RETOUR EN SOI PEINT


RETOUR EN SOI PEINT

Remué des pierres et défait du dos, entre les doigts tant de fleurs aux vertus dont les noms se sont effacés, j’ai sorti mes pieds de la cabane, une douleur trop forte de vélo dans les yeux. J’ai appelé les cordes du bois des guitares, rentrant afin de pouvoir revenir. Peut-être peindre un jour ou d’eux, me nourrir de l’atelier. Ce rien qui comme le tout, possède plus de fibres médicinales que le trou d’aiguille qui coud coeur en vrille. Le vieux con se souvient du pouvoir qu’ont le pouce et l’index empreints aux palettes des fils croisés. Un oiseau dans la paille du chapeau, pond le gai amour sans la moindre idée de lucre. Et puis de dire à voix haute quand le pinceau parle n’est pas qu’exutoire. Rien d’un jeu non plus. C’est un acte où l’écho de l’Autre avance en réponse.

Niala-Loisobleu – 16 Mai 2017

P1030269

A TON BORD


pro10621-sepedit

A TON BORD

A contre-vent l’eau se met en rafale, sur la route l’impression que les marches de l’écluse à poissons sont plus hautes qu’avant, oblige à serrer davantage ses mains sur la godille. Ce rideau d’éclaboussures célestes ne facilite en rien le choix. Mais qui n’avance pas recule, il faut trouver son passage, quitte à creuser un autre chenal. Pilotis en échasses on peut espérer sauter le trou. Les sorcières malmènent les tuiles, mon Toi, je t’entends qui gémis sous les abats torrentueux.

Si la couleur des cabanes résiste au déluge, le risque d’engloutissement des tons chauds, passera la 3° vague, réputée plus dangereuse. A ta poitrine, seins ruisselants d’écume, je resserre l’écoute mon Coeur. Tes flotteurs te rendent insubmersible, je me rassure rien qu’à l’évocation des pouvoirs magiques que tu m’as appris d’eux.

Passent les poids lourds des rails tanker. Là-bas au loin les derricks ne me font pas prendre les alouettes par la tête. Les mires peuvent appeler tant qu’elles veulent à la prière, ma Muse est in, je l’entend par dessus les moulins me coiffer de son chapeau. Passé la peur, aimer rend si différend. Je serais capable de me faire la Manche en traversant le Channel à pied.

L’hippocampe s’est mis en anneau sur l’horizon, il tient bon la voile à la barre. Je te souris vert le fond des yeux, anse qui me protège de la tempête, ton âme est la digue qui fait obstacle aux éperons de l’amer.

 

Niala-Loisobleu – 5 Février 2017

 

 

A SEL QUE J’AIME


A SEL QUE J’AIME

J’ai des patins dans la langue à roulettes

un tricycle branché patinette

Comme une membrane mes tempes battent macadam

un vasistas percé au plafond des nuits noires

Mitres cheminées aux zincs des percolateurs

ça fume du toi à moi

Un panier d’oeufs durs

une odeur viandox

de la cendre froide

sur le tapis d’un disque de der

autour d’une table de bise trot

mes lèvres te courent après la soupe à l’oignon

des forts des halles

aux douves de Pierrefonds

Le paysage sur l’impérial Prosper

plat comme un Mérimée

comme disait le père Hugo

A hauteur démesurée

j’me dis des pensées ramenées à leur juste proportion

Notre-Dame où est le bon son de cloches

Si Viollet-le-Duc avait pas trouvé du gypse sur tes murs

aurait-il redonné un accent autour de Carcassonne

c’est une bonne question

où ce que j’aime dans la pierre c’est la maladie d’amour

avec cette brune heure de ses cheveux blancs

puis l’âge ça embellit par l’authentique resté intact

m’aime agrandi que je crois

bien sûr faut pas laisser mourir la vie

seulement faut pas confondre retendre l’appeau

avec chasser l’âme au profit de l’apparence

Le paraître ça me fait comme un don qui schoote en touche

au lieu de se foutre à poils

porté par une élévation verticale

Un jeune homme préoccupé par l’existence se cogne à tous les carrefours du sacré

d’où viens-je pas facile à vivre

et quand on se prénomme Piscine

j’te dis pas la profondeur du grand bain

surtout quand t’en arrive à t’embarquer avec un tigre du bain gale

Ceux qui savent tout c’est vrai ça n’existe pas

l’Ô dit sait macache rien de bon

Faites pas attention

quand j’parle en faisant semblant d’être tout seuL

c’est que j’suis avec quelqu’un très proche

Comme cette nuit

où j’ai revu enchanté

L’Odyssée de Pi

pas eu peur

et c’était pas du cinéma trop beau pour être vrai.

Niala-Loisobleu – 19 Janvier 2017

frog-1367440_1280

 

Ö FLUVIAL


The Farewell

Ö FLUVIAL

Pose où tu bouges

cheveux en roulé-boulé au creux de ta nuque

De ton aisselle je peigne le lobe d’un sein

ma langue pour ruban

J’entends battre l’écorce à la porte

j’ouvre l’orée des couloirs

aux fontaines et laisse les chevaux boire

Comme je t’entends, te vois, et te sens tout contre moi

de ce silence publié

mis à l’eau des perles

tes bras en collier autour du coeur

Mais bien sûr qu’à minuit rien ne mourra

de ce que nous avons voulu naître

J’entends nos bals rebondir

aux parquets des pistes

d’un ballon à l’autre de la route des crêtes

Rien à craindre

les boules des sapins ne sont autres que blanches

à

l’Arbre de Vie

Il neige au-delà des frasques, une virginale hyménée

dans l’encoignure d’un café noir

qui tient nos corps en cuillères, bien éveillés l’un dans l’autre

Pavées de ma jeunesse

les rues de Paris valsent

grand-écart d’un pas de deux

qui ne marche pas aux pas perdus des attentes

Nâitre qu’aquatique espoir

Est-ce qu’au pied de l’âtre

ce ne sont pas nos enfants-nés qui chantent de toutes les couleurs

du seul vert bu à tes yeux  l’Amour demeuré ?

Niala-Loisobleu

18 Décembre 2016

JE T’ENTENDU


JE T’ENTENDU

A perte de vue

rattrapé des deux oreilles

aujourd’hui

NOUS

nous sommes

dit

ouies

Solennelle découverte

la saveur de tes pores

leurs estrans

les crins de leur nacre

leur fruit de mère

fosse d’orchestre

Chut

Je t’Aime

Niala-Loisobleu – 2 Décembre 2016

pro10621-sepedit

« Passer au dessus »


« Passer au dessus »

A te regarder dans la glace du quotidien, l’image en partie déformée par l’interposition de l’évènement te glisse l’imbroglio de la pensée des autres, ton égo s’éparpillant comme une explosion d’engin explosif en t’associant à tous les rôles. On tue plus facilement qu’on aime. La mort aux trousses le lambda se tourne vers tous les asiles, sans s’arrêter au fait que de tous ceux qui s’offrent sur le marché il est le seul qui puisse devenir sûr, s’il le désire et fait en sorte que. Je suis agnostique, donc n’ai pas besoin du secours d’une église. Il me semble pourtant qu’avant de mettre un nom sur un être suprême, la moindre des choses c’est d’avoir d’abord mis le sien en acte responsable.Mettant sur le tapis mon statut de vivant dans cette participation collective à un vaste enterrement de la piété, je choisis de défendre la foi et la croyance, l’espoir n’étant rien d’autre qu’amour.

Je passe au dessus.

J’aime !

Niala-Loisobleu – 28/03/16

 

2-tsitselikis

Ah mon Beau, ça peint et pas qu’un peuh !!!


pere_013

Ah mon Beau, ça peint et pas qu’un peuh !!!

Je me lève en chantant

je m’écoute

soudain

surpris

et cherche

ça y est

j’ai tout compris

dans mon sommeil

j’ai écrasé l’homme en habit-rouge

y en avait partout

le bonnet

la barbe

le renne

l’âne

le beuh

le moutard

collés aux parois des rochers en papier

Ah mon beau ça peint

et pas qu’un peuh !!!

Niala-Loisobleu

23 Décembre 2015