Levons l’encre pour un rêve debout


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Levons l’encre pour un rêve debout

En gorgée de terre

étrave au labour antarctique

larguée des hautes falaises calcaires

et taire de feux éruptifs

les doigts de caresses

pris de craie

soulèvent la vague d’antagoniques courants

au fond du navire

La table des cartes garde à manger sur son plateau, des airs de pique-nique entre ses carreaux. Une carte jaunie a déjà des chaleurs qui montent aux gestes de quelques chansons de marins. J’ai mon sac à faire, trois tee-shirts, une casquette et des espaces drilles, le sable est déjà sur place, chaud comme un légionnaire. Pourquoi faudrait-il repeindre la barque si la couleur de l’eau reste identique au sel des chevaux ? Les plis de l’accordéon iront retendre les torsions du Barrio quand nous serons en vue de Valparaiso.

Levons l’encre pour un rêve debout.

Niala-Loisobleu  – 22 Juin 2016

15 - 1

 

Mon Soleil j’en ai toujours rêvé lucide


25.04.16 - 1

Mon Soleil j’en ai toujours rêvé lucide

Tous ces crayons debout sur leur couleur ourlent à tue-tête la voie sacrée de mon rêve. Pas une pierre qui soit muette. La plume à l’empan s’est fête paume du jeu de mots. Tu seras ma Princesse advienne que pourra.Il n’est de roi qu’en tempête quand les sujets ne sont que récifs à franchir. Les beaux atours  eux ne sont que des cache-misère, reste nue telle qu’au sortir de ta mère, forte de la joie d’être belle sans colifichets.

Batterie

Soleil, je t’adore comme les sauvages,

à plat ventre sur le rivage.

Soleil, tu vernis tes chromos,
tes paniers de fruits, tes animaux.

Fais-moi le corps tanné, salé ;
fais ma grande douleur s’en aller.

Le nègre, dont brillent les dents,
est noir dehors, rose dedans.

Moi je suis noir dedans et rose
dehors, fais la métamorphose.

Change-moi d’odeur, de couleur,
comme tu as changé Hyacinthe en fleur.

Fais braire la cigale en haut du pin,
fais-moi sentir le four à pain.

L’arbre à midi rempli de nuit
la répand le soir à côté de lui.

Fais-moi répandre mes mauvais rêves,
soleil, boa d’Adam et d’Eve.

Fais-moi un peu m’habituer,
à ce que mon pauvre ami Jean soit tué.

Loterie, étage tes lots
de vases, de boules, de couteaux.

Tu déballes ta pacotille
sur les fauves, sur les Antilles.

Chez nous, sors ce que tu as de mieux,
pour ne pas abîmer nos yeux.

Baraque de la Goulue, manège
en velours, en miroirs, en arpèges.

Arrache mon mal, tire fort,
charlatan au carrosse d’or.

Ce que j’ai chaud ! C’est qu’il est midi.
Je ne sais plus bien ce que je dis.

Je n’ai plus mon ombre autour de moi
soleil ! ménagerie des mois.

Soleil, Buffalo Bill, Barnum,
tu grises mieux que l’opium.

Tu es un clown, un toréador,
tu as des chaînes de montre en or.

Tu es un nègre bleu qui boxe
les équateurs, les équinoxes.

Soleil, je supporte tes coups ;
tes gros coups de poing sur mon cou.

C’est encore toi que je préfère,
soleil, délicieux enfer.

Jean Cocteau (1889-1963)
Poèmes (1920)

Je tends la main sans penser aumône et quête par l’épreuve initiatique du voyage. Assez de bleu au regard pour crever l’épais nuage qui se voudrait brouillard à tous égards.

Niala-Loisobleu – 1er Juin 2016

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.


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Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

 

Nous avançons de la main, des marques d’yeux au fond des poches de notre perception.

Ni le bruit racoleur d’une chanson dissimulant son lucre derrière du sirop, pas plus que la sortie de chez le coiffeur de la nouvelle tête du présentateur, ne pourront faire du fond de nôtre âme un étal de foire.

Tu n’as pas changé l’intérieur de tes seins en regardant la vitrine d’un soutif au balconnet provocateur. Il peut sentir la frite, le marchand de moules ne nous a pas formaté. Ta peau est bien dans la mienne pas besoin de me pincer.

Au bord du ruisseau des traces animales conservent le point d’eau.

Tu dors au milieu de nôtre chemin quand la nuit se fait jour. J’ai ôté les fers de mes chaussures pour ne pas rendre les étoiles filantes hésitantes. Le ciel contient dans l’armoire de ses gros nuages tant de rêves bleus. Chacun est écrit sur ton do. Musique lancinante que tes reins fredonnent au rythme de la vague des miens. Reste contre moi. Mon ventre gouvernaille au centre de ton chenal. Les arbres morts n’iront pas prétendre redonner poumon à l’Amazonie, nous en plantons de vivants tous les jours de souffrance, sans pépins,  contre les mauvais serpents du verger.

J’ai vu saigner ma nudité quand tes lèvres l’embrassant, ont fait couler la couleur en paroles de silence de tes aisselles au bastingage de ton étreinte mon Amour. Ne m’attends pas je suis là mon Poisson-Chat, dore en corps.

Niala-Loisobleu – 20/05/16

 

10.05.16 - 1

Je suis l’enfant qui doit se dire des histoires.


Je suis l’enfant qui doit se dire des histoires

Le miroir n’aurait peut-être pas du vouloir prendre l’air. Sur le mur revenu il est sans autre image que celle de l’absence ramassée au-dehors. Allons, juste quelques mètres à franchir, les pinceaux, les tubes et la palette vont devoir intervenir.

Il y a toujours une larme de couleur pour laver un mensonge de soleil. La musique va le long des chants de coton poser quelques courbatures à la rencontre d’un chien errant. S’il en reste aux tiges, un retour de senteur d’épices remontera le cours d’un souvenir.Entre le jauni et la corne des pages les lunettes ont des talents de conteur.

Je suis l’enfant qui doit se dire des histoires. Chevalier reprend ta monture, la forêt bruisse de merveilles. Un autre monde pour les oiseaux preux. Pas de château, juste une cabane, île d’amour. Où l’imbécile que je suis signe heureux.

Niala-Loisobleu – 10/05/16

 

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D’une pierre sur l’Autre


D’une pierre sur l’Autre

Le premier frisson de l’éveil s’étant blotti par-dessus les longues distances, chacun à sa place tout au chaud, est entré de son jardin secret.On, qui quoi qu’il soit, nous toi émoi. Chat rade, bercé par le flot de la lune mise à l’ô. Mon premier pas concerné, mon second tout entier et mon troisième oeil pour oeil est en mille. Tu n’as pas eu le froid des jours derniers, ton pouls est resté calme en sa braise. Sans doute sont-ils supérieurs en nombre les drames engendrés par le noir.Comment s’y prendre plus mal que de choisir l’hérésie de refaire le monde. Le bonheur est à faire de soi pour pouvoir aux autres quelque chose de simple, griffonné sur un cahier de brouillons, de cette automatique écriture qui ne se relit que par le destinataire. Et où la nécessité du décret à paraître est inconnue. J’aime l’inconnu. Tout comme Toi quand tu te blottis contre ma poitrine. Ce sont les départs en voyage partout où vit une certaine folie. L’amour abolit et oppose. A quoi me servirait de savoir tout sur comment ça marche le téléphone, si ce n’est que pendant cette inutile connaissance j’aurais perdu l’essentiel de la tienne toute en moi par l’oreille, mieux que si face à face on ne trouvait pas quoi se dire. Tant de lits sont à deux seuls côte à côte.

COMPTER LES POTEAUX

Compter les poteaux à travers le brouillard lui faire croire qu’elle
     possède un champ
sa maison peut prendre le chemin opposé au paysage
le phare derrière ses lunettes d’orphelin ne trouvera pas à redire

Il ne faut pas rater le coche crie-t-elle quand le tonnerre roule à
     bride abattue dans sa direction
sa valise à la main
elle hèle le premier nuage
en pestant contre le vent qui a déplacé ses terres et ficelé ses murs
comme un vulgaire fagot de bois

Vénus Khoury-Ghata, Miroirs transis in Les Obscurcis, Mercure de France, 2008, page 87

Si le boulier de nos jours attend une de nos mains allons d’abord voir le chant de l’oiseau, les paroles qu’il aura mises à l’arbre seront de la bonne encre. Tricoter avec les aiguilles du sablier c’est trop proche des mailles qui sautent pour que l’envie de te conditionner me prenne. Non laisse-toi nue à mes touchers, il me faut ton haleine. Enfant de mes traversées.

Niala-Loisobleu

17 Février 2016

28.02.16 - 1

 

Est-ce que je te nuit ?


Est-ce que je te nuit ?

J’allais et rien

les fenêtres de leurs yeux aveugles tâtonnaient

tu vins

oh non c’est Toi qui m’a dis n’oublies pas que j’existe

on aurait pu faire l’amour

si le jour en vain ne vînt qu’en dehors du lit

brisé de levé matin

Nuit et jour

non

je ne t’ai pas rêvé nous sommes juste d’ailleurs

autrement trouvés

Jettes-moi  un quotidien dans le carreau

que je me réveille

dans tes bras sortis de l’heure qu’il est…

Niala-Loisobleu

2 Mars 2016

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Quel bon jour, bonne nuit !


Quel bon jour, bonne nuit !

Marcher comme ça, oh sans que le tout autour se prenne pour le papier-peint de la mode à suivre, le décor auquel le regard doit se satisfaire. Marcher juste comme ça sur la pelouse sans intention de nuire à l’ordre, juste libre de sourire sans demander, sans se cacher, sans se retenir.

Avoir  le respect de se faire simplement l’amour à sa vie.

J’me sens saxophone, genre petite fleur soprano. Pétale-moi dans le sens que tu voudras, chaque instant de tes frissons c’est un départ qui frémit. Les églises contiennent des chants que les bancs retiennent en rang. Jouons à saute-mouton liés l’un dans l’autre. Le prêche peut monter en chaire, si on se prie des yeux rien qu’au fil du courant, on se retrouvera train de bois à ramasser tous les arbres du chemin. Un arbre de vie qui a naturellement besoin de se lier à la terre, au ciel en mettant sur le cintre de ses branches le vent et la pluie, à l’invite, des nids chambres d’hôtes pour les plumes à peindre, est vue sur l’ô séant.

J’te couche dans le rêve qui cargue ses voiles. Embarque.

Bonne nuit mon Coeur !

 

Niala-Loisobleu

29 Février 2016

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Au chevet d’une page


Au chevet d’une page

A la douleur de l’aine
Le bord du mollet s’assied
Souffle coupé
A force de poser la pause a des crampes
S’éloignant peu à peu du bord
La vue dérive
Quelque chose passe à côté
Il es las
L’épaule flasque
Le front coincé entre deux rides
La vue plantée
Rigide
Regarde l’étagère aux livres dorés sur tranche
Tranche de quoi
Pas de vie en tous cas
Qui les a lu du bout des phalanges
Pas une main ne s’est glissée sous leur robe
A déboutonné le haut d’un chapitre
Pour ramper sous la bretelle d’un paragraphe
Jusqu’au fond du bonnet d’une page
Les écornures ne sont pas nées d’un soulèvement haletant
Où la lecture conduit l’index à épeler lettre à lettre
Pour glisser l’émotion sous l’élastique
En s’infiltrant par l’entrejambe
Trempé de ses moiteurs interlignes
Entre parenthèses inspiratrices
Propulsé d’un battement de sang forant le désert
Poussant de la nuque au bassin à plonger à la ligne d’après
Au devant d’un orgasme explosant l’inertie d’un vide comblé

Des champignons au pied d’un chêne rêvent d’odeur de chair
Sous la mousse
Dans la sève
Fouaillée d’humus
Comme si l’iode sortant des vases prenait le premier train de marée
Pour venir à ta criée endormie sur son étal
Comme une crampe la course rampe en criant de douleur
Les yeux d’un accordéon muet vont à tâtons chercher l’éclat de la boule du plafond
M’aime le plancher qui ne craque plus des soubresauts du matelas
La lingerie des rideaux cale son long
L’armoire s’est refermée sur les phantasmes de ses cintres
Un corps sage sans bouton chiffonne la nappe d’un chant
Nul grillon ne frappe à la porte de l’âtre
Les branches d’un arbre mort fouillent leurs racines en mal d’illusion
Le pisé est bouffé aux mythes comme le bocage d’églantines
Au beau milieu du poulailler un coq en pâte fait la roue
Quand il reviendra le temps des cerises les orpailleurs seront en dépôt chez ma Tante
Posés sur la cheminée avec son chien empaillé
Ses aboiements gardés dans des bocaux avec les corps nichons
Les boîtes à chaussures des photos qui parcouraient les mers à cheval
Au galop des marées d’équinoxe où le pied se prend tant il pêche
La vie comme un conte de faits du temps qu’idiot
Je continue d’être un imbécile heureux bien que pris pour un con

Loisobleu
27 Février 2016

 

Catherine Alexandre (27)

ÎLE EST UNE FOI


 

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ÎLE EST UNE FOI

Le s’aima fort en grosse fatigue, se la fait mise à jour, que si t’y comprends quelque chose les chances de te planter l’hérisson sous-marinier qui passait juste quand t’étais au milieu de l’asphalte, plus bitumineux qu’une chique, bien qu’en cet endroit la ligne jaune est blanche, sont à sang contre un

Dégoulinante d’amour la chaussée au moins si, elle se foutait les pieds nus, au lieu de se faire comme l’étalon-anguille, coucou c’est moa oui la, sous le gros caillou. J’me meurs d’amour, te l’dis pas, j’bulle contre le bocal, mais je flingue de l’entre-jambes tant l’haveneau qui remonte le vague du fond de ma culotte se fait de bouquets au lieu de la grise en pensant à toi..

Pauvre pêcheur  au lampe haro, regarde où tu marches c’est pas parce que t’es gaucher que tu marcheras pas au mauvais moment en plein dans le mauvais endroit. Et merde.

Un jour que je traînais le marais de Moëze-Oléron, alentour de Brou, un gros noyé est sorti de l’arbre qui est au pied des vieilles pierres. Ah, c’est un fameux trois mâts que cet endroit, la mer s’étend à perte de vue, en fin ça c’était avant que le Cartier se barre avec le sel et l’eau qu’y avait dedans.

Tu t’assieds dans l’herbe et tu imagines, tu reviens en arrière, refaisant la situation du tableau originel. Ben tu peux pas savoir, c’est tellement beau cet endroit d’amour que tu n’arrives pas que ça s’rait pu, tellement les herbes folles te disent qu’île est une foi…

 

Niala-Loisobleu

21/12/15

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