondes.
Chloe Douglas, 1995
Comme un vieux compagnon j’ai rassemblé les quatre coins de mon mouchoir pour l’accrocher à ma canne, le remplissant de tout ce qui borde la route du Chemin de la Vie. Jamais l’ornière n’en sort. C’est ainsi, le beau a besoin de passer part la marque de la Roue.
Une sorte d’empreinte posée par la foulure. J’avance, redresse la tête, moi le fou, le peintre, le poète, l’inutile, le marchand de couleurs qui divague, pas méchant enfin…sauf quand il se lâche comme un sage et qu’il se perd dans l’espoir de ne jamais connaître autre chose que le désir d’aimer.
Niala-Loisobleu
16 Novembre 2015

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