SONGE AQUATIQUE


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SONGE AQUATIQUE

Sorti du monde grouillant, cette nuit j’ai voyagé dans un rêve couleur pastel où chaque étage de l’immeuble dans lequel j’étais avait des paliers sur lesquels des portes donnaient sur l’infini. Perspective indiscutablement sur l’ouverture. Rien que dans l’intime. Si la vie politique et son verdict dominical y était couchée sur une page, ce n’était pas à la première. Il s’agissait d’un chemin strictement personnel. Etrange tout était dans l’eau. L’escalier et les étages avec les appartements se trouvaient dans le bassin d’une piscine. Une musique transparente aussi bleue qu’aquatique portait le corps dans une lévitation apaisante. Je n’ai pas souvenir d’avoir croisé des épaves ou tous corps dangereux. L’impression de sérénité que j’en retire maintenant levé, m’amène à en déduire une prémonition heureuse. Comme il pleut dans le jour naissant je vais aller nager en pédalo. Dans le coeur j’ai une irrésistible en vie d’aimer.

Niala-Loisobleu – 6 Avril 2017

ECLOSION


ECLOSION

D’un rêve d’amour

le petit-matin,

laisse aller ses doigts dans la lingerie du mue gai.

Vie sauvage,

le silence garde les murmures de l’ô

hors de la sécheresse des bavardages.

Le bois invite à la danse.

Niala-Loisobleu – 30 Avril 2017

 

APRES UN RÊVE


 

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APRES UN RÊVE

La lune glissait simple et majestueuse

laissant ses longs cheveux de soleil

onduler blond ocré de bleu-nuit

sur le drap d’étoiles pendant par les fenêtres ouvertes entre les arbres

Avant que nous ne passions le seuil de ce soir retenu par le parfum des jasmins

nous avions longuement bus les secondes d’un jour à s’aimer

insouciants

défaits de tous les vêtements d’un quotidien au must éculé

Au point que je remarquai

le détail qui laissait tes hanches se régler au balancement de notre marche

girations de croupe

roulis des seins

comme si tu t’étais à mon image faite dame cheval

se laissant conquérir par l’état sauvage

Je te dis souvent en te chevauchant tenue par ta longue crinière

piquons des deux et allons sauter la rivière

On venait de passer le gros rocher de la pointe

écoutant le vent nous rabattre les voix de marins en escale

quand de la mousse tapissant le sol s’allumèrent les premières lucioles

Je t’en pêchai quelques unes que je piquai au touffu de ton ventre

cela le fit rire à faire claquer mes mains en applaudissements de plausir

Nous restâmes allongés dans l’espace borné par les pierres de la clairière

chambre à coucher verte d’une nuitée amoureuse

C’est là que je t’ai dit :

Emporte en toi le violoncelle de ton âme

l’archet qui s’y frotte agite la nature d’une respiration régulière

la paix qui envahit loin

a vaincu le mauvais temps

cette musique est le silence du bruit de nos étreintes

qui veulent aller au-delà de la nuit

Niala-Loisobleu

4 Avril 2017

LA CHAMBRE D’AMOUR


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LA CHAMBRE D’AMOUR

Pendant que j’avais la bouche ouverte, les couloirs de mon subconscient claquaient les portes de la nuit avec une voix du guet. Oyez, oyez, braves gens. A se croire sur la route dans une chanson de chemine ô. L’herbe peut avoir des pouvoirs inattendus me dis-je en m’essuyant la moquette d’un reniflement de mâle femmé, se rajustant le diable au lot au fond de son Dim en trois couleurs. A ce moment là, je vis sortir une main de la poche du kangourou. Vois un peu c’qui arrive quand la libido se mêle d’appuyer sur le bouton, me rappelai-je avoir pensé dans la vapeur où, assis sur le banc du sauna, je me flagellais à base de branches de bouleau. Sans doute des réminiscences d’un contrat de 35 heures remis à l’ordre du jour.

Le jour où j’ai sorti de ma mère, mon père maçonnait la maison de mes grands-parents. J’ai venu au monde dans un Beau Dimanche de Printemps, du Gabin dans la ligne de ma main gauche, celle que je peins quand j’écris. La Marne remuait les nappes à carreaux à deux pas. Les canotiers faisant des galipettes dans l’herbe, saucisson, camembert et petit vin blanc après s’avoir lavé au bain de Nogent, moultes rires, mots de bonne humeur au programme improvisé avec un naturel que plus tard le bio cherchera à vanter pour rouler d’autres braves gens. J’ai été marqué tout de suite au faire.Depuis je combats sans répit pour la dignité de l’homme qu’à vu l’home où loge l’amour. Je n’hésite pas à remonter les bretelles des paons t’allons z’enfants se trouvant toujours à l’endroit du bon moment qui rapporte sans jamais en avoir fait une secouée. Pas opportuniste, je connais mieux les portes qui te claquent à la gueule que les arcs de triomphe. Bof, et alors, ça empêche pas de rester jeune en vieillissant comme m’ont toujours montré mes battements de coeur.

Une fenêtre ouvrant sur un lit non-clos, alcôve tant d’odeurs que les fleurs tapissent la chambre à en faire le berceau de l’amour, les menottes trouvent les fossettes, les lèvres les mailles des langues, jusqu’aux yeux qui vous descendent plus profond que le larynx, la tripe au creux. On peut pas expliquer ce chavire qui m’attrape, me renverse, quand je me trouve face au Beau. J’suis glacé de dehors, bouillant, brûlant au-dedans. La colonne vertébrale me saisissant à la remontée en glissade sur la rampe des vertèbres. Un panard. Que j’en ai les yeux qui mouillent à serrer mon Amour en hurlant de silence.

Niala-Loisobleu – 4 Janvier 2017

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Aragon, Les Chambres, et : J’appelle poésie cet envers du temps… et +


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Aragon, Les Chambres, et : J’appelle poésie cet envers du temps… et +

Chambres

Un bras autour de toi

Le second sur mes yeux

L’un t’empêche de fuir

L’autre maintient mes songes

Ce lieu fermé de nous

Soudain si je m’éveille

Du sommeil des voleurs

La nuit noire m’y noie

Tout m’est plus que mémoire

À ce moment d’oubli

Dans la forêt du lit

Tout n’est plus que murmure

Et notre tragédie

Au long jeu de dormir

À demi-mots amers

L’obscurité la dit

Absente mon absente

Si faussement que j’ai

Dans mes bras étrangers

Comme une image peinte

Absente mon absente

Si faussement plongée

En mes bras étrangers

Comme une image feinte

J’ai des yeux pour pleurer

Quelle que soit la chambre

Les plafonds s’y ressemblent

Pour être malheureux

Ailleurs sans doute ailleurs

Aussi bien qu’où je suis

Oreille à tous les bruits

Qui braillent le malheur

Au grand vent dans un port

Comme un amant quitté

Au bout de la jetée

Espère et désespère

Et les barques à sec

La grève à marée basse

Et là-bas de mer lasse

Échoués les varechs

 […]

Aragon, Les Chambres, Poème du temps qui ne passe pas,

Éditeurs Français Réunis, 1969, p. 25-27 , repris  dans

Œuvres poétiques complètes, II, p. 1097-1098.

 J’appelle poésie cet envers du temps, ces ténèbres aux yeux grands ouverts, ce domaine passionnel où je me perds, ce soleil nocturne, ce chant maudit aussi bien qui se meurt dans ma gorge où sonne à la volée les cloches de provocation… J’appelle poésie cette dénégation du jour, où les mots disent aussi bien le contraire de ce qu’ils disent que la proclamation  de l’interdit, l’aventure du sens ou du non-sens, ô paroles d’égarement qui êtes l’autre jour, la lumière noire des siècles, les yeux aveuglés d’en avoir tant vu, les oreilles percées à force d’entendre, les bras brisés d’avoir étreint de fureur ou d’amour le fuyant univers des songes, les fantômes du hasard dans leurs linceuls déchirés, l’imaginaire beauté pareille à l’eau pure des sources perdues…

   J’appelle poésie la peur qui prend ton corps tout entier à l’aube frémissante du jouir… Par exemple.

l’amour        l’amour       l’amour          l’amour             l’amour

[…]

Aragon, J’appelle poésie cet envers du temps, dans Œuvres poétiques complètes, II, édition publiée sous la direction d’Olivier Barbarant, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2007, p. 1407.

 …Et +

Les premières mouettes annoncent l’entrée en gare

Le battement des traverses scande déjà moins

Au milieu du drap

Sans consignes nous serons libérés du poids des valises

Lest tombé

C’est une valse

De tourbillonner au bout de la ficelle du cerf-volant

Dans la traversée des nuages du laid

Nous y sommes

Je ne suis plus que ta forme

Moulée à ton empreinte

En corps-à-corps avec les chiens sans l’hallali

Au contrôle des billets nos composts auront fait leur fruit…

Niala-Loisobleu – 3 Janvier 2017

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LA SUEUR DU RÊVE


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LA SUEUR DU RÊVE

 Noël scintille dans l’arbre aux rêves

Un enfant regarde le monde

Et le monde le regarde fixement

Sans ciller

Sans honte

Les malheureux sont plus nombreux que les guirlandes

Et il est des vies qui ne sont pas des cadeaux

Alors l’enfant ferme les yeux du monde

Il voit

Un autre monde derrière les dunes du rêve

Il s’imagine que les hommes sont humains

Il s’imagine que la terre est une toupie

Il s’imagine que la guerre est en déroute

Que la paix a mis son manteau d’amour

Il s’imagine

Un monde qui sourit au bonheur

Il s’imagine

Que le rêve pond d’autres rêves

Il faut y croire

Il faut rêver avec lui

Le rêve est la plainte du bonheur

Et le vrai métier des consciences qui montent la garde

Dans la plus belle des utopies

La sueur du rêve efface la crasse du monde

Ernest Pepin  (Faugas/Lamentin – 24 décembre 2011)

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La cène n’est-ce qu’un plateau de vies qu’tu ailles ou non ?


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La cène n’est-ce qu’un plateau de vies qu’tu ailles ou non ?

 

On avance dans une succession de pièces où le contenu des actes apparait contraire aux décors.

La cène n’est-ce qu’un plateau de vies qu’tu ailles ou non ?

Devant les projecteurs les gestes mécaniques lèvent la jambe au rythme d’une musique que nos oreilles ne suivent pas des yeux.

Je suis loin de ce qui est juste devant. Mes pieds cognent dedans, pendant que mes bras m’envolent au plus loin de là. La pensée est notre statut de liberté. Elle va là où notre Absolu respire à pleins poumons.

Où se trouve notre résidence ? Dans le « faits divers »constant ou dans l’île que nous sommes seuls à connaître ? A posteriori le compte paraît déséquilibré par la réalité de l’espace matériellement occupé. Einstein en dément heureusement la matérialité par la relativité. Le pied ne se pose pas dans le vide que le quotidien lui propose. Nous vivons portés par un espoir qui commence en dehors de ce que la vie propose journellement dans son ensemble  de méfaits, de malheur, d’abus, de misère, de cruauté, d’injustice  où l’on est plongé. Apparemment visibles de tous, mais absents par l’Esprit. Evadés volontaires d’un enfer réel sans promesse de paradis artificiel.

Les fleurs sauvages et leurs parfums d’espaces ouverts qui bordent des chants d’infini ne poussent que dans nôtre âme…à la seule condition…d’en avoir une…C’est la transcendance qui fait percevoir en toute chose ordinaire sa magnificence vitale.

Je vis dans une réalité qui n’a jamais cessé de m’interpeller sur le fait que j’y sois ou que je l’imagine… sans pour autant me poser la moindre question sur l’Amour que j’éprouve en permanence à l’encontre d’une personne, d’une sensation, d’un but, d’une construction, d’un état moral à tenir. Parce que l’Amour m’est Oxygène. Et qu’il me faut respirer avant toute chose.

Niala-Loisobleu – 5 Octobre 2016

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POSE


POSE

La dernière vague

n’a pas rentré son instrument

le moulin à marées

écume maille après maille

le foulement des aiguilles

En ombres

le lointain ondule

battant de ses zèles

le quai  au grand large

Les formes que les nuages impriment

donnent en vues de do

des contorsions d’accordéon aux bretelles

glissant des yeux

Lourds parfums

laissés aux matins de nuits d’ébats

qu’un livre de chevet

garde sous ses lunettes.

Niala- Loisobleu – 05/09/16

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JE SUIS LE CHANCRE PIGNON


JE  SUIS LE CHANCRE PIGNON

A saute-mouton du dernier trio du vague

alors que l’amer s’entre-déchirait

un premier réflexe étincela en un éclair l’engourdi de ces ciels de traîne

Cessant de se demander la sempiternelle réponse

d’un lob réussi

il plaça la question au poteau rose

Ah le voir sourire

non de diou

ça vous change tout d’un cul

comme si d’être fendu

c’était plus inné qu’acquis

Et puis debout

on voit son visage

sorti de la paille

qui

en l’absorbant en faisait l’accusé d’assises

qui a pas dit toute la vérité

Viens saute

rebondit

éclate

danse tango-tango

et devient la boule du bande aux néons

l’éperon qui tape au fond

J’ai toujours eu l’esprit qui fit celle

enceinte d’un ballon

Mais à les entendre se gausser je me serais trompé

épris dans mes propres barbelés

l’utopique coquelicot assiégé par les engrais

A deux mains

aujourd’hui

vas-y ducon chante ave aria !

Niala-Loisobleu – 17 Août 2016

CHEMINS TOURNANTS


25.05.16 - 1

CHEMINS TOURNANTS

 

Sur mon cheval j’hâle

par ce val

Le 14 Juillet défile ses encombrements vacanciers. Sous le couvercle où l’ô zone, j’entends pourtant l’odeur des cigales. J’accés l’air. Mais oui, c’est bien sûr, ce python qu’y hisse la prédiction le voici. Entre une file de voitures, un Samu Rouge Pompiers et plusieurs accidents mortels, la Ste-Victoire émerge des fumées noires. Ö brosse Héliande ton bourrin fidèle, on approche du bonheur !

SAINT-GRAAL

A Léon Bloy

Parfois je sens, mourant des temps où nous vivons,
Mon immense douleur s’enivrer d’espérance.
En vain l’heure honteuse ouvre des trous profonds,
En vain bâillent sous nous les désastres sans fonds
Pour engloutir l’abus de notre âpre souffrance,
Le sang de Jésus-Christ ruisselle sur France.

Le précieux Sang coule à flots de ses autels
Non encor renversés, et coulerait encore
Le fussent-ils, et quand nos malheurs seraient tels
Que les plus forts, cédant à ces effrois mortels,
Eux-mêmes subiraient la loi qui déshonore,
De l’ombre des cachots il jaillirait encore.

Il coulerait encor des pierres des cachots,
Descellerait l’horreur des ciments, doux et rouge
Suintement, torrent patient d’oraisons,
D’expiation forte et de bonnes raisons
Contre les lâchetés et les « feux sur qui bouge ! »
Et toute guillotine et cette Gueuse rouge !…

Torrent d’amour du Dieu d’amour et de douceur,
Fût-ce parmi l’horreur de ce monde moqueur,
Fleuve rafraîchissant de feu qui désaltère,
Source vive où s’en vient ressusciter le cœur
Même de l’assassin, même de l’adultère,
Salut de la patrie, ô sang qui désaltère !

Paul Verlaine

C’est promis à partir de dorénavant je ne cracherais plus dans la soupe. Les lavandes d’hier ne seront pas les noirs corbeaux d’Auvers s/Oise qui ont exsangués la veine de Vincent. St-Rémy c’est Les Baux, Cocteau s’y reconvertit avec Orphée.

Nationale 7 le 14 Juillet

ça ira, ça ira

j’vidangerai dans mes mers

sur la première aire

Oh que vois-je des moulins, merde j’m’as encore gouré à la Poterne d’Italie, c’est déjà l’Ibère, les feuilles tombent. Hollande garde haine party pris. Bouffi gare ta gueule à la récré, on va prendre l’impôt entre voisins, pour trinquer à l’espoir, le seul moyen de trouver du crédit.

Quelque part tombé du lit tari, mon Autre rivière désachèche ce bel estuaire où j’antre en plein graal. Viva la vida !

Niala-Loisobleu – 14 Juillet 2016

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