
MI NOCHE TRISTE
L’eau coule par les crevasses du plafond
Aux rides du plancher les pattes d’oie s’envasent
Où est parti le lustre, en boule ?
Vers ce bruit sombre,
peut-être,
où
cette promesse mensongère,
lumière
qui se balançait aux anneaux d’une chaîne d’amitié ?
Un chat a glissé sa queue entre les moustaches d’un crapaud à franges où le parapluie sommeille, replié sur lui-même. Le vent fait trembler des reflets sur les pavés ardoise des quais, où des herbes brûlées par de l’oxyde de ne pas faire, ont écrit les adieux de la verdure en d’ocres signes de détresse.
Au bout du bassin, une carcasse marine se laisse embarquer par des roulis gardés dans les vertèbres. Les bois blanchis par le sel n’ont rien oublié des étreintes d’un océan en rut, aux chevilles de bas bord, ils courbent l’échine des frôlements de pieds glissant sur le pont , tri bord vers celle dont la figure demeure en proue.
Tango triste, c’est pas nouillard, tango triste c’est pas du sirop, tango triste c’est show de sentiment. C’est l’aime haut ragie. Deux poignets qui se marient au fil du rasoir.Tango c’est la vie rouge noir, tango verse moi en corps à boire.
Tango c’est une mise amor
Chat vire
Chat loupe
Chat rade
Chat touille
Chat gâte
Chatte paires chez
Chat tisse faction
Il pleut dans les yeux
Au port salut. attaches-toi
Chat t’air tonne
Les papillons cognent sous les halos déchirés de rendez-vous manqués
Chat toi ment
Aux pianos les bars sont en bleus de chauffe
Les cous se sucent pendus aux cordes d’un violon
Chatte rit
La contrebasse déchire le haut du pantalon
Chatte à nous gârs
Tango vagine
Tango bande-aux-néons
Tago cyprine
Tango chatte au brillant
Charnel
Tango sangsuel
Tango qui réunit
Tango qui lie
Tango qui noud
Tango qui nous raye unis
Dense étreinte
Les garçons et les filles de mauvaise vie ont bon dos. Mâts, matelots et mate las s’en souviennent. Tango dit toute la vérité, tango vie de merde, tango frénésie, tango mord, tango tord le cou à la mort, tango c’est l’avis de l’amor.
Mi noche triste, ouvre les paupières sur les marchés d’esclaves, ils sont partis, fers, les pas libres.
Mi noche triste cueille la ouate des nuages et tisse le coton des ciels de lit
Mi noche triste hurle sous les coups de l’injustice, poumons cancer
Mi noche triste s’insurge, boulet de la tyrannie quitte mes chevilles
Mi noche triste libère ma tête, coeur ouvert à corps éperdu
Mi noche triste
Mi noche triste est-ce demain le levé du soleil
Tango peau à peau, dévêt la porte de ce drap mortuaire
Tango est-ce tu air
Tango ma chemise colle, desselle l’harnais, saute à cru la haine
Tango pisse, crache, vomis
Tango arrache laid
Tango
Chacun sa peine
Niala-Loisobleu
11Novembre 2015



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