A VRILLE QUE VEUX-TU


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A VRILLE QUE VEUX-TU

Ceci n’est pas une pipe me dit-elle en refermant la blague à j’t’abas si t’avances à bout portant Si ça sent le poisson c’est pas moi qu’en ai mis un au bout du fil, vu qu’en Avril comme en autre, moi, j’suis pas couvert du moindre A vrille, à vrille, putain c’est déjà l’embryon du prochain président qu’est dans l’oeuf Euphémisme que cette tristounette campagne où l’amer est en plein centre vil Nous n’irons plus aux bois trousser l’ô net passant En politique plus tu mens plus tu sondes haut, à croire que la statistique s’évalue à la canule mise au plus profond du trou à purin, En France on aime pas le Ricain, alors comme dab on va se la jouer Trump pour avoir de quoi s’en plaindre durant un quinquennat L’école publique continuera de laisser croire aux enfants qu’on vit en démocratie tout en leur sapant un peu plus le sillon qui les abreuve La Marseillaise grâce à la Bonne Mère, pourra perpétuer l’enfantement dans la douleur

Je vois l’herbe devant ma porte et je me dis qu’à la cabane j’ai pas besoin de mots quête Sans doute que mon impression de paradis vient de là Quand le feu avale nos forêts et qu’il n’y a pas d’avion dans le pompier, me reste le saut en dehors du vide que je peux peindre grâce au talent personnel de tout un chacun de vouloir aimer vivre Pas plus que toi, Bouffi, j’ai la capacité de refaire ce monde pourri, seulement ce qui pousse dans mon coeur ne dépend que de mon savoir jardiner propre La haine m’excite l’amour Fou et fier de l’être, voilà dans le pire des cas ce que je vous souhaite Et ça ce n’est pas une pipe, m’aime si nous voilà le 1er Avril

Niala-Loisobleu – 1er Avril 2017

1.09.2016 - 1

PROMESSE A LA VIE


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PROMESSE A LA VIE

Me voici plus tel, le médoc à rebooster la descente des chaussettes. Voici venu le désir de me tenir une promesse qui s’impose d’elle même. Les bois se sont faits les branches à grand force  d’attentes, combien d’hivers par où crois-tu me canaliser le printemps pour arriver ventre contre ventre ou tête-bêche à se sentir heureux de n’avoir plus de mots dans la bouche pour tenir un discours à l’absence ? Qu’importe, je n’ai rien à cirer d’une réponse d’aucuns qui ne ferait qu’allonger la question sans y répondre. Il s’agit là d’une question hautement intime ne pouvant se déshabiller devant tout le monde. Elle a l’odeur de longs sentiers menant pas toujours quelque part, mais ne s’étant jamais égarés du point de départ. Ainsi il peut faire le temps du lieu différent de l’autre, l’heure aura le m’aime rendez-vous permanent si le fond du paysage n’est fondé sur du sable. Pouvant séparés être mieux, que des tas de gens s’emmerdant ensemble . Le touché tiens, sais-tu qu’il peut être d’une empreinte phénoménale sans que la partie concernée te soit au bout des doigts ? On entre là dans la métaphysique de l’Absolu. Tu grattes des ongles les espaces qui se mettraient normalement de travers si tu restais coincé dans un quotidien bienséant, une manière de mourir en vivant. La générale, avant levé du rideau en quelque sorte. C’est vrai qu’il faut être fou pour vivre son rêve sans devoir s’attacher à ce que personne ne vous voit. Mais si je suis pas exhibitionniste j’en demeure pas moins nudiste sans devoir me parquer dans un lieu fait pour t’isoler. La nudité de l’âme, quelle entité ! Les manières et autres simagrées, genre feuille de vigne, laissées sur le palier faut voir comme ça vous grimpe aux étages de la transcendance.. Tu te mets pas à poil en te rasant le derme autour des parties vitales, non mon P’tit-Gars, tu laisses tout pendre de soi. L’élégance du mouvement c’est le rythme de l’expression corporelle qui s’exprime. J’en reviens inévitablement au concept esthétique, la Beauté fait canon sans se la jouer Navarone, modèle gros-calibre dans une baie de faux-anges. Et l’esthétique c’est une entité. On ne peut pas la couper comme un sale ami, ton individu est racé où vulgaire point barre. Ton langage ira avec la forme de ton esprit, lui-même ne souffrant pas de voir une partie de Toi s’aliéner par un tatouage, corporel ou mental, te rangeant dans une perte d’indépendance pour te formater au troupeau.

Mais je m’arrête, tes seins passant un poil louche dans le tombé qui donne un aspect mécanique au déroulé de tes hanches, ça m’alerte. Ce que ton âme me cause après l’apnée du Grand Bleu, tend soudain à virer à la tasse. J’suis pas causeux, tu le sais, je ne braille qu’en manuel. Cependant l’erreur fatale serait d’abonder à la bêtise de croire que je peux être manié comme un bigleux, pinceau, incapable de résister aux couleurs du tant. J’en suis ramené à la promesse qui me titille à présent. La vie dehors est déformée à loisir par des tireurs de ficelles embusqués comme des snipers. C’est que magouilles et embrouilles à tous les coins de la vie. On accuse, on maltraite, comme si la dignité humaine était l’ennemi public à abattre, à un point tel que dans l’intime, se priver de cette m’aime façon de se conduire, semblerait inconvenante et déplacée.

Niala-Loisobleu – 5 Mars 2017

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L’AMOUR EN VISITE


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L’AMOUR EN VISITE

Donnez-moi une jeune femme avec sa harpe d’ombre
et son arbuste de sang. Avec elle
j’enchanterai la nuit.
Donnez-moi, vivante, une feuille d’herbe, une femme.
J’embrasserai ses épaules, la petite pierre
du sourire d’un moment.
Femme comme incréée, mais avec la gravité
des deux seins, le poids lubrique et triste
de la bouche. J’embrasserai ses épaules.

Chanter ? Chanter longuement.
Une femme avec laquelle boire et mourir.
À l’heure où s’ouvre au-dehors l’instinct de la nuit
que traverse un oiseau transpercé par un cri maritime,
et où les vagues envahissent le pain –
son corps brûlera doucement sous mes yeux palpitants.
Lui – haute et vertigineuse image d’une certaine pensée
de joie et d’impudeur.
Son corps brûlera pour moi
sur un drap que mordent fleurs et eau.

En chaque femme il y a une mort silencieuse.
Tandis que le dos imagine, sous les doigts,
les refrains de la mélodie,
la mort monte par les doigts, navigue le sang,
se répand en ivresse dans le cœur affamé…

…Donnez-moi une femme aussi jeune que la résine
et l’odeur de la terre.
Avec une flèche dans le flanc, je chanterai.
Et tandis qu’une vigne de sang jaillira de ma chair,
je chanterai son sourire ardent,
ses mammes de pure substance,
la courbe chaude de ses cheveux.
Je boirai sa bouche, pour ensuite chanter la mort
et la joie de la mort.

Donnez-moi un torse courbé par la musique,
un léger cou de plante,
là où une flamme commence à fleurir l’esprit.
Sur son visage affleurera le mouvement des eaux,
au creux de son visage sera gravée la pierre de la nuit.
– Alors je chanterai la joie exaltante de la mort…

…C’est pourquoi nous mourons dans la bouche
l’un de l’autre. C’est pourquoi
nous nous diluons dans l’arc de l’été, dans la pensée
de la brise, dans le sourire, dans le poisson,
dans le cube, dans le lin,
dans le moût ouvert
– dans l’amour plus terrible que la vie…

…De la nouveauté de mon cœur s’élève la vie entière,
le peuple renaît,
le temps gagne l’âme. Mon désir dévore
la fleur du vin, couvre tes hanches d’une écume
de crépuscules et de cratères.
Ô corolle de lin méditée, femme que la faim
ravit par la nuit équilibrée, impondérable
– en chaque spasme je mourrai avec toi.

À la joie diurne j’ouvre les mains.
Se perd entre le nuage et l’arbuste l’odeur âcre et pure
de ton abandon. Des bêtes s’inclinent
vers l’intérieur du sommeil, des roses se dressent respirant
contre l’air. Ta voix chante
le jardin et l’eau – et je vais par les rues froides avec
le lent désir de ton corps.
J’embrasserai en toi la vie énorme, et en chaque spasme
je mourrai avec toi.

Herberto Helder
L’amour en visite, dans la Cuillère dans la bouche

COMPRENDRE


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COMPRENDRE

Quelque part là, partout d’un morceau, ne serait-ce qu’une mèche, un pore, une bretelle qui tombe. Si métamorphosée dans l’infinité du silence, qui pourvoit à donner des facultés enchantant la platitude d’un morne environnement. A marcher dans l’eau librement soumise au mouvement, une musique en variant ses rythmes, qui procède du prélude au sens de ce qu’il retient et délivre en même temps de son inconnu.

Et pourtant, inlassablement ce démenti qui revient démonter le doute, qu’un moment de faiblesse guette comme une maladie. La plage des choix est longue comme cette côte qui a échappée aux constructeurs et, qui de fait, n’a pas d’autres possibilités que celle de se battre comme l’exige son état sauvage. La contradiction permanente. Aussi tendre que carnassière dans sa composante léonine. Où tantôt des incendies se lèvent sous la poussée d’un volcan disparu juste pour les amateurs de convenances, pas dans la pérennité de la nature.

Ce mouvement vrillé qu’à le vent au cours de ses voyages, va prendre la tournure du climat ambiant. Comprendre, on en fini certainement jamais. La faute en revient à la question qui par nature, veut toujours supplanter la réponse que l’évidence montre ou garde selon des paramètres multiples. Pour ça il y a des montagnes, des îles, des cabanes, autant de jardins secrets où se tenir propre d’avanies.

Comprendre, simplement.

Rien n’épargne, l’initiation sans la multiplicité des épreuves psychiques et corporelles, ne serait que le mot ajouté aa flot de ces océans de paroles qui ne tournent qu’en rond. Pire qui décentrent, et écartent du sujet.

Comprendre est souffrance.

L’espérance est le remède comme la cause, dans ce qu’elle a d’attachement principal. L’autre allant dans le même sens avec son unicité personnelle.

Niala-Loisobleu

27 Septembre 2015

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https://www.youtube.com/watch?v=GwDpCiKBRHQ